PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

vendredi 20 avril 2018

SI LA BAGARRE EST INÉVITABLE, IL FAUT FRAPPER LE PREMIER





En octobre 2015, j’avais partagé une réflexion sur  cette déclaration de Vladimir Poutine.  Depuis, bien des évènements se sont succédés qui, aux yeux de plusieurs, sont amplement suffisants pour démontrer la mauvaise foi des États-Unis et de ses alliés de l’OTAN, dans la recherche d’une paix véritable. Avec de tels interlocuteurs, selon les sceptiques, aucune solution politique n’est possible. La tolérance de V. Poutine devant les sanctions et les attaques contre la Syrie, en laissent plusieurs entièrement déconcertés. Selon eux, lors de la dernière attaque, Poutine aurait dû passer à l’action militaire, détruisant l’arsenal militaire des envahisseurs en position de tir de missiles contre la Syrie. 

Il faut croire que la lecture que fait Poutine de cette situation laisse toujours un espace crédible pour éviter cette guerre « totale ». De fait, les derniers tirs de missiles contre la Syrie ont fait plus de dommages au prestige des États-Unis, de la France et de l’Angleterre, qu’ils en ont faits en Syrie. Leur niveau de crédibilité mondiale a baissé de plusieurs crans, tant au niveau des messages transmis que des cibles atteintes.  En d’autres mots, il s’agit d’un fiasco militaire et communicationnel. Selon les informations qui circulent, la Russie avait un portrait assez précis de cet attaque et pouvait compter sur le niveau élevé des armes à la disposition de la Syrie pour éviter les morts et la destruction d’infrastructures majeures. En somme, il n’y avait pas de quoi justifier la grande attaque du « jugement dernier ». 

 Pour le moment, les consignes partagées entre les États-Unis et la Russie, ont permis d’éviter de franchir les lignes rouges, spécifiées par la Russie à ses adversaires, et à réduire les dommages en vie humaine et en infrastructures militaires, des attaques planifiées par la coalition : États-Unis, France, Angleterre. Cette approche  est de nature à discréditer toujours plus les attaquants qui se révèlent militairement inefficaces et toujours moins convaincants au niveau de l’opinion publique mondiale. 

Peut-on en vouloir à V. Poutine de jouer la carte de la tolérance et d’un certain laisser-aller qui conduit ses adversaires à se faire eux-mêmes Hara-kiri. Plus ils s’enfoncent dans leurs propres mensonges et plus ils s’enlisent dans des aventures guerrières de second degré, plus la Russie et ses alliés en sortent renforcis. Cette patience et tolérance de Poutine n’est pas le fait d’une faiblesse quelconque, mais celui d’un plein contrôle de lui-même et de la situation. Il n’est pas un  va-en guerre, pas plus qu’un conquérant à la recherche, par tous les moyens, de pouvoirs et de richesses. Sa référence est la Charte des Nations Unies et le respect du droit international.

Il n’y a pas urgence pour actionner le bouton rouge de ce qui sera la dernière des grandes guerres. Comme le répète Poutine, il n’y aura plus de vie sur la terre. Son approche en arrivera sans doute à dissuader même certains de ses adversaires à actionner le bouton rouge.

Oscar Fortin


samedi 14 avril 2018

LORSQUE LE MENSONGE RÈGNE EN MAITRE






LA DÉMOCRATIE CESSE D'EXISTER

Ce matin, 14 avril 2018, les peuples du monde se sont réveillés avec cette grande nouvelle des bombardements de la Syrie de la part des forces armées des États-Unis, de la France et de l’Angleterre.

Les peuples de l’Occident, bien désinformés par leurs médias officiels, y ont vu une juste réponse pour punir le gouvernement de Bachar al Assad d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Une leçon bien méritée de la part d’un gouvernement dictatorial et criminel. Personne ne s'est posé la question de savoir quel intérêt pouvait-il avoir à agir ainsi au moment où ses troupes prennent le dessus sur les terroristes.

Les peuples pour qui la presse officielle de l’Occident n’a plus aucune crédibilité, y ont plutôt vu une opération visant à détruire toutes les traces du montage d’une vidéo, réalisée dans un hôpital de Ghouta, mettant en scène des soi-disant agents du régime syrien, arrosant de produits, soi-disant chimiques, des civils enfants, adultes, invités à crier « qu’ils étaient victimes d’une attaque chimique.». Cette vidéo existe vraiment et deux témoins, se reconnaissant sur la vidéo, en ont raconté l’histoire. Je vous invite à lire cet article ainsi que les liens qui y sont inscrits.

Les attaques de la coalition occidentale se réalisent au moment où les experts internationaux de l’Organisation contre l’usage des armes chimiquess’apprêtaient à débarquer en Syrie pour y voir plus clair tant sur les armes chimiques supposément utilisées, que sur ceux qui en seraient les responsables.

« Pour éclairer ce qui s'est réellement passé à Douma, les dix experts envoyés par l'OIAC vont recueillir des témoignages et prélever des échantillons du sang des victimes sur les lieux de l'attaque.

Les échantillons vont apporter plus de clarté et peut-être même des pistes qui mènerontaux coupables. Les résultats finaux devraient arriver d'ici trois à quatre semaines, selon l'OIAC.
»

La coalition occidentale n’a pas jugé bon d’attendre les résultats de cette enquête pas plus que l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour agir unilatéralement. Les peuples de l’Occident, qui applaudissent les actions criminelles de leurs dirigeants et qui font fi du droit international, ne peuvent être que le produit d’une manipulation et désinformation qui en font des « moutons » entièrement soumis à leur maître, le mensonge.

De pareils évènements ne sont pas sans nous rappeler cet autre grand mensonge qui a conduit les peuples de l’Occident à appuyer une guerre qui aura fait plus de trois millions de morts et d’autant de blessés en Irak. Les recherches sur les faits se font après que les décisions soient prises à leur sujet et non l’inverse. Tout devient alors une question de maquillage. Rien n’a changé à ce chapitre. Les journalistes, les metteurs en scène y jouent un rôle de premier plan. Ils sont payés pour dire et exécuter ce que le patron exigen d'eux.


Ici, une confession à relire, celle de Colin Powell dont le mensonge  s’est imposé au plus crédible de l’Administration Bush.

Oscar Fortin

mardi 10 avril 2018

LE PAPE APPELLE À LA JOIE ALORS QUE LA GUERRE EST À NOS PORTES



Y A-T-IL EN CELA UN SIGNE DES TEMPS ?


En parcourant les informations du jour, en ce 10 avril 2018, je me suis retrouvé en présence de la dernière exhortation apostolique du pape François, « Gaudete et Exsultate», sur le site espagnol de Religion digital.  On y retrouve cette photo du pape explosant de joie. Cette exhortation est disponible en version française ici

Poursuivant mes lectures, je me retrouve, cette fois-ci, avec un article qui nous informe que la Chine a ordonné à sa flotte de rejoindre celle de la Russie pour contrer toute attaque des États-Unis et de l’OTAN contre la Syrie. Un second article qui suivait ce dernier avait pour titre « La Russie est prête pour la guerre ». Les menaces d’intervention des forces occidentales sont prises très au sérieux par les alliés de la Syrie. Ayant une idée de la puissance des armes, on peut penser qu’une confrontation entre les puissances en présence pourrait dégénérer en une guerre mondiale, c’est-à-dire une guerre nucléaire pouvant détruire toute vie sur terre. En somme, vraiment rien pour se réjouir. Les guerres, en général, ne sont pas motifs pour se réjouir. Ce sont des tragédies pour de nombreux peuples et éventuellement pour l’humanité entière.

Ce rapprochement de ces deux faits, celui du pape qui appelle à la joie et celui des puissances mondiales qui appellent à la guerre a fait naître en moi un rapprochement avec les signes des temps dont nous parlent les Évangiles et l’Apocalypse de Saint Jean. Je me permets d’en partager les principaux éléments. 

D’abord, cette coïncidence des faits n’a rien à voir avec une mise en scène. Ce sont deux évènements qui répondent à des impératifs de nature totalement différente. Le regard du pape, selon moi, est tourné vers un monde nouveau auquel toutes les personnes sont invitées. Son Exhortation est un appel à la sainteté, source de joie, de liberté, de paix. Il en parle comme si nous nous retrouvions au chapitre 21 du livre de l’Apocalypse qui nous parle d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle.

Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. 2 Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. 3 Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. 4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

 Dans pareil contexte, l’exhortation « Réjouissez-vous et exaltez de joie » ne peut faire autrement que de tourner nos regards vers ce monde nouveau.

Dans ce même contexte, la proximité d’une guerre nucléaire, toujours plus prévisible nous renvoie à cette grande guerre d’Armageddon dont nous parle également l’Apocalypse. De fait, les puissances de l’Occident ont besoin d’une guerre pour mettre au pas la Russie, la Chine et leurs alliés qui mettent au défi, à leur tour, l’hégémonie des puissances occidentales, lesquelles persistent à imposer au monde leur volonté.  Cette guerre, à se produire, conduirait, comme l’a souligné Vladimir Poutineà la fin du monde. La puissance des armes existantes a de quoi détruire plusieurs fois la vie sur la terre.

Je conclus en  rappelant qu’il ne s’agit que d’une lecture personnelle de ces deux grands moments, totalement à l’opposé l’un de l’autre. Le premier, c’est l’exaltation dans la joie d’un monde nouveau et le second, c’est l’angoisse du désespoir et de la mort. Un partage que chacun et chacune peuvent comprendre à leur manière.


Oscar Fortin








mercredi 4 avril 2018

LES DESSOUS DE LA LUTTE ANTITERRORISTE





Les  États-Unis et ses alliés de l’OTAN se présentent devant leurs peuples et l’opinion mondiale comme les ennemis des dictateurs et des « terroristes » qui s’asservissent les peuples  pour mieux les dominer, en s’appropriant  ainsi de leurs richesses. Lorsque les parents et familiers des soldats « missionnaires » partent en mission pour libérer ces pays, victimes de ces dictateurs et terroristes,  ils en ont les larmes aux yeux  et souhaitent que leurs enfants et amis puissent revenir sains et saufs, une fois leur mission complétée.

Une telle présentation ne peut que renforcer la conviction de ces « peuples missionnaires » d’être à la hauteur des grandes  valeurs humaines de solidarité, de liberté, de démocratie pour tous et toutes. Que les gouvernements investissent toujours plus dans les armes et que les peuples soient appelés à les soutenir dans cette grande mission  de lutte contre ces terroristes devient  ce qu’il y a de plus raisonnable. Les médias officiels, radios-télévision-journaux, seront là pour maintenir la flamme  de cette grande guerre humanitaire, de celle qui vise à libérer les peuples de leurs dictateurs et des terroristes qui les menacent.

DANS LES FAITS QU’EN EST-IL VRAIMENT ?

Sous la peau de la brebis inoffensive, il y a un loup qui se révèle tout à l’opposé du bon samaritain qui se porte au secours du malheureux.

Depuis les attaques terroristes contre les Tours jumelles du 11 septembre 2001, bien des choses se sont produites et de nombreuses révélations ont jeté une douche d’eau froide sur cette vision idyllique de ces guerres humanitaires. C’est qu’avec le temps, des langues se délient  et lèvent une partie du voile qui nous montre une tout autre réalité. Il suffit de penser aux nombreuses déclarations de Wikileaks (Julian Assange), de celles d’Edward Snowden, de Bradley Manning, devenu depuis lors Chelsea Manning, et de bien d’autres venant de la CIA, des services secrets, 

L’histoire des attaques terroristes du 11 septembre nous a été racontée officiellement par un Rapportqui s’est vite avéré incomplet et non crédible.  Les ingénieurs et architectes ont vite mis en évidence les grandes incohérences de ce Rapport en démontrant que l’écroulement des Tours jumelles ne pouvait s’expliquer que par la chute libre, impliquant un important dispositif de minage savamment élaboré ( https://youtu.be/ukvq3f1pklU).   Ce seul fait implique la participation de responsables gouvernementaux et explique les silences du Rapport officiel, sur ces faits incontestables. Les terroristes ne sont plus seuls. Ils ont la collaboration de représentants du gouvernement pour procéder à leurs méfaits. Ou, pour le dire autrement, les terroristes font partie d’une opération qui implique plusieurs autres intervenants sous autorité supérieure du gouvernement. Un ex-agent de la CIA déclare sous serment : « Nous avons détruit les Tours jumelles le 11 septembre ».

L’histoire de l’attaque de l’Irak nous révèle également des faits qui n’ont rien à voir avec des missions humanitaires. Le motif invoqué des armes de destruction massive s’est révélé être un grand mensonge, froidement monté, pour convaincre l’opinion publique américaine de la nécessaire intervention des États-Unis pour libérer l’Irak de ces armes de destruction massive et en finir avec le dictateur Saddam Hussein.  Aucune de ces armes n’a pu être trouvée tout au long des années qu’a duré cette guerre. Plus de trois millions de personnes ont été tuées et autant, sinon plus, ont été blessées. Que dire de ces témoignages de tortures  infligées à d’innocentes victimes d’une guerre menée sous le signe du mensonge ? Saddam Hussein a été pendu  sans aucun droit à faire valoir sa cause devant une Cour internationale.


Vraiment rien pour convaincre le monde d’une guerre humanitaire au service du peuple irakien.  C’est plutôt tout le contraire.


Nous en arrivons maintenant à la guerre en Libye, guerre contre le dictateur Kadhafi, présenté par nos médias « vérité » comme cruel, corrompu, massacrant son propre peuple. Comment en pareille circonstance ne pas voler au secours de ce peuple martyr. Cette fois, les bombardements sur les infrastructures et la population civile ont été baptisés de bombardements humanitaires. Pourtant, encore là, les faits se sont révélés tout autre de ceux évoqués pour justifier cette intervention humanitaire.  D’abord Kadhafi n’était pas le dictateur décrit par nos médias.  Je porte à votre attention ce témoignagequi lève le voile sur l’hypocrisie et les mensonges qui ont accompagné cette autre guerre. Je vous invite également à prendre connaissance de cette entrevuedu journaliste Michel Collon qui a ces paroles à l’effet que derrière chaque guerre il y a un mensonge ou un demi- mensonge. On évalueles morts, pour cette guerre en Libye   60 000 morts et les bombardements à 33 000.  Les envahisseurs , une fois récupérés les biens de Kadhafi et de l’État, sont repartis, laissant un pays en ruine.


Une fois la Libye placée sous le contrôle des forces de l’OTAN et des États-Unis, la mission des sauveurs d’humanité a poursuivi sa route, cette fois en direction de la Syrie où y règne un autre dictateur sanguinaire qui utilise des armes de destruction massive pour tuer son peuple. Le nom de Bachar al Assad, l’actuel président, résonne dans nos médias « vérité » comme celui qui doit partir. Qu’il ait été élu par son peuple n’a aucune importance : Bachar al Assad doit partir, disent les chefs d’État de l’OTAN et des États-Unis. Des mercenaires ont été embauchés et formés pour mener des  activités terroristes en unions avec d’autres groupes terroristes déjà présents sur le territoire. L’intervention de la Russie, à la demande du Président du pays, a contrecarré les plans des missionnaires libérateurs. On y découvre que de nombreux groupes, qualifiés de terroristes, sont au service des États-Unis et de l’OTAN pour y faire le travail criminel visant le renversement du gouvernement et la prise en charge des pouvoirs de l’État. On y réalise que la lutte contre le terrorisme n’est qu’une dissimulation leur permettant de maintenir leur « aura » de missionnaire, sauveur d’humanité. On connaît maintenant le rôle joué par ceux que l’on nommait casques blancs pour en faire ressortir leur engagement humanitaire. Il faut voir et entendre le témoignage de la journaliste Vanessa Beeley.  Les motifs profonds de la guerre en Syrie portent fondamentalement sur des enjeuxéconomiques et politiques. 




 Que conclure ?

Dans le cadre des pouvoirs dominants de nos sociétés, l’impératif économique et politique s’impose. Les guerres ne se font pas par générosité à l’endroit de tel ou tel peuple, elles se font sur la base des gains, en termes de richesse et de contrôle géopolitique des gouvernements. C’est vrai pour les États-Unis et tous les pays qui y sont associés. 

Il nous appartient de décoder toujours plus et toujours mieux ces mascarades de « vérité » qui ne sont que tromperies, manipulations, ambitions de pouvoir, enveloppées de beaucoup de corruption. 

Il y a des peuples qui en sont de plus en plus conscients. Je pense particulièrement au peuple du Venezuela dont ses richesses en or, en pétrole, en diamant font l’objet d’ambitions des États-Unis qui voudraient bien mettre la main sur ces richesses et sur le contrôle de cet État. Les campagnes de dénigrement du gouvernement révolutionnaire et de son président,  Nicolas Maduro, ainsi que les sanctions, véritable guerre économique, ne visent que cet objectif final de conquête. Que les enfants soient sans nourriture ou que les médicaments manquent à la demande ne lui importe que très peu. Il en est souvent celui qui en a provoqué la rareté. S’il  fait usage de cette pauvreté et de cette misère, ce n’est que pour mieux justifier une intervention militaire et s’y imposer comme maître absolu. Dans ce cas précis, il peut compter sur l’appui d’un épiscopat totalement manipulé à la cause d’un changement de gouvernement et de régime.

Si le père du mensonge existe vraiment, il aura vite reconnu l’Oncle Sam et ses fidèles alliés comme étant de ses fils privilégiés. L’imagination ne leur manque pas  pour tricher et manipuler l’opinion des peuples. Les médias et Hollywood peuvent lui donner un bon coup de main. Il sait comment les récompenser.

Je vous laisse avec ce lien.

Oscar Fortin
Le 4 avril 2018 

mercredi 28 mars 2018

LORSQUE LES SCANDALES FONT OUBLIER LES BONNES ŒUVRES


ÉCLYPSE DU BIEN




Depuis quelques années, de nombreux scandales de nature sexuelle et financière ébranlent fortement l’Église catholique et de nombreuses communautés religieuses. La pédophilie, le viol d’innocentes victimes tout comme l’usage de certains fonds à des fins autres que celles auxquelles ils étaient destinés sont de plus en plus mises en évidence et font, comme c’est normal, la une de nos médias. Je partage avec les victimes la dénonciation de ces crimes tout en souhaitant que les institutions responsables de ceux qui en ont été les auteurs permettent aux victimes de retrouver leur dignité et le respect auquel elles ont droit.

Cette prise de position sans équivoque de ma part s’accompagne de cette autre prise de position qui ne prête à aucune équivoque, celle de l’apport incontestable des communautés religieuses et de l’Église catholique auprès des communautés autochtones, Inuits et des francophones du Québec. Je me permets d’affirmer, en toute certitude, que la majorité des missionnaires a apporté aux diverses communautés de leur port d’attache des contenus de vie et des tremplins de dépassement leur permettant de trouver leur place dans la société. Personnellement, j’ai eu de grandes amitiés avec des Indiens en provenance de diverses réserves indiennes du Québec et de l’Ouest canadien, alors que nous poursuivions nos études à l’Université d’Ottawa. 

Ce sont par centaines et milliers ceux et celles qui ont pu briser les préjugés et les frontières ethniques pour se faire une place respectable à tous les niveaux de la société. Plusieurs ont fait et continuent de faire carrière dans les professions comme la médecine, le droit, l’économie, les sciences politiques, etc.  Il n’y a pas que les peuples autochtones qui ont pu bénéficier de ces services offerts par l’Église et ses missionnaires, mais également le peuple du Québec. J’appartiens à une famille de treize enfants et c’est grâce aux communautés religieuses de notre temps que nous avons pu accéder aux études supérieures et  faire notre chemin dans la vie. Les prêtres, les Frères et les Religieuses de l’époque ont tout donné pour que ceux et celles qui leur étaient confiés atteignent des sommets dans les divers secteurs de la vie humaine : sociabilité, respect, solidarité, sens des responsabilités, honnêteté, etc.

Que dire maintenant de ces religieuses qui ont fait vivre de nombreux hôpitaux et centres d’hébergement ? Ces milliers de religieuses hospitalières et ces centres d’hébergement et d’accompagnement des personnes en difficulté témoignent  de leur générosité et de leur compétence.

Tout cela ne fait évidemment pas la UNE  de nos médias, même pas un rappel, alors que le comportement d’une minorité de ces missionnaires se révèle des plus scandaleux. Que ces faits soient condamnés, que leurs auteurs aient à répondre de leurs méfaits, que les victimes puissent recevoir toute l’aide nécessaire à leur récupération est ce qui m’apparaît le plus normal.

Nous vivons une période où rien de caché ne puisse être révélé. C’est, me semble-t-il,  une très bonne chose. Il  n’y a pas que l’Église et les communautés religieuses qui voient émerger aux yeux du monde les scandales qui mettent à l’épreuve l’esprit profond qui est à l’origine de leur existence. C’est également le cas des institutions politiques minées par la corruption de certains de leurs membres,  par les abus de pouvoir qui leur donnent tous les droits sur les plus faibles. Les chroniques politiques sont là pour nous en révéler les multiples formes qu’elles peuvent prendre, minant, de l’intérieur, la crédibilité des institutions politiques tant au niveau des pouvoirs exécutifs, législatifs que judiciaires. Si nous savions tout ce qui se passe derrière les rideaux, nous aurions de quoi nous en scandaliser.

L’Église a des missionnaires et pasteurs un peu partout à travers le monde tout comme les gouvernements ont leurs programmes de coopération et leur armée. Il ne fait aucun doute que les intentions et les objectifs de ces missions visent un mieux-être des milieux visés.  Toutefois, les faits ne vont pas toujours en ce sens et de plus en plus de ces faits sont  portés à la connaissance du grand public.  Si nos soldats en mission à l’étranger ont pour objectifs  la sécurité et la paix, le comportement de certains  déshonore ces grands idéaux de nos forces armées. Leur situation de pouvoir contraignant en conduit à des abus de pouvoir pour violer, torturer et tuer gratuitement d’innocentes victimes. Le Canada comme tant d’autres États auraient bien des pardons à demander et des excuses à formuler.

J’écris ceci non pas pour diminuer la gravité des gestes posés par une minorité de l’Église et des Institutions religieuses, mais pour mettre en évidence l’éclatement d’une vérité qui s’impose à tous et à toutes.  Les médias sociaux et le déliement des langues, de plus en plus fréquent, font que ces crimes, gardés secrets ou ignorés par les autorités, viennent nous interpeller au plus intime de nos croyances et de nos sentiments.

À cette table des mises en accusation, le gouvernement fédéral,  en tant que responsable des communautés Inuits et autochtones, a un mea culpa à faire. Les communautés religieuses ont participé au développement des politiques du gouvernement fédéral de création des réserves et de la mise en place de programmes de formation. Il ne peut pas se laver les mains à la manière d’un Pilate  des erreurs commises et des crimes commis. Il en va de même pour les communautés religieuses et les évêques qui en répondaient.

« NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN »

Si les scandales constituent une onde de choc pour les institutions religieuses, politiques, économiques et sociales, leurs effets peuvent les conduire à un renouvellement en profondeur de ce qu’elles sont et de ce qu’elles font.  L’histoire n’est-elle pas un continu qui donne au passé un visage nouveau et qui génère dans nos sociétés une conscience nouvelle.

Sachons respecter les victimes de ces minorités religieuses tout en reconnaissant cette majorité qui aura rendu possible l’éclosion de communautés humaines toujours plus intégrées dans la société sociale, politique, économique et religieuse.  

Pardon pour les crimes commis par cette minorité et honneur à ceux et celles qui auront mené à terme leur mission dans le respect et l’amour de leur prochain.


Oscar Fortin
Québec, le 28 mars 2018