PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 12 décembre 2007

À MON PETIT FILS LUCAS

POUR SON DEUXIÈME ANNIVERSAIRE

Une autre année vient s’ajouter à ton histoire dans ce nouveau monde que tu n’as pas fini de découvrir. Si ta première année t’a rempli les yeux d’un monde aux multiples visages et aux sons bien variés, si elle t’a appris les premiers mouvements pour une plus grande autonomie, ta seconde année t’a fait faire des bonds énormes dans l’un et l’autre cas.



À peine franchi le cap de ta première année, tu t’envolais dès janvier 2007 vers Santiago du Chili. Tu es passé, dans l’espace de 12 heures, du froid et de la neige à un soleil chaud et à une verdure estivale. Tu n’as certainement pas réalisé, à ce moment, que tu venais de traverser la moitié de la planète terre. Du nord au sud la vie suivait son cours et les personnes t’entouraient de toute leur affection. Tu as connu le métro de Santiago, toujours bondé de monde, surtout que c’était la réforme, appelée alors, Transantiago. Ce fut un véritable drame pour des milliers de familles vivant dans les quartiers éloignés du centre ville et un fiasco pour ceux qui en avaient pris l’initiative. Tu as connu ta première garderie et beaucoup d’oncles, de tantes, de cousins et de cousines. Tu as également connu de nombreux amis et amies de ta grand-mère.



Ton retour s’est effectué en passant, l’espace d’une nuit, de l’automne au printemps, du froid humide à la fonde des neiges et à une nature anxieuse de montrer à nouveau les charmes de ses apparats. Tu as retrouvé tes « affaires » et nous avons repris nos sorties quotidiennes en direction de la promenade du Château Frontenac avec un retour par les Plaines d’Abraham pour y voir naître un nouvel été. Je t’ai vu plus sensible et attentif aux personnes rencontrées. Ta grande sociabilité en a été que plus affermie.




En septembre, tu as eu la chance d’être accueilli dans une garderie merveilleuse. Si, les premiers jours, tu y restais avec hésitation et un peu de chagrin, tu as vite retrouvé la joie d’y arriver et de partager avec des amis (es) jouets, jeux extérieurs et apprentissage en groupe. Le matin, au réveil, ta grand-mère te transférait de lit pour y voir quelques uns de tes programmes animés, puis vers les 7hrs elle allait te préparer ton déjeuner qu’elle t’apportait à la chambre. Pendant que le grand-père que je suis t’accompagnait pour manger, ta grand-mère allait préparer ton linge pour la journée. J’avais la tâche de t’habiller et d’aller te conduire à ta garderie. En général je t’y laissais vers les 8hres et retournais te chercher vers les 17h. Je t’y trouvais toujours heureux et occupé à faire des jeux avec d’autres.



Nous voilà maintenant à la veille de célébrer ton deuxième anniversaire. Ta mère et ton père qui n’ont jamais négligé de venir te voir tous les jours et de prendre de leur temps pour jouer avec toi, se préparent fébrilement pour cet anniversaire de leur grand garçon. Ta mère compte les jours et ton père arrête tous les matins avant de partir pour son travail à passer quelques moments avec toi. Les fins de semaine c’est avec ta tante Carmen que tu passes tes meilleurs moments. Elle te prend souvent pour sortir glisser ou encore cueillir des pommes, magasiner ou manger au restaurant. Elle te gâte comme une marraine peut le faire.



Je te laisse donc avec ces quelques photos dont la toute dernière en compagnie de ton père et de ta mère la veille de ce deuxième anniversaire.




Bonne fête cher petit-fils

Ton grand père qui t’aime beaucoup

12 décembre 2007


NOTE : Deux lettres ont déjà été écrites à Lucas : la première à sa naissance et la seconde à son premier anniversaire.

http://humanisme.blogspot.com/2005/12/bienvenue-lucas-gabriel.html

http://humanisme.blogspot.com/search?q=bienvenu+%C3%A0+Lucas

lundi 10 décembre 2007

L'APOSTASIE AU QUÉBEC

NOTE: DEPUIS QUELQUE TEMPS DES MEMBRES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE DEMANDENT L'ANNULATION DE LEUR CERTIFICAT DE BAPTÊME ET NE VEULENT PLUS ÊTRE IDENTIFIÉS À L'INSTITUTION ECCLÉSIALE. LE PRÉSENT ARTICLE S'ADRESSE À CEUX QUI S'EN FONT LES PROMOTEURS


Québec, le 10 décembre 2007

Lettre à M. André Montmorency

C’est avec beaucoup d’intérêt et un grand respect que je prends connaissance de votre initiative d’apostasier votre appartenance à l’Église catholique tout en invitant à faire de même ceux et celles qui, comme vous, ne s’y reconnaissent plus, ni dans leur foi en Dieu, ni, pour plusieurs, dans celle des Évangiles.

Le 19 novembre dernier, le Journal de Québec nous présentait une réflexion de M. Paul C. Bruno sous le titre : LE PÉCHÉ DU CARDINAL. Dans sa réflexion, M. Bruno se scandalise des positions prises par le Cardinal sur les accommodements raisonnables et prend occasion de cette intervention pour étendre sa réflexion sur l’état de l’Église et le non sens qu’elle est devenue pour lui et pour le monde dans son ensemble. Il avoue qu’il a apostasié non pas pour se convertir à une autre religion, mais pour vivre l’amour le plus intensément possible dans la vérité de son être.

Cette intervention, tout comme la vôtre d’ailleurs, révèlent beaucoup de courage et une très grande honnêteté. Elles devraient secouer la foi de ceux et celles qui s’en réclament et interroger, croyants et non croyants, sur les impératifs de l’amour, fait de justice, de bonté et de vérité. Personnellement, ma foi dans les Évangiles et le Christ ressuscité, m’amène à abonder beaucoup dans le sens des interrogations soulevées par vous et M. Bruno. Je trouve que le langage prophétique, celui qui se démarque de la propagande et de la manipulation, qui s’affirme dans la liberté et l’indépendance des pouvoirs, des privilèges et des intérêts n’est plus au rendez-vous des grands défis du monde d’aujourd’hui. L’Église, dans son organisation, est devenue une institution parmi tant d’autres, avec ses aberrations et des intérêts qui ne sont pas toujours ceux des Évangiles. En ce sens, je vois personnellement votre geste comme un cri du cœur que je me permets de rapprocher, sans vous l’imposer, de cette proclamation du prophète Isaïe qui met dans la bouche de l’Éternel les paroles suivantes :

« Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve. (Is.1, 13-17) »

Je partage le fait que toute croyance qui ne devient pas un véritable ferment au service des grandes aspirations de l’humanité telles la justice, la vérité, la paix, l’indulgence, la solidarité, l’ouverture d’esprit et de partage, en un mot, l’amour traduit en gestes concrets dans le quotidien, devient vite un opium. Avec la grande majorité de vous tous « je crois en un Dieu qui est Amour infini et je crois que cet amour peut nourrir l’être humain sans qu’il soit nécessaire d’adopter un culte et des rites. » Je crois également, et c’est peut-être le cas pour plusieurs d’entre vous, que cet amour prend un visage humain dans la personne de Jésus de Nazareth.

Si je poursuis sans apostasier c’est sans doute que ma foi me donne suffisamment d’énergie et de liberté pour être dans l’Église un rappel constant des Évangiles et des impératifs qu’ils commandent. Si certains en sont arrivés à se l’approprier comme d’un monopole, je ne vois pas pourquoi l’Esprit ne permettrait pas une reprise en main de celle-ci par les croyants eux-mêmes. Me vient à l’esprit cette autre citation, cette fois du prophète Jérémie, qui cadre bien avec ce propos :

« Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Ils n'auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : «Ayez la connaissance de Yahvé!» Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands, oracle de Yahvé, parce que je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché. » ( Jér. 31, 31-34)

Votre témoignage, tout comme celui de nombreux croyants et croyantes qui émerge de l’intérieur de l’Église, rappellent aux autorités ecclésiales qu’elles ne sont plus seules à porter les grandes valeurs qui interpellent la communauté humaine. Beaucoup d’organisations et de mouvements non confessionnels et laïcs, beaucoup de personnes engagées portent également ces grandes valeurs et en témoignent. D’ailleurs nombreux sont les croyants qui leur sont étroitement associés en dépit, bien des fois, des condamnations qui leur viennent de Rome. La foi rend libre et n’est le monopole d’aucune hiérarchie. Elle est d’abord et avant tout un don personnel de Dieu. Pour moi l’Église c’est avant tout la communauté de tous les croyants qui se laissent inspirer par la personne du Nazaréen et les Évangiles qui en racontent l’histoire et le témoignage.

Je vous souhaite ainsi qu’à tous ceux qui vous suivront sur cette voie de trouver l’inspiration qui fera de vous tous des ferments d’humanité. Apostasier pour apostasier ne servirait pas à grand-chose si cette démarche ne conduisait à un plus grand engagement au service d’une humanité en quête d’amour, de justice et de vérité. Si tel est le cas, nos pas se croiseront sur le chemin de la vie et l’humanité nous réunira.

Bien fraternellement


Oscar Fortin, théologien et croyant
740, Ave Désy
Québec (Qué)
Tél. 418-527-2168
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jeudi 6 décembre 2007

SOCIALISME DU XXIe SIÈCLE OU PACEM IN TERRIS

Il y a près de 50 ans, le monde et tout particulièrement l’Église ont eu un PAPE dont les qualités en ont fait un PASTEUR aimé de tous. Surtout connu pour son initiative du Concile Vatican II, véritable fenêtre d’ouverture sur le monde, il est aussi l’auteur de quelques Encycliques dont les plus importantes sont MATER ET MAGISTRA et PACEM IN TERRIS (PAIX SUR TERRE). Cette dernière, comme pour la majorité des documents du Concile Vatican II, a vite pris la voie d’évitement, son contenu étant trop suspect aux promoteurs du libéralisme économique. Sa lecture m’a rapproché des grands objectifs que poursuit le Président du Venezuela, Hugo Chavez, en dépit des difficultés de parcours et du long apprentissage de ce qu’est le BIEN COMMUN d’une société.

HUGO CHAVEZ ET LE SOCIALISME DU XXIe SIÈCLE


Lorsqu’ Hugo Chavez prend le pouvoir en 1999, le pays est déjà depuis longtemps un riche producteur de pétrole qu’il expédie aux quatre coins du monde. Les ressources sont abondantes et les revenus ne manquent pas. Les gouvernements qui se sont succédé tout au long des trente dernières années ont été bénis par la Conférence épiscopale vénézuélienne et les églises célébraient l’amour de Dieu, la liberté des biens nantis et la compassion pour les pauvres. La paix régnait, l’argent circulait au sein des classes privilégiées et le Venezuela était une terre où il faisait bon vivre pour ceux et celles qui en avaient les moyens.

Le fossé des revenus

Une étude, menée en 2003 par l’Institut national de la statistique, établit la relation entre la valeur d’un panier de base nécessaire pour une famille de 5 personnes et le revenu de cette même famille. Cette méthode considère comme extrêmement pauvre « " toute personne qui, avec son revenu, ne parvient pas à se procurer un panier alimentaire de base (lequel équivaut en fait à la moitié du panier de base). Le tableau qui suit donne un aperçu de la distribution de la richesse et de la pauvreté. On peut réaliser que ceux qui doivent se partager 25%, 20% et un panier complet totalisent 15 millions de personnes et ceux qui peuvent se partager 4, 5 et 6 paniers totalisent 1 700 000.


À l'aide de ces données, on constate que le groupe des personnes extrêmement pauvres est très important, alors que celui des riches est extrêmement restreint.


Il apparaît que 2,9 millions de personnes ne sont pas en mesure de satisfaire un quart de leurs besoins élémentaires (= la moitié de leurs besoins alimentaires). 7,9 millions de personnes sont extrêmement pauvres et ont à peine assez à manger. À l'autre bout du spectre, les personnes qui peuvent couvrir plus de cinq fois leurs besoins de base sont à peine plus de 300 000, sur une population totale de 25 millions d'habitants (soit 1,2 %).


LA CONSTITUTION DE 1999


Sur le plan du contenu, la constitution renforce la participation de la population en stipulant également, outre la démocratie représentative, la démocratie participative. Elle s'oppose au néolibéralisme en défendant une économie mixte comprenant, entre autres, le modèle coopératif et la possibilité d'autogestion. De plus, elle met particulièrement l'accent aussi sur la mise en place d'un important volet social : soins de santé, enseignement, emploi.



Sur le plan économique, le tout nouveau président déclare en février 1999: " Notre projet ne veut pas une étatisation de l'économie, mais il n'est pas non plus néolibéral. Nous cherchons une voie moyenne, où la main invisible du marché collabore avec la main visible de l'État : autant d'État que nécessaire, autant de marché que possible. " (19 Richard Gott, Hugo Chávez and the Bolivarien Revolution, Verso, Londres, 2005, p. 175)



Pour voir en détail le PLAN BOLIVAR avec ses diverses initiatives dans le secteur économique, ses missions sociales, je réfère le lecteur à un excellent article, tout récent, publié en novembre 2007 sur le réseau internet et qui me sert de référence principale pour le présent article.
http://stopusa.be/scripts/texte.php?section=BUDB&langue=1&id=25481



LE BIEN COMMUN constitue, pour Hugo Chavez, la référence principale de l’État et l’objet central de sa responsabilité par rapport à l’ensemble de la Société. L’État est là pour assurer ce BIEN COMMUN et ordonner l’ensemble des autres valeurs à ce dernier.

JEAN XXIII ET PACEM IN TERRIS



11 - Tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux. Par conséquent, l'homme a droit à la sécurité en cas de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse, de chômage et chaque fois qu'il est privé de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté (8).


Droits relatifs aux valeurs morales et culturelles


12 - Tout être humain a droit au respect de sa personne, à sa bonne réputation, à la liberté dans la recherche de la vérité, dans l'expression et la diffusion de la pensée, dans la création artistique, les exigences de l'ordre moral et du bien commun étant sauvegardées ; il a droit également à une information objective.


32 - Ainsi, il ne suffit pas de reconnaître et de respecter le droit de l'homme aux moyens d'existence ; il faut s'employer, chacun selon ses forces, à les lui procurer en suffisance.


35 - Voilà pourquoi une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité, selon l'avertissement de saint Paul : « Rejetez donc le mensonge ; que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres (25). » Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs ; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes.


56 – (…) citant Léon XIII : « On ne saurait en aucune façon permettre que l’autorité civile tourne au profit d'un seul ou d'un petit nombre, car elle a été instituée pour le bien commun de tous (40). » Mais des considérations de justice et d'équité dicteront parfois aux responsables de l'État une sollicitude particulière pour les membres les plus faibles du corps social, moins armés pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts légitimes (41)


64 - II est donc indispensable que les pouvoirs publics se préoccupent de favoriser l'aménagement social parallèlement au progrès économique ; ainsi veilleront-ils à développer dans la mesure de la productivité nationale des services essentiels tels que le réseau routier, les moyens de transport et de communication, la distribution d'eau potable, l'habitat, l'assistance sanitaire, l'instruction, les conditions propices à la pratique religieuse, les loisirs. Ils s'appliqueront à organiser des systèmes d'assurances pour les cas d'événements malheureux et d'accroissement de charges familiales, de sorte qu'aucun être humain ne vienne à manquer des ressources indispensables pour mener une vie décente. Ils auront soin que les ouvriers en état de travailler trouvent un emploi proportionné à leurs capacités ; que chacun d'eux reçoive le salaire conforme à la justice et à l'équité ; que les travailleurs puissent se sentir responsables dans les entreprises ; qu'on puisse constituer opportunément des corps intermédiaires qui ajoutent à l'aisance et à la fécondité des rapports sociaux ; qu'à tous enfin les biens de la culture soient accessibles sous la forme et au niveau appropriés.


65 - L'intérêt commun exige que les pouvoirs publics, en ce qui concerne les droits de la personne, exercent une double action : l'une de conciliation et de protection, l'autre de valorisation, tout en veillant soigneusement à leur judicieux équilibre. D'une part, on veillera à ce que la prédominance accordée à des individus ou à certains groupes n’installe dans la nation des situations privilégiées ; par ailleurs, le souci de sauvegarder les droits de tous ne doit pas déterminer une politique qui, par une singulière contradiction, réduirait excessivement ou rendrait impossible le plein exercice de ces mêmes droits. « Une chose demeure acquise : l’action de l'État en matière économique, si loin qu'elle porte, si profondément qu'elle atteigne les ressorts de la société, ne peut supprimer la liberté d'action des individus ; elle doit au contraire la favoriser, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine (48). »


QUE CONCLURE ?


Il ne fait aucun doute que les objectifs du socialisme du XXIe siècle et ceux exprimés dans PACEM IN TERRIS se recoupent. La Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) aurait tout intérêt à lire et relire ces pages du bon pape Jean XXIII. Plus que jamais elles prennent toute leur actualité dans cette Amérique latine en plein éveil social, politique, économique et culturel. L’inspiration qu’elles portent ne peut qu’encourager et soutenir les personnes et les gouvernements qui donnent priorité au BIEN COMMUN de la société sur tous les autres biens. Ceci ne veut pas dire que la propriété, la richesse, la libre entreprise, les multinationales, ne peuvent plus exister mais que leur existence doit être en harmonie avec la réalisation du BIEN COMMUN. L’État est là pour y veiller. Comme le dit Jean XXIII, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine.

OÙ EST L'ERREUR ?


Oscar Fortin

6 décembre 2007
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lundi 3 décembre 2007

LE POUVOIR DU PEUPLE



En démocratie, c’est le peuple qui décide. Il a le pouvoir de décider de ses dirigeants, des régimes politiques qu’il souhaite, des constitutions qu’il veut. Il est souverain et, en tout temps, il peut décider démocratiquement d’un changement de régime politique, économique et social. Il est le seul habilité à le faire. La force des ambitions personnelles, celles des lobbyistes et du pouvoir de l’argent doivent lui être subordonnées.

Le Référendum que vient de vivre le Venezuela a été l’outil par lequel le peuple vénézuélien a exercé ce pouvoir dont il est seul à disposer. Il a décidé par un vote très serré (49% Oui- 51% Non), à ne pas donner suite à la réforme constitutionnelle proposée. L’actuel Président, Hugo Chavez, accepte, en bon démocrate, cette décision du peuple sur les changements constitutionnels proposés et s’engage à poursuivre, dans le cadre de l’actuelle constitution, la marche déjà entreprise sur la voie du socialisme bolivarien, dit du XXIe siècle. Ce nouveau socialisme donne, entre autres, priorité au BIEN COMMUN par rapport aux BIENS INDIVIDUELS. Si les droits des individus sont respectés dans leur intégralité, ils ne peuvent toutefois pas l’être au détriment du BIEN COMMUN. L’État a cette responsabilité d’être, pour ainsi dire, le conseil d’administration des intérêts du peuple, de tout le peuple et de faire en sorte que l’ensemble des ressources et biens sur lesquels le peuple a prise soient utilisés prioritairement au service des intérêts du BIEN COMMUN du peuple.

Ce BIEN COMMUN correspond pour l’essentiel au bien être humain de chaque personne : la santé, l’alimentation, le logement, l’éducation, la participation effective à la gestion des affaires publiques et au développement culturel. Les gouvernements mis en place doivent, à partir des ressources dont le pays dispose, répondre prioritairement à ces besoins. Ce n’est que dans le cadre du respect de ces exigences du BIEN COMMUN que chaque personne, chaque corporation peut s’inscrire et développer des intérêts plus individuels ou corporatifs. Tout le discours sur la justice sociale est une reprise de ces grands objectifs et un rappel des impératifs qu’il commande.

Dans ce contexte, je me permets de rappeler quelques passages de l’encyclique PACEM IN TERRIS de ce bon Pape, aimé de tous, Jean XXIII. Hugo Chavez y trouvera un encouragement à aller de l’avant en dépit des critiques acerbes dont il fait l’objet de la part de la Conférence épiscopale vénézuélienne.

11 - Tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux. Par conséquent, l'homme a droit à la sécurité en cas de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse, de chômage et chaque fois qu'il est privé de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté (8).


Droits relatifs aux valeurs morales et culturelles

12 - Tout être humain a droit au respect de sa personne, à sa bonne réputation, à la liberté dans la recherche de la vérité, dans l'expression et la diffusion de la pensée, dans la création artistique, les exigences de l'ordre moral et du bien commun étant sauvegardées ; il a droit également à une information objective.

32 - Ainsi, il ne suffit pas de reconnaître et de respecter le droit de l'homme aux moyens d'existence ; il faut s'employer, chacun selon ses forces, à les lui procurer en suffisance.

35 - Voilà pourquoi une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité, selon l'avertissement de saint Paul : « Rejetez donc le mensonge ; que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres (25). » Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs ; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes.

56 – (…) citant Léon XIII : « On ne saurait en aucune façon permettre que l’autorité civile tourne au profit d'un seul ou d'un petit nombre, car elle a été instituée pour le bien commun de tous (40). » Mais des considérations de justice et d'équité dicteront parfois aux responsables de l'État une sollicitude particulière pour les membres les plus faibles du corps social, moins armés pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts légitimes (41)

64 - II est donc indispensable que les pouvoirs publics se préoccupent de favoriser l'aménagement social parallèlement au progrès économique ; ainsi veilleront-ils à développer dans la mesure de la productivité nationale des services essentiels tels que le réseau routier, les moyens de transport et de communication, la distribution d'eau potable, l'habitat, l'assistance sanitaire, l'instruction, les conditions propices à la pratique religieuse, les loisirs. Ils s'appliqueront à organiser des systèmes d'assurances pour les cas d'événements malheureux et d'accroissement de charges familiales, de sorte qu'aucun être humain ne vienne à manquer des ressources indispensables pour mener une vie décente. Ils auront soin que les ouvriers en état de travailler trouvent un emploi proportionné à leurs capacités ; que chacun d'eux reçoive le salaire conforme à la justice et à l'équité ; que les travailleurs puissent se sentir responsables dans les entreprises ; qu'on puisse constituer opportunément des corps intermédiaires qui ajoutent à l'aisance et à la fécondité des rapports sociaux ; qu'à tous enfin les biens de la culture soient accessibles sous la forme et au niveau appropriés.

65 - L'intérêt commun exige que les pouvoirs publics, en ce qui concerne les droits de la personne, exercent une double action : l'une de conciliation et de protection, l'autre de valorisation, tout en veillant soigneusement à leur judicieux équilibre. D'une part, on veillera à ce que la prédominance accordée à des individus ou à certains groupes n’installe dans la nation des situations privilégiées ; par ailleurs, le souci de sauvegarder les droits de tous ne doit pas déterminer une politique qui, par une singulière contradiction, réduirait excessivement ou rendrait impossible le plein exercice de ces mêmes droits. « Une chose demeure acquise : l’action de l'État en matière économique, si loin qu'elle porte, si profondément qu'elle atteigne les ressorts de la société, ne peut supprimer la liberté d'action des individus ; elle doit au contraire la favoriser, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine (48). »

Oscar Fortin
2 décembre 2007
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samedi 1 décembre 2007

MORT DEPUIS DÉCEMBRE 2001, BEN LADEN CONTINUE DE PARLER

Quel intérêt y a-t-il à faire parler Ben Laden, alors qu’il est mort depuis décembre 2001 ?

« ​​​​Un éminent fonctionnaire du mouvement Taliban Afghan a annoncé hier (25 décembre 2001) la mort d'Oussama Ben Laden, le chef de l'organisation Al Qa'da, déclarant qu'il avait souffert de graves complications pulmonaires et est décédé tranquillement de mort naturelle. Le fonctionnaire, qui a demandé à garder l'anonymat, a déclaré à L'Observer du Pakistan qu'il avait lui-même assisté aux funérailles de Ben Laden et avait vu son visage avant l'inhumation à Tora Bora il y a 10 jours. Il a mentionné que 30 combattants d'Al Qa'da ont assisté à l'enterrement, ainsi que des membres de sa famille et certains amis Talibans. Dans la cérémonie d'adieu pour son dernier repos, les canons ont tiré en l'air. Le fonctionnaire a déclaré qu'il est difficile de repérer l'emplacement de la sépulture de Ben Laden, car selon la tradition wahhabite aucune marque n'est laissée sur la tombe. Il a souligné qu'il est peu probable que les forces US n’aient jamais découvert la trace de Ben Laden. »
(
http://www.welfarestate.com/binladen/funeral/)


Depuis ce temps, nous avons le privilège d’entendre Ben Laden nous faire part de ses réflexions et de ses attentes. Dans sa toute dernière intervention «Ben Laden exige que les Européens se retirent d'Afghanistan » et il rappelle en relation avec le 11 septembre 2001 qu’il en est « le seul responsable ».

Qui a intérêt à ce que Ben Laden parle ainsi au « bon peuple » de l’Occident ?

D’abord sur la question de l’Afghanistan, il faut bien noter l’opposition croissante de l’opinion publique à cette présence guerrière des forces armées de l’OTAN. Les politiciens ont de plus en plus de la difficulté à justifier devant leur électorat cette guerre. Toutefois, cette résistance de l’électorat pourrait être modifiée si le grand chef des terroristes leur dit que ce retrait serait une très bonne affaire pour lui et ses combattants. Cette prise de position n’est-elle pas de nature à donner des munitions à ceux qui se font les apôtres de cette guerre? Si Ben Laden veut que l’OTAN se retire c’est peut-être qu’elle a raison d’y être. De quoi faire réfléchir le bon citoyen.

Sur la question du 11 septembre 2001, nous avons tous lu ou entendu les questions qui se posent sur ce qui s’est vraiment passé ce 11 septembre 2001. Plusieurs y voient la main secrète de forces politiques et économiques qui n’ont pas beaucoup à voir avec Ben Laden et les terroristes. Ben Laden, en réaffirmant qu’il est le seul responsable de ce qui s’est passé ce jour-là, refroidiT l’ardeur de ceux qui posent bien des questions qui deviennent troublantes pour plusieurs. En effet, bien des interrogations restent sans réponse et dans bien des cas pointent dans une toute autre direction de celle présentée officiellement. Encore tout récemment « Un Évêque Catholique Romain aux États-Unis affirme que le 11 septembre 2001 était un travail d'initiés ».
http://www.alterinfo.net/Un-eveque-Catholique-Romain-aux-etats-Unis-affirme-que-le-11-septembre-2001-etait-un-travail-d-initie_a14230.html


L’intervention de Ben Laden n’aura-t-elle pas pour effet de mettre fin aux spéculations un peu trop embarrassantes donnant aux soupçons trop de consistance. Allons donc savoir !

Longue vie à Ben Laden dont la mission n’a pas pris fin avec sa mort. Il est même devenu un allié incontournable de nos dirigeants politiques. Si les technologies permettent ces acrobaties, il ne faudrait toutefois pas en abuser indûment. Le « bon peuple » est également capable de « bon sens ».

Oscar Fortin
Québec, le 1 décembre 2007

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mercredi 28 novembre 2007

TENAZA: OPÉRATION DE LA CIA AU VENEZUELA


Un MÉMO de la CIA révèle les dessous des activités menées au Venezuela par les forces d’opposition internes et externes pour contrer le référendum sur la réforme constitutionnelle, prévu pour le 2 décembre 2007, et pour renverser le gouvernement élu du Président Hugo Chavez. Ce MÉMO, rédigé le 20 novembre 2007, par le responsable de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Venezuela, Michael Middleton Steere, a pour destinataire le Directeur général de l’Agence à Washington, Michael Hayden. Bien que hautement confidentiel, ce MEMO s’est retrouvé entre les mains de personnes qui ont jugé bon d’en faire la diffusion la plus large possible. (http://www.aporrea.org/tiburon/n105390.html )

L’auteur de la note fait le point sur l’OPÉRATION TENAZA et aborde les dernières étapes à franchir pour atteindre les objectifs visés.

D’ABORD IL RELÈVE LES CONSTATS

1. La tendance des intentions de vote se maintient. Selon les derniers sondages réalisés tant à l’interne qu’à l’externe, le OUI a l’avantage de 10 à 13 points (57% OUI, 44% NON).
2. Les analyses confirment que cette tendance est irréversible à court terme, c’est-à-dire qu’elle ne peut être modifiée de façon significative d’ici le référendum du 2 décembre.
3. La campagne publicitaire promue conformément au Plan ainsi que les désertions du camp gouvernemental de certains hauts dirigeants (Podemos-Baduel, par exemple) ont fait perdre à Chavez 6 points par rapport à son pourcentage initial. Ceci dit, de telles tendances ont atteint leur plancher.
4. Il faut s’en tenir au PLAN TENAZA pour lequel divers scénarios peuvent être envisagés.

LES SCÉNARIOS

1. Empêcher le Référendum ou, à défaut d’y parvenir, en méconnaître les résultats.

Selon l’auteur, il faut continuer à renforcer les activités qui visent à empêcher la tenue du référendum tout en préparant en même temps les conditions pour en contester les résultats. Sur ce dernier point, il est important de créer dans l’opinion publique le fait que le NON est en nette avance sur le OUI et qu’il est assuré de la victoire. C’est en ce sens qu’il faut continuer à travailler avec les maisons de sondage contractées par la CIA.

2. Il faut discréditer autant faire se peut le Conseil national électoral (CNE) de manière à créer dans l’opinion publique la sensation de fraude.

En ce sens, il faut semer le doute sur l’inconsistance du registre électoral permanent et la non fiabilité des équipements mis en place pour le vote. Des contacts avec une équipe d’experts universitaires permet de compter sur leur prestige académique, pour donner de la crédibilité à la fraude par la manipulation des données de la part du CNE entre autres au moyen d’encre spéciale et en intervenant dans le maniement des machines de votation.

3. Il faut engorger le plus possible les bureaux de votation en encourageant les militants du NON à voter puis à rester sur place : VOTE ET RESTE.

Cette action produira une implosion qui permettra l’exécution de la directive prévue dans l’Opération Tenaza.

4. Il faut commencer à donner de l’information sur les résultats du vote dans les premières heures de l’après-midi, utilisant les sondages préliminaires déjà disponibles.

Telle que planifiée, cette opération requière une coordination avec les médias de communication au niveau international.

5. L’implantation sur le territoire national de groupes de protestation préparant au soulèvement d’une partie substantielle de la population

La conduite de ces scénarios n’est pas sans comporter des risques politiques, d’autant plus que les groupes participants ne sont pas tous unanimes sur les actions proposées. Primero justicia et Nuevo tiempo ne partagent pas la stratégie présentée par la CIA alors que Comando national de la résistance et Action démocratique participent à toutes les étapes.

LES TÂCHES IMMÉDIATES DE LA PHASE FINALE

L’empêchement du référendum, la dénonciation d’une fraude électorale et les manifestations de rues devront compter sur des initiatives ponctuelles pour assurer le succès de l’opération. Le MEMO en fait une liste que nous pourrions résumer ainsi :

1. Un effort diplomatique soutenu pour isoler toujours plus Chavez sur la scène internationale.
2. Travailler à l’unité des forces de l’opposition et chercher des alliances entre ceux qui vont s’abstenir de voter et ceux qui vont voter NON.
3. Augmenter la pression par des manifestations de rue dans les jours précédant le référendum.
4. Soutenir avec insistance la propagande contre le régime.
5. Exécuter les actions militaires d’appui aux mobilisations et aux actions d’occupation.
6. Mettre en place les dispositifs opérationnels des forces installées à proximité du territoire vénézuélien;
7. Assurer la coordination de l’appui des équipes externes en provenance du « pays vert et bleu;
8. L’action maritime de « bleu » est prévue et les frontières avec « vert » aux endroits déterminés sont libres de passage.

LISTES DES TÂCHES DÉJÀ RÉALISÉES

A) Des rencontres avec des étudiants, des professeurs et recteurs d’universités privées ont permis d’en arriver à un accord pour qu’ils s’incorporent organiquement aux initiatives de la CIA avec pour objectif l’expulsion de Chavez. Le groupe Bandera roja a été l’un de ceux qui a appuyé le plus l’action directe de rue contre les institutions : CNE, LE TRIBUNAL SUPRÊME DE JUSTICE et LE PALAIS MIRAFLORES.

B) Un des objectifs de l’Opération Tenaza est de contrôler, dans un lap de temps de 72 à 120 et avec l’appui massif des citoyens mécontents, une partie du territoire ou des institutions de manière à permettre l’intervention militaire et sa proclamation d’autorité. L’auteur précise que tous les secteurs ne participent pas à cette opération. Il est donc nécessaire de travailler à forger une plus grande unité. La découverte d’un commando et de l’arsenal militaire à leur disposition en a ébranlé plusieurs.

C) Les meilleurs succès ont été obtenus dans le secteur de la propagande et des opérations psychologiques prévues au Plan en cours. Les apports des réseaux privés nationaux, de la Société interaméricaine de presse (SIP) et des agences internationales ont été déterminants. Enfin il importe de préciser, dit l’auteur du MEMO, que des 8 M$ qui ont été transférées, il n’en reste que très peu, la grande partie ayant été utilisée pour la propagande, la publicité et pour quelques unes des organisations de couverture.


Oscar fortin

Québec, le 28 novembre 2007

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mercredi 21 novembre 2007

LA SEMAINE DES CONFESSIONS: LE CARDINAL ET B.MULRONEY

Après la lettre de M. Bruno, publiée dans le Journal de Québec, en date du 19 novembre, sous le titre Le péché du Cardinal, voilà que ce dernier passe aux aveux. À première vue, c’est quelque chose d’inédit qui ne laisse personne indifférent. Mais qu’en est-il vraiment? À y regarder de plus près, force est de constater que le cardinal demande pardon, non pas pour ses péchés mais pour ceux des autres. La nuance est d’importance. Les autres deviennent des coupables et en leur nom il demande pardon. Il eût été plus convaincant s’il avait demandé pardon pour ses propres fautes. Par exemple celui de s’entourer d’un décorum qui ne témoigne pas beaucoup de la simplicité de Jésus de Nazareth, de s’être adonné à des campagnes contre la modification de la loi portant sur le mariage des personnes de même sexe au détriment d’interventions convaincantes visant à empêcher l’intervention du Canada dans une guerre offensive en Afghanistan. Il eût pu également demander pardon pour l’approche traditionaliste de la pratique religieuse qu’il favorise au détriment d’un renouvellement de la foi dans une meilleure prise de conscience des impératifs évangéliques. À ces aveux, pour bien montrer sa sincérité, il aurait pu ajouter les interrogations qui l’interpellent sur la contraception, la laïcité, l’ordination des femmes et leur rôle dans les postes d’autorité de l’Église, sur la pratique sans réserve des ménages reconstitués aux célébrations eucharistiques, sur la place d’une église qui s’efface de plus en plus comme institution pour devenir davantage un ferment qui inspire et alimente le développement de nos sociétés selon les exigences de justice et de vérité. En un mot, un Cardinal qui parle de lui-même et de la nécessité d’une conversion qui le rapprocherait davantage de l’Évangile et de sa présence dans le monde. Un appel sincère pour lui pardonner et pour l’accompagner dans la recherche de réponses à ces interrogations.

À cette confession du Cardinal s’ajoute celle de M. Brian Mulroney. Il confesse avoir bien reçu de l’argent (300 000 $), une erreur qu’il regrette beaucoup. Il est vrai, selon les dires de son attaché de presse, que sa situation économique, plutôt précaire à cette époque, l’a conduit à cette faiblesse qui ne visait que le maintien des habitudes de vie de sa famille. En somme, un aveu fait sur le bout des lèvres avec la mise en place de circonstances atténuantes. C’est évidemment quelque chose et c’est tout à son honneur. Ce qui l’est moins c’est le silence complet sur les mensonges qui ont permis de couvrir les faits et de lui obtenir plus de 2 millions $ en compensations pour les dommages faits à sa réputation. Une vraie contrition devrait normalement conduire à des réparations et dans ce cas, la remise de ces 2M$ obtenus grâce à ces mensonges. La confession de M. Mulroney trouverait ainsi l’entière sympathie des canadiens et libèrerait ceux qui ont en vain voulu mettre au clair cette situation. Nous pourrions alors parler d’une véritable conversion.

En général les confessions ne doivent pas servir à récupérer les bonnes grâces des citoyens sans toucher aux acquis obtenus grâce à ces fautes pour lesquels des aveux sont formulés.

Oscar Fortin, 418-527-2168
21 novembre 2007
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lundi 19 novembre 2007

LE PÉCHÉ DU CARDINAL ET L'APOSTASIE


Le Journal de Québec, du lundi 19 novembre 2007, nous présente une réflexion de M. Paul C. Bruno sous le titre : LE PÉCHÉ DU CARDINAL. Dans sa réflexion M. Bruno se scandalise des positions prises par le Cardinal sur les accommodements raisonnables et prends occasion de cette intervention pour étendre sa réflexion sur l’état de l’Église et le non sens qu’elle est devenue pour lui et pour le monde dans son ensemble. Il avoue qu’il a apostasié non pas pour se convertir à une autre religion, mais pour vivre l’amour le plus intensément possible dans la vérité de son être.


Cette intervention de M. Bruno, que je trouve courageuse et d’une très grande honnêteté, devrait secouer la foi de ceux et celles qui s’en réclament. Elle devrait également nous interroger tous, croyants et non croyants, sur les impératifs de l’amour, fait de justice et de vérité. Personnellement, ma foi dans les Évangiles et le Christ ressuscité, m’amène à abonder beaucoup dans le sens des interrogations soulevées par l’auteur. En effet, pendant que le monde est au bord d’une troisième guerre mondiale, que plus des deux tiers de l’Humanité demeurent soumis aux puissances des sociétés de consommation dont nous sommes, que nos soldats combattent en Afghanistan, tuant des centaines et des milliers de personnes et risquant eux-mêmes leur vie, que nous ignorons toujours les avenants et aboutissants de cette présence, nos autorités religieuses parlent de messe en latin, de moralité sexuelle, de participation du Pape au Congrès Eucharistique 2008, de retour aux pratiques liturgiques et cultuelles du siècle dernier. Le langage prophétique, l’affranchissement des pouvoirs en place et des privilèges qui en découlent ne sont plus au rendez-vous des grands défis du monde d’aujourd’hui. La déclaration de M. Bruno peut se rapprocher de cette proclamation du prophète Isaïe qui met dans la bouche de l’Éternel les paroles suivantes :


« Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve. (Is.1, 13-17) »


Je partage avec l’auteur le fait que toute croyance qui ne devient pas un véritable ferment au service des grandes aspirations de l’humanité telles la justice, la vérité, la paix, la solidarité, l’ouverture d’esprit et de partage, en un mot l’amour traduit en gestes concrets dans le quotidien, devient vite un opium. Avec l’auteur « je crois en un Dieu qui est Amour infini et je crois que cet amour peut nourrir l’être humain sans qu’il soit nécessaire d’adopter un culte et des rites. » Toutefois, ma foi me permet de trouver dans certaines célébrations rituelles comme celui du Mémorial les remises en question toujours nécessaires pour continuer à aller de l’avant dans la bonne direction, celle d’une humanité en quête de justice et d’amour. À ce titre, je ne vois pas, à la différence de M. Bruno, la nécessité d’apostasier mon appartenance à la foi de l’Évangile et du Christ. Si l’enveloppe ecclésiale que constituent l’institution et les autorités hiérarchiques qui en sont aux commandes ne me conviennent pas, je n’en demeure pas moins rattaché par la foi à la communauté des croyants qui vivent pleinement l’Évangile et qui, dans des milieux comme l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie, donnent leur vie pour qu’il y ait plus de justice et d’amour. Le Christ demeure toujours pour moi un témoin présent et agissant dans le sens d’une humanité toujours plus juste et libérée des forces d’oppression et de domination.


Ce témoignage de M. Bruno rappelle à l’Institution ecclésiale qu’elle n’est plus seule à porter les grandes valeurs qui interpellent la communauté humaine. Beaucoup d’organisations et de mouvements non confessionnels et laïcs portent également ces grandes valeurs et en témoignent. Nombreux sont les croyants qui leur sont étroitement associés en dépit des condamnations qui leur viennent de Rome. La foi rend libre et n’est le monopole d’aucune hiérarchie. Elle est d’abord et avant tout un don personnel de Dieu.

Oscar Fortin
740, Ave Désy
Québec (Qué)
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mercredi 7 novembre 2007

LE VENEZUELA ET LA DÉMOCRATIE

Pour ceux et celles qui suivent de près ce qui se passe actuellement au Venezuela, qui connaissent les étapes mises en place pour l’adoption ou le rejet d’une nouvelle Constitution, ne peuvent que lamenter la désinformation qui est subtilement utilisée par nos médias. À les lire, nous pourrions croire à un despote, du nom de Chavez, qui n’a d’autre objectif que de s’imposer à vie comme Président omniprésent dans les destinées du Venezuela, mettant fin à toute liberté d’expression. Que ce soit le journal Le Monde, l’Humanité, l’AFP et tous les autres qui en reproduisent les articles et les communiqués, tous rejoignent la version que les journaux et les médias d’opposition du Venezuela imposent. On prendra soin de ne pas se référer aux informations provenant de sources gouvernementales pas plus d’ailleurs qu’à celles des organisations et des personnalités supportant l’actuel gouvernement.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-05-30-Venezuela


Qu’en est-il vraiment de ce gouvernement et de son projet de nouvelle Constitution? D’abord, il faut rappeler, plutôt deux fois qu’une, que l’actuel gouvernement a été élu par une grande majorité du peuple Vénézuélien. Ce n’est pas un gouvernement qui s’est imposé par la force ou en simulant mille et une tromperies. Il est là en toute légitimité démocratique et il gouverne dans le sens des objectifs qui ont été mis de l’avant lors des campagnes électorales. Il apporte éducation, santé, participation politique à plus des deux tiers de la population qui étaient laissés pour compte dans les gouvernements antérieurs. Les richesses du pays sont mis à contribution dans le sens des intérêts de ces politiques. Cette majorité est d’accord avec ce qu’il fait et tant qu’elle l’appuiera, il poursuivra dans cette direction.


La Réforme constitutionnelle proposée est à l’effet de faciliter la mise en place des orientations prises et d’assurer pour l’avenir que la majorité des vénézuéliens ait prise sur sa destiné. Il s’agit d’une proposition votée par une large majorité des députés, après des consultations et des discussions à travers tout le pays. Ce projet est maintenant soumis au peuple qui aura à se prononcer par Référendum national sur ce projet de Constitution. Deux comités sont mis en place : ceux qui sont pour le OUI et ceux qui sont pour le NON. Les débats doivent se faire à l’intérieur de certaines règles établies par le Conseil national électoral (CNE). Ces deux comités peuvent sillonner tout le pays, débattre de leur option et se gagner tous les appuis qui pourront leur permettre de remporter le Référendum. En dernier ressort, c’est LE PEUPLE qui assumera la décision d’adopter ou de rejeter la proposition. N’est-ce pas là la voie la plus démocratique qui puisse être observée. Ce n’est ni Chavez, ni le gouvernement, ni tel ou tel groupe d’intérêt qui décidera, mais LE PEUPLE. Bien des pays ont des Constitutions qui n’ont jamais été soumises au Peuple par voie référendaire. C’est le cas du Canada et de bien d’autres. Qui crient, alors, au scandale anti-démocratique?


Chavez, avec cette nouvelle Constitution, sera-t-il élu à vie, comme le suggère le journal Le Monde dans son édition du 7 novembre dernier : « La réforme permet à M. Chavez de se faire réélire indéfiniment et de décréter un "état d'exception" supprimant la liberté de la presse»? Il ne fait aucun doute que l’effet souhaité par cette mise en forme du journal Le Monde suggère fortement l’arrivée en force d’un dictateur, supprimant toutes les libertés d’expression. Pourtant, nombreux sont les pays où une personne peut se présenter autant de fois qu’elle le souhaite au poste de chef d’État. Ici au Canada nous avons eu des Premiers ministres qui se sont présentés à plusieurs reprises au poste de chef d’État. Aucune restriction ne les y empêche. Ainsi nous avons eu un Pierre E. Trudeau qui a régné plus de 14 ans. La seule condition c’est que le peuple soit celui qui décide, par voie électorale, de le reconduire à son poste. Le jour où le peuple n’en veut plus il lui retire son appui et c’est fini. N’est-ce pas là la Démocratie? N’est ce pas ce que prévoit la nouvelle Constitution? À ce que je sache, la procédure électorale, par cette nouvelle Constitution, n’est pas abolie, pas plus d’ailleurs que le multiparti.


Pourquoi alors autant de conflits? Chacun peut avoir son explication, mais la mienne est la suivante : ces gens qui se réclament de la démocratie pour crier au scandale et à la dictature n’en ont que faire de cette démocratie, ce qui leur importe c’est le contrôle du pouvoir et des intérêts qui l’accompagnent. Si la démocratie leur importait autant qu’ils le disent, ils profiteraient des espaces que leur fournit le Référendum pour aller chercher auprès du peuple tous les appuis qui leur assureront la victoire. Ils savent bien que la majorité du peuple veut cette réforme, que ce peuple est souverain et que Chavez est leur candidat pour mener à terme le projet de société qu’il veut bien se donner. Cela, ils ne le veulent pas.



Quoi faire alors sans perdre la face devant nos grandes valeurs de démocratie et de liberté? C’est là que les centaines de millions de dollars US sont mis à contribution pour transformer la vérité en mensonge et le mensonge en vérité, faire de la démocratie une dictature et d’un coup d’État une démocratie. C’est là une opération qui va chercher beaucoup de sous. Une bonne partie des 44 milliards $ US, investis annuellement par les étasuniens pour faire de l’infiltration et de la désinformation, va à de pareils projets. Ainsi l’obstruction à la tenue d’un référendum sera perçue comme un acte de sauvegarde de la démocratie et la réalisation d’un coup d’État deviendra un acte au service de la liberté.

Oscar fortin
7 novembre 2007

vendredi 2 novembre 2007

DES TERRORISTES EN TENUE DE SOIRÉE

QUELQUES FIGURES QUI PARTICIPÈRENT, À PRAGUE, ENTRE LE 7 ET LE 9 OCTOBRE 2007, À LA RENCONTRE SUBVERSIVE VISANT LE RENVERSEMENT DU GOUVERNEMENT DÉMOCRATIQUE DU VENEZUELA


Les deux premiers personnages sont bien connus pour leur rôle dans les Administrations Démocrates et Républicaines aux États-Unis. Le troisième personnage, mieux connus au Canada qu’à l’étranger, est une ex journaliste de la Société Radio Canada, nommée, en 2005, Gouverneure générale du Canada par le Premier ministre d’alors, M. Paul Martin. Le quatrième personnage s’est fait remarqué par le rôle qu’il a joué en 2006 comme leader d’opposition et de manisfestations contre le gouvernement Belarus d’alors. Enfin, le cinquième est un personnage central du Parti national vénézuélien, celui-là même qui a été l’instigateur du coup d’état manqué de 2002. Toutes ces personnes étaient présentes à Prague au FORUM 2000 CONFERENCE.

(http://www.forum2000.cz/en/projects/forum-2000-conferences/2007/delegates/



Madeleine Albright, Former Secretary of State USA sous l'Administration Clinton.










Paul Wolfowitz, ex director de Security national USA, premier mandataire en Irak, ex Président et Directeur de la Banque mondiale










Michaëlle Jean, Governor General Canada










Alyaksandar Milinkevich, Opposition Leader Belarus











Humberto Celli Gerbasi, Chairman of the Democratic Action party, Venezuela. Le parti qui a été directement impliqué dans le coup d'état manqué de 2002






UN VIDEO À VOIR SUR CHAVEZ, LE PEUPLE ET L’OPPOSITION. UN VIDEO QUE NOS TÉLÉVISIONS N'OSENT PAS MONTRER ET QU'IL FAUT POURTANT VOIR POUR COMPRENDRE BIEN DES CHOSES. VOUS N'AVEZ QU'À PRESSER CTRL ET CLIQUER... VOUS NE LE REGRETTEREZ PAS. BON VISIONNEMENT :
Oscar Fortin
2 novembre 2007

mardi 30 octobre 2007

LETTRE AU PREMIER MINISTRE DU CANADA

Monsieur le Premier ministre,


Je viens de prendre connaissance d’une rencontre réalisée à Prague entre le 7 et le 9 octobre, rencontre à laquelle aurait participé La Gouverneure générale du Canada, Michaelle Jean. Il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter si la rencontre en question n’était que protocolaire. Loin de là. L’information dont je dispose et qui est reproduite en espagnol dans un périodique vénézuélien (Caracas, 28 octobre Tribuna Popular TP), dit ce qui suit :


« Entre le 7 et le 9 octobre 2007, se sont réunis à Prague des officiels étasuniens de haut rang avec les représentants des secteurs d’opposition du Venezuela pour exiger de ces derniers qu’ils demandent à la Cour Suprême de leur pays de considérer la Réforme constitutionnelle comme un Coup d’État politique. De plus ils exigèrent de l’opposition : qu’elle appelle à des soulèvements sociaux; qu’elle organise des actes de sabotage contre l’économie et les infrastructures; qu’elle détruise la chaîne de transport alimentaire et qu’elle organise par tous les moyens possibles un coup d’état, incluant la violence sanglante générée par des paramilitaires colombiens et vénézuéliens.


À cette réunion de planification (…) participèrent, entre autres, Paul Wolfowitz, ex directeur de la sécurité nationale étasunienne, Madeleine Albright, ex secrétaire d’état, Aljakdsandr Milinkeviv, MICHAELLE JEAN et HumbertoCelli Gerbasi,… »


Nous savons que notre Gouverneure Générale était à Prague le 7 octobre dernier pour ouvrir la 11e conférence annuelle Forum 2000 Prague. Vous conviendrez avec moi que le pas est vite franchi pour identifier la Michaelle Jean de la rencontre à la Michaelle Jean, Gouverneure générale du Canada.


Il en va de l’intérêt et de la crédibilité internationale du Canada que cette affaire soit tirée au clair. Si la Gouverneure générale du Canada a effectivement participé à une telle réunion, laquelle a toutes les caractéristiques d’une rencontre terroriste, il faut qu’elle remette sur le champ sa démission et que le Gouvernement canadien fasse savoir aux canadiens et au monde que son gouvernement ne saurait d’aucune façon cautionner pareilles initiatives.


Je vous transmets, en pièce jointe, l’article intégral portant le titre :


“PREPARAN OTRO GOLPE CONTRA EL PUEBLO VENEZOLANO…”


À l’avance, je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette lettre et des suites que vous lui donnerez.

Bien à vous

Oscar Fortin

30 octobre 2007

cc. Gilles Ducepte
Jack Layton
Stéphane Dion

DES TERRORISTES AU VENEZUELA


Nous savons tous que la démocratie au Venezuela a donné au peuple, avec plus de 60 % des votes, le contrôle du pouvoir qu’incarne Chavez et son gouvernement. Élections et référendum, tous sous haute surveillance internationale, ont sans cesse confirmé cette volonté du peuple à poursuivre dans le sens des orientations de l’actuel gouvernement. Il en ira de même pour le présent projet de réforme constitutionnelle qui est débattu dans toutes les instances politiques, économiques, sociales et religieuses et qui sera soumis en décembre prochain à un Référendum national. Il appartiendra alors au peuple vénézuélien d’en décider en toute démocratie. Cette démocratie pour laquelle nos soldats, selon la version officielle du gouvernement canadien, combattent en Afghanistan.

Il est évident que les préoccupations et les intérêts de ce 70% de la population, actuellement au pouvoir, ne rejoignent pas toujours les préoccupations et les intérêts de ces 20% à 30% de ceux et celles qui contrôlaient, il n’y a pas encore si longtemps, ce même pouvoir. Pas plus d’ailleurs, ces derniers, dans l’exercice de ce même pouvoir, ne rejoignaient les intérêts de ceux et celles qui croupissaient alors dans la misère de l’analphabétisme, de la maladie, du sous emploi, de la sous alimentation ainsi que de la privation de toute participation politique. Les richesses du pays avaient d’autres destinataires. Les classes privilégiées, l’oligarchie nationale de mèche avec les multinationales et le gouvernement des États-Unis ont bénéficié de ce climat de prospérité auquel le système leur donnait accès. Il n’était alors pas question de se défaire d’une démocratie qui les servait si bien.

Depuis l’avènement de Chavez et la mobilisation du peuple, les maîtres d’hier sont sans cesse mis en minorité dans le système démocratique dont ils se sont fait les apôtres. Pour reprendre le pouvoir, il leur faut trouver une alternative à ce processus électoral qui leur est défavorable. Ils se concertent donc pour définir une manière de reprendre ce pouvoir. Dans le journal vénézuélien Tribune- Populaire (http://www.tribuna-popular.org/), daté du 28 octobre 2007, sous le titre : Ils préparent un nouveau coup d’État contre le peuple vénézuélien, nous pouvons lire jusqu’où ils sont capables d’aller et comment ils en arrivent à se couvrir du manteau de la démocratie et de la liberté.

L’article en question fait état d’une rencontre à Prague, entre le 7 et le 9 octobre dernier, de hauts représentants étasuniens avec des secteurs de l’opposition vénézuélienne. Ils exigent de ces derniers :

1. qu’une demande soit adressée à la Cour Suprême du Venezuela à l’effet que la présente Réforme constitutionnelle soit déclarée « coup d’état politique »;

2. que soient provoqué des soulèvements sociaux en encourageant des actions de sabotage contre l’économie et les infrastructures;

3. que l’on détruise la chaîne de transport alimentaire;

4. que l’on organise par tous les moyens possibles un coup d’état, incluant l’effusion de sang provoquée par des paramilitaires colombiens et vénézuéliens.

À cette réunion de planification assistèrent, entre autres, Paul Wolfowitz, ex directeur de la sécurité nationale étasunienne, Madeleine Albright, ex secrétaire d’état, Aljaksandr Milinkeviv, Michaelle Jean et Humberto Celli Gerbasi, bien connu comme agent provocateur de l’Action Démocratique vénézuélienne. Tous ces personnages seraient directement impliqués dans la planification des actions terroristes dont l’objectif est de renverser un gouvernement démocratiquement élu et d’empêcher la tenue d’un référendum sur la Réforme constitutionnelle qui assurera au peuple vénézuélien la protection de ses pleins pouvoirs.

Ce plan est déjà en opération à travers le canal privé de télévision, Globovision, également à travers la mobilisation de certains groupes d’étudiants bénéficiant d’une couverture internationale importante et il en est également de même avec la déclaration de la Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) donnant la base idéologique à cette stratégie d’intervention.

Si cette information s’avérait vraie et que les personnes plus haut mentionnées aient été effectivement présentes à une telle réunion, elles devraient être dénoncées par la communauté internationale et être jugées pour incitation à la violence, incluant l’assassinat. J’ose espérer que la Michaelle Jean, dont il est question dans cet article, n’a rien à voir avec la Michaelle Jean qui occupe le poste de Gouverneure Générale du Canada. Si jamais il s’avérait qu’elle soit impliquée dans un pareil complot, ce dont je doute fortement, sa démission devrait être demandée sur le champ.

Oscar Fortin
http://humanisme.blogspot.com/
30 octobre 2007

jeudi 25 octobre 2007

BUSH, LA DÉMOCRATIE ET LA LIBERTÉ

Au moment où la Californie est en feu et que de partout on se préoccupe des moyens à prendre pour y mettre fin, qu'une offensive majeure se prépare contre l'Iran, Georges W. Bush, Président des États-Unis, convoque la presse nationale et internationale pour ne parler que de Cuba et faire savoir que son Administration soutient ce peuple dans sa lutte pour la démocratie et la liberté. Du même souffle il annonce de nouvelles sanctions qui pénalisera ce même peuple et invite la communauté internationale à en faire autant.

« Le moment est venu de soutenir le mouvement pour la démocratie qui est en train de grandir sur l'île (...) Le moment est venu pour le monde de laisser de côté ses différences et de préparer pour les Cubains une transition vers un avenir prometteur de liberté et de progrès», a dit M. Bush, entouré de proches de prisonniers politiques. »

Comment peut-il inviter la communauté internationale à le soutenir alors qu’elle vote, année après année, à plus de 98% des voix de l’Assemblée générale des Nations Unies, contre ce blocus qui défie le droit international ? Loin de prendre en considération ce rejet massif pour en revoir la nature, il le durcit. Comment peut-il se faire l’apôtre de la démocratie alors qu’il se fait l’adversaire acharné de la démocratie bien vivante, entre autres, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur ? Déjà, nous nous souvenons tous du sort que l’administration républicaine d’alors avait réservé à la démocratie sous Salvador Allende. Il ne fait pas de doute que sa passion pour la démocratie et la liberté, n’existe que si ces dernières leur réservent suffisamment de pouvoirs pour leur permettre de contrôler le peuple et les gouvernements qu’il se donne. C’est cette démocratie et cette liberté qui lui convient. D’ailleurs, l’Irak et l’Afghanistan répondent bien à ce modèle, tout comme la plupart des pays placés sous son aile, comme c’est le cas actuellement du Chili, du Canada et du Mexique.


Cuba résiste à cette emprise de l’empire sur l’Ile depuis cinquante ans et, plus récemment, les peuples de la Bolivie, du Venezuela, de l’Équateur et du Nicaragua, de façon tout à fait démocratique, ont pris cette même orientation. C’est là que le bas blesse : l'empire ne peut accepter que des peuples en décident autrement de ce qu’il veut. Tous les moyens deviennent alors bons pour reprendre ce contrôle, surtout le mensonge, l’hypocrisie et la violence. Pas surprenant que la démocratie et la liberté deviennent des mots qui perdent tout leur sens lorsqu’ils se retrouvent dans la bouche de celui qui en est devenu le grand maître.


Cuba n’a pas tardé à donner une réplique aux propos de M. Bush. C’est le ministre des Relations extérieures de Cuba, Felipe Perez Roque, qui a répondu au nom de son gouvernement. Son intervention se trouve intégralement en français à l’adresse internet qui suit :


Il faut espérer que nos grands médias qui ont accordé beaucoup d’attention aux propos de M. Bush en feront tout autant pour ceux de M. Roque. La profession journalistique pour une information objective oblige. Elle est même partie de la démocratie et de la liberté.


Il est dommage, évidemment, que des gens de bonne foi se laissent encore convaincre par ce type de discours. Ce l’est encore davantage lorsque des gens de mauvaise foi en prennent prétexte pour mieux protéger leurs intérêts et se donner ainsi bonne conscience. Ils en deviennent alors complices.

Oscar Fortin
25 octobre 2007

lundi 10 septembre 2007

ÉLECTIONS AU GUATEMALA


Qui ne se souvient, à pareille date l’an dernier, de la chaude lutte menée par l’Administration Bush contre la candidature du Venezuela au siège non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour y arriver, elle suscita la candidature du Guatemala, petit pays de l’Amérique centrale (12.6 M d’habitants), cherchant par tous les moyens à y rallier le plus grand nombre de pays de la région. Devant l’impasse, le Venezuela accepta de retirer sa candidature pour autant que le Guatemala en fasse autant. Mais quel était donc ce pays que l’Administration Bush voulait voir siéger au Conseil de Sécurité des Nations Unies?



Hier, 9 septembre, après une campagne électorale des plus sanglantes, c’était jour d’élection au Guatemala. Voici ce qu’en dit La Presse Canadienne dans son dernier reportage.



« Outre le scrutin présidentiel, les électeurs guatémaltèques étaient appelés aux urnes pour des élections législatives et municipales à l'issue de la campagne la plus violente de l'histoire de ce petit pays d'Amérique centrale. Pas moins de 34.000 policiers et soldats étaient mobilisés dimanche pour veiller au bon déroulement du scrutin.

Ces quatre derniers mois, une cinquantaine d'hommes politiques, militants et leurs proches ont ainsi été tués par balles, poignardés ou étranglés. Avec plus de 5.000 homicides par an, le Guatemala est le pays le plus violent d'Amérique centrale.

Le scrutin s'est déroulé dans un calme relatif après une campagne marquée par des violences, mais a donné lieu à des incidents dans la ville de La Ceiba, à environ 50 kilomètres au sud-est de la capitale, Ciudad de Guatemala, où quelque 3.000 personnes ont mis le feu à un bureau de vote, avant de brûler des bulletins dans un autre bureau. La foule a été dispersée par la police, qui a dû user de gaz lacrymogènes.

Les manifestants accusaient le maire de La Ceiba, qui brigue un nouveau mandat, d'avoir fait venir des habitants du Salvador voisin pour voter en sa faveur. »

Imaginons un seul instant que pareille situation se soit produite lors des élections au Venezuela! Qu’aurait-on dit de la démocratie et de la légitimité de pareil scrutin ?

Le Guatemala, selon plusieurs observateurs, est un Etat capturé par les trafiquants de drogue, le crime organisé, les gangs,
la corruption, l'impunité et la pauvreté."

Colom, candidat à la Présidence et ancien vice-ministre de l'Economie dont plusieurs membres de la famille ont été assassinés lors de la guerre civile, s'est engagé pour sa part à réformer la police et la justice. Il a également répété que la victoire de son principal adversaire ramènerait le pays aux heures sombres de son histoire. En effet, Perez Molina, ancien chef du renseignement militaire pendant la guerre civile de 1960-96, partisan de la peine de mort veut renforcer l’action de l’armée et de la police.


Un rapport soutenu par l'Onu attribue à l'armée 85% des assassinats et disparitions de quelque 250.000 Indiens mayas pendant la guerre civile.


Voilà la candidature qu’avait alors choisie l’Administration des « forces du bien » pour siéger au Conseil de sécurité des Nations Unies? Il ne fait pas de doute qu'elle saura appuyer son candidat de droite, Perez Molina, lors du second tour. Même s'il est second suite au premier tour, je vous prédis qu'il sortira vainqueur au second tour. La démocratie a parfois de ces secrets qui rendent possible l'impossible.

Oscar Fortin
10 septembre 2007

dimanche 26 août 2007

BENEDICTO XVI y JESUS DE NAZAREHT: Tomas de posturas y silencios

Podemos aplicar al conjunto de la obra de Joseph Ratzinger la constatación que él mismo anticipa acerca de que las distintas corrientes de interpretación del "Reino de Dios" se basan en los postulados y la visión fundamental de la realidad de cada exegeta (p.80). No cabe duda de que el autor de Jesús de Nazareth (Flammarion 2007) no escapa a este condicionamiento. Ya su larga trayectoria en la Curia romana y, muy en particular, a la cabeza de las Congregaciones de la Doctrina de la Fe, revelan algunas fijaciones filosóficas, teológicas e ideológicas que irán apareciendo a lo largo de esta larga meditación. Sus silencios sobre algunos textos y, en cambio, la cita de otros vienen a señalar algunas de estas orientaciones.


No cabe duda de que otras meditaciones sobre el mismo tema realizadas por Dom Helder Camara, que vivía en los barrios pobres de Brasil, o por Monseñor Oscar Romero, comprometido en el servicio del pueblo perseguido en El Salvador, o por el padre Ernesto Cardenal, sacerdote en un medio desfavorecido en Nicaragua o también el abbé Pierre que vivió con sus “sin techo” en los barrios pobres de París serían muy diferentes de las que encontramos en el volumen de Joseph Ratzinger. Se partiría, por tanto, en todos los casos, del mismo Jesús de quien nos hablan los Evangelios.


Más académico que pastoral, más cristológico que histórico, el libro está atravesado por una preocupación fundamental, la de centrar todo en Dios, el Padre a quien Jesús nos reenvía por su persona divina y su obediencia hasta la muerte en la cruz. El autor nos dice que Jesús es la actualización de la Torah (ley) y que, en él, se encuentra la justicia y "la aceptación de la entera voluntad de Dios, la voluntad de tomar sobre sí el `yugo del Reino de Dios " (p.37). La Iglesia cultual es la prolongación en el tiempo de esta aceptación de Jesús y del Reino de Dios del cual es la encarnación.


En la presente reflexión querría atenerme a dos aspectos que me parecen significativos en cuanto a las orientaciones fundamentales del autor: en primer lugar sus silencios sobre algunos textos y corrientes de pensamiento teológico, y, luego, las posturas adoptadas y sus silencios sobre algunas cuestiones relativas al compromiso social y político de los cristianos.


1. LOS SILENCIOS SOBRE ALGUNOS TEXTOS Y CORRIENTES DE PENSAMIENTO TEOLÓGICO


En el relato del Bautismo de Jesús, cabe advertir la ausencia de tres referencias, sin embargo importantes y capaces de proyectar una luz particular sobre el advenimiento de Jesús y de su misión en el corazón de esta humanidad a la que pertenecemos todos. En primer lugar el primer encuentro de Jesús con Juan Bautista en el momento de la visita de María a su prima Isabel. Esta última, embarazada de Juan Bautista, al oír el saludo de María, sintió al niño saltar en su seno y se llenó del Espíritu Santo. "Bienaventurada la que creyó: lo que el Señor ha dicho se cumplirá”. Entonces María dijo:


"Desplegó la fuerza de su brazo; dispersó a los hombres de pensamiento orgulloso; derribó a los potentados de sus tronos y exaltó los humildes; a los hambrientos colmó de bienes y a los ricos, los despidió con las manos vacías (Lc. 1, 51-55).


Se trata de un fragmento del cántico (el Magnificat) que los católicos tienen la costumbre de cantar en ocasión de celebraciones festivas. En el contexto social del tiempo en que, según los datos del autor (p.96), el 90% de los habitantes de la región formaban parte de la clase de los pobres, esta exclamación profética que Lucas pone en boca de María no caía en oídos sordos. El orden del mundo, establecido por los reyes, los emperadores y a menudo sostenido o tolerado por los grandes sacerdotes, no era el querido por Dios. En este contexto los zelotas, revolucionarios del tiempo de Jesús, quisieron cambiar este orden de las cosas y los esenios se apartaron del templo de Herodes para formar comunidades familiares y monásticas en el desierto (pp.32-33).


La llegada de Jesús aporta, pues, una nueva esperanza en cuanto a la próxima llegada de un nuevo orden en el mundo. Su vida y su misión precisarán la naturaleza de este nuevo orden. Una primera referencia, por lo tanto, en absoluto anecdótica, que habría sido importante señalar para comprender mejor el desarrollo de la misión de Jesús en el mundo. Este texto tiene en cuenta el mundo político y económico. En efecto, cuando se derriba a los poderosos de su trono y se despacha a los ricos con manos vacías, no es para actuar política y económicamente de modo totalmente neutral. Hay algo que cambia en la organización de las relaciones de grupos y personas. El autor en cambio eligió, en este caso, atenerse al Evangelista Juan (1,31-33) que hace decir al Bautista, hablando de Jesús, "que no lo conocía" (p.34).


El segundo encuentro ocurre, treinta años más tarde, en el Jordán. Allí se encuentra con un Juan Bautista que no modera sus palabras allí donde muchos fariseos y saduceos venían a hacerse bautizar:


Raza de víboras, ¿quién os ha mostrado el medio de escapar de la cólera inminente? Dad pues fruto que prueba la conversión; y no os contentéis con decir: `Tenemos por padre a Abraham". Ya que os digo, que de estas piedras Dios puede dar hijos a Abraham. Ya el hacha está dispuesta a atacar la raíz de los árboles; todo árbol que no dé buen fruto será cortado y arrojado al fuego” (Mt.3, 7-10).


Este texto no es obviamente blando para una gente que se reclama de la fe en Abraham, pero que sólo vive de cultos y apariencias tras los cuales se oculta mucha hipocresía. El bautismo de Juan hace en un primer momento una llamada al examen completo de estas astucias y en un segundo momento a una nueva manera de vivir. Incluso una nueva escala de valores se impone. Con todo cuando se leen los comentarios del autor ante estos dos grupos, el lector puede fácilmente constatar que los cubre con una cierta comprensión. ¿De hecho, no suponen para el judaísmo lo que el autor y las jerarquías son para la Iglesia? La tentación de trasladar estas invectivas a los grandes sacerdotes y los doctores de la ley de hoy no carece totalmente de fundamento. El autor sabe seguramente algo de todo ello.


Los saduceos, que forman mayoritariamente parte de la aristocracia y la clase sacerdotal, se esfuerzan en vivir un judaísmo instruido, conforme al modelo espiritual del tiempo, y tratando de adaptarse a la soberanía romana... El modo de vida de los fariseos encontrará una encarnación duradera en el judaísmo impregnado por el Mishna y el Talmud... No hay que olvidar que la gente que fue hacia el Cristo procedía de horizontes muy distintos y que la comunidad cristiana primitiva comprendía también a muchos sacerdotes y antiguos fariseos (p.33).


Los zelotas, por el contrario, no se benefician de tanta compasión por su parte. "Estos últimos no rechazan ni el terror, ni la violencia para restaurar la libertad de Israel. Los fariseos [...] intentan por su parte llevar una vida de observancia estricta de los preceptos de la Torah..." (p.32).

En sucesivas ocasiones Jesús se enfrenta con esta gente que intenta atraparlo de cualquier modo. No en vano Mateo les consagra prácticamente un capítulo completo, poco antes de que Jesús sea condenado por aquellos mismos a morir en la cruz. Jesús no va con guantes blancos, por lo que se pone de manifiesto la seriedad del tema tratado y su impacto en la comunidad de creyentes. Joseph Ratzinger no insinúa ni siquiera una palabra que supongan precisiones esenciales sobre "la verdadera voluntad del Padre". Me permitiré citar sólo algunos extractos. Es necesario recordar que es el Hijo de Dios el mismo que habla, el mismo que será llamado a juzgar el mundo:


" ¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que cerráis a los hombres el Reino de los Cielos! ¡Vosotros ciertamente no entráis; y a los que están entrando no les dejáis entrar!


¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que recorréis mar y tierra para hacer un prosélito y, cuando llega a serlo, le hacéis digno de condenación el doble más que vosotros!


¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que pagáis el diezmo de la menta, del hinojo y del comino, y descuidáis lo más importante de la Ley: la justicia, la misericordia y la fe! Esto es lo que hay que practicar, aunque sin descuidar aquello (ver Mt 23,1-33). "


Si Jesús se detuvo tanto en este punto, insistiendo en ello de nuevo a menudo, muy a menudo, y en todo caso más que a otras cuestiones como la sexualidad, el culto e incluso la riqueza, es que era algo importante. ¿Entonces, cómo explicar que el autor no haya destacado y comentado estas declaraciones de Jesús en un libro cuyo objetivo es precisamente presentarnos su persona y su mensaje?


Los comentarios del autor sobre este aspecto de la personalidad de Jesús y sobre la importancia que concede a esta cuestión habrían dado luz seguramente al lector. Habrían permitido hacer una autocrítica de los actuales doctores de la ley e indicar, como lo han hecho Juan Bautista y Jesús, la naturaleza de la verdadera conversión a la que atenerse. Pienso que cualquier lector habría estado a la vez atento a este análisis e indulgente ante algunos "mea culpa" exigidos por el Bautismo de Juan y las invectivas de Jesús.


El autor prefiere sin embargo ignorar estos dos pasajes y tomar más en consideración a los zelotas, promotores de violencia y terror. En su defensa cabe no obstante tener en cuenta que si el levantamiento de los zelotas, aplastado por los soldados romanos, terminó en un baño de sangre del que ellos mismos fueron víctimas, no fueron objeto de reprimendas por parte de Juan Bautista, como fue el caso de fariseos y saduceos.


El tercer texto silenciado es precisamente el referente a la conversión. A la muchedumbre que le pedía qué era necesario hacer, Juan responde:


"Si alguien tiene dos túnicas, que comparta con el que no tiene; si alguien tiene de qué comer que haga lo mismo”. Los recaudadores de impuestos también vinieron a hacerse bautizar y le preguntaron: “Maestro, ¿qué debemos hacer?". Les dice: "No exijáis más de lo que está fijado”. Los soldados le preguntaban: "Y nosotros, ¿qué debemos hacer?". Les dice: “No hagáis extorsión a nadie, no hagáis denuncias falsas y contentaos con vuestra paga" (Luc 3. 10-14).


Es otra referencia que proyecta una luz particular sobre el nuevo espíritu que en adelante debe inspirar a quienes piden el bautismo de Juan. Se encuentran aquí elementos importantes para la conversión. El compartir, la honestidad en las tareas que se nos confían. Esta honradez no depende sólo de las exigencias del patrono, sino también en función de los clientes, de los accionistas, de los electores.

Todos sabemos que el sistema de competencia y beneficios no guarda siempre el escrúpulo de la honestidad como la primera de sus preocupaciones. Cada oficio, cada profesión encierra sus pequeños secretos que permiten redondear muchas facturas. Si de la noche a la mañana todo el mundo se negara a colaborar en estas astucias encaminadas a inflar las facturas, a aumentar indebidamente las rentas, nos encontraríamos rápidamente en un nuevo mundo, un mundo donde la palabra honradez recuperaría su sentido original. ¿La conversión no consiste, entre otras cosas, en negarse a todas estas marrullerías? A los soldados, algunos de los cuales habían participado quizá en la represión de los zelotas, les pide no hacer ni violencia ni extorsión a nadie. Por el contrario para el autor, el Bautismo de Juan Bautista "implica el reconocimiento de la falta y una solicitud de perdón para conocer el renacimiento..." (p.37). Algo que no se deduce como tal de los textos que enmarcan este Bautismo de Jesús.


Cabe preguntarse cómo este pasaje de los Evangelios sobre la conversión ha podido escaparse a un autor tan informado. Habría sido interesante contar, a la luz de este texto, con su análisis de las distintas recomendaciones de Juan Bautista. Entre otras cosas habría sido interesante oírle hablar del compartir, la honradez, la violencia.


SILENCIO SOBRE LA TEOLOGIA DE LIBERACION


Aunque se percibe que la teología de la liberación se encuentra detrás de algunas de las posturas adoptadas, no se dice ninguna palabra. La ocasión para discutirlo habría sido pertinente en el contexto de las reflexiones que el autor hace sobre el Reino de Dios. En esta sección, el autor resalta las distintas maneras de comprender, a lo largo de la historia, lo que significa este anuncio del Reino de Dios. Parece especialmente preocupado por la naturaleza de la manifestación de ese Reino en nuestro mundo. ¿Es la Iglesia en sus encuentros cultuales? ¿Es un Reino muy interior que se vive en la intimidad de una relación mística con Dios? ¿Es la llegada de un mundo de justicia y paz al cual todas las religiones se unirían sin por ello abandonar sus cultos propios?


Para las dos primeras hipótesis recurre a los distintos autores y a las opiniones desarrolladas sobre una u otra de ellas. En cuanto a la última hipótesis no se cita ni interpela a ningún autor. Esta hipótesis, la resume por otra parte así:


"El carácter central del Reino sería precisamente el corazón del mensaje de Jesús, y constituiría la vía que permitiría reunir finalmente las fuerzas positivas de la humanidad en la marcha hacia el futuro del mundo. "Reino" designaría, pues, simplemente un mundo donde reina la paz, la justicia, y donde se preserva la creación. No se trataría de nada más. Este "reino" debería instaurarse como finalidad de la historia (pp.74-75)."


Este enfoque, del que no se sabe de dónde procede, alcanza no obstante por algunos de sus enunciados las preocupaciones de la teología de la liberación. Hubiera sido importante que Joseph Ratzinger se tomara un tiempo para resumírnoslo y para comentarlo. De la misma manera, por otra parte, que hizo respecto a otros enfoques.


La presentación de este pensamiento habría aportado a esta meditación elementos interesantes que compartir, tanto más cuando es un pensamiento profundamente comprometido. Es un pensamiento fuertemente anclado en la realidad social, política y económica en la cual evolucionan, en dependencia y pobreza, más de dos tercios de la humanidad y con los cuales Cristo resucitado está manos a la obra. Habría sido iluminador que el autor precisara en qué se disocia de este pensamiento. Sabemos que varios de estos teólogos de la liberación han sido suspendidos, que algunos han sido condenados y otros asesinados. La gran mayoría de los que han sido reducidos al silencio por las autoridades vaticanas se quejan, por otra parte, de la mala fe con la cual se les hace decir lo que no dicen para apartarlos de sus tareas de enseñanza y de formación. Una carta muy emotiva de uno de ellos, Jon Sobrino, jesuita, dirigida al General de su orden, aborda ampliamente estas posturas acusatorias.


Todo esto viene a decir que la reflexión del autor era más pertinente cuando él mismo tuvo la oportunidad de dialogar con varios de ellos e, incluso, de sancionar unos cuantos de estos teólogos. No hay duda de que tal discusión lo habría aproximado a la realidad latinoamericana, el sujeto que se abstuvo de tratar directamente. ¿Sería para evitar las susceptibilidades de quienes desempeñan allí un papel dominante y cuyas actitudes conflictivas le habrían obligado a tomar postura? Si el juicio que emite en la página 75 particularmente se refiere a esta teología, hubiera sido importante que lo precisara. ¿Cuál es este juicio?


En una observación más atenta todo este razonamiento se revela como una habladuría utópica sin contenido real, a menos de postular sin decirlo que son las doctrinas partidarias las que deberán determinar el contenido de estos conceptos que cada uno será obligado a aceptar (p. 75).


Su aplicación explícita a la teología de la liberación daría a los autores promotores de ella la ocasión de responder precisando su propio pensamiento.


2. ANÁLISIS Y TOMAS DE POSTURA POLÍTICA Y SOCIAL


El autor, Joseph Ratzinger, nos sorprende por ciertos análisis de la realidad social, política y económica. Me permito resaltar los que sobresalen más.


Respecto al totalitarismo


"Tras la experiencia de los regímenes totalitarios, de la brutalidad con la que aplastaron a los hombres, se burlaron, esclavizaron, golpearon los débiles, estamos de nuevo en condiciones de comprender a los que tienen hambre y sed de justicia, redescubrimos el alma de los afligidos y su derecho a ser consolados (p. 119)."


Joseph Ratzinger se abstiene, en este apartado, de precisar a quién se refiere realmente. Sospechamos, evidentemente, que piensa en la exUnión Soviética y en sus satélites de Europa del Este. Sin embargo, más que decirlo explícitamente, para no dejar ninguna ambigüedad en el lector en cuanto a los regímenes y los sistemas aludidos, elige acogerse en el nombre genérico, el totalitarismo. Un lector atento podrá extender el alcance a los horrores del nazismo, del fascismo y de los regímenes militares represivos y sangrientos que marcaron la historia de América latina. No obstante, la mayor parte de los lectores comprenderá inmediatamente que se trata de los regímenes comunistas de la exUnión Soviética y de sus países satélites. Será sobre todo a los últimos a quienes se aplicarán los calificativos utilizados para destacar el carácter diabólico e inhumano del totalitarismo. Además, observando los horrores de este totalitarismo es cuando se es capaz "de comprender a los que tienen hambre y sed de justicia, de descubrir allí el alma de los que están en la aflicción y su derecho a ser consolados". El lector puede ser llevado sutilmente a aplicar a todos los regímenes socialistas "estos horrores" y hacer caso omiso de los "horrores" generados por otros regímenes también sangrientos.


Hay que lamentar que el autor no hubiera precisado más sus referencias al TOTALITARISMO, dejando al lector en manos de sus propios prejuicios. ¿No es injusto, en efecto, trasladar estas intenciones a quienes persiguen su desarrollo humano y colectivo en el marco del socialismo, como Cuba, Vietnam, China o incluso en el marco de un socialismo nuevo como es actualmente el caso de diversos países de América Latina? Esto no es una cuestión simple de matiz, sino, en este caso, de fondo.


Respecto al capitalismo


"Frente a los abusos del poder económico, frente a los actos de crueldad de un capitalismo que rebaja a los hombres al nivel de la mercancía, nuestros ojos se han abierto a los peligros que oculta la riqueza, y comprendemos de manera renovada lo que Jesús quería decir cuando advertía contra la riqueza, contra el dios Mammon que destruye al hombre y que estrangula, entre sus horribles garras rapaces, una gran parte del mundo (p. 120)."


Una vez trazados los efectos depravados del capitalismo y de la riqueza, el autor recorre vagamente y sin precisión las leyes que rigen este sistema y sobre sus principales actores y promotores. Benedicto XVI, evita hablar del liberalismo económico, de la actividad de las multinacionales y de los gobiernos que las sostienen. No son sin embargo legión los que tienen el poder de imponerse y de dictar las leyes al servicio de sus ambiciones y de sus intereses. Ninguna palabra sobre los regímenes militares de América latina sostenidos por este capitalismo. Causaron decenas de millares de muertos, centenas de millares de presos y torturados y varias centenas de millares de expatriados. Ninguna palabra de este tipo de totalitarismo como sí hace para la exUnión Soviética y sus satélites. Ninguna palabra sobre el Imperio estadounidense que se impone por todas partes en el Tercer Mundo para asegurar allí su hegemonía y el mejor aprovisionamiento de sus multinacionales. Aunque Dios esté muy presente en las distintes Administraciones de los EE.UU que se suceden –todos conocemos el “God bless America”—parece que no obstante, no tiene gran cosa que decir cuando es tiempo de hablar de intereses y de escoger medios para suprimir a quienes pueden llegar a ser unos obstáculos. Una mirada más amplia del autor sobre el conjunto de esta realidad habría permitido captar mejor la originalidad y la naturaleza de este capitalismo, siempre tan vivo y activo en el mundo y precisar la aportación de Jesús de Nazareth como fuerza de cambio.


Respecto a la alienación del hombre


"¿No es verdad que el hombre, esta criatura llamada hombre, a lo largo de su historia, es enajenado, brutalizado, explotado? La humanidad en su gran masa casi siempre vivió bajo la opresión. Y a la inversa, ¿los opresores son la verdadera imagen del hombre, o no dan más bien una imagen desnaturalizada, envilecedora? Karl Marx ha descrito de modo drástico "la alienación" del hombre […] ha dado una imagen muy concreta del hombre que cae en manos de bandidos (p. 224)."


En cuanto a la alienación, hay que concederle a Joseph Ratzinger el mérito de reconocer la profundidad de los análisis de Karl Marx. Se abstiene no obstante de hacer referencia a los regímenes que se inspiran en ellos y llegan a dar a su población más justicia, más dignidad y respeto. Hay que reconocer que el final de la Unión Soviética no puso término al socialismo y a los regímenes que se inspiran en los análisis de Marx. Diversas experiencias, de desigual valor, hay que reconocerlo, se prosiguen en regiones diversas del mundo para superar las alienaciones que retienen aún el pueblo en la ignorancia y la dependencia. Habría sido pertinente poner de relieve la contribución de Jesús de Nazareth en esta marcha del pueblo hacia su plena liberación. No cabe duda de que los comentarios del autor sobre estas nuevas realidades que suscitan muchos debates entre las jerarquías locales y los Gobiernos elegidos de estos países, habrían aportado una luz, seguramente refrescante y llena de esperanza, para estos pueblos en búsqueda de dignidad y respeto.


Respecto al Tercer Mundo


Hay dos pasajes que hablan del Tercer Mundo, pero cuyo sentido no converge del todo. El primero se encuentra en el marco de las tentaciones de Jesús en el desierto.


"Las ayudas de Occidente a los países en vías de desarrollo, fundadas sobre principios puramente técnicos y materiales, que no solamente han dado de lado a Dios, sino también han alejado a los hombres de Dios movidos por el orgullo de su pretendido saber, han hecho del Tercer Mundo el Tercer Mundo en sentido moderno (p.53)."


Para el lector informado, este análisis no corresponde en nada a las verdaderas causas del subdesarrollo. En primer lugar, si hay ayudas de Occidente a los países en vías de desarrollo, es mucho mayor el saqueo realizado por este mismo Occidente que se dice, sin embargo, portador de los valores cristianos. Decir que Dios no se encuentra allí, es negar la presencia misionera masiva en los países en vías de desarrollo al igual que el carácter cristiano de los países donde están presentes. ¿Acaso no tenemos derecho a preguntarnos de qué Dios se trata? ¿El Dios revelado en Jesucristo o un dios enajenador? La cuestión se plantea y debería hacernos reflexionar. Las observaciones de Benedicto XVI abren la puerta a esta clase de cuestiones.


El segundo texto, mucho más cerca de los análisis sociales, políticos y económicos del subdesarrollo nos reconcilia con el autor. Se encuentra en el marco de las reflexiones sobre la parábola del Buen Samaritano.


"Esta parábola es de una actualidad patente. Si la transponemos a escala internacional, vemos que estamos concernidos por los pueblos de África que se han despojado y saqueado. Vemos también hasta qué punto son nuestro "prójimo": nuestro método de vida, nuestra historia, en la que también estamos implicados, contribuyeron y contribuyen aún a su saqueo [...] Nosotros les hemos aportado el cinismo de un mundo sin Dios, donde la única cosa que importa, es el poder y el beneficio. Hemos destruidos la escala de valores morales de tal modo que la corrupción y la voluntad de poder sin escrúpulo terminen por imponerse como evidencias. Y África no es un caso aislado (p.223)."


En relación a este saqueo de los países del Tercer Mundo, el autor, aunque precisa que África no es un caso aislado, silencia completamente América latina como tal, una región que cuenta con el mayor número de católicos, y donde las fuerzas capitalistas y socialistas libran un combate encarnizado. Silencio tanto más llamativo cuando la Iglesia está muy comprometida allí. Los obispos y dignatarios eclesiásticos se alinean, en su conjunto, con las fuerzas del capital mientras que varios sacerdotes y cristianos se comprometen con los más pobres, se alinean con estos últimos. Habría sido interesante que el autor pusiera de relieve la contribución de la Iglesia a aquellos con quien Jesús se identifica: "Lo que hagáis al más pequeño de los míos, es a mi a quien lo haréis". Es sin duda en este contexto latino americano donde el autor habría podido desarrollar con mayor claridad su postura respecto a la teología de la liberación así como la sostenida por las jerarquías católicas y el Vaticano. El rostro de Jesús de Nazareth quedaría resaltado con mayor fuerza.


La respuesta de Benedicto XVI a todos estos males


Inspirándose en Ezequiel 9,4, el autor nos refiere "a estas personas que no se dejan arrastrar a hacerse cómplices de la injusticia que se ha convertido en algo natural, sino que, al contrario, la padecen. Incluso si no está en sus manos poder cambiar en su conjunto esta situación, ellos oponen al reino del mal la resistencia pasiva del sufrimiento, la tristeza que pone un límite al poder del mal" (p.108).


Hay obviamente materia para la reflexión. No pienso que Juan Pablo II haya adoptado la resistencia pasiva, tanto en Polonia contra el comunismo, como en América Latina frente a la teología de la liberación. En estos dos frentes, estaba de acuerdo con el Presidente Reagan y las administraciones que le sucedieron.

Actualmente los obispos de Venezuela no son muy propensos a la resistencia pasiva del sufrimiento. Son aliados de quienes pertenecen precisamente a este capitalismo salvaje cuyo cuadro nos bosqueja el autor. Es por otra parte el caso de la gran mayoría de los obispos de este Continente con los que las multinacionales y las Administraciones americanas pueden contar. La resistencia pasiva no está hecha precisamente para ellos.


No es el caso de los cristianos que mantienen los mayores presupuestos militares y que encienden por todo el mundo el fuego de la guerra. Por ejemplo el Sr. Bush, que ruega a Dios todos los días: el acoso de Cuba y el Bloqueo que mantiene en su contra no forman parte seguramente de la resistencia pasiva, igualmente que sus intervenciones en Irak y Oriente Medio.


Entonces, ¿a quién recomienda esta resistencia pasiva del sufrimiento? ¿Será, por casualidad, a los que son víctimas de estos imperios? ¿Se trata del reconocimiento de la fatalidad del derrotismo de dos tercios de la humanidad prisioneros entre "estas horribles garras de la rapacidad"? ¿Es ése el mensaje de Jesús y de la Iglesia a estos hombres y mujeres que sufren la explotación y el dominio? No podríamos aplicar desgraciadamente a las autoridades eclesiales de hoy la frase del autor ya citado sobre los saduceos:


"Las autoridades eclesiales, que." forman mayoritariamente parte de la aristocracia y la clase sacerdotal, se esfuerzan en vivir un cristianismo lúcido, conforme al modelo espiritual del tiempo, lejos de adaptarse a la dominación del imperio estadounidense."


¿Qué piensa el autor de los pueblos que deciden tomar en sus manos su destino y rechazar las fuerzas capitalistas que "rebajan a los hombres al rango de mercancías" como es el caso de Bolivia, Venezuela, Ecuador, Nicaragua y otros que caminan a pesar de los obstáculos? ¿No hay allí alternativas a la resistencia pasiva que permitan al hombre encontrar su dignidad e inspirarse en el respeto sin perder no obstante la fe y su comunión con el Cristo resucitado?


Estas luchas llevadas con coraje por una humanidad más justa, más respetuosa de los derechos de cada uno, ¿no son esa semilla en la tierra y esa levadura en la masa que llevan los dolores del parto del hombre nuevo? Esta referencia a la resistencia pasiva contrasta con el Jesús de los Evangelios que no dejó de llamar activamente a un cambio del orden de valores y a denunciar a quienes se refugian en cultos y costumbres sin participar realmente en el nacimiento de este hombre del que Cristo es el principio y la coronación. El mensaje de María a su prima Isabel no remite precisamente a la resistencia pasiva.


"Desplegó la fuerza de su brazo; dispersó a los hombres de pensamiento orgulloso; derribó a los poderosos de sus tronos y elevó a los humildes; a los hambrientos, los colmó de bienes y a los ricos, los despidió con las manos vacías (Lc. 1, 51-55)."


CONCLUSIÖN


En esta obra sobre Jesús, hay silencios que hablan tanto como lo que se escribe allí. Estos silencios son tanto más significativos cuanto el autor, eminente teólogo de notable erudición, no puede fingir olvido o ignorancia.


Es cierto que el abordar de frente los textos referentes a los fariseos y los Grandes Sacerdotes le habría llevado a hacer una determinada autocrítica de la Iglesia institucional y a asumir los "mea culpa" inevitables. El silencio le permitió hacer caso omiso de esta autocrítica y mantener el rumbo de una Iglesia sostenida por la vida sacramental y dirigida por una élite sacerdotal.


Su silencio sobre la teología de la liberación y sobre América Latina le permitió evitar hablar del capitalismo estadounidense, del neoliberalismo y de las fuerzas que se enfrentan. Hablar le habría obligado a comprometerse respecto a las políticas intervencionistas de los Estados Unidos, sobre su capacidad de manipulación y explotación. Habría debido discutir sobre el socialismo del siglo XXI, hablar de Venezuela, Bolivia, del bloqueo de los EE.UU contra Cuba. Su silencio le ha permitido evitar todas estas cuestiones y no ensombrecer el Imperio y sus aliados cristianos en América Latina.


Sé que mis reflexiones y comentarios no son de agradables ni para el autor, ni para quienes le siguen por esta vía. Mi objetivo no es ciertamente agradar a cualquiera, sino comprender mejor el rostro humano de Jesús de Nazareth en el mundo de hoy.


Pienso que una vuelta al relato del Juicio Final (Mt 25,31-46) que el autor aborda (p.356), sin realmente comentarlo en sí mismo, sería apropiada para abrirnos a lo más esencial del nuevo orden de valores aportado por Jesús a la humanidad entera.


os.fortin@sympatico.ca http://humanisme.overblog.com/
Traducción del francés al español realizada por los servicios de ATRIO