PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 28 décembre 2005

BIENVENIDO A LUCAS GABRIEL


Querido nieto, te estas preparando para tu llegada a un nuevo mundo, él de la humanidad. Dentro de unas horas, dejaras tu oasis donde habrás recibido no solo una identidad física, que, evidentemente, tenemos ganas de ver por primera vez, pero también una herencia que te viene de generaciones cuyo origen se pierde en la noche de los tiempos. La sangre que pasa en tus venas es el que va, entre otros, de la Tierra de fuego hasta la Baie James pasando por Cuba. Por tu madre, tocas a los dos extremos de las Américas y por tu padre estas en el corazón de esta América. Tendrás que componer tanto con tu identidad física que con esta herencia que se manifestara progresivamente a través tu carácter, tu temperamento, tu manera de vivir y de ser. Si la trayectoria de tu vida es ya toda fijada, su profil y contenido vendrán de tus iniciativas, de tus compromisos y más que todo de los valores de vida y de solidaridad humana que lograra testimoniar. Eso será tu firma personal y única en la historia de la humanidad.

El mundo que vas a descubrir al ritmo del desarrollo de tu cuerpo y de tu espíritu se presentara sobre diversos aspectos. No te preocupes por tus primeros meses, tus primeros anos, estarás rodeado y envuelto de cariño al punto que desearas de nuestra parte un poco mas de tranquilidad, cosa que no entenderemos fácilmente. Que quieres! Es así que tú nos descubrirás progresivamente. Te llevaremos como un trofeo, como un gran éxito, como el retrato de todos nosotros. Sin duda, encontraras que te ponemos demasiadas cosas sobre tus espaldas, al momento en que el desarrollo de tu conciencia te impulsara a toma5r caminos distintos de los que pensamos, a lo mejor en senderos que van a sentido contrario de los nuestros. Tendrás que asumir tu historia y llevarla hasta donde te lo pedirá tu conciencia.

Ya, tienes un nombre que te espera. Un nombre, sin duda, escrito en las estrellas y que se impuso a tu padre y a tu madre: LUCAS GABRIEL. Con el tiempo descubrirás que este nombre tiene algo de predestinado. Lucas , nombre español, recuerda el nombre de un evangelista, San Lucas, quien escribió la historia de un cierto Jesús de Nazareth, personaje que vivió hace mas de dos mil anos, dejando a la humanidad un mensaje de justicia, de paz, de verdad, de vida y de amor. Este se presento como el HIJO DE DIOS y muchos creyeron en El y siguen creyendo en El. Como si esta primera referencia no bastaba, tus padres añadieron el nombre de GABRIEL, nombre francés que se refiere, entre otras cosas, al Ángel que anuncio a Maria el nacimiento del Hijo de Dios. No piensas que tus padres eligieron estos dos nombres pensando a aquellas referencias históricas. La idea de este nombre compuesto les llego así, como una inspiración, y nada podía llevarlos a cambiarlo: ibas llamarte LUCAS GABRIEL.

Ojala que este nombre sea anunciador de una era nueva permitiendo recuperar lo esencial del mensaje evangélico de manera que sea el motor de una humanidad sin exclusión, solidaria y para quien la justicia, la verdad y el amor misericordioso pueden solos fundar la paz y la unidad.

BIENVENIDO LUCAS GABRIEL a nuestro mundo que lleva en el los dolores del nacimiento de un hombre nuevo. Te tocara participar a este acontecimiento por tu vida y tus compromisos. Ojala que lleves tu espíritu hasta las fronteras del enconito y abres tu corazón a todos los humanos de la tierra. Actuando así, el abuelo que soy ahora, gracias a ti, dará gracias a Dios por las maravillas que realiza en este mundo, siempre en búsqueda de paz y de amor. La Navidad, que seguirá de dos semanas tu nacimiento, es el recuerdo del nacimiento de aquel Jesús llevando con El una BUENA NOTICIA PARA TODOS LOS HOMBRES DE BUENA VOLUNTAD.

Tu llegada estando prevista por el 12 de diciembre, estarás acogido por una nieve toda blanca que te llevara hacia un destino de todos incógnitos. Estaremos allí para acompañarte lo mas lejos que podemos.

Tu abuelo Oscar

De Québec, el 12-12-05 3h30
N.B. este mismo DIA, a las 15h35, nació Lucas Gabriel Suárez Fortín

SALUDOS A TODOS Y FELIZ ANO 2006

mercredi 14 décembre 2005

BUSH, LA DÉMOCRATIE ET LE CANADA

Depuis un certain temps le CANADA goûte de façon plus particulière à la médecine d’une Administration étasunienne qui, tout en prêchant le droit des peuples à décider par eux-mêmes de leurs gouvernements, de leurs politiques et de leur avenir, (ce qui est l’essence même de la démocratie) se met à crier au scandale et à la persécution chaque fois que ce droit s’exerce à l’encontre de leurs attentes. Pourtant, on ne peut taxer les canadiens d’être anti-étasuniens et de confondre tous ces derniers avec certaines formes de penser et d’agir de l’actuelle Administration. Nos critiques demeurent encore bien timides au côté de celles formulées par un nombre toujours plus croissant d’étasuniens qui s’en prennent à cette Administration. Il ne s’agit donc pas d’un « anti-américanisme » dont on aimerait taxer ceux et celles qui s’opposent à certaines politiques internationales de cette dernière.

Je pense que M. Martin, en donnant la réplique qu’il a donnée aux propos de l’ambassadeur des Etats-Unis, ne fait que représenter, comme il se doit, la volonté majoritaire des canadiens. Si cela n’est pas de la démocratie, il faudra qu’on vienne nous l’expliquer. Toutefois, nous ne pouvons que regretter que les gestes du gouvernement dirigé par M. Martin n’aient pas confirmé le sérieux de notre attachement à l’indépendance et à la souveraineté. Qu’a fait le Canada, le mois dernier, à la rencontre des chefs d’État des Amériques, à Mar de Plata, en Argentine ? Nous avons vu un Paul Martin et un Pierre Pettigrew, assis au côté de la Délégation étasunienne, chantant d’un même chœur le credo téléguidé par Washington. C’était lamentable à voir. Comme canadien, je ne m’y reconnaissais pas. J’ai pu suivre en partie ces débats par Télé Sur, nouvelle chaîne de télévision créée par le Venezuela et d’autres pays de la région du sud. Le raisonnement, des pays comme le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela était pourtant relativement simple et facile à comprendre pour le Canada : les accords entre pays de puissances asymétriques, ne peuvent que conduire à ce que les plus puissants bouffent les plus faibles. Les pays de l’Amérique du Sud, avec en tête le Président du Venezuela, ont défendu la thèse qu’il était plus important pour eux de se renforcer d’abord par un regroupement régional de manière à pouvoir par la suite négocier des ententes avec d’autres puissances. De quoi convaincre les plus sceptiques. Rien à y faire.

Pourtant, le Canada, avec le cas du bois d’œuvre et le refus de l’Administration Bush de se conformer aux décisions des divers tribunaux d’arbitrage, venait de proférer des menaces contre les Etats-Unis à l’effet de vendre son bois en Chine et d’exporter son pétrole vers d’autres pays. L’occasion eût été pertinente pour relever ce type de problème. Évidemment, il n’en fût rien. Une telle attitude lui aurait gagné l’estime et le respect des pays qui ont eu le courage et l’indépendance de se positionner selon les intérêts de leurs pays. Ç’eût été une attitude qui aurait sûrement inspiré à M. Chavez des propos autres que ceux qu’il a eu à l’endroit de M. Pettigrew qui a voulu jouer, un instant, au Chef d’État, en les exhortant à se ranger du côté de la proposition soutenue par Georges W. Bush. Le Canada avait choisi la servilité plutôt que l’indépendance qui lui aurait permis de s’associer à ceux qui ont mis en évidence l’importance pour tous les partenaires de pouvoir compter sur une force capable de faire fléchir les plus gourmands.

Ce qu’il faut tout de même mettre au crédit de monsieur Martin c’est qu’il est capable de certaines prises de positions en sol canadien. Je doute toutefois, qu’il puisse en être ainsi de M. Harper qui laisse déjà l’impression d’être prêt à se livrer, pieds et poings liés, au grand frère qui l’aimera suffisamment pour le bouffer complètement. Je ne pense pas que les Canadiens soient à ce point prêts à être annexés aux Etats-Unis et à ne plus avoir de personnalité étatique.

Les débats des chefs de partis politiques devraient aborder le sujet de la politique extérieure du Canada et donner lieu à des éclaircissements sur ces questions, souvent laissées de côté lors des campagnes électorales. Ce sont là des questions aussi importantes que la guerre, l’armement, l’environnement, le droit international, qui, dans bien des cas, sont passées sous silence et dont les conséquences vont bien au-delà des promesses électorales traditionnelles.

Je souhaite donc poser une question, à deux volets, à M. Harper, relative à l’engagement militaire du Canada :


NOUS AVONS VÉCU LE DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE EN IRAK ET NOUS NOUS SOUVENONS TOUS DES PRESSIONS EXERCÉES PAR LES ÉTATS-UNIS POUR QUE LE CANADA S’Y ENGAGE. DIVERS FACTEURS, CERTAINS CIRCONSTANCIELS ET D’AUTRES DE PRINCIPE, ONT FAIT EN SORTE QUE LA DÉCISION CANADIENNE, EN DÉPIT DES PRESSIONS EXERCÉES, A ÉTÉ DE NE PAS S’Y ENGAGER.

ADVENANT UNE SITUATION SEMBLABLE, QUELS SERAIENT LES CRITÈRES QUI GUIDERAIENT UN GOUVERNEMENT CONSERVATEUR DANS SA PRISE DE DÉCISION ? PLUS PRÉCISÉMENT, QUELLE PLACE Y OCCUPERAIT LA VOLONTÉ DES CANADIENS ? QUELLE IMPORTANCE ACCORDERIEZ-VOUS AU DROIT INTERNATIONAL TEL QU’EXPRIMÉ ET GÉRÉ PAR LES NATIONS UNIES ? QUELS MOYENS SERAIENT PRIS POUR RÉSISTER, LE CAS ÉCHÉANT, AUX PRESSIONS EXERCÉES PAR LES BELLIGÉRANTS?

LE SECOND VOLET DE LA MÊME QUESTION EST DIRECTEMENT RATTACHÉ AU PROJET DE BOUCLIER ANTI-MISSILES. DÉJÀ LE GOUVERNEMENT CANADIEN A PRIS LA DÉCISION, ET CELA TOUT À FAIT EN ACCORD AVEC LA VOLONTÉ DES CANADIENS, DE NE PAS S’ENGAGER DANS UN TEL PROJET.

UN GOUVERNEMENT CONSERVATEUR MAINTIENDRA-T-IL CETTE DÉCISION OU, À DÉFAUT, COMMENT JUSTIFIERA-T-IL LE CARACTÈRE ANTI-DÉMOCRATIQUE D’UN TEL REVIREMENT ? EN D’AUTRES MOTS , POUR UN GOUVERNEMENT CONSERVATEUR, LA VOLONTÉ DES CANADIENS PASSE-T-ELLE, EN TOUT TEMPS, AVANT CELLE DE NOTRE VOISIN DU SUD?


Oscar Fortin

14-12-05

lundi 12 décembre 2005

BIENVENUE À LUCAS-GABRIEL



Cher petit fils, tu te prépares à faire ton entrée dans un nouveau monde, celui de l’humanité. Dans quelques heures tu quitteras ton oasis où tu auras hérité non seulement d’une identité physique, que nous avons évidemment bien hâte de découvrir, mais encore d’une hérédité qui te vient de générations remontant jusque dans la nuit des temps. Le sang qui circule dans tes veines est celui, entre autres, qui va de la Terre de feu jusqu’à la Baie James en passant par Cuba. Par ta mère tu touches aux deux extrémités des Amériques et par ton père tu es au cœur de cette Amérique. Il te faudra composer tout autant avec cette identité physique qu’avec cette hérédité qui se révèlera progressivement par ton caractère, ton tempérament, ta manière de vivre et d’être. Si la trajectoire de ta vie est déjà toute tracée, son profil et contenu relèveront de tes initiatives, de tes engagements et plus que tout des valeurs de vie et de solidarité humaine dont tu sauras témoigner. Ce sera ta signature personnelle et unique dans l’histoire de l’humanité.

Le monde que tu vas découvrir au rythme du développement de ton corps et de ton esprit va t’apparaître sous diverses facettes. Ne t’inquiète pas pour tes premiers mois, tes premières années, tu seras entouré et dorloté au point que tu souhaiteras un peu de répit que nous aurons bien de la peine à comprendre. Que veux-tu ! C’est comme ça que tu vas progressivement nous découvrir. Nous allons te porter comme un trophée, comme une grande réussite, comme le portrait de nous tous. Tu vas sans doute trouver que nous t’en mettons beaucoup trop sur tes épaules alors que le développement progressif de ta conscience te conduira peut-être vers des horizons qui viendront heurter nos façons de faire et de penser. Il te faudra assumer ton histoire et la porter aussi loin que ta conscience te le commandera.

Déjà un nom, sans doute écrit dans les étoiles, s’est imposé à ton père et à ta mère : LUCAS GABRIEL. Avec le temps tu découvriras que ce nom a quelque chose de prédestinée. Lucas, nom espagnol, rappelle le nom d’un évangéliste, San Lucas, qui a raconté l’histoire de Jésus de Nazareth, personnage qui a vécu il y a plus de deux mille ans, laissant à l’humanité un message de justice, de paix, de vérité, de vie et d’amour. Il s’est présenté comme le Fils de Dieu et beaucoup ont cru en lui et continuent de croire en lui. Comme si cette première référence n’était pas suffisante, tes parents y ont ajouté le nom de Gabriel, nom français, qui se réfère dans la révélation chrétienne à l’Ange qui est venu annoncer la naissance du Fils de Dieu. Ne va pas croire que ton père et ta mère aient choisi ces deux noms en pensant à ces références historiques. Ce nom composé leur est venu comme ça, comme une inspiration, et il n’y avait rien à y faire : tu allais t’appeler Lucas Gabriel.

Puisse donc ce nom nous annoncer l’avènement d’une ère nouvelle, nous permettre de reprendre en main l’essentiel du message évangélique pour en faire le moteur d’une humanité sans exclusion, solidaire et pour qui la justice, la vérité et l’amour miséricordieux peuvent seuls fonder la paix et l’unité.

Bienvenue Lucas Gabriel dans notre monde qui porte en lui les douleurs de l’enfantement d’un homme nouveau auquel tu seras associé par ta vie et ton engagement. Puisses-tu porter ton esprit jusqu’aux frontières de l’inconnu et ouvrir ton cœur à tous les humains de la terre. En agissant ainsi, le grand père que je suis maintenant, grâce à toi, rendra grâce à Dieu pour les merveilles qu’il réalise dans ce monde toujours en quête de justice et de paix. Noël qui suivra ta naissance de deux semaines, rappelle la naissance de ce Jésus porteur d’Une bonne nouvelle pour toutes les personnes de bonne volonté.

À ton arrivée, prévue pour le 12 décembre, tu seras accueilli par une neige toute blanche qui te portera vers une destinée à tous inconnue. Nous serons là pour t’accompagner le plus loin que nous pourrons.

Ton grand-père


12-12-2005 3hres 30
NOTE: CE MÊME JOUR, À 15H35, EST NÉ LUCAS GABRIEL (PHOTO DU HAUT)

vendredi 25 novembre 2005

NON À LA DETTE, MAIS OUI AU PATRIMOINE

Il est intéressant de voir ceux et celles qui prennent actuellement la parole pour dénoncer la dette et inciter à son élimination. Plus intéressante encore est l’argumentation développée pour passer à l’action le plus rapidement possible.

Il y a d’abord le groupe que l’on dit « des sages », composé de personnalités, pour la plupart, financièrement bien nanties. Il y a également un regroupement « de jeunes » dont les appartenances sociales sont plus près des milieux aisés que des milieux défavorisés. Cet aspect aurait peu à voir avec la discussion de la dette, si ce n’était de l’argumentaire utilisé.

Pour le groupe des « sages », il y a l’inquiétude de laisser à nos enfants un héritage de misère et de pauvreté dû en grande partie à une dette qu’ils seront incapables d’assumer seuls. Le déficit démographique fera en sorte que les travailleurs se feront de moins en moins nombreux et que les charges sociales se feront de plus en plus onéreuses. Leurs revenus n’arriveront plus à répondre à toutes ces obligations. «D'ici quelques années tout au plus, nos rêves - en fait, pas les nôtres, mais ceux de nos enfants - seront brutalement interrompus par des coups sur la porte : les huissiers! » (Manifeste…)

Quant au groupe « des jeunes », l’argumentaire mis de l’avant dissimule à peine le caractère abusif de la génération des babys boomers qui a endetté le Québec à ses propres fins, laissant aux générations à venir la responsabilité de payer la note. Ces derniers laissent sous-entendre que les babys boomers, et tous les autres qui ne sont plus actifs sur le marché du travail, ont endetté le Québec à leurs seuls avantages et qui, plus est, cessent de participer financièrement aux charges de la société lorsqu’ils prennent leur retraite. Ainsi, perçoivent-ils ces babys boomers comme une charge nette pour les travailleurs de l’avenir!

Je suis bien d’accord pour qu’il y ait débat sur cette question de la dette. Mais pour qu’il y ait un véritable débat, encore faut-il que l’on traite, en même temps, du patrimoine légué aux générations montantes, du partage actuel du fardeau fiscal et, plus fondamentalement, du type de société dont ils voudront bien se doter. Va-t-on poursuivre le développement d’une société solidaire n’excluant ni les personnes âgées, ni les jeunes, ni les malades, ni les immigrants, ni les pauvres, ni les sans emplois, ni les travailleurs de la classe moyenne etc. ou va-t-on bâtir des solidarités de clans, de classes, de groupes ?

Si, au début des années soixante, il n’y avait pas eu de révolution « tranquille » pour démocratiser l’éducation, la santé, le revenu de base pour la subsistance, etc. beaucoup de nos jeunes ne seraient pas là avec leur savoir, universitaire ou autre pour nous parler de la dette. Il est évident qu’il y a eu, qu’il y a et qu’il y aura un coût social à cette démocratisation, coût que la classe moyenne des travailleurs a en grande partie assumé et continuera d’assumer. Ce ne sont ni les grandes entreprises, ni les cadres supérieurs de ces dernières qui ont pris la part la plus élevée de ces coûts. Ces derniers peuvent compter sur la collaboration de comptables bien aguerris, intéressés même… et des lobbyistes « amis » de certains législateurs pour les soustraire de ces obligations. Si des œuvres philanthropiques ont pu surgir ici et là, c’est peut-être moins en raison d’une générosité personnelle et gratuite que grâce à certains avantages fiscaux consentis pour de telles initiatives. Encore là c’est la classe moyenne qui en assume la plus grande partie.

Il est vrai que la génération des babys boomers prend de plus en plus le chemin de la retraite : Certains pour laisser la place aux jeunes de la génération montante, d’autres tout simplement parce que les fermetures d’entreprises les laissent sans autre alternative. Dans tous les cas, cependant, une réalité sans conteste demeure : Ils laissent le marché du travail sans pour autant se soustraire à leurs obligations sociales de payeurs d’impôts. À cet égard d’ailleurs, il sera intéressant, voire essentiel, de cibler les payeurs d’impôts par groupes d’âge, par situations sociales etc. La dette, que cette génération - de moins jeunes- continue d’assumer avec tous les autres qui tirent leurs revenus d’un emploi, s’accompagne également d’un patrimoine qu’elle a contribué à bâtir en tant que relève des générations précédentes. Ce patrimoine, à l’échelle canadienne, s’élevait en décembre 2004, selon Statistique Canada, à 4,2 billions de dollars nets, soit 131 100 $ nets par habitant. (Le Quotidien, 16 décembre 2004) De quoi retenir quelque peu l’élan des huissiers à la porte.

Lorsque nous étions jeunes, parce que nous le fûmes, on nous parlait de la société des loisirs à laquelle nous serions toutes et tous conviés dans les années à venir. On faisait alors reposer le réalisme de cet avènement sur l’apport des nouvelles technologies qui permettraient notamment de faire faire le travail jusqu’alors réalisé par les humains. Hélas, les politiques fiscales qui prévalent semblent avoir omis systématiquement d’inclure ce nouveau « travailleur » en tant que contribuable! Il a été oublié, pour ainsi dire, par la fiscalité. En effet, n’est-il pas parmi les rares à pouvoir travailler sans devoir rendre son tribut à l’État ?

J’espère que le débat amorcé sera suffisamment large pour traiter de tous ces points comme faisant partie d’un même ensemble. Ce serait dommage qu’il mette en confrontation les générations. La solidarité à laquelle nous ont initiés nos ancêtres devraient inspirer nos propos et guider nos pas dans cette démarche. À ce que je sache, personne n’apporte avec lui son patrimoine, actif et passif, à l’heure du grand départ. Les générations qui suivent en sont les héritières. À ce jour, l’actif a toujours été plus élevé que le passif.

Oscar Fortin

dimanche 20 novembre 2005

J'AI CHERCHÉ DIEU

Je l’ai cherché dans la Consommation, dans le Pouvoir, dans le Prestige :
Je ne l’ai pas rencontré.
Je l’ai cherché là où se manifeste et croît ce qu’il y a d’humain :
Et je l’ai vu.

Je l’ai reconnu dans les humbles et les pauvres,
Dans les orphelins et les exclus.
Je l’ai reconnu dans les persécutés pour la justice,
Dans les psaumes et poèmes d’Ernesto Cardenal.
Je l’ai reconnu dans les compromis sociaux de Chavez,
Dans la mort prophétique de Mgr Romero.
Je l’ai reconnu dans le désir profond de vérité des peuples,
Dans le désir d’une vie digne pour tous.
C’était Jésus de Nazareth, présent dans l’humanité.

Je l’ai aussi reconnu dans l’inspiration humaniste de Fidel,
Dans la promotion de l’éducation, de la santé, de l’entraide.
Je l’ai reconnu dans la sueur des travailleurs,
Dans l’honnêteté et les sacrifices des humbles.
Je l’ai reconnu dans la démocratie participative des peuples,
Dans le respect des différences de chacun.
C’était l’Esprit, présent au cœur de l’Amérique.

Également, je l’ai reconnu dans la bonté de ceux qui pardonnent,
Dans l’accueil gratuit et généreux des exclus.
Je l’ai reconnu dans la douleur des mères qui cherchent leurs disparus,
Dans la foi de ceux qui donnent tout pour que d’autres aient la vie.
Je l’ai reconnu dans le partage des uns avec les autres,
Dans l’amour des parents pour leurs enfants.
C’était le Père, présent en tous

Plus que tout je l’ai reconnu dans la solidarité humaine,
Dans la fraternité qui s’étend à toutes les personnes de la terre.
Je l’ai reconnu dans la recherche de la vérité, de la sincérité,
Dans le désir partagé d’UNITÉ vraie.
Je l’ai reconnu dans la créativité des artistes,
Dans la fraîcheur du vent, dans le cantique des oiseaux.
C’était Dieu présent à toute personne de bonne volonté.

Oscar Fortin
Cuba, le 15 novembre 2005 (original écrit en espagnol)

BUSQUÉ A DIOS

BUSQUÉ A DIOS

Lo busqué en el consumo, en el poder, en el parecer:
No lo encontré.
Lo busqué en los senderos por donde crece lo humano:
Allí lo vi.

Lo reconocí en los humildes y pobres,
En los huérfanos y excluidos.
Lo reconocí en los perseguidos por la justicia,
En los salmos y poesías de Ernesto Cardenal.
Lo reconocí en los compromisos sociales de Chávez,
En la muerte profética de Mgr. Romero.
Lo reconocí en el anhelo de verdad de los pueblos,
En el deseo de vida que sea para todos.
Era Jesús de Nazareth, presente en la humanidad

También lo reconocí en la inspiración humanista de Fidel,
En la promoción de la educación, de la salud, de la ayuda mutua.
Lo reconocí en el sudor de los trabajadores
En la honestidad y los sacrificios de los humildes.
Lo reconocí en la democracia participativa de los pueblos,
En el respeto de las diferencias de cada uno.
Era el Espíritu, presente en el corazón de América

Igual lo reconocí en la bondad de los que perdonan,
En la acogida gratuita y generosa de los excluidos.
Lo reconocí en el dolor de las madres que buscan a sus desaparecidos,
En la fe de los que dan todo para que otros tengan vida.
Lo reconocí en el compartir de los unos con los otros,
En el amor de madres y padres que aman a sus hijos.
Era el Padre, presente en todos

Más que todo, lo reconocí en la solidaridad humana,
En la fraternidad que llega a todas las personas de la tierra.
Lo reconocí en la búsqueda de la verdad, de la sinceridad,
En el deseo compartido de UNIDAD respetuosa.
Lo reconocí en la creatividad de los artistas,
En la frescura del viento y en el canto de los pajaritos.
Era Dios con todas las personas de buena voluntad.


Oscar Fortín
Cuba, el 15 de noviembre 2005

vendredi 4 novembre 2005

LORSQUE LES PHARISIENS CRIENT AU SCANDALE

J’ai toujours eu une certaine méfiance à l’endroit des personnes qui se scandalisent facilement et qui ont vite fait de monter aux barricades pour lapider les coupables. Ce n’est pas sans nous rappeler cette scène de Marie Magdeleine, cette pécheresse peu recommandable que l’on s’apprêtait à lapider. Nous connaissons évidemment la suite de l’histoire. : à commencer par les plus vieux, nous dit le texte, ils se retirèrent après que Jésus ait invité ceux sans péché à lui tirer la première pierre. Pareille situation doit trouver quelque part une explication. Soit qu’il y ait une inconscience pour voir la poutre dans son œil, soit que l’on pense faire oublier cette poutre que l’on a, en parlant de la paille dans l’œil des autres.

Comme un très grand nombre, je ne puis que m’élever contre l’inconscience des uns et l’hypocrisie des autres. Il y a dans pareil comportement une sorte de mépris de l’intelligence et encore plus de l’indulgence des personnes de bonne volonté qui cherchent plus à comprendre et à pardonner qu’à juger et à condamner. Elles oublient que les personnes de bonne volonté vont chercher dans le regard serein qu’elles portent sur elles mêmes la bonté non moins sereine qu’elles témoignent à l’endroit des autres.

Comment ne pas réagir devant cette mascarade qui anime actuellement certains milieux du Parti Québécois et, à en croire par les reportages, les milieux journalistiques. L’acharnement que l’on manifeste contre la consommation de cocaïne d’André Boisclair et l’insistance pour qu’il démissionne ont de quoi rappeler les invectives prononcées par un certain Jésus de Nazareth contre les pharisiens et les hypocrites. Ces derniers aiment se parader dans les endroits publics pour mieux se faire voir, ne se gênent pas pour mettre sur les épaules des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent eux-mêmes porter. Ils aiment passer pour des justes alors qu’ils ressemblent à des sépulcres blanchis remplis d’ossements. Point n’est besoin de nommer qui que ce soit. Ces personnes se manifestent déjà suffisamment elles-mêmes.

Je viens tout juste de recevoir par Internet un diaporama qui pose la question suivante : pour quel candidat voteriez-vous pour diriger le monde ? Trois candidats sont proposés:
le premier est un politicien qui fréquente les milieux véreux, qui a deux maîtresses, qui fume comme un pompier et qui boit huit à dix martini par jour; le second a déjà été viré deux fois, il dort jusqu’à midi, a déjà fumé de l’opium au collège et boit un quart de litre de whisky tous les soirs avant d’aller au lit; le troisième est un décoré de guerre, végétarien, ne boit que très occasionnellement une bière et n’a pas d’histoire extra conjugale. Je ne sais votre réponse, mais je vous dirai que le premier candidat est nul autre que Franklin D. Roosevelt, que le second est Winston Churchill et que le troisième est Adolphe Hitler.

De quoi faire réfléchir sur les liens que nous faisons entre certains comportements et la capacité des personnes de réaliser de grands projets.

Je souhaite qu’André Boisclair ait les appuis nécessaires pour prendre la direction du Parti Québécois et le conduire jusqu’au gouvernement et à l’indépendance du Québec. J’espère que Louis Bernard soit près de lui pour le seconder dans les diverses étapes à franchir.


Oscar Fortin

jeudi 27 octobre 2005

LES DEUX VISAGES D'UNE ÉGLISE INTERPELLÉE PAR LA JUSTICE



CARDINAL ROSALIO LARA
ERNESTO CARDINAL, PRÊTRE

« HEUREUX CEUX QUI SONT PERSÉCUTÉS POUR LA JUSTICE : LE ROYAUME DES CIEUX EST À EUX. » (Mt. 5, 10)

Voici deux figures qui dominent l’actualité politique, sociale et religieuse de l’Amérique latine. La première est nul autre que le Cardinal qui préside les destinées de l’Église au Venezuela. Il s’affirme comme un farouche défenseur du néolibéralisme et un opposant acharné de l’actuel gouvernement vénézuelien d’Hugo Chavez. La seconde, que certains reconnaîtront pour l’avoir vu à genoux recevant les réprimandes du pape Jean-Paul II au moment de son arrivé au Nicaragua, en mars 1983, est ce prêtre poète, engagé auprès des pauvres et fervent défenseur de la théologie de la libération en Amérique latine. Le premier jouit d’une grande influence auprès des élites et le second auprès des pauvres et des mouvements révolutionnaires.

Tout récemment, le cardinal Rosalio Castillo Lara, lors d’une rencontre avec les secteurs de l’opposition, les a exhortés à organiser la désobéissance civile auprès de la population sur la base de l’article 350 de la Constitution lequel justifie, selon lui, la non reconnaissance du gouvernement, qu’il qualifia alors de « funeste et de dangereux ».

Or que dit l’article 350 ? « Le peuple du Venezuela ne reconnaîtra aucun régime, aucune législation ou autorité qui va à l’encontre des valeurs, principes ou garanties démocratiques, ou bafoue les droits humains. »

Le Président Hugo Chavez n’a pas tardé à dénoncer pareil comportement de la part du chef de l’Église catholique de son pays. Il a rappelé que son gouvernement est sans doute le plus démocratique et équitable qu’ait connu le Venezuela depuis son indépendance et que les droits fondamentaux des pauvres et laissés pour compte n’avaient jamais été respectés autant. Il a accusé le cardinal d’utiliser sa fonction et son statut d’Évêque pour inciter injustement à la désobéissance civile et à la violence, devenant ainsi un allié de ceux qui se sont enrichis à même l’État et au dépend du peuple.

Devant l’ampleur des réactions suscités par cette intervention du cardinal, également soupçonné d’entretenir des relations secrètes avec le pasteur évangélique Pat Robertson qui avait incité à tuer le Président Chavez, le Nonce Apostolique a senti le besoin d’intervenir. Il a rappelé que les positions du cardinal ne répondaient pas à des consignes reçues du Vatican, mais qu’il avait tout de même le droit, comme tout citoyen d’exprimer son point de vue. Une attitude plutôt compréhensive et pour le moins contrastante avec celle prise à l’endroit de bien des prêtres engagés auprès des défavorisés dans leur lutte pour une société juste. On n’a qu’à penser à l’attitude du pape Jean-Paul II à l’endroit du père Ernesto Cardenal, alors ministre de la culture dans le gouvernement sandiniste. ( http://www.ernestocardenal.org/index.php )

Justement, ce dernier, lors d’une rencontre internationale des poètes, célébrée au printemps dernier au Venezuela, a eu l’occasion de passer plusieurs heures avec le Président Chavez et de prendre contact avec divers milieux sociaux et intellectuels. Dans un article publié à son retour au Nicaragua ( http://www.alternatives.ca/article1838.html ), il raconte qu’au Venezuela se vit une Révolution profonde et que déjà des effets importants se voient : l’alphabétisation fait des bonds de géants, les services de santé arrivent dans les milieux les plus défavorisés, des centres de formation de médecins et d’intervenants sociaux se multiplient. Le peuple participe toujours plus aux discussions et décisions. Le Président Chavez anime quotidiennement une émission de radio qui lui permet de s’entretenir directement avec les gens :ces derniers appellent pour poser des questions ou formuler des commentaires et lui, réagit et explique. Un véritable dialogue qui dure parfois des heures. Ce que peu savent à l’extérieur du pays c’est que près de 80% de la population l’appuie et, chose rare dans nos pays, l’armée est également avec lui. C’est d’ailleurs grâce à l’appui de l’un et de l’autre, que les putschistes, en 2003, ont dû abandonner rapidement le pouvoir quelques jours à peine après l’avoir pris. Cette révolution, qui n’en est encore qu’à ses débuts, donne naissance à une société qui favorise les droits des pauvres et des défavorisés. Ils sont les premiers bénéficiaires de cette révolution qui leur apporte dignité et respect, alphabétisation et santé, responsabilité et participation. Tout cela également dans le respect des autres.
( http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2040 )

Cette situation d’une Église profondément divisée dans son engagement pour la justice n’est pas sans soulever la question suivante : serait-ce que l’Église se laisse récupérer dans sa tête par les tenants du pouvoir néo-libéral et dans sa base par les tenants du pouvoir socialiste? Il n’y a pas de doute que la récupération des uns et des autres fait partie des réalités possibles. Toutefois, il y a certains points de repères qui ne mentent pas : la fidélité aux plus pauvres et défavorisés de nos sociétés, la capacité de dénoncer l’hypocrisie, la corruption, les injustices, non seulement de ceux qui nous entourent et nous dirigent, mais encore des systèmes politiques et économiques qui portent en eux le germe des inégalités, des injustices et de bien des conflits.

Lorsque je lis le Sermon sur la montagne, appelé également celui des Béatitudes, et que je médite les invectives de Jésus contre les pharisiens que nous rapporte l’évangéliste Mathieu au Chapitre 23 de son Évangile, force m’est donnée de reconnaître, en Ernesto Cardenal et en tous ceux qui comme lui donnent leur vie pour qu’il y ait plus de justice à l’endroit des pauvres et des défavorisés, d’authentiques disciples de Jésus. S’il a participé au gouvernement sandiniste, ce ne fut pas les yeux fermés. Il a eu le courage de dénoncer l’hypocrisie et la corruption de plusieurs de ceux-là même avec qui il travaillait? Par sa vie et ses écrits il demeure à proximité des pauvres de la terre et un ferment d’espérance d’un monde porteur de soleil pour tous les humains?

Entre Jésus et le Sanhédrin, je choisis Jésus. Entre l’Église militante au service de la justice et la Hiérarchie au service des privilégiés, je choisis l’Église militante au service de la justice.

Oscar Fortin

jeudi 20 octobre 2005

NAISSANCE D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL


Il n’est pas évident de parler de la naissance d’un monde nouveau, de l’avènement d’une humanité transformée alors que les guerres sont toujours plus meurtrières et que les famines, les tremblements de terre, les inondations, les ouragans sont toujours plus nombreux et dévastateurs. Ne sommes-nous pas davantage témoins de la fin d’un monde, de sa destruction, de son anéantissement que de la naissance d’un monde nouveau?

SOCIÉTÉ ET PLANÈTE TERRE EN EXTINCTION

L’humanité à laquelle nous appartenons et à laquelle nous participons n’est-elle pas plus près de la mort que de la vie ? Les épidémies qui s’étendent de plus en plus à la grandeur de la planète sont déjà agissantes, portant en elles la puissance destructrice contre laquelle grands et petits ne sauront résister. Si des efforts sont faits pour contrer ces maux par la mise au point de vaccins et par des mesures préventives, force est de constater que les nantis de la terre dont nous sommes, les classes moyennes et privilégiées des sociétés de consommation, n’en continuent pas moins à détruire l’environnement et à favoriser de tels déséquilibres. Les systèmes de production ne sont-ils pas toujours aussi polluants et la consommation n’est-elle pas toujours aussi énergivore ? Ne vivons-nous pas dans une bulle où l’oxygène se fait de plus en plus rare, provoquant ainsi notre propre anéantissement ?

Que dire maintenant de l’organisation sociale, économique et politique de nos sociétés ? Ne nous donne-t-elle pas un portrait tout aussi déshumanisant ? La prédominance des trois grandes forces que sont l’AVOIR, le POUVOIR, le PARAÎTRE ne continue-t-elle pas de fonder la structure même de cette organisation ?

Le monde dans lequel nous vivons n’est-il pas polarisé par une course illimitée à la consommation, sans égard aux effets pervers de cette dernière dans les relations des personnes et des collectivités ? Les valeurs de justice ne se ramènent-elles pas trop souvent à celles qui assurent « notre » confort, « notre » paix et « notre » sécurité, peu importe le prix exigé des autres ? Cet attrait extraordinaire de la possession, de l’AVOIR, ne donne-t-il pas lieu à toutes sortes d’excentricités dans la consommation, de combines financières allant de la finesse du spéculateur jusqu’aux arnaques les plus criminelles de multinationales peu scrupuleuses ?

N’en va-t-il pas de même pour le POUVOIR qui assure aux maîtres de nos sociétés le privilège de tirer les ficelles leur permettant de gérer et d’organiser le monde de manière à ce qu’il serve bien leurs intérêts ? Ce POUVOIR sait se présenter sous les traits les plus divers selon les sociétés et les cultures. Il sera capable de grandes vertus tout autant que d’atrocités les plus barbares. Il se fera tantôt le défenseur des démocraties qui le serviront, un autre tantôt le promoteur de dictatures qui le protègeront. Il sera capable d’alliances avec les dieux ou les églises qui le béniront. Ce POUVOIR est placé par les États, sous la protection « de la sécurité nationale » et par les particuliers, sous celle de la « libre entreprise » ou encore « des droits acquis ». Toute tentative visant à en modifier les bases est combattue par tous les moyens et sans aucune réserve.

Une telle société fondée sur l’avoir et le pouvoir sans le PARAÎTRE ne pourrait pas survivre longtemps. Ce dernier est comme « l’habit » qui en assure la présentation et lui donne tout l’apparat d’humanité civilisée. Ainsi, pour que tout soit bien rôdé et que les vertus soient perçues et reconnues par tous, quoi de mieux que de créer des personnages qui seront définis non seulement dans leurs fonctions et pouvoirs, mais également dans leurs vertus et privilèges. Il y a des rois, des papes, des Présidents, des ministres, des notables, des ouvriers, des héros et des saints. Chacun y joue son rôle et y occupe une fonction. Toute nouveauté de nature à remettre en question l’ordre de ce PARAÎTRE sera vite écartée.

JÉSUS DE NAZARETH ET LA FIN DES TEMPS

C’est dans l’Évangile selon Mathieu (Mt. 24) que Jésus, prophète pour les uns et fils de Dieu pour les autres, s’exprime le plus amplement sur cette question qui hantait les communautés juives de l’époque, toujours dans l’attente d’un Messie. Ce récit fait suite à sa sortie virulente contre les pharisiens. Ce dernier y démasque l’hypocrisie des personnages qui trompent et mettent sur le dos des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent porter eux-mêmes. Il y dénonce l’usage qu’ils font de leur pouvoir ainsi que leur attachement à l’avoir. « Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : « Si l’on jure par le sanctuaire, cela ne compte pas ; mais si l’on jure par l’or du sanctuaire, on est tenu. » (Mt. 23,16) Cette sortie de Jésus s’adresse non seulement aux pharisiens de son époque mais à tous ceux et celles qui fondent leur vie et leurs relations avec les autres sur l’AVOIR, le POUVOIR, le PARAÎTRE. « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, vous qui ressemblez à des sépulcres blanchis : Au dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et d’impuretés de toutes sortes. Ainsi de vous, au dehors vous offrez aux hommes l’apparence de justes, alors qu’au dedans vous êtes remplis d’hypocrisie et d’iniquités. » (Mt. 23,27)

« Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous n’avez pas voulu ! Eh bien elle va vous être laissée déserte votre maison. » (Mt. 23,37)

« Vous allez entendre parler de guerre et de rumeurs de guerre…il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. Car on se dressera nation contre nation et royaume contre royaume; il y aura en divers endroits des famines et des tremblements de terre. ET TOUT CELA SERA LE COMMENCEMENT DES DOULEURS DE L’ENFANTEMENT. Alors on vous livrera à la détresse, on vous tuera, vous serez haïs…Par suite de l’iniquité croissante, l’amour se refroidira dans la multitude; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Cette Bonne nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier. » (Mt.
24,7…)

LA NAISSANCE DE L’HOMME NOUVEAU

Il n’y a pas de doute que nous vivons à une époque où se manifestent à une échelle planétaire les signes des temps. Les « maîtres » du monde s’acharnent à transposer à l’échelle de la planète le système de domination et de contrôle des économies et des personnes. La mondialisation dont ils se font les apôtres et les démocraties dont ils se font les promoteurs répondent d’abord et en tout premier lieu à cette préoccupation de domination et de contrôle. Les institutions multilatérales comme les Nations Unies, la Banque mondiale et les autres organismes qui leur sont rattachés demeurent soumis à leur pouvoir. Pas question d’en faire des organismes démocratiques au sens précis du terme. Il en va de même avec le Vatican qui garde le contrôle des églises, de la doctrine et de la foi. Il fait d’ailleurs bon ménage avec les grands et les puissants et s’accommode de l’ordre mondial qui en assure sa pérennité. S’il se permet quelques déclarations discordantes, elles ne vont jamais jusqu’à remettre en question la structure même de ce pouvoir.

Mais voilà que le développement de la conscience et de la solidarité au niveau planétaire permet maintenant de mieux comprendre les mécanismes sur les bases desquels repose l’ordre mondial actuel et donne les outils pouvant en modifier la structure. Des prophètes élèvent la voix pour rappeler les impératifs de justice et de vérité, des savants en expliquent les avenants et aboutissants, des sages en expriment le bien fondé. « Voici que moi, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes. Vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et vous les pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la terre… » (Mt.23, 34-36) Ce qui est vrai pour le temps de Jésus de Nazareth l’est tout autant pour les temps que nous vivons. Que l’on pense aux persécutés des régimes militaires des pays de l’Amérique latine et d’Afrique, aux professeurs d’université assassinés, aux prophètes arrêtés, torturés et tués. Ils viennent le plus souvent de tous les horizons, de tous les milieux sociaux, mais ils ont tous en commun d’avoir été saisis par la passion de la vérité et de la justice pour tous les humains.

Il n’y a pas de doute que le vent tourne et que déjà pointe à l’horizon l’avènement d’un monde nouveau pris en charge par le Fils de l’homme. Comme le prophétisait déjà cette petite femme enceinte de Jésus de Nazareth : « Les orgueilleux seront rabaissés, les puissants jetés au bas de leurs trônes, les humbles seront élevés, les affamés comblés de biens et les riches renvoyés les mains vides. » (Lc. 1,51-53) « Ce sera la demeure de Dieu avec les hommes…Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien aura disparu et fera toutes choses nouvelles. » (Apoc. 21,3-5) Ce sera un monde fait pour l’humanité toute entière. Toute personne de bonne volonté y trouvera accueil et chaleur humaine.

Croyants ou pas, nous assistons tous à la fin d’un monde qui n’aura finalement servi qu’une minorité d’humains et produits en abondance pauvreté, injustices, désolation, guerres, manipulation, mensonges et souffrances. Il n’y a pas de doute que le pouvoir de ceux qui en tirent les ficelles tire à sa fin. Les solidarités nouvelles qui se développent auront raison de la résistance de ceux qui s’opposent à la naissance de cette humanité nouvelle. Déjà les cris de douleur de ceux et celles qui le portent annoncent l’enfantement de cet Homme nouveau.

« Venez les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli; nu et vous m’avez vêtu ; en prison et vous êtes venus à moi. » Mt. 25, 34-36)





Oscar Fortin

samedi 15 octobre 2005

LE CANADA MENACE LES ÉTATS-UNIS

Depuis quelques jours les medias font écho aux déclarations du Premier ministre canadien, M. Paul Martin, à l’effet de prendre des mesures plus drastiques contre les Etats-Unis pour les forcer à respecter les règles de l’ALENA régissant le commerce dans le secteur du bois d’œuvre. Nous savons tous que depuis maintenant plusieurs mois une décision du Tribunal d’arbitrage des différents dans l’application de ces dernières condamne les mesures compensatoires mises en place par les Etats-Unis dans les importations du bois d’œuvre canadien. Cette mesure a déjà fait perdre des milliards de dollars à l’industrie canadienne ainsi que des milliers d’emplois.

Dans ce contexte, on comprend mieux le durcissement de ton et les menaces du Gouvernement canadien d’exporter notre bois d’œuvre vers d’autres partenaires, tels la Chine et l’Inde, de même que celles de couper l’exportation de notre pétrole. De quoi sonner l’alarme auprès de notre partenaire étasunien. Ces mesures ne touchent-elles pas deux cordes sensibles : la Chine et le pétrole? Pourtant, loin d’alarmer notre voisin du sud, ces menaces trouvent chez lui compréhension qu’il explique par le climat préélectoral canadien qui favorise ce type d’intervention.

La réaction de l’Ambassadeur des Etats-Unis à Ottawa se révèle donc très intéressante à la fois sur la confiance qui existe toujours entre nos deux gouvernements et sur l’idée qu’il se fait de l’exercice de notre démocratie. L’intervention de l’Ambassadeur se résume à peu près à ceci : « Il est normal, dans le climat électoral actuel, que ces propos, de nature à plaire à un large éventail de l’électorat canadien, soient tenus. » En sous-entendu, quoi de plus normal de tenir de tels propos qui sont, dans les circonstances, de nature à augmenter les chances d’être élus. Par contre, une fois élus, pense l’Ambassadeur, le climat des échanges reprendra normalement. Donc, rien pour prendre les nerfs. Une manière de nous expliquer, à mots à peine voilés, que les menaces de M. Martin ne sont qu’une mise en scène et qu’ils n’ont pas à s’en formaliser outre mesure. De quoi les convaincre qu’après les élections tout redeviendra normal et que les vrais décideurs retrouveront leur vrai pouvoir. « Nos relations avec le gouvernement canadien sont très bonnes et se font dans un climat de franchise et de grande confiance.»

Que pense, alors, M. Martin, de cette façon de comprendre les choses ? Serait-il prêt à inscrire sur le prochain bulletin de vote, comme le font souvent nos partenaires étasuniens, une question référendaire qui se lirait comme ceci : « Êtes-vous d’accord pour mettre un terme à l’exportation du pétrole et du bois d’œuvre canadiens vers les Etats-Unis si ce dernier, dans les six mois suivant cette élection, ne compensent pas entièrement les pertes subies par les canadiens et n’éliminent pas toute taxe spéciale sur les importations du bois d’œuvre canadien ? » Ne serait-ce pas là l’exercice de la véritable démocratie qui fait du peuple le porteur du pouvoir? Il est à parier que les mandarins du sud perdrait quelque peu leur flegme et se mettrait vite au travail pour régler ce litige.

À vous, Monsieur Martin, de prendre la parole et de dire de quel bois les canadiens se chauffent. Vous indiquerez ainsi que vous ne faites pas une diversion purement électorale avec cette question et que les propos de l’Ambassadeur faussent la compréhension que vous vous faites de la démocratie canadienne et des menaces que vous formulez.

Oscar Fortin

mardi 11 octobre 2005

CUBA SANS DROIT DE RÉPLIQUE

UN MUR DU SILENCE TAIT LE VISAGE HUMAIN D’UNE SOCIÉTÉ
SOLIDAIRE ET INDÉPENDANTE

L’occasion m’a été donnée d’entendre le ministre des Relations extérieures de Cuba, en visite au Canada du 3 au 6 octobre dernier. Les propos tenus devant une cinquantaine de personnes m’ont inspiré diverses réflexions dont celles qui arrivent rarement jusqu’à la grande majorité de la population. À ce que je sache personne n’a vraiment fait écho à cette visite.

Nous plaçons au cœur de nos sociétés les grandes valeurs que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne consignés tout autant dans la Charte des Nations Unies que dans celles du Canada et du Québec . Chacun n’a-t-il pas le droit, en effet, de s’exprimer et de participer au développement de la société politique, économique, culturelle et sociale ? Nous élisons nos représentants aux divers paliers de gouvernements et nous avons le droit d’intervenir dans les débats qui interpellent le devenir de nos sociétés tant sur le plan national qu’international. N’est-ce pas là le cadre d’une société idéale ?

Pourtant, il y a à redire sur cette liberté, cette démocratie, ce respect du droit des personnes. Ne sommes-nous pas de plus en plus les otages d’une société à laquelle échappent les principales ficelles du pouvoir qui en assure le fonctionnement ? La liberté dont nous disposons ne nous retient-elle pas à l’intérieur de certaines frontières au-delà desquelles elle ne peut rien ? Le droit des personnes dont nous nous targuons ne se ramène-t-il pas trop souvent à ceux de nos sociétés comme si ces droits n’étaient pas les mêmes pour les personnes des autres sociétés ?

Nos représentants politiques sont élus sur la base de programmes électoraux qui se présentent moins comme le cadre précis à l’intérieur duquel s’exercera leur pouvoir que comme des appâts permettant d’attirer le plus grand nombre de votes. Les sommes toujours plus astronomiques dont doivent disposer les partis politiques pour charmer les électeurs sont souvent inversement proportionnelles à la profondeur de la pensée politique des candidats. Les élections réalisées, les élus en place, les ministres nommés, les promesses sont aussitôt placées en périphérie de questions plus importantes, discutées celles-là, avec les véritables détenteurs des pouvoirs. Nous n’avons qu’à penser aux positions adoptées par nos représentants au G8, à celles prises aux Nations Unies ou encore les décisions sur les grandes questions comme celles de l’armement, de la mondialisation, des systèmes financiers internationaux, de la pauvreté, des abris fiscaux ou encore de notre engagement dans telle ou telle guerre. Quand consultent-ils la population pour décider de ces questions ? Ces dernières ne font jamais l’objet de consultation électorale ou référendaire. Pourtant, c’est bien ce que la démocratie dont nous nous faisons les apôtres exigerait.

Il en va un peu de même lorsque nous voulons nous exprimer et participer au devenir de notre société. Il nous faut le faire à l’intérieur des espaces qu’on veut bien nous autoriser ? Si nous le faisons par des articles et la parole, les medias ne prendront en compte que les articles et les interventions qu’ils voudront bien. Les sujets abordés, les questions soulevées sont laissés à leur discrétion. Il est vrai que nous pouvons toujours développer nos propres medias…. Mais qui peut concurrencer les empires financiers qui ont, sur le marché des communications, la force de l’argent et du pouvoir? L’information n’est-elle pas le nerf de la guerre ? Celui qui la contrôle a déjà sur ses adversaires une bonne avance. Le peuple se nourrit de ce qu’on veut bien lui transmettre. Mais le peuple devient malgré tout de plus en plus alerte et conscient….À ne pas oublier.

L’information relative à Cuba illustre bien ce contrôle qu’exercent ceux qui ont le pouvoir sur les medias. Ils ont le pouvoir de faire de certains des dieux et de certains autres des diables. Ils savent récupérer les valeurs qui inspirent les peuples, déformer les réalités à leur gré pour les ajuster à leurs objectifs et n’ont aucun scrupule dans l’usage du mensonge et de la manipulation. Ils ne retiendront que les articles ou interventions qui permettront de consolider leur point de vue et de noircir celui de l’adversaire. Ils ont des « soldats » préparés pour ce travail. Reporters sans frontière en est un bon exemple.

Où sont les articles de fond, les reportages étoffés qui mettent en évidence Cuba, son peuple, son gouvernement, son leader Fidel et plus que tout l’extraordinaire effort de développement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la solidarité nationale et internationale ? Combien d’entre nous savent ce que signifie le blocus économique et politique que les États-Unis impose depuis plus de 45 ans ? Blocus qui va à l’encontre de toutes les lois internationales et qui est condamné par la très grande majorité des membres des Nations Unies ? Quelles sont les medias qui nous rappellent les effets dévastateurs de telles mesures ? Qui ose nous faire part de l’extraordinaire solidarité qu’a ce peuple avec ses 300 médecins oeuvrant en Haïti, ses 20 000 autres dans les zones les plus pauvres du Venezuela ? Qui nous parle des dizaines de milliers de bourses accordées à des étudiants étrangers de milieux défavorisés pour étudier la médecine pour mieux répondre par la suite aux besoins de leurs peuples? Combien ont entendu parler des cinq prisonniers cubains détenus dans des prisons aux États-Unis pour avoir infiltrer des groupes terroristes de Miami et les avoir dénoncés aux autorités compétentes. Au lieu d’arrêter et de juger les terroristes en question, l’administration étasunienne a plutôt choisi d’arrêter ceux-là mêmes qui se sont fait les apôtres de la lutte anti- terroriste.

Tous ces faits sont disponibles comme information auprès de nos agences de presse qui se gardent de bien de les relever, de peur que ce visage humain d’une société solidaire et indépendante nous la rendre sympathique. Que Cuba soit et continue d’être un pays du Tiers Monde, nous en convenons tous. Par contre il y a de ces valeurs sur lesquelles il a pris une assez bonne avance sur la plupart des pays en développement et sur un certain nombre de pays soit disant développés.

Puisse notre liberté se refléter dans notre capacité de reconnaître et de dire ces acquis de développement qu’un blocus criminel cherche à détenir depuis plus de 40 ans.

Chuschi -- «Depuis la mort de mon mari, il y a un an, ma fille de 14 ans n'allait plus en classe», avoue Fortunita Huaycha Aronez du Pérou. Gagnant huit sols (2,50 $) par mois, l'agricultrice de 55 ans ne pouvait plus payer les fournitures et les habits de la dernière de ses huit enfants. » Le DEVOIRÉdition du samedi 8 et du dimanche 9 octobre 2005
Où est la liberté de cette péruvienne et de toutes les autres qui vivent pareille situation ? À Cuba on a brisé, à tout le moins, les chaînes de l’analphabétisme et de la pauvreté extrême. Le respect des droits de la personne ne commence-t-il pas par là ?

Oscar Fortin

dimanche 4 septembre 2005

LORSQUE CUBA TEND LA MAIN

Lors d’une conférence de Presse, donnée le 1ier septembre à Washington, le Secrétariat d’État rappela la solidarité que la tragédie, laissée par l’ouragan Katrina, a suscitée un peu partout à travers le monde. « Nous avons reçu de nombreuses et généreuses offres d’aide de gouvernements étrangers et d’organismes de coopération. La Secrétaire Rice, après consultation avec la Casa Blanca, a laissé entendre clairement que nous accepterons toutes les offres d’aide extérieure. Tout ce qui peut servir pour alléger la difficile situation, la tragique situation des personnes des secteurs affectés par l’ouragan Katrina, sera accepté. » Il mentionna par la suite la liste des pays qui ont déjà fait parvenir leur offre d’aide : la Russie, le Japon, le Canada, la France, le Honduras, l’Allemagne, le Venezuela, l’OEA, la Jamaïque et beaucoup d’autres… On n’y retrouve pas Cuba et pourtant…

Le 30 août, Cuba fait parvenir par les voies officielles au Gouvernement des États-Unis les condoléances du peuple cubain et par la même occasion offre sa collaboration dans le secteur de la santé, sachant qu’une catastrophe est en train de se produire et que Cuba dispose dans ce secteur d’une expertise reconnue mondialement. Il invite même son homologue a faire une pose sur les différents politiques et idéologiques qui les opposent pour mieux répondre aux urgences humanitaires.

Le ministre des Relations extérieure de Cuba transmet donc, à cette même date, le message suivant : « Conformément aux instructions reçues du Gouvernement cubain, je vous transmets nos condoléances pour la perte de vies humaines et les dommages matériels causés par l’ouragan Katrina et je vous informe de notre disposition à envoyer immédiatement dans les zones affectées des médecins (100) et personnel de santé nécessaire à quelqu’endroit que ce soit ainsi que trois hôpitaux de campagne avec le personnel requis. »

En l’absence de toute réaction de la part de Washington et en raison de l’omission faite par le Secrétariat d’État de l’offre faite par Cuba, beaucoup communiquèrent avec le Gouvernement cubain pour demander ce qui se passait, lui qui se fait toujours présent en pareilles circonstances. C’est alors qu’un communiqué de presse, cette fois adressé au peuple étasunien, a été émis par Cuba :

« …Comme Cuba l’a déjà fait dans le passé avec beaucoup d’autres pays victimes de désastres naturels, il est disposé,comme il l’a déjà indiqué aux autorités compétentes, à envoyer par la voie de Houston ou quelque autre aéroport qui sera indiqué, 100 spécialistes en Médecine générale intégrale qui pourront être sur place dans la soirée du 1ier septembre ou très tôt le 2. Ils auront tout l’équipement requis pour les diagnostiques et pourront se déplacer avec des hélicoptères pouvant opérer tant sur l’eau que sur la terre. De la même manière il est prêt à mettre à la disposition des besoins plus de 1000 autres médecins, tous également équipés pour répondre aux urgences. Ils ont une expertise particulière pour ce genre de situation et peuvent s’adapter au climat humide et aux conditions de vie difficiles… Tous peuvent s’exprimer en anglais.»

Devant cette situation de non recevoir de la part de Washington, Fidel Castro, tient toutefois à confirmer de nouveau l’offre de Cuba. « Nous avons été loyaux à l’idée que nous ne voulions pas de publicité, puisque trois jours se sont écoulés sans que personne ne sache de notre offre. Tout le monde a dit : « J’ai offert ceci, j’ai offert 50,000$, j’ai offert je ne sais quelle chose ». Nous, nous offrons de sauver des vies, 10, 100, 500, 1000 vies; aider pour que l’on prenne les mesures pour sauver des dizaines de milliers de vies, ne serait-ce que pour éviter que le monde assiste au triste spectacle des différents politiques qui conduiraient à la mort inutile de milliers de personnes.

Puissions-nous comprendre.

Oscar Fortin

http://www.granma.cu/frances/2005/septiembre/lun5/reitera.html

jeudi 25 août 2005

LE PASTEUR PAT ROBERTSON SERAIT-IL UN TERRORISTE ?


Pour tous ceux et celles qui se réclament des valeurs de la vie, de celles de la démocratie et plus que tout de celles des Évangiles, les propos du pasteur ROBERTSON, réclamant l’assassinat du Président du Venezuela, Hugo Chavez, ont de quoi inquiéter et plus que tout nous faire réaliser jusqu’où peut aller la manipulation des valeurs dont nous nous réclamons.

Il ne s’agit pas d’un citoyen ordinaire, comme le suggère la Maison Blanche, mais bel et bien d’un télé évangéliste dont l’auditoire dépasse les 2 millions de personnes. La tribune dont il dispose et ses engagements politiques auprès de la Présidence en font un personnage dont les propos ne peuvent être banalisés et renvoyés à l’anecdote du fait divers. Que Jeff Filion ou André Arthur aient tenus de tels propos à l’endroit du Président des Etats-Unis ou de celui d’Angleterre aurait aussitôt entraîné des sanctions et des mises en accusation pour incitation à la haine et au meurtre. On aurait vite fait d’eux des terroristes. Que dire si c’eût été un de nos évêques ou pasteur (théologiens ou autres) bien connu ?

Ce pasteur, non seulement se comporte-t-il comme un terroriste, mais de plus démontre une ignorance qui ne peut, dans les circonstances, être qualifiée de bonne foi. Parler du Président Hugo Chavez comme d’un dictateur alors que le monde sait les victoires déterminantes qu’il a remportées sous l’œil aguerri des observateurs internationaux lors des diverses élections et tout particulièrement lors d’un référendum qu’il a, en bon démocrate, réalisé tel que promis, n’est-ce pas là mentir d’une façon éhontée. Bien plus, il cache à la population américaine les mesures très humanitaires qu’il déploie dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’habitation, rejoignant ainsi les plus démunis et les laissés pour compte de nos sociétés de consommation. Si ce sont là des interventions qui mettent en danger la sécurité et les intérêts du peuple américain, ne serait-ce pas que ce dernier en est venu à se nourrir de la pauvreté, de la misère et de la dépendance des populations les plus défavorisées ?

J’espère que des voix venant des leaders religieux et politiques s’élèveront pour condamner haut et fort les propos du pasteur Robertson et exiger qu’il soit soumis aux mêmes règles auxquelles le sont les terroristes. Leur crédibilité sera d’autant plus grande qu’ils feront preuve dans leurs interventions non pas « d’un poids deux mesures » mais d’une même mesure pour le même poids. Il ne faut pas avoir peur de dénoncer pareil comportement ainsi que tous ceux et celles qui s’y associent.


Oscar Fortin

mercredi 17 août 2005

LA LOI DU PLUS FORT

Suite à la Chronique d’Alain Dubuc
(Le Soleil, 17 août 2005)

(Dans le contexte de la taxe spéciale imposée par Washington dans le litige l’opposant au Canada dans le dossier du bois d’œuvre et son refus de se soumettre aux décisions du comité de l’ALENA condamnant cette mesure comme non fondée, Alain Dubuc dénonce le caractère dominateur de Washington et son pouvoir de disposer des lois et des accords internationaux comme il l’entend. Il rappelle que plus de 4 milliards $ ont ainsi été soutirés à l’industrie canadienne du bois et que Washington se refuse à les rembourser. )

Comment ne pas soutenir le point de vue exprimé dans le journal Le Soleil par M. Alain Dubuc dans sa Chronique du 17 août dernier ! Au-delà des beaux discours qui vantent la « démocratie » et la « liberté », il y a ces politiques qui sabrent dans les droits les plus fondamentaux du respect et de la justice. Comment ne pas comprendre ce qui se passe avec les pays du Tiers Monde, beaucoup plus démunis que nous le sommes, et qui se doivent de composer avec cette Puissance qui dispose de la loi comme bon lui semble ?

Je félicite M. Alain Dubuc d’avoir eu le courage de dire dans un style limpide et avec des mots qui ne prêtent à aucune équivoque ce que la majorité pense et n’ose dire. Il est regrettable que le Canada n’ait pas cette force sociale et politique pour faire respecter ses droits et sa dignité. On ne peut que puiser dans l’esprit et l’exemple de ces peuples, souvent plus petits et plus démunis, qui se refusent à cette domination. Nous n’avons qu’à penser à la Bolivie qui lutte présentement pour prendre son destin en main. Que dire du Venezuela qui reprend progressivement le contrôle de sa richesse la plus importante qu’est le pétrole et cela malgré les menaces et le chantage. C’est également vrai pour le Brésil et l’Argentine qui essaient de se sortir de cette domination.

Mais de tous, le plus impressionnant, demeure ce petit peuple d’à peine 12 millions d’habitants, ne disposant que de peu de richesses naturelles le rendant ainsi dépendant du commerce international pour son approvisionnement en de nombreux produits de base. Discrédité par les medias, le plus souvent alimentés par les grandes agences de presse, ce petit pays est tout de même parvenu à résister aux pressions de son puissant voisin du nord, à irradier l’analphabétisme, à développer un système de santé des plus enviés, à développer des formes de solidarité internationale lui permettant d’étendre à d’autres ses acquis en éducation et en santé. Bien que pauvre, il s’est gagné le respect et la dignité d’un peuple indépendant. On comprendra pourquoi il demeure pour plusieurs une inspiration. Je vous laisse le soin de nommer ce petit pays qui n’a jamais eu vraiment bonne presse dans nos medias. Pourtant…

Merci M. Dubuc pour votre chronique. Je souhaite que nous trouverons en nous suffisamment de solidarité et de fierté pour inspirer le respect.

Oscar Fortin


dimanche 14 août 2005

BON ANNIVERSAIRE FIDEL

Bien oui, je m’unis à tous les tiens pour te souhaiter un joyeux anniversaire. À 79 ans, tu demeures toujours actif à la tête de ton peuple. Tu poursuis la lutte contre l’analphabétisme, la maladie et toutes ces forces qui retiennent le développement et la croissance des peuples à la recherche d’autonomie et de respect. Certains chez-nous savent les succès obtenus dans l’éducation et les progrès extraordinaires réalisés dans le secteur de la santé. Ces succès ne retiennent toutefois pas l’intérêt de nos medias. Pas plus d’ailleurs le fait que tu aies transformé ces acquis en brigades de solidarité internationale au service des plus démunis. Peu savent que plus de 30 000 coopérants, médecins et éducateurs, sillonnent les bidonvilles des pays latino américains et d’Afrique, les aidant à repousser les frontières de l’analphabétisme et de la maladie. Que dire des 15 000 boursiers et boursières de ces multiples pays qui viennent chercher à Cuba la formation en médecine afin de pouvoir à leur tour soigner les leurs ?

Non pas que ton peuple soit riche. Loin de là. La pauvreté y est présente et les services, tels l’eau, l’électricité, le transport et beaucoup d’autres choses laissent beaucoup à désirer. Par contre, en dépit d’un blocus de plus de quarante ans qui ne cesse de se resserrer et dont les coûts sont très élevés, l’essentiel y est : l’alimentation de base, les vêtements, le logement, les soins de santé et l’éducation. On a parfois tendance à oublier que Cuba est un pays du Tiers Monde. Voisin d’Haïti, son développement y est autrement plus avancé. Par contre, les contraintes à surmonter et les défis à relever demeurent toujours nombreux et exigeants. Tout serait plus facile si la Maison blanche levait ce blocus dénoncé depuis de nombreuses années par la communauté internationale, le pape Jean-Paul II lors de son voyage à Cuba et par de plus en plus d’étasuniens dont l’ex-Président Carter.

Pour dire la vérité, peu te connaissent vraiment dans nos milieux. Si on parle de tes nombreux discours c’est moins pour nous en révéler les contenus que pour nous dire leur longueur. Si on nous rappelle tes 46 années à la tête de l’État cubain, c’est moins pour nous faire réaliser le chemin parcouru, comme a voulu le faire Oliver Stone dans son documentaire « El commandante », ou encore pour nous révéler que tu n’acceptes, contrairement à d’autres chefs d’État, aucune sculpture ou photo de toi-même ni aucune place ou édifice publique portant ton nom, mais plutôt pour nous dire que tu es un dictateur « sanguinaire » et que Cuba est une « immense prison ». Par contre, peu ont le souci de rappeler que Cuba a un des taux les plus bas de prisonniers par mille habitants, alors que celui que l’on retrouve aux Etats-Unis est un des plus élevés.

Enfin, pour quelqu’un à qui on prête une immense fortune, je ne saurais que te féliciter de poursuivre dans l’abnégation et la sobriété un travail qui vient chercher force et énergie au service des tiens et des peuples du Tiers monde. Ton détachement et ta forme de vie, plus près de l’austérité que de la volupté et de la richesse, m’édifient et ont de quoi inspirer ceux et celles qui, avec beaucoup moins, s’en paient beaucoup plus. En ta compagnie nous sommes loin du faste des princes, des rois et de bien de nos chefs d’État. Dans ta vieille Mercedes, tu demeures une inspiration pour plusieurs.

Mon cher Fidel, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour…Bon anniversaire

Avec le respect d’un québécois qui reconnaît en toi un grand leader

Oscar Fortin

vendredi 12 août 2005

PARTICIPER AU DÉBAT SUR LE TERRORISME: UN DÉFI MAJEUR POUR L'ÉGLISE


Au moment où de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le terrorisme, certaines avec lucidité et discernement d’autres avec passion et chauvinisme, l’Église ne peut demeurer à l’écart de ce débat, tout aussi important sinon plus que celui sur le mariage. Il lui revient de puiser dans les valeurs fondamentales de vérité, de justice et de liberté que lui inspirent les Évangiles et sa foi en Jésus de Nazareth pour démasquer les mille et un visages du terrorisme. Cette contribution de l’Église devrait alimenter la réflexion des chrétiens et s’ajouter à celles des Nations Unies qui préparent actuellement un texte à être soumis aux membres de l’Assemblée générale, définissant et condamnant le terrorisme.

Déjà, nos journaux ont porté à notre attention des réflexions fort intéressantes qui permettent de sortir de la seule conception du terrorisme que les Etats-Unis et leurs alliés ont donnée suite aux attentats du 11 septembre 2001. Je me permets de relever, entre autres, cet article fort éclairant de Denys Mehdi Duchêne, paru dans l’édition du 6 août du journal Le Soleil, sous le titre « IL FAUDRA INCLURE AUSSI LE TERRORISME D’ÉTAT… » L’auteur relève et analyse la dimension religieuse, la dimension historique et la dimension géopolitique des diverses formes de terrorisme auxquelles elles donnent lieu. Il faut également mentionné cet autre article publié cette fois-ci dans le journal Le Devoir, en date du 8 août 2005 sous le titre : « Non, Omar Aktouf n’avait pas (complètement) tort ! » Dans ce dernier article, Sofiene Amira, doctorant à l’Université Laval, ouvre le débat au-delà des passions et de certaines idéologies qui enlèvent à la raison la sérénité et l’ouverture d’esprit pour analyser en profondeur le phénomène du terrorisme. De quoi élargir l’éventail du débat.
( http://www.ledevoir.com/2005/08/08/87779.html?363)

En juin dernier, Cuba a pris l’initiative d’un forum international sur cette question du terrorisme. Pendant trois jours, des représentants d’une quarantaine de pays ont débattu de cette question. Un compte rendu de ces débats a été publié. Les analystes sérieux ne pourront ignorer ou passer sous silence cette réflexion. S’ajoutent également tous ces forums qui débattent de cette question sur de nombreux sites internet. Toutes les formes de violence sont-elles du terrorisme ? Sinon comment faire pour s’y retrouver dans son usage ?

L’Église a sans doute beaucoup à dire sur cette question qui interpelle de façon particulière sa catholicité. Elle n’est liée par aucun intérêt national au profit duquel on ramène trop souvent l’intérêt de l’humanité toute entière. Sans doute, devra-t-elle également projeter un éclairage nouveau sur certains passages de l’Apocalypse et tout particulièrement sur celui que l’on retrouve au chapitre 11 où il est question des deux témoins dont le profil en ferait de nos jours des terroristes notoires.

Un défi de taille pour prendre ses distances à la fois des pouvoirs en place, des intérêts en cause et des idéologies dominantes au milieu desquelles elle évolue. Beaucoup de courage également pour vaincre ses peurs et prononcer une parole qui soit signifiante et éclairante pour l’humanité toute entière.

Oscar Fortin

samedi 30 juillet 2005

FOI ET PRATIQUE RELIGIEUSE

Si la pratique religieuse a diminué de façon drastique au cours des dernières décennies, l’intérêt pour la foi et tout ce qui l’interpelle demeure encore bien vivant. Pour s’en rendre compte il suffit de lire les journaux ou encore de faire le relevé des publications qui traitent directement des questions reliées à la foi et à la vie de l’Église. Les débats soulèvent les passions et mettent en évidence les contradictions que nous, les croyants et pratiquants, portons quelque part en chacun de nous. Le démon du pharisaïsme nous guette d’autant plus que l’opinion que nous nous faisons de nous-mêmes en est une de perfection.

Pour ne faire référence qu’au dernier quart de siècle, nous n’avons qu’à penser aux débats auxquels ont donné lieu la « théologie de la libération », ou encore à ceux portant sur le mariage des prêtres ou l’ordinations des femmes. Que dire des campagnes menées par les plus hautes autorités ecclésiales contre le mariage des personnes de même sexe et de l’opposition plus ou moins mobilisatrice de ces mêmes autorités contre la guerre en Irak? À cela s’ajoute évidemment la présence de plus en plus forte de certaines organisations, tels l’OPUS DEI et ses dérivés, qui s’imposent à divers niveaux de l’exercice de l’autorité ecclésiale.

Ces débats et remises en question qui ne sont pas sans préoccuper ceux et celles qui s’accommodent bien de la situation prédominante de l’Église actuelle, demeurent une bénédiction du ciel pour les autres. Ils permettent à la manière d’un bon orage de nettoyer les sentiers et de ramener à l’essentiel. De plus en plus de croyants « non pratiquants » reprennent contact avec les Évangiles, la vie de Jésus de Nazareth et la vie des premiers chrétiens. Ils s’approprient le message de la foi chrétienne et prennent de plus en plus la parole non pas comme des étrangers mais comme des membres vivants de la communauté de foi. Si l’Église revêt une certaine importance, cette dernière est entièrement subordonnée et fonction de l’Évangile et de la Bonne nouvelle apportée par le Christ. Je me permets de citer ici un extrait d’une conférence de carême donnée à Notre-dame de Paris, en 2001, par nul autre que celui qui est devenu par la suite Benoît XVI :

« (...) Une Eglise qui ne serait que l'appareil qui se dirige lui-même serait une caricature d'Eglise. Tant qu'elle tournera autour d'elle-même et qu'elle ne regardera que les buts à poursuivre pour sa survie, elle sera superflue et dépérira, même si elle dispose de grands moyens et qu'on la «manage» habilement. Elle ne peut vivre et fructifier que si la primauté de Dieu est vivante en elle. (...) »

Cette primauté de Dieu, c’est justement la primauté de Jésus de Nazareth, de son témoignage de vie, de son message et de sa présence ressuscitée au cœur de l’Humanité. Toutes les questions débattues dans le cadre de l’institution ecclésiale de plus en plus encombrée par ses idéologies, ses règlements, ses certitudes, ses coutumes, ses alliances, trouveraient un traitement tout autre si elles étaient débattues dans le cadre du message évangélique et en fonction du monde d’aujourd’hui.

Vatican II a dépoussiéré les Évangiles et rappelé que le Christ Ressuscité ainsi que l’Esprit étaient toujours la Tête et l’Âme de l’Église. Il a confirmé que les croyants participaient pleinement au sacerdoce royale et prophétique et que les dons et les fonctions étaient distribués de manière à ce que le corps fonctionne harmonieusement. Le temps est peut-être venu de laisser la parole à ce sacerdoce royale et prophétique non pas pour le censurer mais pour l’écouter et y discerner l’Esprit qui le porte. Le monopole réclamé par les autorités hiérarchiques devient maintenant partagé par tous les croyants qui se réclament de la foi en Jésus de Nazareth.

Oscar Fortin

vendredi 22 juillet 2005

CONDAMNATIONS DU VATICAN: FOI OU IDÉOLOGIES ?

Le Vatican vient de condamner la décision du gouvernement canadien dans la définition qu’il donne du mariage incluant les personnes de même sexe. Cette condamnation s’ajoute à toutes les autres exprimées au cours des dernières années sur divers sujets. C’est évidemment un signal à prendre en considération dans notre réflexion sur certaines questions. Il est toutefois important de discerner ce qui les alimentent et les motivent. Elles ne reçoivent pas toutes le même appui de la part de ceux-là mêmes qui se réclament de cette autorité.

Qui ne se souvient de cette condamnation du regretté Pape Jean-Paul II portant sur l’invasion de l’Irak ? Cette opposition ferme de la part de la plus haute autorité de l’Église, secondée en cela par l’ONU elle-même, n’a toutefois pas retenu l’élan de la catholique Espagne, pas plus que celui de la catholique Italie de se joindre à la chrétienne Amérique. pour passer outre à cette condamnation. Bien des prélats de la chrétienté dans ces pays et un peu partout dans le monde se sont fait discrets et très peu ont pris le flambeau des opposants pour retenir ces forces qui allaient, à l’encontre du droit international, semer la terreur et la mort chez des dizaines de milliers d’humains innocents.

L’indifférence des plus hautes autorités politiques des pays mentionnés devant cette prise de position n’a toutefois pas empêché le Pape Jean-Paul II de recevoir, au début de la présente année, des mains du Président Bush lui-même, premier responsable de la guerre en Irak, la médaille de la liberté. De quoi faire réfléchir sur la portée des interdictions et, dans le cas présent, sur le sens à donner à la liberté qui nous vient non pas des puissants de ce monde, mais du Christ ressuscité. http://humanisme.over-blog.com/article-139111.html

J’ose espérer que le Vatican et l’ensemble de l’institution ecclésiale s’engageront, dans les mois qui viennent, avec toute l’énergie et les ressources dont ils sont capables dans cette autre lutte, autrement plus importante, contre toutes les formes de violence et de terrorisme qui affectent des millions d’humains un peu partout sur la planète. Ainsi, l’Église institutionnelle et avec elle toute la chrétienté retrouveront le sens de la catholicité ouverte à tous les humains de la terre et prendront leur distance des idéologies dominantes au milieu desquelles elles évoluent. Seul un discours courageux et sans peur leur permettra de dénoncer les mille et un visages du terrorisme et de la violence qui tuent l’humain et les humains un peu partout sur la planète. Le « n’ayez pas peur » de la foi et le « courage de dire ce que l’Évangile demande de dire aux grands et aux puissants de ce monde» trouveront alors toute leur signification prophétique.

Ainsi, l’Église rejoindra de nouveau toute personne de bonne volonté et deviendra source d’espérance d’un royaume placé sous le signe de la justice, de la vérité, de la vie et du respect de tous et de toutes. Elle deviendra une lumière vivante et signifiante pour l’humanité toute entière. Le « mon Royaume n’est pas de ce monde » prendra alors tout son sens.
Oscar Fortin
http://humanisme.over-blog.com

jeudi 14 juillet 2005

LE CARDINAL OUELLET CHEZ LES SÉNATEURS

On ne peut reprocher au Cardinal de manquer d’initiatives dans son opposition à la loi reconnaissant l’égalité des personnes dans leur droit de se marier en toute légalité, indépendamment de leur sexe. Dès le début de ce débat, l’Institution ecclésiale s’est mobilisée, les troupes se sont mises en marches et diverses initiatives ont été lancées. Des lettres ont été expédiées aux députés et ministres, pendant que divers lobbys s’activaient auprès des décideurs. Les déclarations de certains membres de l’Épiscopat et de façon particulière celles du Cardinal ont reçu une ample couverture. Une mobilisation rarement vue. Même l’opposition à la guerre en Irak n’avait pas donné lieu à une telle mobilisation.

J’ai eu l’occasion de réagir à certaines de ces déclarations. La plus importante faisait suite à la lettre du Cardinal que les principaux journaux du pays publiaient en février dernier. Dans son intervention l’Archevêque de Québec y développait des arguments de doctrine tout en attirant l’attention sur les effets dévastateurs d’une telle loi sur la famille et la société dans son ensemble. Dans mon intervention, Questions à l’Archevêque de Québec, restée sans réponse, je reprenais les arguments de doctrine à la lumière de Vatican II et je dédramatisais les effets dévastateurs d’une modification de la loi sur le mariage. http://humanisme.over-blog.com/article-139169.html . Je privilégiais l’approche pastorale.

Depuis ce temps, les Parlementaires ont voté la loi que le Sénat a maintenant la responsabilité de formaliser. Ne se donnant pas pour vaincu, le Cardinal s’est rendu tout récemment à Ottawa pour présenter un Mémoire aux Sénateurs, les invitant à ne pas donner suite à cette loi. À en croire les communiqués de presse, l’argumentaire du Cardinal Ouellet et de ceux qui l’accompagnaient portait, cette fois, sur la menace que constituerait cette loi à la liberté de religion. En d’autres mots la reconnaissance du mariage de personnes de même sexe menacerait la liberté de religion. « Les prêtres n’osent plus parler clairement pour ne pas se faire accuser d’homophobie… même de la chair on se sent menacer. » C’est là un bien drôle de raisonnement de la part de Pasteurs qui ont hérité de Jésus de Nazareth la liberté qui vient non pas des hommes mais de Dieu. Serait-ce que cette liberté qu’apporte la foi, ce don de Dieu à l’origine de tant de martyrs qui sillonnent l’histoire de l’Église, serait elle-même menacée par la reconnaissance du droit des personnes de même sexe de se marier et de vivre leur amour au même titre que toutes les autres personnes ? C’est là un argument qui a de quoi laisser songeur.

Si certains prêtres n’osent plus parler clairement est-ce par manque de courage pour affronter les épithètes de tout genre ou est-ce parce que le discours de l’Église sur la sexualité ne les convainc plus beaucoup et demande à être repensé ? Le « n’ayez pas peur » de Jean-Paul II ou « le courage de dire ce que l’on pense » auquel se réfère l’Archevêque ne s’adresse pas seulement à ceux et celles qui pensent comme eux, mais aussi à ceux et celles qui pensent différemment. Pour ma part, je fais miens ces mots d’ordre qui me permettent justement de réagir, au nom de la foi, comme je le fais présentement.

Tout ce débat ne met-il pas en évidence la nécessité pour les autorités ecclésiales de revoir la sexualité sous un angle nouveau et pour les églises de revoir leurs relations avec ce monde en profonde mutation. Le Père qui peut de ces pierres faire des fils à Abraham saura naviguer dans ces eaux troubles avec beaucoup de calme et un grand amour pour tous. Il trouvera sûrement le moyen d’apporter à tous le salut promis.

Avec tout le respect que la fonction de mon Archevêque m’inspire, mais aussi avec toute la liberté que ma foi me donne, je m’inscris en faux contre une conception de la liberté de religion qui ne saurait assumer pleinement le respect du droit des autres. Jésus de Nazareth a passé plus de temps à nous dépouiller de nos hypocrisies, à nous rendre plus près de notre prochain, à être plus indulgents les uns à l’endroit des autres, à travailler solidairement pour un monde à la recherche de justice et de paix qu’à nous parler de morale sexuelle. Les quelques fois où il en a parlé c’était le plus souvent pour répondre à des questions pièges que les pharisiens lui posaient.

Oscar Fortin

mardi 7 juin 2005

QUI CONDUIRA LE QUÉBEC À SON INDÉPENDANCE ?


Jusqu’à samedi passé, je pensais que Bernard Landry serait ce leader. Sa maturité humaine et politique en faisait le candidat tout désigné. Sa passion pour un Québec indépendant et ses compétences pour en débattre avec les adversaires les plus coriaces le désignaient comme le porte étendard derrière lequel le peuple du Québec pouvait s’aligner. L’appui dont il se réclamait pour mener à terme ce mandat devait répondre à 80 % des votes des membres présents au Congrès. Avec 76.2% des votes, il demeura en déficit de 4.8% des votes et il en tira les conclusions qu’il s’était lui-même imposées. (voir un article sur Bernard Landry en février dernier.) http://humanisme.blogspot.com/2005_02_16_humanisme_archive.html

Je ne vois pas pour l’instant, parmi les candidatures annoncées ou suggérées, celle qui permettrait de répondre à autant d’attente. D’abord, je pense que M. Duceppe doit poursuivre son travail à la tête du Bloc Québécois. Le plus grand cadeau à faire au Parti libéral du Canada et même au Parti de M. Harper serait de laisser son poste et de passer au Parti Québécois. Qu’il reste à Ottawa. C’est encore là qu’il peut le mieux servir les intérêts de l’indépendance du Québec. C’est également là que sa popularité résistera le plus longtemps aux intempéries.

Madame Marois mérite, pour sa part, de se frotter au défi d’une véritable course au leadership. Elle constatera par elle-même qu’elle est, peut-être plus qu’elle ne le pense, déconnectée du peuple québécois. Le chemin parcouru lui a fait franchir non seulement les échelles du pouvoir politique mais également celles du pouvoir économique. Il n’est pas évident que les attitudes et comportements qu’elle en a hérités en aient fait une personne plus attentive aux attentes des québécois et des québécoises. Le seul thème de la « femme » ne saura résister longtemps à tous les autres thèmes qui retiennent les préoccupations des Québécois et des Québécoises.

Monsieur Legault, tout en ne le connaissant que très peu, a avec lui la sincérité et la passion d’un Québec indépendant, sans toutefois ce charisme qui allume la flamme. Quant à Monsieur Boisclair, ses qualités de bon gestionnaire ne lui donne pas plus qu’à monsieur Legault le charisme qui allume cette flamme qui porte les peuples dans les derniers efforts d’un chemin ardu.

Pour moi, la personne qui pourrait reprendre le flambeau et le porter avec compétence et passion demeure Claude Charron. Son sens politique, ses compétences administratives, sa symbiose avec le peuple québécois et son charisme qui ne trompe personne en font un candidat qui, à le vouloir lui-même, créerait un nouveau sommet dans cette marche dont le terme est à portée de main. De tous les candidats en liste, il demeure celui qui rallierait le plus grand nombre de québécois et de québécoises.

Mes meilleurs souhaits pour Bernard Landry, un homme dont nous pouvons être fiers. Quant à M. Charron, puisse l’élan de sa jeunesse, enrichi d’un vécu d’ouverture et de communication, répondre à l’appel d’un peuple en marche vers son indépendance.

Oscar Fortin

jeudi 2 juin 2005

SACERDOCE ET DÉMOCRATIE DANS L'ÉGLISE

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on discute du mariage des prêtres, de l’ordination des femmes et d’une plus grande démocratisation de l’exercice du pouvoir dans l’Église. Toutefois, ces sujets, plus ou moins suspects il n’y a pas encore si longtemps, sont maintenant abordés et débattus au grand jour. De plus en plus de croyants et croyantes prennent la parole et se reconnaissent le droit de participer au développement de la mission de l’Église dans le monde. Le sacerdoce royal dont ils sont investis en fait des témoins actifs de la foi et leur confère des responsabilités dans l’organisation de l’Église terrestre. Ils ont cette conscience que l’Esprit Saint n’est pas réservé à une élite, mais est présent et agissant en chaque croyant.

VATICAN II ET L'ÉGLISE

L'Esprit habite dans l'Eglise et dans les coeurs des fidèles comme en un temple (cf. I Cor. 3, 16; 6, 19); en eux il prie et rend témoignage de leur adoption filiale (cf. Gal. 4, 6; Rom. 8, 15-16 et 26). Cette Eglise qu'il amène à la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13), qu'il réunit dans la communion et le ministère, il l'édifie encore et la dirige par des dons variés, tant hiérarchiques que charismatiques, et par ses oeuvres il l'embellit (cf. Eph. 4, 11-12; I Cor. 12, 4; Gal. 5, 22). Il la rajeunit par la force de l'Evangile, il la rénove perpétuellement et la conduit enfin à l'union parfaite avec son Epoux (3). Car l'Esprit et l'Epouse disent au Seigneur Jésus "Viens!" (cf. Apoc. 22, 17). Ainsi l'Eglise universelle apparaît-elle comme "un peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint" (4). Vatican II (Lumen gentium 1,4)

De ce corps le Christ est le chef. Il est lui-même l'image du Dieu invisible, et en lui tout a été créé. Lui-même est avant toute chose et toutes choses subsistent en lui. Il est le chef du corps qu'est l'Eglise. Il est le principe, le premier-né d'entre les morts, afin d'avoir en tout la prééminence (cf. Col. 1, 15418). Par la grandeur de sa puissance il règne sur les choses du ciel et de la terre; grâce à sa perfection et à son action qui surpassent tout, il comble des richesses de sa gloire son corps tout entier (7) (cf. Eph. 1, 18-23).(Lumen Gentium, introduction ,1,7)

Ainsi, tous les croyants, du pape jusqu’au dernier des fidèles, sont appelés à être à l’écoute de l’Esprit Saint qui se révèle et se manifeste par la diversité des dons. Cette écoute doit favoriser le discernement qui sera d’autant plus fondé qu’il se réalisera en en communion avec la foi de la communauté. Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens (ch. 14, v.29-32), parlant de ceux et celles qui ont le don de prophétie, les invite à « prendre la parole et que les autres jugent. » et un peu plus loin dans le même texte, il ajoute que « le prophète est maître de l’esprit prophétique qui l’anime. » En d’autres termes, il n’a pas à demander la permission pour dire ce que, en son âme et conscience, il croit devoir dire. Il appartiendra toutefois à la communauté de juger et d’apprécier. C’est, me semble-t-il, dans cet esprit que les échanges sur le sacerdoce et la démocratie dans l’Église doivent se faire.

UNE PROBLÉMATIQUE À REPENSER

La question de l’ouverture du sacerdoce ministériel aux femmes et aux hommes mariés ou encore sa restriction à certaines tâches spécifiques ne peut se discuter qu’en revoyant l’ensemble des fonctions et des services que commandent la mission de l’Église et son organisation sociale, politique et économique. Il ne faudrait pas que ces discussions se fassent uniquement aux seules fins de répondre à la diminution du clergé et à son vieillissement. Je pense qu’il faut revoir l’ensemble des services nécessaires au bon fonctionnement de la communauté chrétienne et à l’Institution ecclésiale comme telle. Il y a la réactualisation de la vie sacramentelle et la manière d’en assurer les services. Il y a la réorganisation de l’institution comme gouvernement central et diocésain et la manière d’en assurer les diverses fonctions. Il y a la révision de la vie de foi et la manière d’en assurer le témoignage au service de la communauté humaine dans ses valeurs de justice, de vérité et de paix.

LA RÉACTUALISATION DE LA VIE SACRAMENTELLE

Il est certain qu’il y a un effort à faire pour rapprocher du quotidien de la vie la symbolique de la vie sacramentelle. Chacun des sacrements peut être repris et repensé en cette optique.

Par exemple, le baptême, est célébré normalement par une fête familiale qui réunit les plus proches de la famille. Déjà, tout baptisé, de par son sacerdoce royal, est apte à transmettre le sacrement de baptême dans des conditions, pour le moment, exceptionnelles. Un nouvel encadrement de ce sacrement permettrait aux familles ou aux communautés locales de procéder elles-mêmes à son application.

Nous savons que pour le sacrement de mariage, les ministres habilités à son actualisation sont les conjoints eux-mêmes. Encore là, avec un nouvel encadrement, ce sacrement pourrait se vivre autrement qu’il ne l’est actuellement sans qu’il y ait nécessité de la présence du prêtre. Tout baptisé, homme ou femme, pourrait présider une telle célébration.

Une telle révision devrait se faire pour tous les actes du culte, permettant ainsi de discerner tous ceux dont la responsabilité pourrait être remis à l’exercice du sacerdoce royal dont les baptisés sont investis. Cet exercice nous conduira inévitablement à un début de réponse au problème des vocations.

LA RÉORGANISATION DE L’INSTITUTION

Le Vatican est un État et les Diocèses une organisation bien structurée. Il y a sûrement matière à révision des rôles et fonctions que jouent le Vatican comme gouvernement et les diocèses comme organisations religieuses dans le monde et les sociétés civiles. Un débat qui déborde de beaucoup l’objet de la présente réflexion et qui devra être repris à un moment ou l’autre.

Mon propos est plutôt de faire ressortir que la grande majorité des fonctions, qui sont celles de tout gouvernement, ne comportent pas, de par leur nature, qu’elles soient assumées par des personnes investies du sacerdoce ministériel. En dehors de la personne du pape dont le rôle principal est celui de Pasteur de l’Église universelle, je ne vois pas de fonctions qui ne puissent être assumées par des baptisés, hommes ou femmes. Les compétences recherchées sont d’un autre ordre : docteur en théologie, diplomate, spécialiste en droit canon, administrateur, banquier etc. Toute personne, disposant des compétences pertinentes, devrait normalement être éligible à ces fonctions. Pour le moment ce sont des évêques et des cardinaux, tous prêtres, qui dirigent ces divers services. Rien ne devrait s’opposer au fait que des hommes et des femmes occupent des fonctions de représentation diplomatique ou dirigent des Secrétaries d’État.

Dans les premières communautés chrétiennes, le Diaconat répondait d’abord et avant tout aux responsabilités de l’organisation matérielle des communautés. C’est lui qui gérait sous la responsabilité immédiate de l’Évêque le volet organisationnel et matériel des communautés. Aujourd’hui, le diacre est plutôt celui qui remplace le prêtre dans certaines fonctions de culte… Il est le produit de la diminution du nombre de prêtres.

Il est certain que l’ouverture des fonctions administratives aux hommes et aux femmes donnerait du Vatican et des Diocèses une image toute autre. Cette approche permettrait également de libérer tous ces prêtres, actuellement absorbés dans ces tâches matérielles et politiques. Ces derniers pourraient s’adonner entièrement aux tâches de leur mission sacerdotale.

UNE RÉVISION DE LA VIE DE FOI

La crise que bien des croyants et croyantes vivent aujourd’hui vient du fait que le siècle que nous vivons nous oblige à passer d’une foi individualiste à une foi ouverte sur le monde. Ce vécu qu’est le nôtre ne nous permet plus de vivre l’âme tranquille dans la coquille d’une pratique religieuse sans lien avec ce qui se passe dans le monde. Notre lecture des Évangiles devient une nouvelle révélation et notre rencontre de Jésus de Nazareth se fait en symbiose avec celle des laissés pour compte et des déshérités de la terre.

Cette foi qui se ressource et se renouvelle à la fois dans la prière et la solidarité devient de plus en plus un ferment d’une Église libérée et engagée au service des humbles de la terre. De nouvelles formes de solidarités apparaissent et un nouvel œcuménisme réunit toutes les personnes de bonne volonté dans la lutte pour l’avènement d’un homme nouveau, d’une humanité sainte.

CONCLUSION

Le Christ ressuscité et l’Esprit Saint sont à l’œuvre dans l’Église et dans le monde. En tant que croyants nous sommes témoins de cette présence agissante. Celui qui peut de ces pierres faire des fils à Abraham ou des morceaux de pains pour les affamés, peut également faire de chacun de nous, hommes ou femmes, des témoins du Royaume du Père. Beaucoup de questions sur le sacerdoce des femmes, le mariage des prêtres et la démocratisation de l’Église ne se poseraient plus ou se poseraient tout autrement advenant ce renouveau dans l’approche de la pratique religieuse et de la gestion de l’Organisation de l’Église.

Oscar Fortin

mardi 24 mai 2005

CANONISER POUR QUI ET POUR QUOI ?

CANONISER POUR QUI ET POUR QUOI ?

Le pape Jean-Paul II a, pour ainsi dire, démystifié et quelque peu banalisé la procédure de béatification et de canonisation en procédant lui-même à la béatification et à la canonisation de plus de 800 personnes. Il est évident qu’une analyse des candidats et candidates retenues et ainsi que celle de ceux laissés de côté ne peuvent que mettre en évidence les idéologies politiques et théologiques qui les sous-tendent.

D’abord, il est important de signaler que la décision de l’Église de déclarer saint ou bienheureux quelqu’un ne change absolument rien, à ce que je sache, à sa situation dans l’éternité. S’il est déjà près de Dieu, il le demeure et s’il ne l’est pas il ne le devient pas plus vite. En cette matière le Pape n’a pas beaucoup d’influence. En second lieu, toute personne qui croit en la sainteté d’une autre personne, que ce soit son père, sa mère, une amie peut l’invoquer et la prier autant de fois qu’elle le souhaite sans que personne n’ait à y redire. Qui de nous n’a pas de ces êtres chers que nous avons côtoyés et dont la vie et l’engagement nous ont édifiés ? Quoi de plus normal, dans la foi, de continuer à nous adresser à ces êtres dont l’amour et l’exemple nous ont été si près. Aucune permission n’est requise pour le faire. La communion des saints est là pour nous y encourager.

Pourquoi alors l’Église s’investit-elle autant dans cet exercice de la béatification et de la canonisation de certains de ses membres? Sans nul doute pour mettre en évidence le mode de vie de certaines personnes ainsi que l’exemple de foi qu’elles ont témoigné de leur vivant. Mais aussi et surtout pour qu’il y ait un culte public qui leur soit rendu de manière à ce que leur exemple devienne une inspiration pour les chrétiens. Les apôtres, les chrétiens martyrs, les Pères de l’Église et de nombreux témoins de la mystique chrétienne en font partie. Les litanies des saints en énumèrent un bon nombre.

La question que nous nous posons maintenant est celle de savoir qui décide que telle personne mérite d’accéder au trône de la sainteté et telle autre pas. Certains diront que c’est l’élan même de la foi des chrétiens qui considère déjà telle ou telle personne comme faisant partie de la communauté des saints. L’exemple de mère Teresa et tout récemment celui exprimé en faveur de Jean-Paul II illustrent bien cet argument. D’autres diront que les candidatures soumises par divers regroupements sont également prises en compte. Dans tous les cas une procédure doit être suivie dont celle portant sur la réalisation de miracles certifiés… Dans le cas des martyrs pour la foi, cette reconnaissance de sainteté va pratiquement de soi. Leur sang en est un témoignage éloquent.

Mais q u’en est-il maintenant de cette démarche? Ces règles ne deviennent-elles pas caduques dans ce monde où les moyens de communication et la prédominance des idéologies de ceux qui en ont le contrôle permettent à peu près tout. Grâce à ces moyens ils peuvent créer des mouvements de foule, faire de certaines personnes des idoles et de certaines autres des diables, influencer subtilement certains milieux religieux et scientifiques et ajuster, si besoin est, les règlements et les procédures. N’est-ce pas cette réalité des influences qui a rendu possible la canonisation en un temps record du fondateur de l’Opus Dei, personnage pour le moins problématique et très contesté dans certains milieux, alors que celle de Mgr Romero, pourtant martyr, est toujours en attente et que celle du Cardinal Cardijn, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC) n'est même pas considérée ? Il ne fait aucun doute que l’influence politique et idéologique a son mot à dire. Sinon comment expliquer qu’autant de prêtres et de chrétiens tués en Amérique Latine pour s’être identifiés à cette béatitude du Sermon sur la montagne « Bienheureux ceux et celles qui sont persécutés pour la justice…. » n’aient pas encore été donnés en exemple de foi aux chrétiens du Continent et du monde entier ?

Au nombre des quelques 800 personnes béatifiées et canonisées par le Pape Jean-Paul II, aucune, à ce que je sache, et répondant particulièrement à cette béatitude, ne nous a été donnée en exemple de foi. Pourtant les candidats et les candidates ne manquent pas. Serait-il qu’une pareille reconnaissance poserait des problèmes politiques et ébranleraient certaines idéologies ?

Au moment où nous avons à redécouvrir JÉSUS DE NAZARETH et à lui redonner toute la place qui Lui revient dans l’Église et dans le monde, ne devrait-on pas nous concentrer particulièrement sur LUI ET SON MESSAGE. Tous les saints potentiels ne pourront que se réjouir de cette initiative, y compris Jean-Paul II lui-même, et feront avec joie leur deuil du culte qui pourrait leur être rendu. Le Jésus de Nazareth, ressuscité et témoin des béatitudes, ne doit-il pas occuper de nouveau toute la place ? Personnellement je le pense. Et vous ?

Oscar Fortin