PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 23 janvier 2010

EVO MORALES: LE POUVOIR D'UN PEUPLE




Vendredi dernier, le 22 janvier 2010, un évènement transcendant est venu marquer l’histoire de l’Amérique latine. Evo Morales, cet amérindien, formé à l’école de la vie et leader exceptionnel en qui le peuple Bolivien s’est reconnu, d’abord en 2005, en le portant au pouvoir avec 54% des voix, et en 2009, avec encore une plus forte majorité, soit plus de 64% des voix, a été intronisé à la tête du nouvel État Plurinational Bolivien. Deux faits particulièrement importants marquent cet évènement et lui donnent un caractère transcendant : il est le premier amérindien à être élu Président de Bolivie et son intronisation marque l’inauguration d’un nouvel État Plurinational.

Evo Morales est un personnage dont la figure porte l’héritage de peuples qui plongent leurs racines jusque dans la nuit des temps. Inspiré des trois grandes consignes qui ont guidé ces peuples amérindiens des Andes à travers leur marche dans l’histoire, à savoir « ne pas tuer », « ne pas mentir », « ne pas voler », il s’est gagné l’estime et le respect de ces peuples. Son intégrité dans son engagement, sa détermination à briser les barrières du racisme et sa persévérance sans limite pour sortir son pays de la dépendance et de l’exploitation éhontée qui en avaient fait le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud font de lui un leader exceptionnel pour son peuple, mais aussi un exemple pour les autres peuples qui cherchent à briser ces chaînes du racisme et de l’exploitation.


Evo Morales n’est pas seul dans ce combat. Il est particulièrement secondé par un homme tout aussi extraordinaire en la personne de son Vice-président Alvaro Garcia Linera. Après des études secondaires en Bolivie, il s’est rendu au Mexique pour y poursuivre des études supérieures en mathématique et sociologie. À son retour, en 1985, il participe aux activités de l'Armée guérillera Túpac Katari et sera fait prisonnier, en 1992, sans jamais être jugé. Il y passera cinq ans qu’il consacrera à l’étude de la sociologie, des communications, des sciences politiques. À sa sortie de prison, il reprend son enseignement universitaire et devient un conférencier recherché à travers l’Amérique Latine où il donne de nombreuses conférences. Lors de l’élection présidentielle de 2005, il accorde son appui à Evo Morales qui gagne au premier tour. Le nouveau Président en fera alors son Vice-président, fonction qu’il conserve pour le second mandat (2010-2015).

Intellectuel et praticien, tout à la fois, il a clarifié, lors de son discours d’intronisation, un certain nombre de concepts indispensables pour bien comprendre l’horizon des changements qu’a amorcé la Bolivie sous la direction des forces sociales et du leadership d’Evo Morales et de son équipe. Ce nouveau mandat, dit-il, marque la fin de « l’État apparent » pour laisser place à « l’État intégral » et cela dans une perspective socialiste. Notre modernité étatique, ajouta-t-il, celle que nous construisons et continuerons de construire avec l’appui populaire est très différente de la modernité capitaliste et il faut lui donner un nom. Notre horizon étatique est un horizon socialiste. Il fit ressortir, en s’inspirant du plus important penseur marxiste bolivien du siècle dernier, René Zabaleta Mercado, et du philosophe marxiste Antonio Gramsi, le caractère transcendant du passage d’un État colonial à un État Plurinational.

L’État apparent, dit-il, est un État illusoire, qui n’arrive ni à rassembler, ni à synthétiser, ni à condenser la totalité de la population, mais seulement une partie privilégiée de celle-ci. C’est vrai pour le territoire, pour la culture, pour les us et coutumes et les formes d’organisation politique de la société. Ainsi, il n’est qu’un État partial qui ne représente qu’une partie de la société, qui ne développe qu’une partie du territoire, qui n’articule que certaines habitudes politiques et laisse de coté, marginalise, discrimine les autres secteurs sociaux, les autres territoires, les autres régions et les autres pratiques politiques qui caractérisent certaines communautés.

La Bolivie, dit-il, a vécu, de 1825 à 2005 (180 ans), sous le règne d’un État apparent, parce qu’il a « exclu en tout premier lieu la majorité indigène ». Cette majorité n’a pas été incorporée, reconnue dans sa culture, dans ses héros, dans ses traditions, dans sa manière d’agir politiquement, dans sa présence et sa citoyenneté. La citoyenneté qu’instaura la République libérale fut la citoyenneté de caste, de noms et de chéquier. Ce fut sa première erreur qui en fit l’instrument du colonialisme et le ferment du racisme qui dura jusqu’en 2005, année de l’élection du premier amérindien à la Présidence de la République.

C’est dans ce contexte que la Bolivie s’est orientée et continue de s’orienter vers un État intégral que le philosophe marxiste Antonio Gramsi définit comme celui en qui il y a une correspondance entre la société civile, les citoyens, les régions, les travailleurs, les classes sociales et sa représentation politique étatique. En ce sens, l’appareil gouvernemental doit unir et synthétiser tous les secteurs sociaux, les classes, les groupes nationaux, les régions, les collectivités et l’État intégral, forum reconnu pour son leadership morale, intellectuelle et politique et qui permet de les unir tous. La Bolivie amorce la construction d’un nouvel État qui ne sera ni colonial parce qu’il garantira l’égalité, ni patrimonial, parce qu’il distribuera la richesse, ni centralisateur, parce qu’il garantira l’autonomie et ni mendiant, parce qu’il assurera la souveraineté matérielle.

Vendredi, le 22 janvier 2010, c’est ce nouvel État Plurinational qui a été inauguré sous le regard vigilant d’une assemblée législative et sénatoriale intégrale en qui le Peuple bolivien se reconnaît pleinement. Si les aristocrates et les oligarchies se retrouvent quelque peu orphelins, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes d’avoir cru qu’ils étaient à eux seuls le peuple.

Il est malheureux que nos médias aient été plutôt discrets. L’édition électronique du quotidien Le Devoir n’avait rien à dire dans son édition du 23 janvier alors que Cyberpresse y allait avec un bref article qui ne relevait en rien le caractère exceptionnel de cet évènement. Le titre, coiffant l’article en question, donne le ton et surtout indique l’ignorance de son auteur: « Evo Morales entame son deuxième mandat sans rival, ni garde-fous ».

Une courte leçon sur la démocratie participative aurait sans doute permis à l’auteur de découvrir que les organisations sociales, politiques, culturelles, économiques ne permettent pas aux dirigeants des institutions politiques d’avoir les deux mains sur le volant comme certains de nos dirigeants le font. Si Evo Morales et son équipe sont si fortement soutenus par le peuple, c’est moins par la désinformation et la manipulation que par le fait que le peuple se reconnaît en eux et en ce qu’ils font.

Si la démocratie est le pouvoir du peuple aux commandes de son destin, il faut alors se réjouir de cette démocratie bien vivante en Bolivie. Un peuple avec les deux mains sur le volant et des leaders au service de la volonté de ce peuple sont une inspiration pour la véritable démocratie. Je ne comprends pas que certains de nos gouvernements démocratiques et de nos médias, si ouverts au monde et si indépendants, boudent une telle démocratie.

Oscar Fortin

23 janvier, 2010

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dimanche 17 janvier 2010

L'IVRAIE ET LE BON GRAIN

UNE PARABOLE POUR NOTRE TEMPS


L’ivraie est une graminée, comme le blé, le seigle et l’orge. Elle pousse au milieu des moissons sous tous les climats. Si la tige et les épillets la différencient de l’épi de blé, lors de la récolte, il n’en est pas de même lors de la croissance en herbe, ni pour les graines. Elles se confondent avec les autres céréales au moment de la récolte. Leur mélange avec le bon grain communique des qualités malfaisantes à la farine, car les graines possèdent un principe toxique, un alcaloïde agissant sur le système nerveux et digestif. Elle pouvait donner une sorte d’ivresse. De là viendrait son nom populaire ébraica (ébriété), qui a fait notre mot ivraie. Autre expression issue ce texte : semer la zizanie. Mot d’origine sémitique, transcrit en grec : zizanion

Dans la littérature ancienne on retrouve une parabole qui cherche à expliquer les deux grandes forces qui se disputent le destin du monde. Déjà, tout récemment, G.W. Bush, ex-Président des États-Unis, nous a donné son explication : « ceux qui sont avec nous appartiennent aux forces du Bien et ceux qui sont contre nous appartiennent aux forces du Mal. » Pour lui les forces du bien, constituent « le monde libre » ou encore « le monde civilisé ». Par contre les forces du mal sont celles qui sont regroupées autour des terroristes (comprendre tous ceux qui ne sont pas avec lui) auxquels sont identifiés un certain nombre de pays. C’est dans ce contexte que j’ai voulu en savoir plus sur ce récit ancien de la Parabole du bon grain et de l’ivraie. Son auteur, Jésus de Nazareth, avait l’habitude de parler en paraboles, mais ses disciples n’arrivaient pas toujours à les déchiffrer. Alors, ils lui demandaient de leur en révéler le sens.

D’abord la Parabole " Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au beau milieu du blé, et il s’en est allé. Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi. S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? Il leur dit : C’est quelque ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui disent : Veux-tu donc que nous allions la ramasser ? Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l’ivraie, d’arracher en même temps le blé . (Mt. 13, 20-29)

L’explication de la parabole « Celui qui sème le bon grain c’est le Fils de l’homme. Le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; l’ivraie, ce sont les sujets du Mauvais. l’ennemi qui la sème, c’est le Diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; et les moissonneurs, ce sont les anges. De même donc qu’on enlève l’ivraie et qu’on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde : le Fils de l’homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d’iniquité , » (Mt. 13, 34-41)

COMMENTAIRES : En raison de l’importance du personnage qui utilise cette Parabole pour faire comprendre l’affrontement entre les deux grandes forces qui se disputent l’avenir de l’humanité, il est important de dégager ce que représente ce Royaume dont il parle. Déjà son Sermon sur la montagne, que l’on appelle également le Sermon sur les béatitudes, nous en dit passablement sur ce Royaume. Je me permets de relever certains extraits ;

« "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. » (Mt. 5, 3-10)
 "Mais malheur à vous, les riches ! car vous avez votre consolation. Malheur à vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes." (Luc, 6,24-26 )

Dans le livre de l’Apocalypse, il y a également des références qui parlent par elles-mêmes

« Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l’étan g brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort." (Apoc. 21, 8)

CONCLUSION : Une projection de cette parabole sur les temps que nous vivons et sur les diverses forces qui s’y affrontent nous sort complètement de cette division du monde que nous présente l’Empire, "les civilisés". Même si elles se réclament de dieu, même si elles remplissent les églises, elles sont trahies par l’avidité qui les nourrit, par les armes derrière lesquelles elles se cachent et avec lesquelles elles oppriment, par les mensonges qu’elles dissimulent sous les apparats de la vérité. Je pourrais ajouter par cette haine qu’elles développent à l’endroit de tous ceux et celles qui lui font obstacles.

Croyants ou non croyants, la vérité est ce qu’elle est, et dans le cas présent les envahisseurs, les faiseurs de troubles dans le monde, sont ceux-là mêmes qui sont marqués du sceau de l’avidité, de l’ambition sans borne, de domination par la force des armes et surtout par le MENSONGE qui leur colle à la peau comme une seconde nature. Par contre les artisans d’un monde nouveau, fondé sur la solidarité, le partage, la vérité et la justice, font partis de ces semences qui portent la vie. J’y reconnais le peuple du Honduras qui a résisté et résiste toujours dans la non violence à des usurpateurs de pouvoir qui persécutent et assassinent.

Moi, j’y crois à cette parabole.

Oscar Fortin

Québec, le 17 janvier 2010

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jeudi 14 janvier 2010

HAÏTI : D'ABORD UN PEUPLE

Je ne sais pourquoi, mais encore tout petit je m’intéressais à ce pays sous la gouverne autoritaire de ce médecin, devenu par la suite PAPA DOC. Mes souvenirs me rappellent les « tontons macoutes », cette police au service du grand PATRON, qui n’avait aucun sentiment. Elle coupait les têtes, assassinait des femmes et des enfants. Elle le faisait comme si elle allait à l’épicerie du coin pour y acheter une pinte de lait. Ces souvenirs me rappellent également que c’était une terre recherchée pour y passer des vacances au soleil. C’était devenu une destination incontournable pour des milliers de Québécois. D’ailleurs, plusieurs y vivaient comme missionnaires, d’autres comme coopérants d’organismes d’aide internationale et un certain nombre comme entrepreneurs ou hôteliers. Une ou deux fois par année on nous parlait dans les églises de la pauvreté du peuple et de la nécessité d’apporter une aide aux missionnaires qui y déployaient leur action. On ne nous disait pas pourquoi ils étaient si pauvres.

Haïti, pays de 8.3 millions d’habitants (statistique de 2005), est l’histoire d’un peuple d’esclaves que l’Espagne, puis la France, au 17ième et 18ième siècle, ont fait émigrer de l’Afrique vers ces nouvelles terres pour y travailler aux grandes plantations de canne à sucre et de café. Voici ce qu’en dit la fiche technique sur la République d’Haïti :

« La colonie de Saint-Domingue, qu'on appelait souvent «la Saint-Domingue française», devint la colonie européenne la plus riche de tout le Nouveau Monde. À la fin du XVIIIe siècle, la valeur des exportations de Saint-Domingue (Haïti) dépassait même celle des États-Unis; cette prospérité reposait sur les cultures commerciales de sucre et de café pratiquées dans de grandes plantations employant près de 500 000 esclaves noirs et encadrés par quelque 30 000 Blancs. En 1789, à la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue comptait plus de 700 000 esclaves, ce qui était un nombre nettement supérieur par rapport au nombre des Blancs (moins de 50 000); dans la partie espagnole de l'île, on ne comptait que 30 000 esclaves. »

Prenant en compte le fait que la population, à cette époque, n’était pas de 8.3 millions d’habitants, mais plutôt d’un peu moins d’un million, c’est dire qu’il s’agissait bien d’un peuple d’esclaves au service de la France de cette époque.

En 1804, ce fut la déclaration d’indépendance. Aucun pays n’appuya ce nouvel État noir. La France exigea même une compensation de 150 millions de francs, soit 21 milliards de dollars d’aujourd’hui, contribuant ainsi à ruiner l’économie de l’Ile. Ce fut le début d’une période confuse. Entre 1804 et 1957, quelque 24 chefs d'État sur 36 seront renversés ou assassinés. Ce ne sera qu’à partir de 1867, qu’Haïti, après avoir été mis au ban des Nations sera reconnu progressivement par la France, les États-Unis et le Saint-Siège.

L’occupation étasunienne se réalisa progressivement au début du siècle pour s’imposer définitivement en 1915. Voici comment la fiche technique décrit cette période :

« Le pays fut, dans les faits, gouverné exclusivement par des Mulâtres jusqu'en 1910 et connut une période de prospérité relative. Dès 1906, les compagnies américaines commencèrent à construire des voies ferrées et à exproprier les paysans sans titres de propriété. Les Américains finirent par occuper militairement Haïti, le 28 juillet 1915. En 1918, tout le pays fut en état d’insurrection. On estime que la guérilla a fait au moins 15 000 morts. Washington mit alors en place un gouvernement soumis à ses volontés et s’engagea en contrepartie à fournir à Haïti une aide politique et économique. Au cours de cette période, Les Américains firent adopter trois lois restreignant la liberté de la presse.

Les travaux de modernisation, dont la mise en place d’une infrastructure routière, l'amélioration des techniques agricoles et le développement du réseau téléphonique furent accélérés. Toutefois, cette marche forcée vers la modernité se fit aux dépens des couches les plus défavorisées de la population. Les Haïtiens conservèrent une forte hostilité envers l'occupant américain qui n'hésitait pas, si la situation semblait l'exiger, à fusiller des Haïtiens par centaines à la fois. En août 1934, les États-Unis quittèrent Haïti. La fin de l’occupation, ajoutée aux conséquences de la crise économique mondiale, engendra le retour à l’instabilité et encouragea les velléités dictatoriales des dirigeants locaux »

De 1945 à 1957, ce sera l’alternance entre gouvernements élus et coups d’État militaires. En 1957, François Duvalier est élu Président grâce au soutien des noirs qui virent en lui l’occasion de mettre fin au règne des mulâtres. La fiche technique décrit sa gouverne en ces termes :

« Dès le départ, François Duvalier imposa une politique répressive en interdisant les partis d’opposition, en instaurant l’état de siège et en exigeant du Parlement l’autorisation de gouverner par décrets (31 juillet 1958). Le 8 avril 1961, il prononça la dissolution du Parlement.
 
Le régime s’appuya sur une milice paramilitaire, les Volontaires de la sécurité nationale surnommés les «tontons macoutes». Avec cette garde prétorienne personnelle, il neutralisa l’armée, sema la terreur dans tout le pays et parvint à étouffer toute résistance. Après des rumeurs de complot, il renforça la répression et, en 1964, il se proclama «président à vie». Il exerça jusqu'à sa mort une implacable dictature (on compta 2000 exécutions pour la seule année 1967). En janvier 1971, une modification de la Constitution permit à François Duvalier de désigner son fils, Jean-Claude, comme successeur.
 
À la mort (de façon naturelle) de Papa Doc, le 21 avril 1971, Jean-Claude Duvalier, 19 ans (d’où son surnom de «Baby Doc»), accéda à la présidence de la République. Amorçant une timide libéralisation du régime, Jean-Claude Duvalier exerça une dictature dont son père aurait été fier. Puis, son régime s'enfonça dans la corruption et l'incompétence. En 1986, un soulèvement populaire renversa le fils Duvalier qui partit se réfugier dans le sud de la France et... dépenser sa fortune (ce qui est maintenant fait).

Toutefois, la fin de la dictature des Duvalier ne signifia pas la fin de la répression. Une junte militaire dirigée par le général Henri Namphy s'empara aussitôt du pouvoir. Un nouveau coup d'État remplaça la junte par le général Prosper Avril qui demeura au pouvoir de 1988 à1990. Acculé au départ en mars 1990, il démissionna pour ouvrir la voie à des élections sous contrôle international. »

L’élu, Jean-Bertrand Aristide, est un prêtre catholique, près des pauvres et dont la pensée s’inspire beaucoup de la théologie de libération. Une élection qui ne plaira pas tellement au grand voisin du Nord. Son règne sera donc marqué par de nombreux obstacles. Dès 1991, ce sera un coup d’État militaire qui le chassera du pays, Il se réfugiera aux États-Unis. Il y restera trois ans, le temps que prenne fin son mandat. De quoi faire penser à ce qui vient de se passer au Honduras avec le Président Zelaya.

Il se présenta de nouveau aux élections de 2000 qu’il remporta avec plus de 91% des voix. Il n’en fallait pas plus pour que la machine à la diabolisation et à la désinformation sortent toutes ses munitions. L’enfer n’était plus assez profond et cruel pour recevoir un personnage aussi trompeur. Elle en n’avait jamais fait autant pour diaboliser un Président. Ni Papa Doc, ni les chefs militaires putschistes n’ont eu droit à pareil traitement.

« Ce scrutin fut marqué par de multiples malversations et plongea à nouveau le pays dans une situation des plus confuses. De plus, le trafic de drogue a dépassé les records atteints sous la junte militaire. Quant à la classe moyenne, elle n'a pas semblé apprécier l'ancien «petit curé». Elle lui a reproché ses sermons, ses origines, son caractère imprévisible et son emprise sur les masses. Ses adversaires considéraient Aristide comme un dangereux démagogue, voire le champion de la duplicité et du vol.
 
Enfin, «Titid», comme l'appelait le peuple, n'a jamais digéré les trois ans volés lors de son exil forcé à Washington. Par peur, il s'est défendu et a eu tendance à devenir plus autoritaire, comme bien d'autres l'avaient fait avant lui! Depuis les élections de 2000, c'était l'impasse entre le Lafanmi Lavalas, le parti du président, et l'Organisation du peuple en lutte, qui contrôlait le Parlement. C'est un véritable régime d'anarchie qui s'est de nouveau installé en Haïti. »
 
« Puis, le 29 avril 2004, Jean Bertrand Aristide a fini par démissionner de la présidence haïtienne, alors que sont arrivés les premiers Marines américains, avant-garde d'une force internationale envoyée par l'ONU pour ramener l'ordre dans la capitale, Port-au-Prince. Ces forces comprennent des troupes américaines, françaises, canadiennes et d'autres des Caraïbes. Peu après le départ d'Aristide, le président de la Cour de cassation d'Haïti, Boniface Alexandre, a annoncé qu'il assurait l'intérim en vertu de la Constitution. À l'issue de neuf jours d'un dépouillement chaotique, René Préval a finalement été déclaré, le 16 février 2006, vainqueur de l'élection présidentielle d'Haïti, avec 51,5 % des voix. Le jour de son investiture, le 14 mai suivant, le nouveau président déclarait en créole: «Je promets de me dévouer à la Constitution, de respecter les lois haïtiennes et de protéger la souveraineté du pays.»

Comme tout semble facile : des troubles internes, le Président démissionne, une bonne âme accepte d’assumer la transition, comme Pedro Carmona au Venezuela lors du coup d’État manqué de 2002 ou Michelletti au Honduras qui se dévoue comme un « héro national » pour assurer des élections libres pour un nouveau Président. Il y a là comme une recette pour procéder à un changement de gouvernement de manière à ne pas trop faire de vagues. Dans certains cas, apparaître même comme des sauveurs.

Je conclue en disant que le « peuple haïtien » est toujours le peuple le plus pauvre de l’hémisphère occidentale alors que le pays, paradoxalement, dispose d’infrastructures aéroportuaires des plus modernes. Curieux, n’est-ce pas? Depuis des décennies les gouvernements versent des centaines de millions de dollars dans ce pays dont la population vit toujours, à 70%, dans une extrême pauvreté.

Si ce n’étaient des 400 médecins cubains qui y travaillent auprès des populations les plus démunis, ce serait encore plus tragique. D’ailleurs ils ont été les premiers présents auprès des victimes de ce puissant et terrible tremblement de terre. Nos médias ont oublié d’en glisser un mot.

J’espère que vous ne m’en voudrez pas si je vous confie qu’il y a des larmes qui me font pleurer et d’autres qui me donnent des « hauts de cœur ». Je pleure avec le peuple Haïtien pour autant de souffrances et de calamités qui lui tombent dessus. Par contre les larmes de ceux qui l’ont maintenu dans la dépendance et la pauvreté, me rendent malade.

Oscar Fortin

Québec, le 14 janvier 2010

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mardi 12 janvier 2010

"LES FAUX-POSITIFS"

Cette expression nous vient directement de l’Amérique latine, plus particulièrement de la Colombie. En espagnol, on parle de « falsos positivos ». De quoi s’agit-il ?

Vous vous souvenez de ce policier de Montréal qui affirmait, l’automne dernier, que lors de la crise d’octobre 1970 et des évènements violents qui l’avaient précédée et suivie, la Police de Montréal s’était avérée d’une grande inefficacité. Pour redorer sa réputation, elle avait alors décidé, en 1971, de monter de toute pièce une opération visant à démontrer son efficacité. Ce fut le cas du vol des gains d’un bingo par une cellule felquiste qu’elle avait infiltrée. En l’espace d’un rien de temps, les coupables furent arrêtés et condamnés. La Police de Montréal venait de retrouver son efficacité. S’il eut fallu, à ce moment, que quelqu’un fasse allusion à un pareil montage, il eût été accusé d’être obsédé par la théorie du complot.


Actuellement, en Colombie, il y a un procès contre 17 militaires qui ont procédé à l’enlèvement de jeunes innocents, les ont amenés au loin dans les bois et les ont froidement assassinés. Ils sont revenus en annonçant qu’ils avaient abattu, lors d’un affrontement armé, des combattants des Forces armées révolutionnaires (FARC). De criminels qu’ils étaient, ces soldats devenaient ainsi des héros et permettait à l’armée de renforcer ses forces de répression dans certains milieux. Or les familles de ces jeunes ont découvert la tromperie et ont dénoncé les coupables qui sont actuellement mis en accusation. Voici, en traduction libre, ce qu’on en dit :

« Les effectifs militaires sont impliqués dans l’assassinat de jeunes qui ont été enlevés et conduits dans une région du nord-est du pays où ils furent exécutés et présentés par les militaires comme des « guérilléros » abattus lors d’un affrontement. Cette manière d’agir est connue en Colombie comme de « faux-positifs ».

Or ces militaires, en instance de procès, ont été libérés et placés dans une « garnison de l’artillerie N.13 ». Les familles des jeunes victimes reçoivent quotidiennement des menaces de mort et les organismes humanitaires dénoncent par tous les moyens cette façon de faire. Le procès doit se poursuivre, mais avec une lenteur telle que les principales victimes ne savent pas quand il aboutira. Entre temps ils vivent sous le règne de la peur et de l’insécurité. Ce n’est pas la première fois que de telles méthodes sont dénoncées. « Quand l’armée colombienne assassine des jeunes pour faire monter les statistiques ou encore cette déclaration d’un sénateur Colombien qui se réfère aux 100 jeunes assassinés sous la bannière de la lutte contre le terrorisme.

Ce sont deux exemples qui ne sont que la pointe d’un iceberg. Deux exemples qui ne relèvent d’aucune théorie, mais qui reposent sur le témoignage réel des victimes et des autorités. Si déjà en 1970, nous connaissions au Québec cette procédure, comment ne pas croire que nous n’étions pas les seuls à en connaître les rudiments. Aujourd’hui, en Colombie, un cas, sans doute sur mille, est mis à nu et nous en sommes scandalisés et avec raison. Mais que dire de tous les autres que nous ignorons, qu’on nous dissimule ?

Sur le 11 septembre 1973, au Chili, nous savons maintenant ce qui s’est véritablement passé. Nous connaissons le rôle joué par le Président Nixon et celui de son conseiller Kissinger de même que tout le support reçu des Services secrets étasuniens. Sur le 11 septembre 2001, les arguments ne manquent pas pour nous suggérer ce qui s’est véritablement passé. Les références sur youtube et internet sont multiples et souvent autrement plus documentés que les rapports officiels. La version la plus plausible est celle qui veut que ce soit un coup monté par le Mossad (sionisme) qui contrôlait des cellules d’Al Quaïda et l’extrême droite étasunienne avec Dick Cheney comme trait d’union entre les forces occultes, l’administration officielle et les médias. L’objectif : entre autres, prendre le contrôle du Moyen Orient et des principales ressources qui s’y trouvent.

« Les faux-positifs » deviennent de plus en plus objets de recherche et d’analyse. Seuls, de véritables chercheurs indépendants parviendront à les reconnaître et à les dénoncer. Nous vivons dans un monde où le réel et l’irréel se confondent dans l’esprit de bien des gens, de quoi laisser la porte grande ouverte aux aventuriers de haut voltige.

Actuellement, le Président Chavez dénonce des scénarios qui viseraient à créer au Venezuela de « faux positifs » en y créant des cellules que l’on ferait passer pour des cellules des FORCES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES COLOMBIENNES (FARC) de même que des caches de drogue, tout cela pour justifier, aux yeux de la Communauté internationale, une intervention musclée des États-Unis sur la base de la lutte contre le terrorisme et les narcotrafiquants. Ce n’est pas pour rien que le Président Chavez déploie actuellement ses forces armées tout le long de la frontière avec la Colombie. C’est justement pour contrer la création de ces « faux réels ».

Voilà où nous en sommes. Il ne fait pas de doute que les médias « officiels » nous tiendront bien informés et qu’il n’y aura pas à s’y méprendre sur les belligérants, sachant déjà qui est ce méchant Chavez qui n’a d’autre ambition que celle de conquérir la Colombie et l’ensemble de l’Amérique Latine. Toute autre interprétation sera évidemment biaisée et surtout inspirée de la théorie du complot, donc suspecte et sans valeur.

Oscar Fortin

Québec, le 11 septembre 2010

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samedi 9 janvier 2010

QUI SONT LES VÉRITABLES CONSPIRATIONNISTES?


J’ai beau faire tous les efforts humainement possibles, mais je n’y arrive pas, pour croire ce que nos responsables politiques et la presse officielle nous rapportent sur les tragédies humaines et sur ceux qui en sont les principaux responsables. Il y a ce quelque chose qui s’appelle « la crédibilité » qui n’y est tout simplement plus. Ce n’est pas une simple question de caprice personnel, mais de comportements répétitifs qui n’ont pas su faire honneur à la vérité des choses et des évènements.

Il y a quelques jours à peine, la Secrétaire d’État des États-Unis a déclaré que le Yémen constituait une menace pour la stabilité de la région et du monde. Cette révélation ne nous parvient pas du Secrétaire général des Nations Unies, ni des organismes humanitaires, ni des Églises, ni des pays non alignés, mais de Mme Hilary Clinton, préoccupée, il faut croire, du bien être de l’Humanité. Vous savez, c’est cette même personne qui avait apporté son soutien à l’usage des technologies de pointe pour attiser le feu de la révolte en Iran suite à l’élection de l’actuel Président et qui s’était faite stratège pour empêcher le Président constitutionnel du Honduras de reprendre son poste. Il aurait suffi d’une parole de sa part pour écarter les putschistes à l’origine du coup d’État militaire, mais ce n’était pas possible pour la simple raison qu’elle en était, avec la CIA et le PENTAGONE, la première responsable.

Tout récemment encore, nos médias nous ont alimentés d’images et de commentaires sur les manifestations antigouvernementales en Iran et la répression exercée par ce dernier. De quoi nous arracher les larmes en ce temps de Noël et du Jour de l’An, temps de paix et de fraternité. Pourtant ces mêmes âmes sensibles n’ont eu aucun mot, aucune image pour nous révéler la répression sanglante et mortelles, pour plusieurs, qui sévissait, au même moment, au Honduras sous la gouverne des putschistes. Vous savez, ces mêmes putschistes qui avaient organisé, au Honduras, en novembre dernier, des élections générales pour l’élection d’un nouveau Président. Plus de 60% des électeurs et électrices s’étaient abstenus, ne voulant pas entacher leur dignité à une mascarade d’élection. Eh bien, Mme Clinton et le Prix Nobel de la paix 2009 ont jugé que c’était une élection crédible en dépit du fait que la Communauté internationale pense le contraire.

Je n’ai vraiment pas le cœur à la fête et encore moins lorsque je vois ce qui se trame en catimini contre les pays émergents de l’Amérique Latine, tout particulièrement contre le Venezuela et les pays de l’ALBA. Je vous invite à lire un très bon article du directeur du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet. Ce qui nous y est raconté a de quoi soulever bien des questions. C’est à se demander qui constitue une véritable menace pour la stabilité de la région et du monde. Est-ce le Yémen, un des pays les plus pauvres de la planète? Est-ce le Venezuela qui a donné à la démocratie ses lettres de noblesse et au BIEN COMMUN sa véritable place dans les préoccupations de l’État ? Est-ce la Bolivie dont le Président vient de remporter une élection avec plus de 63% des votes et dont les objectifs sont le développement humain, social, politique, économique, culturel? Objectifs qui ont atteint en peu de temps un niveau jamais atteint à ce jour? Qui est le trouble fête?

Ne serait-ce pas cet immense pays du Nord, celui-là même qui a fait la loi dans tout ce Continent du Sud et qui a puisé dans ses terres et montagnes les ressources minérales et agricoles qu’il a importées et commercialisées à travers le monde? Serait-ce ce même peuple qui chante tous les dimanches le « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux », et qui, sur semaine, se préoccupe de protéger et d’étendre son empire sur la terre? Tous les moyens sont bons et les 75 milliards $ de dollars, réservés à sa Centrale d’intelligence (CIA) seront utilisés de manière à bien servir les 650 autres milliards $ prévus pour la DÉFENSE. Vous aurez remarqué qu’il ne s’agit pas de conquérir, d’attaquer, mais de DÉFENDRE. Il est évident que les pays les plus pauvres de la terre sont une menace pour la stabilité et la paix du monde. Ils le seront d’autant plus si quelques trésors s’y trouvent cachés dans leurs entrailles et que le sang de leurs martyrs en jaillira pour leur rappeler que c’est assez.


Vous aurez compris que, pour moi, la réponse ne fait pas de doute. Ce que je trouve de plus triste c’est l’ignorance entretenue consciemment, volontairement, froidement, chez la grande majorité des citoyens et citoyennes qui acceptent de bonne foi les histoires que nos médias leur racontent. Si quelqu’un ose dire le contraire, il est aussitôt accusé de conspirationniste, de dépendance à la théorie du complot. Le plus grave, c’est que nos silences nous rendent complices de tous ces crimes commis sous le montage de faussetés, de mensonges, de pièges tendus. Je ne puis m’empêcher de reprendre ici un texte, vieux de 2 600 ans, qui nous décrit si bien ce que nous vivons présentement. À vous d’en juger.

« Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font de l'amer le doux et du doux l'amer. » Is. 5,20

Non, merci, je ne peux plus croire dans ces personnages, pas plus que dans ces médias qui en sont le miroir.

Oscar Fortin

Québec, le 9 janvier 2010

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jeudi 7 janvier 2010

LE SOCIALISME DU XXI ème SIÈCLE


C’est en Amérique Latine, tout particulièrement au Venezuela, que l’expression a été largement diffusée par Hugo Chavez, le 30 janvier 2005, lors du Vème Forum social mondial. Ce concept, développé pour la première fois, en 1996, par l’auteur russe, A.V. Buzgalin, traduit et publié à Cuba, en 2000, sous le titre « El socialismo del siglo XXI », fut repris par le sociologue et analyste politique allemand, résidant au Mexique, Heinz Dieterich Steffan, dans des ouvrages subséquents à 1996. C’est toutefois à Chavez et au peuple du Venezuela que nous devons la mise en marche démocratique de cette voie du socialisme du XXIème siècle dont les contours ne sont pas préalablement définis mais dont les objectifs, pour leur part, sont clairement ciblés.

Pour Chavez, le socialisme vers lequel se dirige le peuple vénézuélien, se base sur la solidarité, la fraternité, sur l’amour, la liberté et l’égalité. Les formes concrètes que prendra ce socialisme du XXI nième siècle s’inspireront, sans doute, d’un paradigme nouveau, celui d’un libéralisme, affranchi du capitalisme, faisant cause commune avec un socialisme, affranchi de l’étatisme. Cette approche vient de Giulio Santosuosso dont les études démontrent que l’identification faite entre le capitalisme et le libéralisme, tout comme celle faite entre le socialisme et l’étatisme ont rendu impossible le rapprochement entre libéralisme et socialisme. Pour lui, la société qui rend possible la justice et le respect de tous doit s’alimenter à la fois d’un libéralisme sans capitalisme et d’un socialisme sans étatisme, en somme un socialisme libéral et un libéralisme socialiste.

Chavez a appelé à la réalisation de la 5ème Internationale socialiste dont la date devrait être fixée en avril 2010. Un appel historique où tous les représentants de la gauche engagée pour les changements sont convoqués. Une nouvelle Internationale sans manuel et sans obligation, a expliqué Chavez, où les différences seront les bienvenues. Un nouveau projet de coordination de la gauche doit se faire au sein d’une internationale pour affronter l’impérialisme, battre l’impérialisme, et lutter pour le socialisme du 21eme siècle. Il est nécessaire de travailler ensemble à l’élaboration d’un manifeste afin de créer l’unité autour du socialisme du 21eme siècle, a-t-il poursuivi.

Si le capitalisme est l’ennemi à abattre, d’autres, souvent au sein de la gauche elle-même, le sont tout autant comme c’est le cas pour l’étatisme, la bureaucratie et le dilettantisme qui se complait dans les discussions sans jamais passer à l’action. « Nous avons perdu beaucoup de temps, nous continuons à en prendre, à chercher des excuses à notre inaction. Je considère qu’un tel comportement constitue une trahison envers les espoirs de nos peuples. » Nous avons besoin de l’unité des partis de gauche, « mais des partis qui sont véritablement de gauche ». Je vous invite à lire le très bon compte rendu de Federico Fuentes sur ce moment historique de la convocation de la 5ème Internationale.

J’ose espérer que le Québec sera présent d’une façon ou d’une autre à cet évènement qui marquera, à ne pas douter, le XXIème siècle. Il s’agira d’un effort pour mettre au point un socialisme sans étatisme et un libéralisme sans capitalisme. De quoi alimenter les échanges entre ceux et celles qui ont à cœur le devenir de notre monde et de notre planète. Pour le moment, la date de cette rencontre extraordinaire n’est pas encore connue. Elle le sera en avril prochain, au moment de la clôture de ce premier grand Congrès du Part Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV). Il est possible que Fidel Castro fasse le déplacement pour y participer.


Oscar Fortin
Québec, le 7 janvier 2010
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mardi 5 janvier 2010

LE TERRORISME POUR WASHINGTON

Depuis que j’ai entendu, en ce 4 janvier 2010, l’Administration OBAMA placer Cuba sur le même pied que les pays arabes qu’elle soupçonne d’être des foyers de terrorisme, je n’y comprends plus rien. À peine à 90 milles des côtes de cet immense pays, Cuba serait-il à ce point si mal connu ?

Aucun observateur, moindrement sérieux, de la réalité cubaine, de ses dirigeants, de ses politiques internationales ne pourra comprendre pareille classification. Ce n’est pas possible que le pays qui dispose des plus grandes universités, qui dépense des centaines de millions à travers ses services de renseignement, en arrive à pareille conclusion. Qu’on interroge l’Argentin Adolfo Pérez Esquivel, leader du mouvement en faveur des droits de l'homme et prix Nobel de la Paix 1980, la Guatémaltèque Rigoberta Menchù Tum, prix Nobel de la paix 1992, les Présidents des pays de l’Amérique Latine qui participent à UNASUR, à MERCOSUR, qu’on interroge Noam Chomsky, un des grands intellectuels américain de l’Université Harvard ou encore le cinéaste américain Oliver Stone qui a réalisé deux documentaires sur Cuba. Tous vous diront que cela n’a aucun sens. On ne peut pas être géographiquement si près d’un pays et en même temps à des années lumières de distance.

S’il y a un pays qui peut se plaindre d’être l’objet d’attaques terroristes en provenance de Miami et des services secrets, alimentés par la CIA et le PENTAGONE, c’est bien Cuba. Son ex Président, Fidel Castro, a fait l’objet de plus de 650 tentatives d’assassinat. S’il eut été Pape, on y aurait vu depuis longtemps la protection de la main divine. Que dire de cet avion qui a explosé en plein vol, en 1976, faisant 73 victimes. Tous connaissent maintenant le coupable, Luis Posada Carriles, un cubano-américain, agent de la CIA. Actuellement, il vit paisiblement à Miami alors que Cuba et le Venezuela demandent, depuis des années, son extradition pour qu’il soit jugé et condamné, entre autres, pour ce crime. Que ferait, M. Obama, si c’était les États-Unis qui étaient victimes de tels crimes ? Il y a longtemps qu’il aurait envoyé ses marines le récupérer.

Personnellement, je ne crois pas que les États-Unis ignorent toutes ces choses. Ils n’ignorent surtout pas que Cuba est un pays indépendant, souverain et qui, plus est, représente un exemple de solidarité humanitaire exceptionnelle auprès des populations et des pays les plus défavorisés. Miguel D’Escoto, alors qu’il était Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, avait donné Cuba et Fidel Castro en exemple de solidarité humanitaire. Ses médecins et ses professeurs se déploient dans les régions les plus inhospitalières, que ce soient d’Haïti, de la Bolivie, de l’Équateur et de plusieurs autres pays du Continent. Il reçoit des milliers d’étudiants qui, laissés à eux-mêmes, n’auraient pas les moyens de poursuivre des formations en médecine. Il y a même des étudiants en provenance de milieux défavorisés des États-Unis qui reçoivent cette formation à Cuba.

C’est tout ça qui fait mal à ces démocrates « civilisés ». Le petit DAVID fait trembler le géant GOLIATH. Il est un exemple de solidarité, d’indépendance, de résistance. Depuis 50 ans, il résiste à un blocus criminel, condamné année après année par la communauté internationale. Cuba demeure une inspiration pour les peuples et les pays de la région. Sa façon d’être et d’agir met en lumière, par contraste, la grande tricherie de son voisin du nord.

Je soupçonne le géant Goliath de planifier un autre de ces mauvais tours, plus subtils que les autres. Je ne serais pas surpris qu’on apprenne à un moment donné qu’un terroriste, en provenance de Cuba ou après un séjour à Cuba, soit pris avec une bombe dans ses poches. Là, le grand Goliath pourrait s’en donner à cœur joie avec ses marines, ses avions sans pilote et avec pilotes. Il pourrait aller combattre le terrorisme sur le terrain de son plus grand adversaire, le petit David. Il dirait que c’était écrit dans le ciel que Cuba était un terrain fertile pour le terrorisme. Les services secrets auraient alors réussi un coup de maître. Nos médias ne manqueraient pas de reprendre la chanson et surtout de dénoncer ces amateurs qui expliquent tout par la théorie du complot.

Je n’ai qu’un conseil à donner à M.Obama : Ne jamais oublier que le petit DAVID a vaincu le géant GOLIATH et qu’il peut encore le battre. La conscience d’un peuple révolutionnaire ne peut se vaincre par les armes pas plus qu’il ne peut s’acheter par la corruption.

Oscar Fortin

Québec, le 5 janvier 2010

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samedi 2 janvier 2010

VÉRITÉ-MENSONGE-VÉRITÉ


Le plus grand défi que nos sociétés ont à relever, n’est plus celui des guerres ou celui des crises économiques, mais celui de la vérité. Si nos démocraties reposent sur la responsabilité des électeurs et électrices et que cette dernière ne peut que s’alimenter à la vérité, il est donc indispensable qu’elle leur soit accessible dans sa forme la plus pure. Or voilà bien le dilemme qui se présente au monde d’aujourd’hui : la VÉRITÉ qu’on nous présente n’est pas toujours la VÉRITÉ et le MENSONGE n’est pas toujours le MENSONGE. Comment, pour les citoyens et citoyennes que nous sommes, nous y retrouver de manière à assumer pleinement nos responsabilités?

Dans un passé, pas encore bien lointain, nous pouvions discerner le mensonge chez ceux qui cherchaient à en faire une vérité. Certains rougissaient, d’autres regardaient dans le vide, certains autres parvenaient à soutenir le regard des autres en jurant sur la tête de leur mère, de leur père, de leurs enfants. Cependant, dans tous les cas, ils finissaient par se trahir eux-mêmes. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi. Des universités en arrivent à former des spécialistes qui transforment, avec la conscience la plus tranquille du monde, la vérité en mensonge et le mensonge en vérité, tout comme le physicien transforme l’atome en énergie nucléaire et le pacifiste, la paix en guerre.

Ce problème est d’autant plus grave que ces nouveaux spécialistes de la métamorphose de la vérité en mensonge et du mensonge en vérité sont aussitôt recrutés par ceux-là mêmes pour qui ce type de traitement est de toute importance. Ils rejoindront des équipes spécialisées et auront la tâche de procéder à ces mutations selon les ordres reçus. Leurs principaux employeurs seront évidemment les grandes agences de presse et les propriétaires des principaux médias qui assurent l’information à l’ensemble de la planète. Ils sont des alliés inconditionnels d’oligarchies politiques et économiques dont les intérêts couvrent le monde.

Un ancien diplomate britannique, Lord Arthur Ponsoby (1871-1946) avait élaboré les principes de propagandes de guerre :

• Le camp adverse est le seul responsable de la guerre

• Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou l'«affreux» de service)

• C'est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers

• L'ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c'est involontairement.1

Ce général serait, sans doute, heureusement surpris de la qualité et du raffinement des moyens mis à la disposition des spécialistes d’aujourd’hui pour assurer l’application de ses principes. Un survol des principales guerres menées par l’OCCIDENT CHRÉTIEN que ce soit en Asie, au Moyen Orient, en Amérique Latine, en Europe de l’Est, en Afrique, nous confirmeront que les populations des pays de cet OCCIDENT CHRÉTIEN avaient été bien préparées pour soutenir les actions « humanitaires » de leurs militaires contre de gros méchants, totalement dépourvus d’humanisme et de chrétienté. Comme le résumait G.W. BUSH, « les forces du bien contre les forces du mal », DIEU contre le DIABLE, les CIVILISÉS contre les TERRORISTES.

Je trouve terrible que nos repaires de connaissances et de jugements soient ainsi pris en charge par des puissances dont les seuls objectifs sont ceux de leurs intérêts. Ils ont la possibilité de faire des lavages de cerveaux à volonté. Ils font, des humains que nous sommes, des robots dont la pensée est alimentée par l’information dont ils ont seuls le secret.

Je pense que l’information alternative a un rôle essentiel à jouer pour briser ce monopole. Le défi est grand et les moyens hautement disproportionnés. N’empêche que la force morale d’une conscience qui n’est pas à vendre peut atteindre une influence exponentielle que n’arrivera jamais à atteindre la force d’une conscience vendue.

Je vous laisse avec une référence de quelques exemples de l’application des principes de notre général….

BONNE ANNÉE 2010

http://www.alterinfo.net/Guerres-mediatiques-Le-role-des-agences-de-communication-dans-les-guerres-actuelles_a9058.html?TOKEN_RETURN

Oscar Fortin

Québec, 1ier janvier 2010

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