PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 12 décembre 2007

À MON PETIT FILS LUCAS

POUR SON DEUXIÈME ANNIVERSAIRE

Une autre année vient s’ajouter à ton histoire dans ce nouveau monde que tu n’as pas fini de découvrir. Si ta première année t’a rempli les yeux d’un monde aux multiples visages et aux sons bien variés, si elle t’a appris les premiers mouvements pour une plus grande autonomie, ta seconde année t’a fait faire des bonds énormes dans l’un et l’autre cas.



À peine franchi le cap de ta première année, tu t’envolais dès janvier 2007 vers Santiago du Chili. Tu es passé, dans l’espace de 12 heures, du froid et de la neige à un soleil chaud et à une verdure estivale. Tu n’as certainement pas réalisé, à ce moment, que tu venais de traverser la moitié de la planète terre. Du nord au sud la vie suivait son cours et les personnes t’entouraient de toute leur affection. Tu as connu le métro de Santiago, toujours bondé de monde, surtout que c’était la réforme, appelée alors, Transantiago. Ce fut un véritable drame pour des milliers de familles vivant dans les quartiers éloignés du centre ville et un fiasco pour ceux qui en avaient pris l’initiative. Tu as connu ta première garderie et beaucoup d’oncles, de tantes, de cousins et de cousines. Tu as également connu de nombreux amis et amies de ta grand-mère.



Ton retour s’est effectué en passant, l’espace d’une nuit, de l’automne au printemps, du froid humide à la fonde des neiges et à une nature anxieuse de montrer à nouveau les charmes de ses apparats. Tu as retrouvé tes « affaires » et nous avons repris nos sorties quotidiennes en direction de la promenade du Château Frontenac avec un retour par les Plaines d’Abraham pour y voir naître un nouvel été. Je t’ai vu plus sensible et attentif aux personnes rencontrées. Ta grande sociabilité en a été que plus affermie.




En septembre, tu as eu la chance d’être accueilli dans une garderie merveilleuse. Si, les premiers jours, tu y restais avec hésitation et un peu de chagrin, tu as vite retrouvé la joie d’y arriver et de partager avec des amis (es) jouets, jeux extérieurs et apprentissage en groupe. Le matin, au réveil, ta grand-mère te transférait de lit pour y voir quelques uns de tes programmes animés, puis vers les 7hrs elle allait te préparer ton déjeuner qu’elle t’apportait à la chambre. Pendant que le grand-père que je suis t’accompagnait pour manger, ta grand-mère allait préparer ton linge pour la journée. J’avais la tâche de t’habiller et d’aller te conduire à ta garderie. En général je t’y laissais vers les 8hres et retournais te chercher vers les 17h. Je t’y trouvais toujours heureux et occupé à faire des jeux avec d’autres.



Nous voilà maintenant à la veille de célébrer ton deuxième anniversaire. Ta mère et ton père qui n’ont jamais négligé de venir te voir tous les jours et de prendre de leur temps pour jouer avec toi, se préparent fébrilement pour cet anniversaire de leur grand garçon. Ta mère compte les jours et ton père arrête tous les matins avant de partir pour son travail à passer quelques moments avec toi. Les fins de semaine c’est avec ta tante Carmen que tu passes tes meilleurs moments. Elle te prend souvent pour sortir glisser ou encore cueillir des pommes, magasiner ou manger au restaurant. Elle te gâte comme une marraine peut le faire.



Je te laisse donc avec ces quelques photos dont la toute dernière en compagnie de ton père et de ta mère la veille de ce deuxième anniversaire.




Bonne fête cher petit-fils

Ton grand père qui t’aime beaucoup

12 décembre 2007


NOTE : Deux lettres ont déjà été écrites à Lucas : la première à sa naissance et la seconde à son premier anniversaire.

http://humanisme.blogspot.com/2005/12/bienvenue-lucas-gabriel.html

http://humanisme.blogspot.com/search?q=bienvenu+%C3%A0+Lucas

lundi 10 décembre 2007

L'APOSTASIE AU QUÉBEC

NOTE: DEPUIS QUELQUE TEMPS DES MEMBRES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE DEMANDENT L'ANNULATION DE LEUR CERTIFICAT DE BAPTÊME ET NE VEULENT PLUS ÊTRE IDENTIFIÉS À L'INSTITUTION ECCLÉSIALE. LE PRÉSENT ARTICLE S'ADRESSE À CEUX QUI S'EN FONT LES PROMOTEURS


Québec, le 10 décembre 2007

Lettre à M. André Montmorency

C’est avec beaucoup d’intérêt et un grand respect que je prends connaissance de votre initiative d’apostasier votre appartenance à l’Église catholique tout en invitant à faire de même ceux et celles qui, comme vous, ne s’y reconnaissent plus, ni dans leur foi en Dieu, ni, pour plusieurs, dans celle des Évangiles.

Le 19 novembre dernier, le Journal de Québec nous présentait une réflexion de M. Paul C. Bruno sous le titre : LE PÉCHÉ DU CARDINAL. Dans sa réflexion, M. Bruno se scandalise des positions prises par le Cardinal sur les accommodements raisonnables et prend occasion de cette intervention pour étendre sa réflexion sur l’état de l’Église et le non sens qu’elle est devenue pour lui et pour le monde dans son ensemble. Il avoue qu’il a apostasié non pas pour se convertir à une autre religion, mais pour vivre l’amour le plus intensément possible dans la vérité de son être.

Cette intervention, tout comme la vôtre d’ailleurs, révèlent beaucoup de courage et une très grande honnêteté. Elles devraient secouer la foi de ceux et celles qui s’en réclament et interroger, croyants et non croyants, sur les impératifs de l’amour, fait de justice, de bonté et de vérité. Personnellement, ma foi dans les Évangiles et le Christ ressuscité, m’amène à abonder beaucoup dans le sens des interrogations soulevées par vous et M. Bruno. Je trouve que le langage prophétique, celui qui se démarque de la propagande et de la manipulation, qui s’affirme dans la liberté et l’indépendance des pouvoirs, des privilèges et des intérêts n’est plus au rendez-vous des grands défis du monde d’aujourd’hui. L’Église, dans son organisation, est devenue une institution parmi tant d’autres, avec ses aberrations et des intérêts qui ne sont pas toujours ceux des Évangiles. En ce sens, je vois personnellement votre geste comme un cri du cœur que je me permets de rapprocher, sans vous l’imposer, de cette proclamation du prophète Isaïe qui met dans la bouche de l’Éternel les paroles suivantes :

« Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve. (Is.1, 13-17) »

Je partage le fait que toute croyance qui ne devient pas un véritable ferment au service des grandes aspirations de l’humanité telles la justice, la vérité, la paix, l’indulgence, la solidarité, l’ouverture d’esprit et de partage, en un mot, l’amour traduit en gestes concrets dans le quotidien, devient vite un opium. Avec la grande majorité de vous tous « je crois en un Dieu qui est Amour infini et je crois que cet amour peut nourrir l’être humain sans qu’il soit nécessaire d’adopter un culte et des rites. » Je crois également, et c’est peut-être le cas pour plusieurs d’entre vous, que cet amour prend un visage humain dans la personne de Jésus de Nazareth.

Si je poursuis sans apostasier c’est sans doute que ma foi me donne suffisamment d’énergie et de liberté pour être dans l’Église un rappel constant des Évangiles et des impératifs qu’ils commandent. Si certains en sont arrivés à se l’approprier comme d’un monopole, je ne vois pas pourquoi l’Esprit ne permettrait pas une reprise en main de celle-ci par les croyants eux-mêmes. Me vient à l’esprit cette autre citation, cette fois du prophète Jérémie, qui cadre bien avec ce propos :

« Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Ils n'auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : «Ayez la connaissance de Yahvé!» Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands, oracle de Yahvé, parce que je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché. » ( Jér. 31, 31-34)

Votre témoignage, tout comme celui de nombreux croyants et croyantes qui émerge de l’intérieur de l’Église, rappellent aux autorités ecclésiales qu’elles ne sont plus seules à porter les grandes valeurs qui interpellent la communauté humaine. Beaucoup d’organisations et de mouvements non confessionnels et laïcs, beaucoup de personnes engagées portent également ces grandes valeurs et en témoignent. D’ailleurs nombreux sont les croyants qui leur sont étroitement associés en dépit, bien des fois, des condamnations qui leur viennent de Rome. La foi rend libre et n’est le monopole d’aucune hiérarchie. Elle est d’abord et avant tout un don personnel de Dieu. Pour moi l’Église c’est avant tout la communauté de tous les croyants qui se laissent inspirer par la personne du Nazaréen et les Évangiles qui en racontent l’histoire et le témoignage.

Je vous souhaite ainsi qu’à tous ceux qui vous suivront sur cette voie de trouver l’inspiration qui fera de vous tous des ferments d’humanité. Apostasier pour apostasier ne servirait pas à grand-chose si cette démarche ne conduisait à un plus grand engagement au service d’une humanité en quête d’amour, de justice et de vérité. Si tel est le cas, nos pas se croiseront sur le chemin de la vie et l’humanité nous réunira.

Bien fraternellement


Oscar Fortin, théologien et croyant
740, Ave Désy
Québec (Qué)
Tél. 418-527-2168
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jeudi 6 décembre 2007

SOCIALISME DU XXIe SIÈCLE OU PACEM IN TERRIS

Il y a près de 50 ans, le monde et tout particulièrement l’Église ont eu un PAPE dont les qualités en ont fait un PASTEUR aimé de tous. Surtout connu pour son initiative du Concile Vatican II, véritable fenêtre d’ouverture sur le monde, il est aussi l’auteur de quelques Encycliques dont les plus importantes sont MATER ET MAGISTRA et PACEM IN TERRIS (PAIX SUR TERRE). Cette dernière, comme pour la majorité des documents du Concile Vatican II, a vite pris la voie d’évitement, son contenu étant trop suspect aux promoteurs du libéralisme économique. Sa lecture m’a rapproché des grands objectifs que poursuit le Président du Venezuela, Hugo Chavez, en dépit des difficultés de parcours et du long apprentissage de ce qu’est le BIEN COMMUN d’une société.

HUGO CHAVEZ ET LE SOCIALISME DU XXIe SIÈCLE


Lorsqu’ Hugo Chavez prend le pouvoir en 1999, le pays est déjà depuis longtemps un riche producteur de pétrole qu’il expédie aux quatre coins du monde. Les ressources sont abondantes et les revenus ne manquent pas. Les gouvernements qui se sont succédé tout au long des trente dernières années ont été bénis par la Conférence épiscopale vénézuélienne et les églises célébraient l’amour de Dieu, la liberté des biens nantis et la compassion pour les pauvres. La paix régnait, l’argent circulait au sein des classes privilégiées et le Venezuela était une terre où il faisait bon vivre pour ceux et celles qui en avaient les moyens.

Le fossé des revenus

Une étude, menée en 2003 par l’Institut national de la statistique, établit la relation entre la valeur d’un panier de base nécessaire pour une famille de 5 personnes et le revenu de cette même famille. Cette méthode considère comme extrêmement pauvre « " toute personne qui, avec son revenu, ne parvient pas à se procurer un panier alimentaire de base (lequel équivaut en fait à la moitié du panier de base). Le tableau qui suit donne un aperçu de la distribution de la richesse et de la pauvreté. On peut réaliser que ceux qui doivent se partager 25%, 20% et un panier complet totalisent 15 millions de personnes et ceux qui peuvent se partager 4, 5 et 6 paniers totalisent 1 700 000.


À l'aide de ces données, on constate que le groupe des personnes extrêmement pauvres est très important, alors que celui des riches est extrêmement restreint.


Il apparaît que 2,9 millions de personnes ne sont pas en mesure de satisfaire un quart de leurs besoins élémentaires (= la moitié de leurs besoins alimentaires). 7,9 millions de personnes sont extrêmement pauvres et ont à peine assez à manger. À l'autre bout du spectre, les personnes qui peuvent couvrir plus de cinq fois leurs besoins de base sont à peine plus de 300 000, sur une population totale de 25 millions d'habitants (soit 1,2 %).


LA CONSTITUTION DE 1999


Sur le plan du contenu, la constitution renforce la participation de la population en stipulant également, outre la démocratie représentative, la démocratie participative. Elle s'oppose au néolibéralisme en défendant une économie mixte comprenant, entre autres, le modèle coopératif et la possibilité d'autogestion. De plus, elle met particulièrement l'accent aussi sur la mise en place d'un important volet social : soins de santé, enseignement, emploi.



Sur le plan économique, le tout nouveau président déclare en février 1999: " Notre projet ne veut pas une étatisation de l'économie, mais il n'est pas non plus néolibéral. Nous cherchons une voie moyenne, où la main invisible du marché collabore avec la main visible de l'État : autant d'État que nécessaire, autant de marché que possible. " (19 Richard Gott, Hugo Chávez and the Bolivarien Revolution, Verso, Londres, 2005, p. 175)



Pour voir en détail le PLAN BOLIVAR avec ses diverses initiatives dans le secteur économique, ses missions sociales, je réfère le lecteur à un excellent article, tout récent, publié en novembre 2007 sur le réseau internet et qui me sert de référence principale pour le présent article.
http://stopusa.be/scripts/texte.php?section=BUDB&langue=1&id=25481



LE BIEN COMMUN constitue, pour Hugo Chavez, la référence principale de l’État et l’objet central de sa responsabilité par rapport à l’ensemble de la Société. L’État est là pour assurer ce BIEN COMMUN et ordonner l’ensemble des autres valeurs à ce dernier.

JEAN XXIII ET PACEM IN TERRIS



11 - Tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux. Par conséquent, l'homme a droit à la sécurité en cas de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse, de chômage et chaque fois qu'il est privé de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté (8).


Droits relatifs aux valeurs morales et culturelles


12 - Tout être humain a droit au respect de sa personne, à sa bonne réputation, à la liberté dans la recherche de la vérité, dans l'expression et la diffusion de la pensée, dans la création artistique, les exigences de l'ordre moral et du bien commun étant sauvegardées ; il a droit également à une information objective.


32 - Ainsi, il ne suffit pas de reconnaître et de respecter le droit de l'homme aux moyens d'existence ; il faut s'employer, chacun selon ses forces, à les lui procurer en suffisance.


35 - Voilà pourquoi une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité, selon l'avertissement de saint Paul : « Rejetez donc le mensonge ; que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres (25). » Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs ; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes.


56 – (…) citant Léon XIII : « On ne saurait en aucune façon permettre que l’autorité civile tourne au profit d'un seul ou d'un petit nombre, car elle a été instituée pour le bien commun de tous (40). » Mais des considérations de justice et d'équité dicteront parfois aux responsables de l'État une sollicitude particulière pour les membres les plus faibles du corps social, moins armés pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts légitimes (41)


64 - II est donc indispensable que les pouvoirs publics se préoccupent de favoriser l'aménagement social parallèlement au progrès économique ; ainsi veilleront-ils à développer dans la mesure de la productivité nationale des services essentiels tels que le réseau routier, les moyens de transport et de communication, la distribution d'eau potable, l'habitat, l'assistance sanitaire, l'instruction, les conditions propices à la pratique religieuse, les loisirs. Ils s'appliqueront à organiser des systèmes d'assurances pour les cas d'événements malheureux et d'accroissement de charges familiales, de sorte qu'aucun être humain ne vienne à manquer des ressources indispensables pour mener une vie décente. Ils auront soin que les ouvriers en état de travailler trouvent un emploi proportionné à leurs capacités ; que chacun d'eux reçoive le salaire conforme à la justice et à l'équité ; que les travailleurs puissent se sentir responsables dans les entreprises ; qu'on puisse constituer opportunément des corps intermédiaires qui ajoutent à l'aisance et à la fécondité des rapports sociaux ; qu'à tous enfin les biens de la culture soient accessibles sous la forme et au niveau appropriés.


65 - L'intérêt commun exige que les pouvoirs publics, en ce qui concerne les droits de la personne, exercent une double action : l'une de conciliation et de protection, l'autre de valorisation, tout en veillant soigneusement à leur judicieux équilibre. D'une part, on veillera à ce que la prédominance accordée à des individus ou à certains groupes n’installe dans la nation des situations privilégiées ; par ailleurs, le souci de sauvegarder les droits de tous ne doit pas déterminer une politique qui, par une singulière contradiction, réduirait excessivement ou rendrait impossible le plein exercice de ces mêmes droits. « Une chose demeure acquise : l’action de l'État en matière économique, si loin qu'elle porte, si profondément qu'elle atteigne les ressorts de la société, ne peut supprimer la liberté d'action des individus ; elle doit au contraire la favoriser, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine (48). »


QUE CONCLURE ?


Il ne fait aucun doute que les objectifs du socialisme du XXIe siècle et ceux exprimés dans PACEM IN TERRIS se recoupent. La Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) aurait tout intérêt à lire et relire ces pages du bon pape Jean XXIII. Plus que jamais elles prennent toute leur actualité dans cette Amérique latine en plein éveil social, politique, économique et culturel. L’inspiration qu’elles portent ne peut qu’encourager et soutenir les personnes et les gouvernements qui donnent priorité au BIEN COMMUN de la société sur tous les autres biens. Ceci ne veut pas dire que la propriété, la richesse, la libre entreprise, les multinationales, ne peuvent plus exister mais que leur existence doit être en harmonie avec la réalisation du BIEN COMMUN. L’État est là pour y veiller. Comme le dit Jean XXIII, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine.

OÙ EST L'ERREUR ?


Oscar Fortin

6 décembre 2007
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lundi 3 décembre 2007

LE POUVOIR DU PEUPLE



En démocratie, c’est le peuple qui décide. Il a le pouvoir de décider de ses dirigeants, des régimes politiques qu’il souhaite, des constitutions qu’il veut. Il est souverain et, en tout temps, il peut décider démocratiquement d’un changement de régime politique, économique et social. Il est le seul habilité à le faire. La force des ambitions personnelles, celles des lobbyistes et du pouvoir de l’argent doivent lui être subordonnées.

Le Référendum que vient de vivre le Venezuela a été l’outil par lequel le peuple vénézuélien a exercé ce pouvoir dont il est seul à disposer. Il a décidé par un vote très serré (49% Oui- 51% Non), à ne pas donner suite à la réforme constitutionnelle proposée. L’actuel Président, Hugo Chavez, accepte, en bon démocrate, cette décision du peuple sur les changements constitutionnels proposés et s’engage à poursuivre, dans le cadre de l’actuelle constitution, la marche déjà entreprise sur la voie du socialisme bolivarien, dit du XXIe siècle. Ce nouveau socialisme donne, entre autres, priorité au BIEN COMMUN par rapport aux BIENS INDIVIDUELS. Si les droits des individus sont respectés dans leur intégralité, ils ne peuvent toutefois pas l’être au détriment du BIEN COMMUN. L’État a cette responsabilité d’être, pour ainsi dire, le conseil d’administration des intérêts du peuple, de tout le peuple et de faire en sorte que l’ensemble des ressources et biens sur lesquels le peuple a prise soient utilisés prioritairement au service des intérêts du BIEN COMMUN du peuple.

Ce BIEN COMMUN correspond pour l’essentiel au bien être humain de chaque personne : la santé, l’alimentation, le logement, l’éducation, la participation effective à la gestion des affaires publiques et au développement culturel. Les gouvernements mis en place doivent, à partir des ressources dont le pays dispose, répondre prioritairement à ces besoins. Ce n’est que dans le cadre du respect de ces exigences du BIEN COMMUN que chaque personne, chaque corporation peut s’inscrire et développer des intérêts plus individuels ou corporatifs. Tout le discours sur la justice sociale est une reprise de ces grands objectifs et un rappel des impératifs qu’il commande.

Dans ce contexte, je me permets de rappeler quelques passages de l’encyclique PACEM IN TERRIS de ce bon Pape, aimé de tous, Jean XXIII. Hugo Chavez y trouvera un encouragement à aller de l’avant en dépit des critiques acerbes dont il fait l’objet de la part de la Conférence épiscopale vénézuélienne.

11 - Tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux. Par conséquent, l'homme a droit à la sécurité en cas de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse, de chômage et chaque fois qu'il est privé de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté (8).


Droits relatifs aux valeurs morales et culturelles

12 - Tout être humain a droit au respect de sa personne, à sa bonne réputation, à la liberté dans la recherche de la vérité, dans l'expression et la diffusion de la pensée, dans la création artistique, les exigences de l'ordre moral et du bien commun étant sauvegardées ; il a droit également à une information objective.

32 - Ainsi, il ne suffit pas de reconnaître et de respecter le droit de l'homme aux moyens d'existence ; il faut s'employer, chacun selon ses forces, à les lui procurer en suffisance.

35 - Voilà pourquoi une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité, selon l'avertissement de saint Paul : « Rejetez donc le mensonge ; que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres (25). » Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs ; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes.

56 – (…) citant Léon XIII : « On ne saurait en aucune façon permettre que l’autorité civile tourne au profit d'un seul ou d'un petit nombre, car elle a été instituée pour le bien commun de tous (40). » Mais des considérations de justice et d'équité dicteront parfois aux responsables de l'État une sollicitude particulière pour les membres les plus faibles du corps social, moins armés pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts légitimes (41)

64 - II est donc indispensable que les pouvoirs publics se préoccupent de favoriser l'aménagement social parallèlement au progrès économique ; ainsi veilleront-ils à développer dans la mesure de la productivité nationale des services essentiels tels que le réseau routier, les moyens de transport et de communication, la distribution d'eau potable, l'habitat, l'assistance sanitaire, l'instruction, les conditions propices à la pratique religieuse, les loisirs. Ils s'appliqueront à organiser des systèmes d'assurances pour les cas d'événements malheureux et d'accroissement de charges familiales, de sorte qu'aucun être humain ne vienne à manquer des ressources indispensables pour mener une vie décente. Ils auront soin que les ouvriers en état de travailler trouvent un emploi proportionné à leurs capacités ; que chacun d'eux reçoive le salaire conforme à la justice et à l'équité ; que les travailleurs puissent se sentir responsables dans les entreprises ; qu'on puisse constituer opportunément des corps intermédiaires qui ajoutent à l'aisance et à la fécondité des rapports sociaux ; qu'à tous enfin les biens de la culture soient accessibles sous la forme et au niveau appropriés.

65 - L'intérêt commun exige que les pouvoirs publics, en ce qui concerne les droits de la personne, exercent une double action : l'une de conciliation et de protection, l'autre de valorisation, tout en veillant soigneusement à leur judicieux équilibre. D'une part, on veillera à ce que la prédominance accordée à des individus ou à certains groupes n’installe dans la nation des situations privilégiées ; par ailleurs, le souci de sauvegarder les droits de tous ne doit pas déterminer une politique qui, par une singulière contradiction, réduirait excessivement ou rendrait impossible le plein exercice de ces mêmes droits. « Une chose demeure acquise : l’action de l'État en matière économique, si loin qu'elle porte, si profondément qu'elle atteigne les ressorts de la société, ne peut supprimer la liberté d'action des individus ; elle doit au contraire la favoriser, pourvu que soient sauvegardés les droits essentiels de chaque personne humaine (48). »

Oscar Fortin
2 décembre 2007
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samedi 1 décembre 2007

MORT DEPUIS DÉCEMBRE 2001, BEN LADEN CONTINUE DE PARLER

Quel intérêt y a-t-il à faire parler Ben Laden, alors qu’il est mort depuis décembre 2001 ?

« ​​​​Un éminent fonctionnaire du mouvement Taliban Afghan a annoncé hier (25 décembre 2001) la mort d'Oussama Ben Laden, le chef de l'organisation Al Qa'da, déclarant qu'il avait souffert de graves complications pulmonaires et est décédé tranquillement de mort naturelle. Le fonctionnaire, qui a demandé à garder l'anonymat, a déclaré à L'Observer du Pakistan qu'il avait lui-même assisté aux funérailles de Ben Laden et avait vu son visage avant l'inhumation à Tora Bora il y a 10 jours. Il a mentionné que 30 combattants d'Al Qa'da ont assisté à l'enterrement, ainsi que des membres de sa famille et certains amis Talibans. Dans la cérémonie d'adieu pour son dernier repos, les canons ont tiré en l'air. Le fonctionnaire a déclaré qu'il est difficile de repérer l'emplacement de la sépulture de Ben Laden, car selon la tradition wahhabite aucune marque n'est laissée sur la tombe. Il a souligné qu'il est peu probable que les forces US n’aient jamais découvert la trace de Ben Laden. »
(
http://www.welfarestate.com/binladen/funeral/)


Depuis ce temps, nous avons le privilège d’entendre Ben Laden nous faire part de ses réflexions et de ses attentes. Dans sa toute dernière intervention «Ben Laden exige que les Européens se retirent d'Afghanistan » et il rappelle en relation avec le 11 septembre 2001 qu’il en est « le seul responsable ».

Qui a intérêt à ce que Ben Laden parle ainsi au « bon peuple » de l’Occident ?

D’abord sur la question de l’Afghanistan, il faut bien noter l’opposition croissante de l’opinion publique à cette présence guerrière des forces armées de l’OTAN. Les politiciens ont de plus en plus de la difficulté à justifier devant leur électorat cette guerre. Toutefois, cette résistance de l’électorat pourrait être modifiée si le grand chef des terroristes leur dit que ce retrait serait une très bonne affaire pour lui et ses combattants. Cette prise de position n’est-elle pas de nature à donner des munitions à ceux qui se font les apôtres de cette guerre? Si Ben Laden veut que l’OTAN se retire c’est peut-être qu’elle a raison d’y être. De quoi faire réfléchir le bon citoyen.

Sur la question du 11 septembre 2001, nous avons tous lu ou entendu les questions qui se posent sur ce qui s’est vraiment passé ce 11 septembre 2001. Plusieurs y voient la main secrète de forces politiques et économiques qui n’ont pas beaucoup à voir avec Ben Laden et les terroristes. Ben Laden, en réaffirmant qu’il est le seul responsable de ce qui s’est passé ce jour-là, refroidiT l’ardeur de ceux qui posent bien des questions qui deviennent troublantes pour plusieurs. En effet, bien des interrogations restent sans réponse et dans bien des cas pointent dans une toute autre direction de celle présentée officiellement. Encore tout récemment « Un Évêque Catholique Romain aux États-Unis affirme que le 11 septembre 2001 était un travail d'initiés ».
http://www.alterinfo.net/Un-eveque-Catholique-Romain-aux-etats-Unis-affirme-que-le-11-septembre-2001-etait-un-travail-d-initie_a14230.html


L’intervention de Ben Laden n’aura-t-elle pas pour effet de mettre fin aux spéculations un peu trop embarrassantes donnant aux soupçons trop de consistance. Allons donc savoir !

Longue vie à Ben Laden dont la mission n’a pas pris fin avec sa mort. Il est même devenu un allié incontournable de nos dirigeants politiques. Si les technologies permettent ces acrobaties, il ne faudrait toutefois pas en abuser indûment. Le « bon peuple » est également capable de « bon sens ».

Oscar Fortin
Québec, le 1 décembre 2007

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