PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 24 mai 2005

CANONISER POUR QUI ET POUR QUOI ?

CANONISER POUR QUI ET POUR QUOI ?

Le pape Jean-Paul II a, pour ainsi dire, démystifié et quelque peu banalisé la procédure de béatification et de canonisation en procédant lui-même à la béatification et à la canonisation de plus de 800 personnes. Il est évident qu’une analyse des candidats et candidates retenues et ainsi que celle de ceux laissés de côté ne peuvent que mettre en évidence les idéologies politiques et théologiques qui les sous-tendent.

D’abord, il est important de signaler que la décision de l’Église de déclarer saint ou bienheureux quelqu’un ne change absolument rien, à ce que je sache, à sa situation dans l’éternité. S’il est déjà près de Dieu, il le demeure et s’il ne l’est pas il ne le devient pas plus vite. En cette matière le Pape n’a pas beaucoup d’influence. En second lieu, toute personne qui croit en la sainteté d’une autre personne, que ce soit son père, sa mère, une amie peut l’invoquer et la prier autant de fois qu’elle le souhaite sans que personne n’ait à y redire. Qui de nous n’a pas de ces êtres chers que nous avons côtoyés et dont la vie et l’engagement nous ont édifiés ? Quoi de plus normal, dans la foi, de continuer à nous adresser à ces êtres dont l’amour et l’exemple nous ont été si près. Aucune permission n’est requise pour le faire. La communion des saints est là pour nous y encourager.

Pourquoi alors l’Église s’investit-elle autant dans cet exercice de la béatification et de la canonisation de certains de ses membres? Sans nul doute pour mettre en évidence le mode de vie de certaines personnes ainsi que l’exemple de foi qu’elles ont témoigné de leur vivant. Mais aussi et surtout pour qu’il y ait un culte public qui leur soit rendu de manière à ce que leur exemple devienne une inspiration pour les chrétiens. Les apôtres, les chrétiens martyrs, les Pères de l’Église et de nombreux témoins de la mystique chrétienne en font partie. Les litanies des saints en énumèrent un bon nombre.

La question que nous nous posons maintenant est celle de savoir qui décide que telle personne mérite d’accéder au trône de la sainteté et telle autre pas. Certains diront que c’est l’élan même de la foi des chrétiens qui considère déjà telle ou telle personne comme faisant partie de la communauté des saints. L’exemple de mère Teresa et tout récemment celui exprimé en faveur de Jean-Paul II illustrent bien cet argument. D’autres diront que les candidatures soumises par divers regroupements sont également prises en compte. Dans tous les cas une procédure doit être suivie dont celle portant sur la réalisation de miracles certifiés… Dans le cas des martyrs pour la foi, cette reconnaissance de sainteté va pratiquement de soi. Leur sang en est un témoignage éloquent.

Mais q u’en est-il maintenant de cette démarche? Ces règles ne deviennent-elles pas caduques dans ce monde où les moyens de communication et la prédominance des idéologies de ceux qui en ont le contrôle permettent à peu près tout. Grâce à ces moyens ils peuvent créer des mouvements de foule, faire de certaines personnes des idoles et de certaines autres des diables, influencer subtilement certains milieux religieux et scientifiques et ajuster, si besoin est, les règlements et les procédures. N’est-ce pas cette réalité des influences qui a rendu possible la canonisation en un temps record du fondateur de l’Opus Dei, personnage pour le moins problématique et très contesté dans certains milieux, alors que celle de Mgr Romero, pourtant martyr, est toujours en attente et que celle du Cardinal Cardijn, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC) n'est même pas considérée ? Il ne fait aucun doute que l’influence politique et idéologique a son mot à dire. Sinon comment expliquer qu’autant de prêtres et de chrétiens tués en Amérique Latine pour s’être identifiés à cette béatitude du Sermon sur la montagne « Bienheureux ceux et celles qui sont persécutés pour la justice…. » n’aient pas encore été donnés en exemple de foi aux chrétiens du Continent et du monde entier ?

Au nombre des quelques 800 personnes béatifiées et canonisées par le Pape Jean-Paul II, aucune, à ce que je sache, et répondant particulièrement à cette béatitude, ne nous a été donnée en exemple de foi. Pourtant les candidats et les candidates ne manquent pas. Serait-il qu’une pareille reconnaissance poserait des problèmes politiques et ébranleraient certaines idéologies ?

Au moment où nous avons à redécouvrir JÉSUS DE NAZARETH et à lui redonner toute la place qui Lui revient dans l’Église et dans le monde, ne devrait-on pas nous concentrer particulièrement sur LUI ET SON MESSAGE. Tous les saints potentiels ne pourront que se réjouir de cette initiative, y compris Jean-Paul II lui-même, et feront avec joie leur deuil du culte qui pourrait leur être rendu. Le Jésus de Nazareth, ressuscité et témoin des béatitudes, ne doit-il pas occuper de nouveau toute la place ? Personnellement je le pense. Et vous ?

Oscar Fortin

dimanche 22 mai 2005

FOI D'ÉVANGILE

JE CROIS EN JÉSUS DE NAZARETH,
EN SA BONTÉ, EN SON AMOUR;

JE CROIS EN SA PAROLE DE VIE ET DE VÉRITÉ,
EN SA JUSTICE, EN SA PAIX;

JE CROIS EN SA MORT QUI NOUS LIBÈRE,
EN SA RÉSURRECTION QUI NOUS FAIT VIVRE;

JE CROIS À LA MISÉRICORDE QUI RÉCONCILIE,
AU PARDON QUI OUVRE À LA VIE;

JE CROIS AU PÈRE QU’IL NOUS RÉVÈLE,
À L’ESPRIT QU’IL NOUS ENVOIE;

JE CROIS EN UNE SEULE HUMANITÉ,
SANS EXCLUSION, SANS MARGINALITÉ;

JE CROIS EN CEUX ET CELLES QUI SE FONT PROCHES
DES HUMBLES ET DES LAISSÉS POUR COMPTE;

JE CROIS EN L’ACTION DE L’ESPRIT
TRANSFORMANT LES CŒURS, ÉCLAIRANT LA VIE;

JE CROIS AU ROYAUME ANNONCÉ,
AUX BÉATITUDES PROMISES;

JE CROIS EN UNE ÉGLISE HUMBLE
AU SERVICE DE TOUTE PERSONNE DE BONNE VOLONTÉ;

JE CROIS AU JUGEMENT DERNIER,
AU DÉVOILEMENT DE NOS SOLIDARITÉS;

JE CROIS EN LA MAISON DU PÈRE
OUVERTE À TOUS LES HUMAINS DE LA TERRE.

Oscar Fortin

QUÉBEC, LE 1ier DÉCEMBRE 2004

samedi 21 mai 2005

LES CONVENTIONS DE GENÈVE ET LA LUTTE AU TERRORISME : UN CHOIX ÉDITORIAL


Monsieur le Directeur,

Je sais que l’information comporte des choix et que ces derniers ne peuvent plaire à tous. D’autant plus que la mondialisation des communications ouvre la porte à un éventail insoupçonné de nouvelles qu’un seul journal ne saurait reproduire dans leur totalité. La diversité des journaux ainsi que des idéologies qui les supportent permettent toutefois d’en reproduire passablement, répondant ainsi aux attentes d’un grand nombre.

Je lis, depuis des années, de façon passablement assidue, Le Devoir. Son niveau intellectuel élevé, la qualité et la diversité des sujets abordés, l’ouverture de ses pages aux diverses tendances en ont fait un ami. Je regrette toutefois que cet engouement s’évapore toujours un peu plus chaque jour. Je ne vous cacherai pas que l’exemple de l’édition du 21 mai n’aide pas à remonter la pente. Je m’explique.

En première page figure l’article du journaliste Guy Taillefer sous le titre « Cuba sera bientôt libre », promet Bush, accompagné d’une photo couleur 5X5. Les barreaux de la clôture à travers lesquelles apparaissent trois personnes peuvent facilement s’assimiler à ceux d’une prison. Je n’ai évidemment rien à ce que M. Taillefer se joigne au journal Le Monde, BBC, AFP et Reuters pour reproduire le point de vue de Washington en cette semaine qui a été pleine de rebondissements. En effet, il y a eu le regroupement de plus d’un millions de cubains et cubaines qui ont marché dans les rues de la Havane, mardi le 17 mai, pour protester contre toutes les formes de terrorisme et pour dénoncer la présence en sol étasunien de Luis Posada Carriles, responsable, entre autres, du sabotage d’un avion de ligne cubaine en 1976 et de plusieurs actes terroristes à la bombe dans les hôtels de Cuba dans les années 1990. Il y a eu également, pas plus tard que vendredi, le 20 mai, une déclaration de Fidel Castro faisant état des efforts de collaboration avec les Administrations étasuniennes pour lutter contre le terrorisme. Plus d’un demi millions de personnes s’étaient déplacées pour la circonstance. De tout cela pas un mot dans l’analyse du journaliste Guy Taillefer, pas plus d’ailleurs sur les interdits de Washington empêchant les citoyens étasuniens de voyager à Cuba. Si encore Le Devoir ouvrait ses pages papiers pour faire le débat, ce serait un moindre mal. Mais non, nos droits de réplique sont renvoyés à l’édition électronique de votre journal, n’atteignant pas le même auditoire et ne permettant pas un débat ouvert. L’accès au « balcon » n’est pas autorisé.

À la limite, je puis comprendre qu’il y ait des pressions et qu’elles soient plus facilement assimilables lorsque le journaliste en partage les affinités idéologiques. Le point le plus grave n’est toutefois pas là. Un autre évènement autrement plus important et transcendant cette fois, publié à la section B, page 4 sous le titre « L’humiliation », a de quoi soulever des questions sur le contenu des messages et la place que nous leur accordons. Il est question de la photo de Saddam à moitié nu, mais plus que tout du rapport de plus de 2000 pages qui nous apprend que le sort infligé aux prisonniers afghans fut quasi identique à celui imposé aux prisonniers irakiens et que le Président Bush a décrété que, la guerre aux terroristes n’étant pas une guerre conventionnelle, les Conventions de Genève ne s’appliquaient pas.

N’y a-t-il pas là de quoi faire la Une de votre édition du samedi et matière à un éditorial de fond sur la lutte au terrorisme et le droit international? Les valeurs que portent Le Devoir n’auraient-elles pas dû le conduire dans cette direction, surtout au moment où de nombreux pays latino américains, dont le Venezuela, mettent au défi la Maison Blanche d’être cohérente dans sa lutte au terrorisme et réclament l’extradition vers le Venezuela du terroriste Luis Posada Carriles ex agent de la CIA et présentement protégé par l’Administration Bush?

Monsieur le Directeur, bien que je sache que cette lettre ne trouvera pas l’espace voulu dans l’édition papier de votre journal, j’ai cru de mon devoir d’attirer bien humblement votre attention sur cette mission d’une information libre et ouverte. Nous nous en porterons tous mieux

Bien à vous

Oscar Fortin

mercredi 18 mai 2005

FIDEL CASTRO ET LE TERRORISME


Depuis le 11 septembre 2001, nous sommes beaucoup plus sensibles au terrorisme qui se manifeste un peu partout dans le monde. Nous comprenons les gouvernements qui prennent des mesures exceptionnelles pour se protéger contre ces actions dont l’objectif premier vise la déstabilisation des gouvernements et l’insécurité des populations. Les Etats-Unis, le Canada et la majorité des pays d’Europe ont mis en place des ententes de collaboration pour contrer l’infiltration des terroristes sur leur territoire et parer, autant faire se peut, à leurs actions terroristes. La solidarité à laquelle a donné lieu l’écroulement des Tours et la sympathie qui en a résulté un peu partout à travers le monde n’ont pas échappé au peuple cubain et à son leader. Dès les premières heures suivant l’effondrement des Tours, Fidel Castro a offert la collaboration du peuple cubain à l’administration Bush pour mener à terme la lutte contre le terrorisme.

En ce mardi, 17 mai 2005, plus d’un million de cubains, hommes, femmes et enfants, ont répondu à l’appel de leur Président pour condamner de nouveau haut et fort le terrorisme et pour protester avec autant de vigueur contre le double langage de l’Administration Bush. À cette occasion, Fidel Castro a pris brièvement la parole (12 minutes) pour exprimer de nouveau la solidarité de Cuba pour mener la lutte au terrorisme et réclamer plus spécifiquement de l’Administration Bush les mesures appropriées contre Orlando Bosch et Luis Posada Carriles, terroristes bien connus en Amérique latine, ayant à leur crédit des centaines d’attentats et des milliers de morts. Pour éviter de déformer la pensée du leader cubain, je lui laisse la parole.

Allocution de Fidel Castro Ruz, président de la République de Cuba, au début de la grande marche du peuple combattant contre le terrorisme, le 17 mai 2005

Compatriotes

Le peuple cubain n’a pas cessé de lutter depuis le 10 octobre 1868, soit cent trente-sept ans, d’abord contre le colonialisme espagnol, ensuite contre la politique expansionniste et impérialiste des dirigeants étasuniens.

C’est le 1er janvier 1959 qu’il a conquis pour la première fois sa pleine souveraineté politique et qu’il a commencé à devenir vraiment le gouvernement de la nation, après avoir liquidé une tyrannie sanguinaire imposée de l’étranger. Depuis, noble et héroïque, il n’a cessé de lutter un seul jour pour défendre son droit au développement, à la justice, à la paix et à la liberté. C’est parce qu’il s’efforce de concrétiser une aspiration aussi juste et imprescriptible que notre pays a fait l’objet de la guerre économique la plus prolongée de l’histoire et d’une campagne de terrorisme féroce qui n’a pas cessé depuis plus de quarante-cinq ans.

L’un des premiers actes de cette nature et l’un des plus sanglants a été le sabotage du bateau la Coubre dans le port de La Havane, qui a fait cent un morts et des centaines de blessés.

L’invasion de la baie des Cochons, déclenchée le 17 avril 1961 par une force militaire qu’avait organisée, entraînée et équipée le gouvernement étasunien, a été précédée d’une attaque surprise aérienne réalisée par des bombardiers étasuniens peints aux couleurs de nos propres forces de l’air. Les envahisseurs furent transportés jusqu’à notre territoire par des unités navales étasuniennes, escortées et protégées par des bâtiments, des avions et des troupes des USA qui attendaient l’occupation d’une tête de pont par des mercenaires, pour appuyer avec la complicité de l´OEA, un gouvernement provisoire qui n´a même pas eu le temps de quitter la Floride.

Par ailleurs, dès les premiers moments de la Révolution, des groupes armés furent disséminés dans tout le pays, qui assassinèrent des paysans, des ouvriers, des enseignants et des alphabétiseurs ; qui mirent le feu à des logements et détruisirent des centres agricoles et industriels. La population et l’économie du pays furent victimes de sabotage aux produits incendiaires et à l’explosif. Nos ports, nos cargos et nos bateaux de pêche furent aussi constamment attaqués. Des installations et des personnes diplomatiques à l’étranger firent l’objet d’attaques à l’explosif et aux armes à feu. Des fonctionnaires diplomatiques furent assassinés, enlevés ou mutilés. Nos avions de passagers ont fait l’objet de sabotages, et l’un d’eux explosa en plein vol au décollage de la Barbade, le 6 octobre 1976, engloutissant tous ses passagers en mer à des centaines de mètres de profondeur.

Des vecteurs attaquant la vie des êtres humains, ou celle des animaux domestiques et des plantes destinées à l´alimentation du peuple, ont été introduits à plusieurs reprises dans notre pays.

Ces méfaits ont été mis au point par les administrations étasuniennes et par leurs services secrets, et leurs auteurs ont été entraînés par eux.

C’est précisément pour détruire la Révolution cubaine que les dirigeants des Etats-Unis ont peaufiné et développé le terrorisme, au sens le plus moderne et le plus dramatique du terme, autrement dit celui qui recourt à des moyens, à des techniques et à des explosifs très puissants et perfectionnés, et ce terrorisme n’a pas cessé un seul instant depuis maintenant quarante-cinq ans, dans l’île et hors de l’île.

Orlando Bosch et Luis Posada Carriles, les représentants les plus sinistres du terrorisme d’Etat impérialiste contre notre peuple, ont réalisé des dizaines d’actions atroces dans de nombreux pays d’Amérique, y compris aux Etats-Unis. Des milliers de Cubains ont perdu la vie et sont restés mutilés à cause de ces actes d’une lâcheté abominable.

Les institutions et les services étasuniens qui ont entraîné les terroristes d’origine cubaine ont aussi entraîné avec soin, on le sait, ceux qui ont perpétré le 11 septembre 2001 la brutale attaque contre les tours jumelles de New York au cours de laquelle des milliers d’Etasuniens ont perdu la vie.

Posada Carriles n’a pas seulement participé aux côtés d’Orlando Bosch – alors chef de la Coordination des organisations révolutionnaires unies (CORU) fondée par la CIA – à la destruction de l’avion de passagers cubain ; pendant de nombreuses années, il a organisé sans succès des dizaines d’attentats contre les plus importants dirigeants de la Révolution cubaine et fait exploser de nombreuses bombes dans des hôtels touristiques cubains, tandis que Bosch, censément fuyard de la justice étasunienne, a participé aux côtés des organes de répression d’Augusto Pinochet, à l’enlèvement et à l’assassinat d’importantes personnalités chiliennes, comme Carlos Prats et Orlando Letelier, à la disparition de nombreux militants antifascistes chiliens, à l’enlèvement et à l’assassinat de diplomates cubains. Il a ordonné depuis la prison au Vénézuela à ses sicaires des plans terroristes. Ces sinistres personnages ont toujours agi aux ordres des administrations et des services secrets des USA, ce qui explique pourquoi ils ont constamment été exonérés de toute faute et de toute peine, pourquoi le président Bush père a gracié Orlando Bosch, et pourquoi le président Bush fils tolère depuis des semaines la présence aux Etats-Unis de Posada Carriles, en violation flagrante des lois de ce pays de la part de ceux qui ont la plus grande responsabilité de protéger le peuple étasunien d’attaques terroristes.

Toutes les actions terroristes de Posada Carriles, y compris les bombes posées dans des hôtels de La Havane et les plans d’attentat contre les dirigeants, ont été financées par les administrations étasuniennes à travers la sinistre Fondation nationale cubano-américaine, créée en 1981 par Reagan et Bush. On ne saurait agir d’une façon plus sordide ni plus hypocrite.

Cette marche, je l’ai dit et je le répète, n’est pas tournée contre le peuple étasunien : il s’agit d’une marche contre le terrorisme, en faveur de la vie et de la paix de notre peuple et du peuple étasunien frère aux valeurs morales duquel nous faisons confiance.

À bas le terrorisme !
À bas les doctrines et les méthodes nazies !
À bas le génocide !
À bas le mensonge !
Vivent la solidarité, la fraternité et la paix entre les peuples !
Vive la vérité !

En avant, courageux soldats des nobles idées, qui méprisez la crainte, qui méprisez l´immense pouvoir de l´adversaire, qui méprisez les dangers : l’humanité a soif de justice !

Présenté par

Oscar Fortin

jeudi 5 mai 2005

LA PAPAUTÉ ET LES ALLIANCES

L’article de Marc Nadeau, UN ALLIÉ DE TAILLE POUR BENOÎT XVI, publié dans le journal le Soleil, en date du 5 mai, n’est pas sans soulever de sérieuses questions sur les alliances du Vatican avec les Administrations américaines. Ces questions s’imposent d’autant plus qu’elles concernent deux grands Empires qui s’imposent au monde contemporain. Il y a l’Église catholique qui se présente comme l’héritière et porte parole des valeurs chrétiennes issues des Évangiles et de son fondateur, Jésus de Nazareth; il y a la Maison Blanche qui se présente comme le phare de la civilisation et la gardienne des libertés. Mais qu’en est-il exactement de l’un et de l’autre?

L’ÉGLISE

Il ne fait pas de doute que l’Église porte un patrimoine religieux exceptionnel dont témoignent non seulement le Nouveau Testament, les écrits des Pères de l’Église et des Conciles mais aussi et surtout les chrétiens et les martyrs qui ont donné leur vie, à l’exemple du Christ, pour témoigner des béatitudes évangéliques. Ces témoins d’un Royaume de Vérité, de Justice, de Compassion et d’Amour ont assumé une liberté bien enracinée dans la foi et affranchie des ambitions et des pouvoirs terrestres.

Cette même Église porte également un patrimoine non moins exceptionnel d’alliances avec les pouvoirs de ce monde qu’historiens et théologiens peuvent retracer au long des siècles. Selon les intérêts en cause, ces alliances sont pour certains justifiées et pour d’autres condamnables. Dans tous les cas, elles créeront inévitablement une dépendance de l’Église qui sapera à sa base la liberté absolue qui vient de la foi et dont elle a bessoin pour agir en fonction de la Volonté du Père. Ce n’est donc pas par pur hasard si les Évangélistes Mathieu et Luc placent les trois tentations de Jésus au désert au tout début de sa mission. Une de ces trois tentations porte plus spécifiquement sur ces « alliances ».

"Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire;
et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores
Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.
Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient."
(Mathieu, 4, 8-13)

La catholicité de l’Église, si elle doit s’étendre à tous les territoires de la terre, comme le suggère « Satan », elle doit également et surtout s’étendre à toutes les valeurs d’existence dont celle du Dieu unique sur qui elle repose. L’Eglise ne peut servir deux maîtres.

LA MAISON BLANCHE

La Maison Blanche, symbole des diverses administrations étasuniennes, est l’autre partenaire dans cette alliance. Elle est évidemment le rappel des luttes qui ont conduit à la reconnaissance des libertés individuelles et à la disparition de la discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion et le sexe. Sous l’actuelle administration Bush elle prend même le langage de la morale et de la foi chrétienne.

À cette image du défenseur des grandes valeurs de liberté et de foi chrétienne s’ajoute celle de l’Empire qui couvre, par ses multiples interventions, l’action de ses multinationales dans tous les pays et de façon particulière dans ceux du Tiers monde. Il le fait sans égard aux effets souvent dévastateurs de ces entreprises sur les richesses naturelles, les conditions de vie des travailleurs, l’environnement etc. Cet Empire, présent dans tous les organismes internationaux, bilatéraux et multilatéraux, et fort de sa puissante influence, assujettit les gouvernements et conditionnent les mouvements sociaux de manière à ce qu’ils ne deviennent pas des obstacles à la réalisation de ses intérêts nationaux. Il dispose de moyens de communication supérieurs à tout ce qui peut exister ailleurs. Sa force militaire n’a pas d’égal et ses moyens d’intervention se situent au dessus des lois. Le mensonge, la manipulation, les assassinats, la torture font partie de son arsenal d’intervention. Sa politique et ses actions sont fonctions de SES INTÉRÊTS NATIONAUX et de façon plus particulière de SES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES. Il est le symbole même de l’Empire de l’Argent.

La liberté qu’il défend est sa liberté et plus précisément celle qui lui permet d’agir à sa guise pour assurer et défendre ses intérêts économiques et ceux des entreprises sous sa juridiction politique. La démocratie dont il se fait l’artisan est celle qui lui laisse suffisamment d’espace pour lui permettre de tirer les ficelles du pouvoir. Toute limitation de ces deux manières de voir est perçue comme suspecte et fait aussitôt l’objet de pressions de toute nature. L’attitude de la Maison Blanche à l’égard du Venezuela illustre bien cette situation de la démocratie à ne pas imiter, mais à combattre.

BENOÎT XVI, TÉMOIN D’ÉVANGILE EN AMÉRIQUE LATINE ET DANS LE MONDE

L’Amérique latine se présente comme un terrain tout désigné pour mettre à l’épreuve l’affranchissement de l’Église dans sa capacité d’agir et de parler selon les impératifs de justice et de liberté enseignés par le Christ. Dans cette partie des Amériques où elle compte plus de 50% de ses membres, existe une pauvreté systémique qui affecte plus des deux tiers de la population. De plus en plus de gouvernements et d’organismes sociaux s’élèvent contre cette situation. C’est le cas au Brésil, au Chili, en Argentine, en Uruguay et au Venezuela. Tout en étant des gouvernements démocratiquement élus, leur plus grande résistance vient de la Maison Blanche, soucieuse de ne pas perdre ses droits acquis.

Il ne fait pas de doute que l’Église sera appelée à s’engager et à le faire sans équivoque. Soit qu’elle poursuive son soutien aux politiques étasuniennes en s’opposant aux forces de changement, soit qu’elle dénonce avec force et vigueur le système d’injustice et qu’elle prenne faits et gestes en faveur des pauvres et des laissés pour compte. Elle ne devra pas avoir peur des engagements que lui commande la foi en Jésus de Nazareth. Certains connaîtront le sort qui fut réservé à Mgr Romero comme à beaucoup d’autres en pareilles circonstances. Ce sera une semence qui permettra à l’Église de croître et à un homme nouveau de naître en Jésus ressuscité. Elle redeviendra porteuse d’une bonne nouvelle de salut pour toute personne de bonne volonté.


Oscar Fortin