PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 23 décembre 2008

LE VISAGE HUMAIN DE DIEU


À qui ou à quoi peut donc ressembler Dieu? Où est-il et que fait-il dans ce monde de guerres, de tromperies, de déséquilibres, de famines et de crises de toute nature ? Une question pas facile à répondre, d’autant moins qu’Il est, par nature, ce qu’il y a de plus invisible et, par l’imaginaire humain, ce qu’il y a de plus élevé et d’insaisissable.


Beaucoup d’artistes ont imaginé le portrait de Dieu qu’ils ont reproduit sur des toiles que l’on retrouve dans les musées, les basiliques, les cathédrales et les églises du monde. C’est que nous avons besoin de voir, de sentir, d’entendre et, si possible, de toucher. Saint Paul dans sa lettre aux Colossiens, parlant de Jésus, a cette déclaration : « il est l’image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature » Col. 1,15. Voilà donc que ce qui était invisible devient visible et que le Dieu inaccessible devient l’un de nous.


Qui est-il donc ce Jésus, image du Dieu invisible? Même si deux mille ans d’histoire nous en séparent, peut-on, à la lumière de ce que nous en racontent les Évangiles, nous en faire une idée? Étant un des nôtres, ne s’est-il pas laissé voir, entendre, toucher, sentir dans son être, dans ses joies et ses souffrances? Les Évangiles ne nous permettent-ils pas de voir ce visage humain de Dieu, d’en saisir les pensées, les émotions, les solidarités et d’en découvrir les traits fondamentaux de sa personnalité?


LA NAISSANCE DE L’HOMME-DIEU EN LA PERSONNE DE JÉSUS DE NAZARETH


Déjà, les prophètes avaient donné des indices de cette naissance en le nommant Emmanuel, Dieu avec nous. Marie, sa mère, en présence de sa cousine Élisabeth, eût cette exclamation que nous reprenons encore aujourd’hui dans le chant du MAGNIFICAT, exclamation qui donne un aperçu de l’espérance qu’il représente déjà pour l’humanité, surtout celle qui n’a pas accès aux banquets des grands et des puissants. Jean-Baptiste, son précurseur, le présente comme Celui qui « baptisera dans l’Esprit Saint et le feu de la purification ». Isaïe, pour sa part, voyant le sort qu’on lui réservera, en donne un portrait passablement éloigné du « beau grand jeune homme aux yeux bleus ». « Comme un surgeon, il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits ». (Is. 53) C’est ce même personnage, ce Jésus, que l’Esprit confirmera comme fils de Dieu, lors du baptême reçu de Jean : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. » (Mt. 3,17)


Ce Jésus, présenté avec la force de Dieu, entre dans l’histoire de l’humanité par la porte qui n’a rien de la richesse, de la puissance et du prestige des rois. Toutefois, sa naissance, bien que discrète, attire d’Orient les rois mages et soulève les inquiétudes du roi Hérode qui y soupçonne la main de Dieu et l’effritement de son pouvoir. Ce sera donc pour échapper au bras meurtrier de ce dernier, que lui et ses parents entreront dans la clandestinité et s’exileront, pendant quelques temps, en Égypte. À douze ans, il se permet une escapade au Temple où il impressionne les prêtres par sa connaissance de la loi de Moïse et des enseignements des prophètes. Tout le reste, jusqu’à son baptême dans le Jourdain, est sans histoire. Il vit son adolescence et acquiert la maturité d’un jeune homme sans attirer l’attention. Ses comportements sont ceux de tous les jeunes de son âge.


JÉSUS DE NAZARETH À LA RESCOUSSE DE L’HUMANITÉ


Le Dieu de notre foi s’appelle Jésus de Nazareth. Si son entrée dans le monde s’est faite discrètement, son entrée dans le combat du monde s’est réalisée par le baptême de Jean et un séjour au désert qui sera déterminant pour la suite des choses. C’est là qu’il affronta les trois grandes puissances qui retiennent prisonnière l’humanité dans ce qu’elle est devenue : l’avoir pour se gaver, le pouvoir pour dominer, le paraître pour impressionner. Nous connaissons les réponses qu’il a apportées à chacune d’elles et la distance qu’il a prise par rapport à celui qui s’en faisait le promoteur. Dans le scénario des trois tentations Jésus se révèle être profondément lié à son Père et, de ce point de vue, il témoigne d’une incorruptibilité totale. Il nous dit que l’humanité à laquelle il nous convie prend racine non pas dans l’avoir, mais dans l’être, non pas dans la domination, mais dans le service de la justice et du bien commun, non pas dans le paraître et le prestige des apparats, mais dans la vérité et la simplicité. Voilà, tracée dans ses points les plus fondamentaux, la voie par laquelle Dieu se laissera découvrir et rendra possible l’avènement d’une humanité qu’Il veut toujours à son image.


De retour du désert, Jésus prit donc le bâton du pèlerin pour annoncer la bonne nouvelle à toute personne de bonne volonté. Au temple, où il se rend le jour du sabbat, on lui demande de faire la lecture d’un passage du prophète Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. » (…) « Aujourd'hui, ajouta-t-il, s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. » (Lc. 4, 18-21)


Ses trois années de prédication, de témoignages et de vie partagée avec ceux et celles qui l’accompagnent nous le révèlent profondément solidaire de tous ceux et de toutes celles qui souffrent de ces déséquilibres engendrés par ces trois grandes puissances qui s’arrogent tous les pouvoirs. Il guérit les malades, donne la vue aux aveugles, fait marcher les paralytiques, console les affligés, nourrit les affamés, pardonne aux pécheurs. S’il s’entoure de disciples, il s’attache également des femmes qui l’accompagneront jusqu’au pied de la croix. À Cana, il participera à la fête et au Golgotha, il prendra sur lui la souffrance de l’humanité rejetée. Il est bien présent au cœur de cette humanité qui ne peut demeurer indéfiniment entre les mains de ceux et celles qui se l’accaparent pour eux-mêmes. Il est là pour briser les chaînes de l’esclavage, du mépris et de la dépendance.


Ce Dieu, qui se révèle en Jésus, a en horreur les personnes de mauvaise foi, celles qui ne s’intéressent pas à la vérité, mais à leur vérité et pour lesquelles toutes les manipulations sont bonnes. Leurs armes sont le mensonge déguisé en vérité, la tricherie en héroïcité, les biens mal acquis en aumônes, leurs intérêts en bien commun du peuple. Jésus de Nazareth nous ouvre les yeux sur ce monde qui ne peut d’aucune manière se confondre avec celui qu’il vient réaliser et dont il fait de nous tous les témoins par son Esprit.


Qui est Dieu et où est-il ? Il s’appelle Jésus de Nazareth et il est toujours avec ceux et celles qui luttent pour la justice, la vérité, le respect, la solidarité, le pardon, le don de soi. Le Jésus de la Croix et celui de la résurrection sont la même personne. Le premier exprime dans sa chair le refus par cette partie d’humanité, avare de ses privilèges, de se convertir à une humanité faite pour l’amour, la justice et la paix. Le second est la consécration de sa victoire sur les puissances qui lui auront résisté jusqu’à la fin. Jésus ressuscité est le premier né de cette humanité retrouvée à laquelle nous sommes tous et toutes conviés.


Joyeux Noël à tous et sachons que Jésus est bien là, poursuivant avec nous tous son œuvre d’une humanité qui soit à l’image de Dieu.


Oscar Fortin
24 décembre 2008

mercredi 10 décembre 2008

LE PROPHÈTE DANS LA VIE DE L'ÉGLISE


La crise que vit actuellement l’Église catholique, tant dans son organisation que dans la transmission de sa doctrine, vient principalement du fait que les « apôtres » ne reconnaissent pas la voix des « prophètes » dont les messages échappent à leur contrôle. Ils n’assument pas le fait que l’Église repose sur deux fondations indépendantes l’une de l’autre, mais essentielles à son édification : les apôtres dont ils sont, mais aussi les prophètes dont ils ne sont pas nécessairement. ((http://humanisme.blogspot.com/2008/07/aptres-et-prophtes-sont-les-fondations.html.)

Il est évident que si les « apôtres » occupent toute la place et choisissent eux-mêmes les prophètes qui se feront l’écho de leur propre doctrine, l’Église, en l’absence d’une de ses deux fondations, aura tendance à s’écrouler. Ainsi, plutôt que de discerner l’authenticité des prophètes qui sont envoyés par Dieu à son Église sur la base de leur proximité aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ils choisissent de le faire sur la base de leur affinité avec leur doctrine et idéologie. En d’autres mots, ils choisissent leurs propres prophètes et non ceux que l’Esprit envoie à son Église. Ces derniers sont plutôt considérés comme des porteurs d’idéologie, leur parole comme du pur bavardage et leurs écrits comme suspects. Si Vatican II leur avait ouvert ses portes, elles leur ont vite été refermées.

Il faut dire que ça travaille mieux et c’est plus efficace lorsque tous les collaborateurs partagent les mêmes pensées et ont les mêmes solidarités sociales, politiques, économiques et théologiques. Le choix des nominations aux postes importants de l’institution ecclésiale permet d’assurer cette unité dans l’harmonie. Jean-Paul II s’y est appliqué avec détermination et, aujourd’hui, Benoît XVI poursuit dans la même voie. C’est ainsi que le Synode 2008 a pu se dérouler dans l’harmonie et sans que soit nécessaire de faire appel aux prophètes d’aujourd’hui pour mettre en évidence la Parole de Dieu (http://humanisme.blogspot.com/2008/11/synode-des-vques-2008-o-taient-donc-nos.html).

L’apôtre Paul, dans sa Première lettre aux Corinthiens, ch. 14,1, parlant des dons de l’Esprit, a ces paroles qui mettent en évidence l’importance de la prophétie:

« Recherchez l’amour; aspirez aux dons de l’Esprit, surtout à la prophétie. »

Mais, qui est le prophète? En quoi consiste le don de prophétie? Comment en reconnaître l’Esprit qui en est l’inspiration?

Dans la Bible de Jérusalem, il y a une note de bas de page explicative à cette citation (l) qui mérite d’être reprise en entier. Elle donne un éclairage particulier sur le rôle et la fonction du prophète que nous confondons trop souvent à celui ou à celle qui prédit l’avenir.

« Dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien, la prophétie ne consiste que très occasionnellement à prédire l’avenir (Ac. 11,28; 21,11). Le prophète est essentiellement un homme (ou une femme) : (1 Cor 11,15) qui parle au nom de Dieu sous l’inspiration de l’Esprit, qui révèle le mystère de son dessein (13,2), sa volonté dans les circonstances présentes. Il édifie, exhorte, encourage (v.3), il découvre les secrets des cœurs. »

1. Un homme ou une femme qui parle au nom de Dieu sous l’inspiration de l’Esprit.
Il est intéressant de noter qu’au côté des apôtres, Dieu a prévu des hommes et des femmes qui prendraient la parole sous l’inspiration de l’Esprit pour dire des choses que les apôtres n’arrivent pas à dire ou, pour diverses raisons, se refusent de dire. Ces hommes et ces femmes reçoivent ce don de l’Esprit pour l’édification de tous.


2. Par leurs paroles et leurs actions ils révèlent le mystère du dessein de Dieu, sa volonté dans les circonstances présentes.


Chaque époque comporte des changements qui bouleversent des habitudes et des valeurs qui avaient été l’inspiration de générations précédentes. Les institutions sociales, politiques et religieuses sont entraînées dans ces changements. La situation actuelle de l’Église illustre à merveille cette réalité qui affecte croyances et façons de faire. Si le Concile Vatican II a donné un coup de barre majeur dans le sens de l’ouverture de l’Église au monde, les résistances ne se sont pas fait attendre pour en ralentir l’élan. Il y a les nostalgiques qui cherchent à récupérer, autant faire se peut, les traditions, les cultes, les doctrines et les principaux leviers du pouvoir ecclésial. Il y a ceux qui ont pris les avenues porteuses d’une nouvelle espérance portée par les Évangiles et Jésus de Nazareth.


Les prophètes qui accompagnent ces changements émergent tout autant de théologiens que de témoins fortement engagés au service des petits et des humbles de la terre. Ils peuvent se reconnaître dans des leaders qui risquent tout pour servir la justice et la vérité. Ils se reconnaissent par l’authenticité de leur engagement et leur liberté face aux divers pouvoirs qui dominent la société dans laquelle ils évoluent. Ils sont de véritables incorruptibles qui n’ont de compte à rendre qu’à celui de qui ils tiennent la parole. S’ils sont sans compromis dans leur message, leur charité est sans réserve et leur solidarité les identifie aux pauvres et laissés pour compte de la société.


3. Il édifie, exhorte, encourage (v.3), il découvre les secrets des cœurs. »

Le prophète, l’authentique prophète est cet homme ou cette femme qui édifie par sa vie, ses engagements, sa proximité à la personne humaine. Il se fond avec son milieu et en partage la réalité. Il sait exhorter et encourager d’autant plus et mieux qu’il a ce don de découvrir les secrets des cœurs. Comment ne pas penser à cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine,

Jn. 4,7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : ''Donne-moi à boire.'' 8 Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. 9 Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : ''Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine !'' Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. 10 Jésus lui répondit : ''Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive.'' 11 La femme lui dit : ''Seigneur, tu n'as même pas un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc cette eau vive ? 12 Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ?'' 13 Jésus lui répondit : ''Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle.'' 15 La femme lui dit : ''Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici.'' 16 Jésus lui dit : ''Va, appelle ton mari et reviens ici.'' 17 La femme lui répondit : ''Je n'ai pas de mari.'' 18 Jésus lui dit : ''Tu dis bien : 'Je n'ai pas de mari' ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.'' 19 ''Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. 20 Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer.'' 21 Jésus lui dit : ''Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut provient des Juifs. 23 Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. 24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.''

Dans cette scène Jésus ne s’attarde pas à faire la morale, pas plus qu’à se faire distant de cette samaritaine à qui il demande à boire. Cette « excommuniée » de la religion juive devient celle qui permet à Jésus de mettre en évidence les changements profonds qu’il apporte à la façon de comprendre la religion et le culte : l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. »
(http://humanisme.over-blog.com/article-22544923.html)

EN ESPRIT ET EN VÉRITÉ

Oscar fortin
Québec, le 10 décembre 2008

mardi 2 décembre 2008

UN GOUVERNEMENT MINORITAIRE EN PÉRIODE DE CRISE


Ce qui se passe actuellement à Ottawa nous fait réfléchir sur certains avantages que permet un gouvernement minoritaire. En plus de servir la démocratie, en faisant du Parlement un arbitre incontournable, il y a cette possibilité de mettre un frein à des politiques désastreuses qui, autrement, n’auraient pu être empêchées. Le peuple canadien a élu un Parlement en votant pour le choix de 308 députés. Aucun des chefs n’a fait l’objet d’un vote de l’ensemble des canadiens, à moins bien évidemment que les 308 députés n’aient été que des pions d’un autoritarisme à mettre en place et sur lequel plus personne ne pourrait agir.


Il est certain qu’un chef qui est maître à bord et n’a de compte à rendre à personne se trouve plus confortablement assis sur le siège du pouvoir. Je suppose que les dictateurs préfèrent leur sort à celui de ceux et celles qui doivent prendre en compte l’opinion d’autres intervenants et dans certains cas NÉGOCIER leurs prises de positions. La démocratie s’oppose à l’autoritarisme qui passe outre à la volonté du peuple que les 308 députés représentent à travers l’Institution parlementaire. Les compromis, pris par les divers partis, seront toujours plus démocratiques que les décisions prises unilatéralement par une autorité minoritaire. Ce le sera d’autant plus si les politiques mises de l’avant vont à l’encontre des intérêts du peuple.


Au Québec, il est évident que M. Charest souhaite avoir les mains libres et agir comme bon lui semble sans devoir prendre en compte les membres de l’Assemblée nationale. Choisir la démocratie, c’est également choisir un véritable rôle de ses représentants à l’Assemblée nationale du Québec. Un gouvernement minoritaire permet plus facilement l’exercice de ce rôle et oblige celui qui a à former le gouvernement à en tenir compte. Un gouvernement majoritaire représente certains risques, particulièrement en situation de crise. Si Lysiane Gagnon considère la dictature du peuple comme inadmissible en démocratie, je considère, pour ma part, la dictature d’un chef de parti minoritaire comme totalement inadmissible en démocratie. Les députés élus seront toujours ceux qui représentent le pouvoir du peuple.


Dans la situation que nous vivons actuellement, je souhaite pour le Québec un gouvernement minoritaire. L’Assemblée nationale, ces représentants des intérêts du peuple, devra être prise en considération. Une situation de crise peut être prétexte à des décisions qui n’ont pas nécessairement de liens avec la crise elle-même. M. Harper s’est essayé et le Parlement a dit non. Si M. Charest s’essaie à son tour et qu’il est majoritaire, qui dira non?


Oscar Fortin
http://humanisme.blogspot.com