PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 29 octobre 2009

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT OBAMA

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT OBAMA

Monsieur le Président,

Je ne suis qu’un parmi les centaines de millions d’humains qui habitent notre planète terre. Si je vous écris c’est qu’une étincelle de lumière, venue d’une étoile lointaine, a frappé mon esprit, vous interpellant, vous, le Président des États-Unis. J’ai dit à la petite étincelle qu’elle s’était trompé d’adresse et qu’il valait mieux qu’elle aille directement frapper à la porte de la Maison Blanche. Elle n’a rien voulu savoir de mon objection et m’a laissé avec la tâche de vous faire part de son message. C’est l’objet de cette missive.

La petite étincelle, sachant que vous êtes un fervent chrétien, a placé sous mes yeux ce passage de l’Évangile qui rappelle qu’on ne peut servir deux maîtres. « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Mt. 6,23)
J’ai compris que MAMON, signifiant RICHESSE en araméen, représentait une des deux grandes forces qui se disputent le contrôle du monde. La lumière de ma petite étincelle m’a aidé à comprendre dans des termes contemporains cette parole de l’Évangile qui remonte à plus de 2000 ans.

Aujourd’hui, au lieu de dire DIEU nous disons plutôt les DROITS FONDAMENTAUX DES PERSONNES ET DES PEUPLES et au lieu de dire MAMON nous disons IMPÉRIALISME. Dans le premier cas, nous retrouvons les militants et les militantes pour un monde plus juste, plus vrai, plus solidaire, plus respectueux des droits des autres, plus « vert ». Dans le second cas, nous retrouvons des multinationales, des monopoles, des oligarchies, des militants et militantes à la cupidité illimitée. Le « On ne peut servir deux maîtres » de l’Évangile s’applique tout autant à la situation actuelle qu’à celle des temps anciens. Nous pourrions dire que vous êtes dans la même situation dans laquelle s’est retrouvé Jésus au désert lorsqu’il a dû faire son choix entre Dieu et MAMON.

« Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Lc. 4 :5-8)

La petite étincelle sait que vous êtes le Président du plus puissant État au monde. Elle sait aussi que vous êtes conscient du rôle que l’impérialisme y joue. De tous les défis que vous avez à relever, le plus important, selon la petite lumière, est celui que soulève votre conscience : « Au service de qui placez-vous votre Présidence? » Le temps pour choisir est arrivé : soit que vous travailliez à la sauvegarde et au développement des DROITS FONDAMENTAUX DES PERSONNES ET DES PEUPLES, ou soit que vous le fassiez au service des intérêts de l’IMPÉRIALISME.

Vous savez quelle fut la réponse de Jésus, mais vous n’arrivez pas encore à vous fixer. Vous hésitez et la tentation d’y succomber est forte, d’autant plus que les forces de l’IMPÉRIALISME sont omniprésentes. Les principales instances gouvernementales, dont le Pentagone et la CIA, continuent d’agir comme s’il n’y avait pas eu de transition entre l’administration Bush et la vôtre. Leurs interventions dans les conflits au Moyen Orient, en Afghanistan, au Pakistan sont toujours dominées par des intérêts impérialistes. Que dire de l’Amérique latine où il y a une recrudescence des forces interventionnistes qui y vont sans trop se préoccuper du détail : la quatrième flotte militaire a repris du service dans les eaux du Pacifique, de l’Atlantique et des Antilles, le Coup d’État militaire au Honduras vient s’attaquer à une démocratie ouverte sur les intérêts du peuple, l’implantation de 7 bases militaires en Colombie crée de l'insécurité régionale, l’infiltration et les efforts de déstabilisation des gouvernements démocratiques émergents comme la Bolivie, le Venezuela, l’Équateur, le Paraguay, le Nicaragua, l’Uruguay vont en s'intensifiant.

Que dire maintenant de la désinformation systématique qui continue de plus belle à taire ce qui devrait être dit, à dire à moitié ce qui devrait être dit en totalité et dans bien des cas à mentir carrément. La politique agressive contre Cuba, ce petit pays de 12 millions d’habitants, soumis depuis plus de 50 ans à un « blocus génocide », rejeté encore tout récemment par 187 pays sur les 192 que compte l’Assemblée générale des Nations Unies et que vous avez, malgré tout, reconduit vous-même pour une autre année, vous rend solidaire de l’IMPÉRIALISME. Au même moment où vous vous félicitez d’avoir réduit le budget militaire en éliminant des dépenses jugées inutiles, vous signiez une entente de plusieurs millions $US avec la Colombie pour y installer sept bases militaires, initiative fortement critiquée par les pays de la région. Le budget pour la CIA dépasse, pour la prochaine année, les 70 Milliards $US. Vous savez qu’il n’est pas dans la pratique de cette agence d’aller au secours des lépreux, des malades et des affamés de la planète. Rien pour rassurer le monde et les pays émergents.

Le temps est donc venu pour vous de choisir entre votre peuple qui vous a porté au pouvoir ou ceux qui tirent les ficelles de ce même pouvoir. Vous ne pouvez plus vous permettre des discours qui servent « LES DROITS DES PERSONNES ET DES PEUPLES» et des décisions qui servent « LES INTÉRÊTS DES PUISSANTS ». Vous ne pouvez pas, monsieur Obama, servir deux maîtres. Vous devez prouver au monde, par des engagements concrets, que le choix que vous avez fait est celui de votre peuple qui veut le respect des droits humains et le respect du droit international. Sinon l’histoire se retournera contre vous et vous imputera la responsabilité d’une occasion manquée pour changer la trajectoire d’une histoire sous domination impérialiste. Votre prix Nobel pour la paix n’aura été qu’une autre tricherie dont est capable ce maître de l'illusionisme.

Oscar Fortin, au nom de la petite étincelle de lumière

Québec, le 29 octobre 2009

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samedi 24 octobre 2009

L'ÉGLISE BOLIVIENNE COURTISE L' ARMÉE ET LA POLICE

De toute ma vie (69 ans), c’est la première fois que je vois une opération comme celle que vient de réaliser l’Église catholique de Bolivie. À moins de deux mois d’une élection générale que les oligarchies traditionnelles ont essayé et essaient toujours par tous les moyens de faire échouer, ELLE procède à la première communion et à la confirmation de plus de 2000 militaires et policiers.

C’est lors d’une célébration solennelle au Colisée Cerrado de la Paz où sont réunis, en ce 23 octobre 2009, au moins deux mille personnes, recrues, élèves et cadets des instituts militaires et policiers, qu’elle procède à leur première communion et à leur confirmation, pour la paix et l’unité nationale. La messe a été présidée par l’évêque des armées, Mgr Gonzalo Pérez del Castillo, qui fut accompagné pour la circonstance par le Nonce apostolique du Vatican, Mgr Giambatista Diquattro et une vingtaine de prêtres, aumôniers de la Police et de diverses paroisses.

À l’agence de presse bolivienne ABI, le nonce apostolique a voulu exprimer l’attachement, l’affection et la bénédiction sans restriction de sa sainteté le Pape Benoît XVI à la famille militaire et policière qui marche unie pour construire les valeurs de foi et de paix. Il a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette célébration et à fait valoir que lors de sa prochaine audience avec sa Sainteté il lui transmettra les sentiments d’unité qui NOURRISSENT la famille militaire et policière qui sont désormais des missionnaires du Christ.

Dans son homélie, l’officiant principal, Mgr Castillo, a demandé au gouvernement, aux forces armées et aux forces policières d’assurer la paix et de travailler pour l’unité nationale. Il n’y a pas eu un mot pour les forces oligarchiques qui contrôlent une grande partie des terres les plus riches de la Bolivie, ces mêmes forces qui ont fait des tentatives de sécession de cette partie du territoire bolivien pour le soustraire aux réformes constitutionnelles mises de l’avant par le président Évo Morales. Ce sont d’ailleurs eux qui avaient financé des groupes terroristes dont la mission, au printemps dernier, était de créer le chao pour déstabiliser le pays et réaliser ainsi la chute du gouvernement. Heureusement, ils ont été découverts et arrêtés. Pas un mot, non plus sur les impératifs de justice qui inspirent l’actuel gouvernement et l’importance pour les forces armées et policières de répondre aux commandements des autorités légitimement élues dans le cadre de la présente constitution, votée en décembre dernier par une très grande majorité de boliviens et boliviennes.

Cette initiative est d’autant plus symbolique que la présence des USA n’est plus ce qu’elle était depuis le renvoi de leur ambassadeur interventionniste et de plusieurs de leurs représentants œuvrant dans des organismes soit disant de développement. Leur influence sur les forces armées et policières sur lesquelles ils exerçaient un ascendant déterminant n’est plus ce qu’elle était. Le gouvernement, conscient de cette influence, a amorcé des réformes au sein de ces deux forces institutionnelles pour qu’elles soient au service inconditionnel du peuple et non l’inverse.

On sait que les autorités épiscopales ont été et continuent d’être des alliées de premier plan des oligarchies et des politiques interventionnistes des États-Unis. L’Opus Dei, organisme qui répond directement au Pape de ses activités, en mène large dans cette région du monde. Nous savons qu’il est bien présent dans le coup d’État militaire au Honduras et qu’il s’agite beaucoup au Venezuela et en Équateur contre les présidents élus. Ce n’est pas d’hier, il suffit de se rappeler ses liens étroits, au Chili, avec Pinochet et ses collaborateurs.

Je voudrais croire que cette intervention, à moins de deux mois des élections, ne présage pas un coup monté visant à neutraliser l’action des forces armées en soutien aux politiques de l’actuel gouvernement. Disons que le passé des épiscopats est peu garant de l’avenir dans cette région du monde. Leur influence par la voie de la conscience ne doit pas être considérée à la légère.

Les « Oscar Romero », cet évêque du Salvador assassiné, allons donc savoir si ce n’est pas par un « soldat du Christ », se font plutôt rares dans cette Amérique dont les véritables témoins de la foi sont plutôt dans les rues pour réclamer Justice, Vérité et Paix à l’encontre bien souvent des militaires qui leur tirent dessus. Il faut croire que l'Épiscopat du Honduras trouve le travail de l'armée et des forces policières conforme à leur vocation de "missionnaire du Christ" puisqu leur voix demeure bien silencieuse en ces moments de trouble.

Oscar Fortin

Québec, le 24 octobre 2009
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lundi 19 octobre 2009

LA PRIÈRE QUI UNIT ET DIVISE LE MONDE

NOTRE PÈRE

La prière la plus connue et la plus répétée dans le monde est sans nul doute celle que nous a léguée Jésus de Nazareth. Dans cette prière l’ÊTRE SUPRÊME n’est plus un dieu anonyme, mais un PÈRE tout comme ceux et celles qui l’invoquent ne sont plus des créatures, des étrangers, des inconnus, mais des fils et des filles, liés les uns aux autres par des liens universels de fraternité. Le « NOTRE PÈRE » fait de l’humanité une seule et même grande famille. Il n’y a plus d’exclu, ni de maître, ni d’esclave, mais que des frères et des sœurs répondant à un même Père. Du plus grand au plus petit, du plus riche au plus pauvre, tous ont à répondre à cette question qu’Il ne cesse de nous souffler au plus intime de la conscience: que fais-tu de ton frère, de ta sœur?

Cette ouverture à cette universalité de ces liens de fraternité nous interpelle d’autant plus que le monde est devenu un grand village où se révèle à travers les écrans de nos télévisions, les revues, les journaux, les télécommunications et internet une famille humaine mutilée, divisée, brisée. Nous ne pouvons plus cacher aux deux tiers de cette grande famille humaine la place que leurs frères bien nantis se sont taillée sur cette planète, pas plus que nous ne pouvons cacher aux frères biens nantis la pauvreté et la misère dans lesquelles, par les politiques interventionnistes et conquérantes de leurs dirigeants, ils les maintiennent.

Les économistes, les politologues, les sociologues et bien d’autres sont en mesure, aujourd’hui, d’analyser cette situation dans laquelle se trouve l’humanité et d’en dégager les principales composantes qui en expliquent, en grande partie, les maux qui l’assaillent. Il ne fait plus de doute pour personne que la cupidité des uns et l’indifférence de plusieurs autres rendent possible le développement de monopoles, d’oligarchies et d’empires qui en viennent à contrôler les principaux pouvoirs que sont l’argent, les institutions financières, politiques, économiques, juridiques ainsi que les cupules des institutions religieuses. Ces mêmes spécialistes du développement des sociétés et de la société humaine dans son ensemble sont en mesure de dire que ces maîtres du monde n’ont d’autre intérêt que celui de voir grandir toujours plus leur emprise sur les peuples et leurs richesses. Ils imposent leurs lois, placent leurs intérêts et leur sécurité au dessus de ceux de tous les autres. Malheur à qui osent élever la voix pour mettre à nue cette cupidité ou pour dénoncer l’usurpation d’un pouvoir qui se doit de répondre d’abord et avant tout à un impératif de fraternité et de solidarité universelle. Le PÈRE n’est-t-il pas celui à qui le monde doit répondre de ses actions? Ce n’est pourtant pas ainsi que l’entendent les puissances qui dominent et contrôle notre monde. Ils sont les nouveaux dieux de la terre.

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR TERRE

Le Père, invoqué dans cette prière, est partie prenante du destin de la famille humaine. Sa volonté et son engagement nous sont manifestés par les prophètes d’hier et d’aujourd’hui, par le témoignage de Jésus que nous ont transmis les Évangiles et par celui des martyrs, morts au combat pour une humanité plus juste, plus fraternelle et plus vraie, que nous a laissé l’histoire.

Déjà, il y a plus de 2700 ans, un prophète, du nom d’Isaïe, prenait la parole au nom de ce Père, toujours présent et actif dans l’histoire de cette humanité en marche vers la grande fraternité universelle. Il relevait le fait qu’en dépit des espoirs mis dans un peuple élu (Israël) pour promouvoir le droit et la justice il n’y retrouvait qu’iniquité et cris de douleurs. « Il attendait le droit et voici l’iniquité, la justice et voici les cris. » (Is. 5 :7) Le diagnostique du Père est implacable et sans appel: « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ à champ jusqu'à ne plus laisser de place et rester seuls habitants au milieu du pays. »(Is. 5 :8) « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font de l'amer le doux et du doux l'amer. » (Is.5 :20) Malheur à ceux qui décrètent des décrets d'iniquité, qui écrivent des rescrits d'oppression pour priver les faibles de justice et frustrer de leur droit les humbles de mon peuple, pour faire des veuves leur butin et dépouiller les orphelins. » Is. 10 :1-2)

Dans les Évangiles, Marie, encore enceinte de Jésus, est la première à faire écho au renversement de cet ordre où les puissances, usurpatrices des droits des autres, se verront détrônées alors que les pauvres se verront élevés. «Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. (Lc. 1 :51-53) Dans son Sermon sur la montagne, dit des Béatitudes, Jésus a ces paroles: « Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ». (Mt. 5 : 10) Peu de temps avant d’être condamné à mort par ces puissances, complices entre elles, il s’en prend avec autorité à cette hypocrisie dont elles s’enveloppent : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et de toute pourriture; ». (Mt. 23 :27) Enfin, dans le livre de l’Apocalypse nous est révélé l’aboutissement de ce projet du Père en faveur de sa grande famille humaine.

« Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé. (Ap. 23 :3-4) « C'en est fait, me dit-il encore, je suis l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin ; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement. Telle sera la part du vainqueur ; et je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de soufre : c'est la seconde mort. » (Ap. 21 :6-9)

Croyants ou pas, cette volonté du Père va indéniablement dans le sens des solidarités qui se tissent entre les peuples et les nations. Elle va également dans le sens de cette soif de justice, de vérité et de paix qui monte de la conscience de cette humanité. À Cochabamba, en Bolivie, un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine, une voix collective s’est fait entendre en cette fin de semaine du 17 et 18 octobre 2009. C’était une voix nouvelle, une voix portée par une nouvelle humanité, une humanité à l’AUBE d’un jour nouveau. Il est évident que nos médias et les puissances de ce monde n’ont pas fait écho à cette VIIème rencontre de l’ALBA (ALLIANCE BOLIVARIENNE POUR LES PEUPLES DE NOTRE AMÉRIQUE, mais aussi, dans sa traduction française, AUBE). Les neuf pays, participant à cette alliance, ont parlé des droits de la « mère terre », de solidarité, de partage, de mise en commun des ressources pour répondre en priorité aux besoins fondamentaux des personnes et des collectivités. Ils ont condamné les approches impérialistes et dominatrices de ceux qui veulent imposer au monde leurs lois et, en tout, satisfaire leurs ambitions égoïstes et partisanes. Ils se sont donné une nouvelle monnaie pour leurs échanges commerciaux le « SUCRE », abandonnant ainsi le dollar.

ÉVO MORALES, président de la Bolivie, présidait cette rencontre de l’ALBA. Issu d’une civilisation (aymara) plusieurs fois millénaires, il en a exprimé la sagesse et la grandeur. Bien des poètes et des prophètes qui ont sillonné cette longue histoire avaient anticipé ce jour de la « NAISSANCE D’UN HOMME NOUVEAU ». Fidel Castro, pour sa part, a consacré son dernier article à ce jeune Président dont les réalisations lui auraient amplement mérité le PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009. Un magnifique témoignage à lire dans sa traduction française.

Oscar Fortín
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Québec, le 19 octobre 2009

mardi 13 octobre 2009

LAICITÉ ET RELIGION



Le débat portant sur la place que doivent occuper « laïcité et religion » dans notre société m’apparait être un faux débat. En effet, chacun de ces deux termes n’arrive pas à dire ce qu’est vraiment l’humain et le divin dans cette marche de l’homme et de la femme vers un monde de justice, de solidarité, de vérité, de paix, de liberté et d’amour. Ils se définissent l’un par rapport à l’autre, mais non pas par rapport au combat d’une humanité à la recherche de son plein développement. Ne serait-ce pas que les religions, à travers les siècles, aient perdu contact avec la véritable divinité tout comme les laïcités avec la véritable humanité?

Personnellement, je suis de croyance chrétienne et pourtant la compréhension que j’ai de ma foi me rapproche toujours plus de cette humanité par laquelle et à travers laquelle se laisse découvrir le divin. Le Dieu de ma foi porte le nom de Père et « sa volonté sur terre » est celle du règne de la justice, de la bonté, de la miséricorde, de la vérité, du respect, de la solidarité et de l’amour. Il a en horreur l’hypocrisie, le mensonge, la cupidité, la domination des uns et l’asservissement des autres. Le véritable culte, à ses yeux, est celui qui s’exprime dans des engagements et des œuvres qui transforment un peu plus chaque jour l’humanité en une grande famille.

"Ce n'est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Mt.7 :21

Cette volonté divine du développement des grandes valeurs qui guident l’humanité dans ce qu’elle a de plus vital rejoint parfaitement cette volonté qu’ont les hommes et les femmes qui se donnent corps et âme pour que ces grandes valeurs deviennent de plus en plus réelles dans notre monde. Ces combats, menés pour qu’il y ait toujours plus de justice, de vérité, de tolérance, de solidarité faisant reculer d’autant les frontières de l’égoïsme, de la cupidité, du mensonge et de l’intolérance, sont des combats qui unissent divinité et humanité. Ils œuvrent tous les deux sur le même terrain pour une même cause. Leur combat est le même.

Je suis conscient que cette approche oblige les religions et dans le cas de ma propre foi, les religions chrétiennes, à se repenser non plus en fonction du culte, des rites, des doctrines institutionnelles, mais en fonction des défis d’une humanité créée et voulue par le Père. Considéré sous cet angle, tout est sacré et s’il y a du « profane » ce sera dans les distorsions apportées par les religions qui ont fait un monde pour Dieu et un monde pour les hommes, un royaume céleste et un royaume terrestre, qui auront divisé la réalité en naturelle et surnaturelle alors que nous sommes tous, Dieu et les hommes, dans une même galère. Pour les chrétiens, le Nazaréen Jésus en est la synthèse la plus parfaite.

Il y a évidemment des gens de bonne volonté tout comme de fins manipulateurs. Il y a des ambitieux qui veulent tout contrôler et dominer, ceux pour qui la devise est le tout pour soi. Il y a aussi les témoins de la solidarité et du partage, ceux pour qui la souffrance des autres est également leur souffrance. Il y a plusieurs mondes dans ce monde de la création. Certains lui sont compatibles, d’autres non. La dichotomie n’est pas entre Dieu et l’Homme, entre la foi et la laïcité, mais entre la cupidité et le partage, entre la domination et le service, entre la haine et l’amour, entre la révélation et la manipulation.

Le débat « laïcité et religion » dans le cadre du monde de la création n’a pas vraiment sa raison d’être. Par contre, il serait pertinent que les tenants de la laïcité tout comme ceux de la religion se laissent interpeller par les grands défis de l’humanité et voient jusqu’où leur appartenance laïc ou religieuse en fait des témoins engagés à son service. Nous serons alors surpris de réaliser qu’il y a des dieux et des laïcités qui sont de véritables alliés et d’autres qui sont plutôt des ennemis féroces.

Je pense que les écoles devraient enseigner ce que sont ces grands défis qui se posent à l’Humanité et interpeller les dieux des diverses religions ou croyances laïcs sur ce qu’ils apportent à cet effort commun pour les surmonter. Sont-ils des agents de justice, de vérité, de solidarité, de tolérance, de bonté, d’amour et de miséricorde ou des institutions et doctrines de diversion, d’intolérance et de manipulation?

La cause d’une humanité transparente à elle-même et ouverte aux six milliards d’humains est celle qui m’inspire et fait du Père de ma foi un allié indéfectible. Ma laïcité et ma foi trouvent leur sens dans ce combat.

Oscar Fortin
Québec, le 13 octobre, 2009
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vendredi 9 octobre 2009

OBAMA: PRIX NOBEL DE LA PAIX!

J’ignore complètement les mécanismes par lesquels la FONDATION NOBEL procède à la nomination des récipiendaires de ses principaux prix. Qui sont ceux qui font partie du jury et comment sont-ils recrutés? Je n’arrive pas à comprendre qu’OBAMA ait été nominé comme récipiendaire du prix Nobel de la paix 2009. Non pas que j’en aie contre sa personne ou son statut de Président. J’ai été un des plus ému et heureux lorsqu’il a été élu à la plus haute fonction des États-Unis, il y a moins d’un an. Ses discours me rejoignaient comme ce fut le cas pour des millions d’autres dans le monde. Mais, alors, pourquoi suis-je autant déçu de cette nomination que je n’arrive toujours pas à comprendre?

En tant que Président de ce puissant pays que sont les États-Unis, il porte la responsabilité des actions belligérantes qu’il déploie dans le monde. Il y a toujours l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine où le support à Israël demeure ferme en dépit des actions menées contre le peuple palestinien à Gaza. Plus près de ses frontières, Guantanamo demeure toujours ouvert, le HONDURAS n’arrive toujours pas à se sortir du coup d’État militaire, soutenu par la CIA et le PENTAGONE. Que dire des sept bases militaires en Colombie que les pays membres d’UNASUR (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie, Pérou, Venezuela et Équateur) considèrent comme menaçantes pour la stabilité et la paix de la région tout comme l’est la quatrième flotte qui sillonne les mers qui entourent l’Amérique latine?

On pourra toujours me dire que le Président, si puissant puisse-t-il être, ne peut pas tout contrôler. Disons que c’est le cas pour certaines actions qui se poursuivent sans qu’elles aient été portées à son attention. Encore là, il est celui qui nomme ses principaux collaborateurs et qui s’assure de leur confiance. Bon, disons qu’il ne peut pas tout contrôler. Il y a tout de même des situations qui sont portées à son attention et sur lesquels il est en son pouvoir d’en décider. Entre autres, c’est le cas du blocus contre Cuba qui dure depuis plus de 50 ans et dont il vient de signer sa prolongation. Ce blocus a des incidences sur la santé, l’éducation, le transport, le développement technologique et économique. Il est condamné par l’Assemblée générale des Nations unies qui vote année après année avec une très forte majorité contre ce blocus qui va à l’encontre du droit international. Ce blocus aura fait perdre plus de 92 milliards $ à ce pays du Tiers-monde, d’à peine 12 millions d’habitants, et auxquels il faut ajouter tous les effets collatéraux sur le développement humain. Il y a également la situation des auteurs de l’attentat qui ont fait exploser un avion de la ligne cubaine d’aviation, entraînant dans la mort ses 73 passagers. Il y a 33 ans, cette année, que cet attentat s’est produit et que ses auteurs se promènent toujours librement sur le territoire des États-Unis. Le Président Obama a pleine autorité pour donner suite aux demandes d’extradition qui lui viennent tant de Cuba que du Venezuela. À ce jour il se refuse à y donner suite. C’est également le cas pour les cinq cubains détenus aux États-Unis depuis plus de 13 ans pour avoir infiltrer des groupes terroristes de Miami qui planifiaient des actions contre des cibles intérieures et extérieures des États-Unis. L’information de ces projets terroristes a été remise par Fidel Castro à son ami Gabriel Garcia Marques, en partance pour les États-Unis où il allait rencontrer le Président Clinton, afin qu’il la lui remette de main à main. Plutôt que d’utiliser cette information pour démanteler le groupe terroriste, ils ont arrêté les cinq cubains et les ont fait condamner à des peines sévères d’emprisonnement. Depuis lors, la communauté internationale réclame leur mise en liberté, ce que pourrait faire Obama, mais il n’en fait toujours rien.

Je pourrais relever les actions déstabilisatrices soutenues par les agences du Gouvernement des États-Unis en Bolivie, au Venezuela, en Équateur, au Paraguay, au Mexique et dans d’autres pays de la région. Comment dans pareille situation comprendre que le prix Nobel de la paix soit remis à celui qui est à la tête du pays le plus fortement armé de la planète et qui maintient la menace de la guerre dans les quatre coins du monde. Quel message veut-on passer au monde? D’autres candidats et candidates à ce prix étaient sur la liste dont la sénatrice colombienne, Piédad Cordoba, qui a contribué à la libération de nombreux prisonniers des Forces armées révolutionnaires de Colombie et continue toujours à le faire en dépit des nombreux obstacles mis sur sa route. Elle est une artisane infatigable de la paix dans son pays et dans cette région du monde.

À regarder les nominations des dernières années quelqu’un est en droit de se demander si les milieux d’influence de ce puissant empire ne sont pas parvenus à s’introduire dans l’antichambre de ceux et celles qui ont à décider de ces dernières. Je ne pense pas que la nomination d’OBAMA ait été dans la mire de bien du monde. C’est pour moi une grande déception surtout en regard d’autres personnes qui en auraient été de plus dignes représentants comme inspiration pour la paix dans le monde. Il me semble qu’après deux ou trois ans de présence à la Maison blanche et avec des changements substantiels dans les politiques belligérantes de son pays, il eût pu se mériter ce prix avec l’appui de la communauté internationale.

Oscar Fortin
Québec, le 9 octobre 2009
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jeudi 1 octobre 2009

LA ÉMOCRATIE AU HONDURAS


Manuel Zelaya, candidat soutenu par le Parti libéral, est élu, le 27 novembre 2005, Président du Honduras avec plus de 50% des voix. Il prendra officiellement ses fonctions le 27 janvier 2006. Que s’est-il donc passé depuis cette prise du pouvoir et le Coup d’État militaire qui l’a sorti du pays le 28 juin 2009? Des éléments d’explication sont relevés dans une étude réalisée par Cecilia Baeza et Nicanor Madueño et dont je reprends ici de grands extraits.


« Pour la journaliste hondurienne Thelma Mejia (2006), « le pouvoir économique [est aux mains] de familles traditionnelles qui se sont rénovées et qui se sont accaparées des structures partisanes et des postes de décision au gouvernement [5] ». Il faut pour compléter le tableau ajouter les médias, dans la mesure où ceux-ci, les plus grands titres de presse comme les principaux canaux de télévision, appartiennent à ces familles. Cette endogamie est remarquablement illustrée par la famille Facussé : Miguel Facussé est un industriel tegucigalpin et actuellement l'homme le plus fortuné du pays ; Carlos Flores Facussé, son neveu, a été Président de la République de 1998 à 2002 ; la famille Flores est fondatrice et propriétaire du journal El Heraldo, l'un des trois premiers titre de presse du pays.


Manuel Zelaya n'est pas issu d'un milieu très différent du reste de la classe politique hondurienne. Né en 1952 dans le département d'Olancho, une des régions les plus pauvres du centre-est du pays, il vient d'une famille de propriétaires terriens. Les Zelaya sont des notables: magistrats, hommes de lettres, politiciens... Ils participent activement et depuis plusieurs générations à la vie publique du pays et sont de tradition libérale. "Mel" s'engage dans les années 1970 au sein du Parti Libéral, et rallie comme son père la faction "rodiste" du parti (Modesto Rodas incarne l'opposition au pouvoir de l'Armée). Il entame alors une carrière politique sans jamais cependant délaisser sa carrière d'entrepreneur agricole, dans le secteur de l'exploitation forestière. Il rentre d'ailleurs en 1987 dans le directoire du COHEP et préside l'Association Nationale des Entreprises de Transformation du Bois (ANETRAMA). Zelaya accède pour la première fois au gouvernement en 1993, sous le mandat de Carlos Roberto Reina, le leader de l'aile la plus progressiste du parti. Cette promotion est la suite logique de son implication dans les organisations patronales. Il dirige le Fonds Hondurien d'Investissement Social et se fait remarquer pendant la gestion de l'après Ouragan Mitch. Il conserve son portefeuille dans le gouvernement de Carlos Flores Facussé (1998-2002). Ses ambitions vont alors en croissant au sein du parti. Il crée sa propre tendance et cultive une image de cow-boy honnête et simple, lié à la terre et aimant les chevaux. C'est grâce à cette image qu'il gagne les élections internes de son parti et se présente en 2005 aux présidentielles, qu'il gagne face au très conservateur Porfirio Lobo Sosa.


Cette interpénétration des milieux politiques, économiques et médiatiques a considérablement verrouillé le champ politique hondurien qui ne s'est pas professionnalisé de façon autonome. Comme le regrette l'historien hondurien Jorge Alberto Amaya dans sa lettre ouverte, ce système s'est révélé très exclusif, dans un pays où 70% de la population vit dans la pauvreté. Ce sont précisément ces secteurs que Zelaya a tenté de convoquer à partir de 2008 dans un style populiste jusqu'alors inconnu dans le pays. Dès lors, rien d'étonnant selon nous à voir les milieux d'affaires peser de tout leur poids en faveur du coup de force contre Zelaya. »


Les déclarations récentes du putschiste Michelletti au journaliste argentin du quotidien Clarin viennent confirmer cette version : « Il (Zelaya) a pris le chemin de la gauche, a transformé les gens en « communistes », ça nous a préoccupés. » Par cette déclaration, Michelletti confirme que la démocratie, la seule valable à leurs yeux, est celle sur laquelle la classe oligarchique (le « nous ») garde le plein contrôle. En somme, une démocratie faite sur mesure pour les oligarchies et qui n’a rien à voir avec cette définition qu’en donne les dictionnaires : « régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même, soit directement ou par représentants interposés. »


À la lumière de ce qui se passe au Honduras, faut-il comprendre que la démocratie représentative, assumée par les partis politiques et contrôlée par les oligarchies, a cessé depuis longtemps d’être représentative de la volonté du peuple et du fait même d’être une « véritable démocratie »? Il s’agit en fait d’un régime politique qui permet aux oligarchies d’exercer leur pleine souveraineté sur le peuple ». L’opposition de ces dernières à tout projet de « démocratie participative » et à toute « constituante » voulue et votée par le peuple, s’expliquerait par cette perte du pouvoir qui leur permet actuellement de tout contrôler.


La suite de l’histoire nous dira bientôt si le peuple parviendra à reprendre le contrôle de son système politique, économique, judiciaire et social. Les élections annoncées et organisées par les putschistes ne sauraient en aucune façon permettre cette reprise du pouvoir par le peuple. Seuls, le retour du Président constitutionnel et la mise en place d’un espace de liberté social, permettront la tenue d’élections libres.

Oscar Fortin
Québec, le 1ier octobre 2009
http://humanisme.blogspot.com