PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 21 avril 2008

FERNANDO LUGO

DES TEMPS NOUVEAUX POUR LE PARAGUAY


L’évènement mérite d’être signalé en grand. Plus qu’une simple histoire électorale, cet homme porte en lui plusieurs messages qui vont tous dans la même direction : la communauté humaine dans sa dignité, dans sa liberté, dans sa solidarité, dans sa vérité et sa justice. Il faut lire et relire l’entrevue accordée à un journaliste brésilien dans laquelle le lecteur découvre l’itinéraire de cet homme porteur d’une grande espérance et témoin authentique d’une foi vivante, engagée et solidaire. http://www.alencontre.org/AmLat/ParagLugo07_07.html#top .

Un vent de fraîcheur qui redonne de l’énergie. Que la Providence le protège de ceux qui voudront s’en débarrasser rapidement par des moyens qui ne donnent pas dans la dentelle. Il est certain que d’ici la prise du pouvoir, en août prochain, bien des choses peuvent se produire. Une cible que certains intérêts voudront peut-être se débarrasser rapidement. Toutefois, je ne crois pas qu’il se dote de moyens de transports blindés pour ses déplacements. Sa vie demeure entre les mains du PÈRE.

Oscar Fortin
21 avril 2008-04-21

dimanche 20 avril 2008

BENOÎT XVI AUX ÉTATS-UNIS

SPECTACLE DÉCEVANT POUR LE CROYANT QUE JE SUIS

Cette visite me laisse avec une profonde déception. Elle se ramène du début à la fin à un grand spectacle bien rodé et bien contrôlé. La parole redonnée à Ben Laden, quelques semaines avant le début de cette visite, a fourni l’outil nécessaire aux autorités pour mettre en place un système de sécurité permettant de contrôler les foules, les déplacements de Benoît XVI et de placer en toile de fond le terrorisme, particulièrement identifié à l’Islam et aux pays de l’axe du mal dont la liste a été élaborée par G.W. BUSH.

Nos médias, pour leur part, ont joué leur rôle de complaisance. La confrontation des points de vues, des analyses, n’a pas eu lieu. Les invités étaient tous des commentateurs répondant très bien aux objectifs visés par la mise en scène. Pourtant, Dieu sait qu’il y a des points de vue différents dans la manière de comprendre certaines approches, certains comportements et certains choix. La belle unanimité des commentateurs invités de RADIO CANADA m’a déçu tout autant que le spectacle lui-même. Ce n’est pas parce que les ressources manquent. Il suffit d’aller, entre autres ressources, sur le site CULTURE ET FOI pour réaliser que de nombreuses personnalités, profondément engagées dans leur foi, auraient pu être associées à cet exercice d’informer les auditeurs et auditrices. Le théologien Normand Provencher, un des plus brillants théologiens qu’a le Québec, ne se voit plus sur les plateaux de nos médias. Serait-ce que ses prestations ne répondent plus à leurs politiques éditoriales? Pareille situation ne nous donne pas beaucoup de crédibilité pour parler de la liberté de presse dans des pays comme la Chine ou Cuba.

Ce matin j’ai regardé le spectacle de la visite de Benoît XVI à « GROUND ZERO ». Pendant qu’il s’agenouillait pour prier, me sont venus à l’esprit les centaines de milliers de morts et encore plus de blessés en Irak, pays complètement étranger à ce qui s’est passé ce 11 septembre 2001. J’y ai revu ces milliers de personnes que les dictatures militaires de l’Amérique latine ont torturées, emprisonnées, tuées et dans plusieurs cas jetées à la mer souvent alors qu’elles étaient encore vivantes. J’y ai vu Mgr Romero, criblé de balles, alors qu’il célébrait la messe, ces jésuites, professeurs d’université au Salvador, et les laïcs qui étaient avec eux, assassinés froidement. Pareil regard oblige inévitablement à mettre en évidence toutes les formes de violence, toutes les formes de terrorisme, toutes les formes de haine et d’injustice. On ne peut passer sous silence toutes ces réalités pour ne parler que de celles dont la Maison Blanche veut bien que l’on parle. Ces trois mille morts, victimes de l’effondrement des tours, doivent être associés à toutes les victimes d’actes terroristes de quelques natures qu’ils soient. D’ailleurs nous ignorons toujours qui sont les véritables responsables de l’effondrement de ces tours et des morts qu’elles ont causées. Il y a des hypothèses et aucune certitude. Il faut savoir en tenir compte. Par contre nous savons qui sont derrières les gouvernements et mouvements répressifs de nombreux pays de cette Amérique latine à propos de laquelle Benoît XVI s’est fait si discret.

Je crois que le dévoilement des résultats de l’élection présidentielle qui se réalise aujourd’hui au Paraguay suscitera un meilleur intérêt. Les enjeux sont grands et la tentation pour en tronquer les résultats sera très forte. Pour certains la voix du peuple, la démocratie, est celle qui parle comme ils veulent qu’elle parle. Si ce n’est pas le cas, l’esprit démocratique dont ils se prévalent, la démocratie autoritaire comme disait Pinochet, veut qu’ils fassent taire ceux et celles qui s’opposent à leur volonté. Une histoire à suivre.

Oscar Fortin
20 avril 2008

jeudi 17 avril 2008

LE VATICAN À LA MAISON BLANCHE

BENOÎT XVI ET G.W.BUSH

Le décorum de cette visite ainsi que sa mise à la UNE des médias à travers le monde me posent, comme croyant en Jésus de Nazareth, de nombreux problèmes. D’abord, je n’arrive vraiment pas à y reconnaître ce Jésus des Évangiles. N’a-t-il pas dit « non » au maître du monde qui lui offrait tous les royaumes de la terre en échange de sa soumission ? Ne s’en est-il pas remis constamment à son Père pour assurer sa sécurité ? N’a-t-il pas toujours disposé de cette liberté lui permettant de proclamer, sans acception des personnes, les grandes valeurs qui se retrouvent dans le sermon sur la montagne et dans les Évangiles ?

Dans le cas présent, nous sommes plutôt témoins de la grande complicité qui unit Benoît XVI à celui qui domine actuellement le monde, G.W.Bush. Nous voyons que les mesures de sécurité mises en place (autos blindés, soldats aux aguets, contrôle des foules) ne témoignent aucunement de la foi dans le pouvoir du Père de protéger lui-même son envoyé. Nous constatons que les sujets traités et le langage utilisé n’ont pas beaucoup à voir avec celui des Évangiles qui qualifie l’amour, la vérité, la justice, la paix, la foi, l’espérance de manière à sortir ces mots de leur généralité pour en faire des engagements qui ne trompent pas.

Pourtant, au moment où se réalise cette visite, le monde vit de graves problèmes qui affectent des centaines de millions de personnes, toutes créatures de Dieu. Sans être exhaustif, qu’il suffise d’en relever quelques uns.

Il y d’abord cette crise alimentaire créée par un choix des grandes puissances dont, en premier chef, l’actuel Président des États-Unis : transformer des productions alimentaires en carburant. Ce plan est devenu réalité au moment de son acceptation par l’Administration Bush, le 26 mars 2007. Certains lecteurs et lectrices de Prensa Latina se souviendront que Fidel Castro avait alors écrit une réflexion sur le sujet qu’il avait couvert du titre : « Condamnés à mourir prématurément de faim et de soif trois milliards d’humains ». Derrière ce plan, F. Castro identifie les consortiums pétroliers, les grands producteurs agraires et l’industrie automobile.

À ceci s’ajoutent ces tensions qui existent entre l’Administration Bush et plusieurs pays latino-américains qui ont choisi de reprendre en main, par des voies démocratiques, leur destin et celui de leur population. Déjà nous connaissons le cas de la révolution cubaine, soumise depuis plus de 50 ans à un blocus économique qualifié d’immoral par le nouveau secrétaire d’État du Vatican. Dans ce dernier cas il y a le refus systématique de la part de l’actuelle administration de résoudre les litiges en cause par les voies diplomatiques. Aucune ouverture de ce côté. Il y a le Venezuela qui ne cesse de mettre à jour les plans développés par l’actuelle administration pour renverser par des moyens non démocratiques le gouvernement démocratiquement élu. Il en va de même pour la Bolivie dont le principal adversaire aux changements voulus par le gouvernement, démocratiquement élu, est l’actuelle administration Bush. Que dire de l’Équateur et de la toute prochaine élection au Paraguay dont le candidat, donné pour gagnant, est un ancien évêque. Tous les efforts de l’actuelle administration sont déployés pour faire échouer et le gouvernement de l’Équateur dans ses réformes et l’élection de Fernando Lugo à la présidence du Paraguay. Ces gouvernements sont tous tournés vers le respect des plus démunis et la mise en place de structures permettant le développement de la santé, de l’éducation et de la participation politique et sociale financé par la prise de contrôle des richesses nationales.

Que dire de ces dizaines de milliers de personnes qui tombent sous les balles de militaires étrangers tant en Irak, qu’en Palestine et en Afghanistan. Des conflits qui n’existent que grâce aux investissements militaires de l’actuelle administration Ce sont 3 000 milliards de dollars qui y ont été investis, selon le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitzl. La journée même où la Maison blanche chantait bonne fête à Benoît XVI et que ce dernier recevait avec émotion ces marques d’affection, cette même Maison Blanche insistait auprès du Congrès pour qu’il débloque 70 milliards $ en soutien à son effort de guerre en Irak. Ce sont des centaines de milliers de vie humaine qui y sont sacrifiées. Pourtant le Président Bush n’a-t-il pas uni sa voix à Benoît XVI pour déclarer que toute vie humaine est sacrée. Pourquoi alors autant d’armes pour les tuer?

Enfin, comment ne pas soulever la question de la concentration des médias de communication entre les mains des plus puissants. Ne disposent-ils pas du pouvoir de transformer la vérité en mensonge et le mensonge en vérité? Ils peuvent convertir un saint en diable et un diable en saint. Ils ont finalement le dernier mot pour décider de ce qui est bien et de ce qui est mal. La morale est entre leurs mains. Les consommateurs de ces médias n’ont d’autres références que ce que l’on veut bien leur dire.

Voilà bien rapidement des questions qui ne peuvent échapper à celui qui se présente comme le représentant de Jésus de Nazareth dans le temps présent. Sa mission n’est-elle pas de prendre, avec la liberté évangélique, la parole au nom de ces centaines de millions de personnes qui souffrent les effets désastreux de systèmes qui les maintiennent dans la dépendance, la tromperie et le sous développement? Si les mots justice, vérité et paix ont un sens c’est bien lorsqu’on les rend accessibles à tous les humains de la terre et non pas à une élite qui en déforme inévitablement leur sens évangélique. Qui, mieux que le représentant de la catholicité, peut porter ce message de l’universalité des droits? Et pourtant !

En ce troisième jour de l’arrivée de Benoît XVI les problèmes qui retiennent particulièrement son attention ne sont pas tellement ceux mentionnés plus haut mais ceux reliés à l’Institution ecclésiale. La question de la sexualité chez les prêtres et celle de la morale institutionnelle occupent une place importante. S’il parle du terrorisme il se garde bien de parler du terrorisme d’État. Ça pourrait déplaire à son celui qui lui a réservé un accueil aussi chaleureux. Il invite évidemment à résoudre les problèmes par voie diplomatique, mais son appel n’indispose pas ses hôtes qui comprennent cet appel comme une invitation aux terroristes d’abandonner leurs armes.

En somme une mise en scène qui a discrètement écarté les contestataires pour ne laisser apparaître que la grande harmonie d’une famille unie par la pensée, la foi et l’action. Le Vatican y était, mais l’Église, portée par le Christ et son Esprit, poursuivait sa route au milieu des pauvres et déshérités de la terre à la manière d’un ferment dans la pâte.

Oscar Fortin

17 avril 2008

dimanche 13 avril 2008

AU PARAGUAY UN ÉVÊQUE CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE


FERNANDO LUGO, 59 ans, est actuellement le favori pour remporter, au PARAGUAY, l’élection présidentielle, prévue pour le 20 avril 2008. Qu’est-il cet homme, conduit à la foi par les pauvres et au sacerdoce puis à l’épiscopat par un désir profond de service auprès des plus défavorisés? Pour comprendre et apprécier l’itinéraire de cet homme exceptionnel je réfère le lecteur à cette entrevue réalisée PAR Cesar Sanson et qu’ALTERINFOS AMERICA DIAL a traduite et publiée. Une lecture incontournable. http://www.alterinfos.org/spip.php?article1784. Ce même article se retrouve également dans REVUE INTERNATIONALE VIRTUELLE : http://www.alencontre.org/AmLat/ParagLugo07_07.html#top.

Je recommande dans un même élan cet autre article http://pascal-pilet.over-blog.org/article-5261121.html .

Bien que les possibilités de fraude électorale soient très élevées, Il est curieux de constater que nos dirigeants politiques se préoccupent très peu d’assurer la présence d’observateurs internationaux comme c’est le cas, lors d’élections, dans plusieurs de ces pays. Le parti actuellement au pouvoir est là depuis plus de 62 ans et il ne semble pas résigné à passer le pouvoir au peuple. La tentation de frauder les résultats d’élection est grande et la volonté d’y résister plutôt faible de la part de ceux qui ont maintenu la grande majorité des gens de ce pays dans la pauvreté et la misère. Ces élections devraient préoccuper nos dirigeants politiques qui s’acharnent pourtant à envoyer nos soldats se battre en Afghanistan pour implanter la démocratie. Au Paraguay, aucun soldat n’est nécessaire. Seule la conscience internationale peut faire la différence.

VISITE DE BENOÎT XVI À LA MAISON BLANCHE

Pendant que se réalisera cette élection dans ce petit pays de l’Amérique du Sud, Benoît XVI sera quelque part à Washington où il arrivera le 15 avril pour y passer quelques jours avant de se rendre aux Nations Unies pour y prononcer un discours. Déjà la MAISON BLANCHE a tout planifié pour le recevoir à un dîner officiel, le 16 avril, jour de son anniversaire.

« Selon un communiqué de la MAISON BLANCHE, en date du 10 avril, le dîner se réalisera dans la salle est de la résidence présidentielle. Ont été invités les membres de la délégation officielle du Vatican, les cardinaux étasuniens et les représentants du monde politique et ecclésiastique étasuniens. Le programme officiel du 16 avril prévoit la cérémonie de l’arrivée de Joseph Ratzinger dans les jardins de la Maison Blanche vers les 10h30, suivie à 11h15 d’un échange avec le Président dans le Bureau ovale… dans la soirée ce sera le dîner»

Or, le 11 avril, le porte parole officiel du Vatican annonce que le Pape ne se rendra pas au DÎNER PRÉPARÉ EN SON HONNEUR. Il aurait jugé qu’il n’était pas convenable de participer à des rencontres mondaines de ce type. Il ne fait pas de doute que cette décision de dernières minutes fait suite à de nombreux commentaires et critiques qui lui ont été adressés. Agir autrement c’eût été une manière de sceller au su et à la vue de l’humanité entière la grande alliance entre les deux empires. Les prophètes apocalyptiques y auraient vu les signes de la Babylone et de la prostituée.

« La description en est donnée dans la Bible, Livre de l'Apocalypse chapitre 17:

"1 Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint, et il m'adressa la parole, en disant: Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. 2 C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité, et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés. 3 Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère : "Babylone la Grande, la mère des prostituées et des choses immondes de la terre." 6 Et j’ai vu que la femme était ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus."

De quoi nous faire tous réfléchir. Quelles sont nos alliances et qui servons-nous ? Personnellement, Fernando Lugo est celui en qui je vois l’Évangile prendre racine et s’étendre à toute personne de bonne volonté. Il est pourtant celui que rejettent l’empire et l’Institution ecclésiale.


Oscar Fortin
13 avril, 2008