PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 27 février 2010

LE CRUCIFIX: NE PLEUREZ PAS SUR MOI

Le débat sur la présence de symboles religieux dans les édifices publics, tout particulièrement de celui du « crucifix », m’inspire ces paroles de Jésus de Nazareth aux personnes qui pleuraient de le voir soumis à autant de souffrances sous le poids de sa croix: « Ne pleurez pas sur moi! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants! » (Luc 23, 28) Cette réponse, me semble-t-il, a de quoi faire réfléchir tous ceux et toutes celles dont la foi se réclame de ce Jésus et qui, dans certains cas, sont prêts aux combats les plus passionnés pour défendre les symboles religieux et tout particulièrement le crucifix. Certains en arrivent jusqu’en pleurer.

Si Jésus lui-même n’a pas voulu que ses disciples et amis pleurent sur lui, mais plutôt sur eux-mêmes, c’est sans doute pour les inviter à prendre conscience des forces dans le monde qui rendent possible pareilles souffrances et injustices. Le monde vers lequel il dirige leurs regards est celui en qui le mensonge, les ambitions, les luttes de pouvoir, la cupidité font et feront tout au long des siècles des centaines de millions de prisonniers, de torturés, de morts. Tout cela se fera, le plus souvent, sous le regard indifférent des multitudes. C’est comme s’il disait qu’il n’est pas venu pour attirer sur lui les regards, mais plutôt pour que les regards se tournent vers ce monde dans lequel ils peuvent être tout à la fois les bourreaux et les victimes de ces bourreaux. « Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants! »

C’est justement de ce monde dont nous parlons sur Vigile et sur de nombreux autres sites internet. C’est avec ces préoccupations que, croyants et non croyants, se donnent la main pour que cette indifférence à l’endroit des vrais problèmes qui interpellent nos sociétés se transforme en un éveil de conscience et en actions de transformation. Si nos préoccupations, portant sur les symboles religieux en arrivent à nous faire oublier l’essentiel de la réalité qu’ils représentent, pas surprenant alors que le débat sur la laïcité et la religion occupe autant de place et que les problèmes de ce monde vers lequel il a dirigé nos regards soient encore si absents des préoccupations de plusieurs.

Dans une réflexion, portant sur cette réplique de Jésus de Nazareth à ceux et celles qui pleuraient à le voir porter sa croix, j’écrivais ceci :

« Si nous sommes bouleversés par autant d’acharnement à frapper, à ridiculiser, à faire souffrir, n’oublions pas que nous portons tous quelque part en nous cette capacité de cruauté et de haine. Chaque peuple, chaque Église, chaque système politique, chaque classe sociale a son histoire d’horreurs. Le pouvoir religieux représenté par le grand prêtre Caïphe, le pouvoir politique représenté par le gouverneur Pilate, le pouvoir de la suffisance représenté par le roi Hérode ont toujours trouvé, hier et aujourd'hui, de bons motifs pour arrêter, torturer et assassiner. L’histoire récente de l’humanité est remplie de ces horreurs. Et tous y trouvent de bons motifs pour mobiliser les foules en leur faveur. »

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’être croyant « d’une religion » pour vivre intensément l’espoir d’un monde plus juste, plus vrai, plus solidaire et plus compatissant. Il suffit de croire que ce monde est possible et d’en être un artisan.

Oscar Fortin

27 février 2010

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jeudi 25 février 2010

FIDEL: L'HOMME QU'ON VOUDRAIT MORT

Incroyable destin que celui de ce fils de propriétaire terrien, devenu avocat, puis révolutionnaire en la Sierra Maestra, au début des années 1950. Cible de plus de 650 tentatives d’assassinat, il est toujours là, simplement là, au sommet de ses 83 ans, avec une plume qui lève les ombrages, dissipe les malentendus, pourfend l’hypocrisie, le mensonge et interpelle la conscience de toute personne de bonne volonté. Il est également là, simplement là, accueillant chefs d’État, intellectuels, croyants et non croyants. Il écoute, questionne, réfléchit et discute. Qui est-il donc cet homme que nos médias présentent toujours comme l’homme à abattre, l’ennemi numéro un des droits humains? Ici, en compagnie de Lula, le Président du plus important pays de l'Amérique Latine.

Il est et continue toujours d’être ce jeune cubain brillant, de famille aisée, converti, dès sa jeunesse, au drame des injustices qui accablaient alors des millions de cubains et de cubaines, toujours enchaînés à un système d’exploitation et de domination qui en faisait plus des bêtes de somme que des êtres humains. La nouvelle dictature de Batista, dominant la vie politique, économique et sociale, ne faisait que raffermir cette situation en y ajoutant son lot de corruption et de répression. Dans sa défense, en octobre 1953, lors du fameux procès faisant suite à l’attaque de la Moncada, il a ces paroles qu’il adresse à ses accusateurs et au jury: « Si en vos âmes il y reste un brin d’amour pour la patrie, d’amour pour l’humanité, d’amour pour la justice, alors écoutez-moi avec attention. Je sais que l’on me forcera au silence pendant de nombreuses années; je sais que l’on cherchera par tous les moyens possibles à taire la vérité; je sais que l’on fera tout pour qu’on m’oublie. Mais ma voix ne s’éteindra pas pour autant : elle recouvre d’autant plus de force dans ma poitrine que quand je me sens seul et elle trouve dans mon cœur toute la chaleur que les âmes orgueilleuses ne peuvent ressentir. » (Traduction libre : La Historia me absolvera, p.33) Cette prédiction, qu’il faisait en pensant aux années de prison qui l’attendaient et aux efforts déployés par ses adversaires pour que « son message » tombe dans l’oubli, deviendra la prédiction de ce que sera toute sa vie : prisonnier d’une désinformation des plus persistantes faisant de lui, faute de pouvoir en effacer le souvenir, un monstre d’humanité.

Mais voilà que l’Histoire prend sa revanche et nous livre de plus en plus l’étoffe de l’homme, ses véritables traits de révolutionnaire, sa passion pour une Humanité ouverte et non refermée, sa préoccupation pour l’éducation et la santé, sa conviction profonde que le développement passe par la solidarité et se nourrit de justice, de vérité, de compassion, de fraternité. Nous sommes loin de ces dictateurs qui ont occupé les premières places de la vie politique de ce Continent et qui ont semé la terreur auprès des plus démunis et la corruption auprès des plus opportunistes. Ce n’est pas pour rien que les victimes de ces régimes se reconnaissent de plus en plus dans ceux qui, comme eux, ont connu cette terreur. Rien de surprenant qu’ils trouvent en Fidel ce rocher qui a résisté aux tsunamis médiatiques et terroristes des plus variés pendant autant d’années sans perdre pour autant ce qui le rend si humain : sa simplicité et son humilité.

Il fut un temps où la Revue Forbes classait Fidel Castro parmi les hommes les plus riches de la planète. En 2006, je crois, il a mis tous ses détracteurs au défi de trouver un seul dollar de cette fortune dans quelque banques ou paradis fiscaux d’où qu’ils soient. « Si vous en trouvez un seul, je donnerai sur le champ ma démission comme Président de Cuba. » Une aubaine pour ses détracteurs. Depuis le temps qu’ils voulaient s’en débarrasser, l’occasion était belle et surtout facile, à en croire la revue Forbes, d’y arriver sans avoir à le tuer. Mais, il semble que les recherches n’aient pas donné les résultats attendus, puisqu’il est demeuré à son poste jusqu’à sa maladie en 2008 et que nous n’avons plus jamais réentendu parler de cette soi-disant fortune. Ce n’est pas tout. On évalue à plus de 95 milliards de dollars, les pertes encourues par Cuba en raison du Blocus économique qui perdure depuis plus de 50 ans. L’objectif recherché est que la Révolution cubaine soit un fiasco. Là encore, Cuba, tout en étant un pays très pauvre et en dépit des écueils semés sur sa route, a pu sortir, grâce à sa révolution, de la dépendance et se doter d’un système d’éducation et de santé qui fait l’envie de bien des pays développés. Chez lui, la solidarité fait partie de son destin. Il est actuellement un des plus actifs pour aider son voisin d’Haïti, victime de ce terrible tremblement de terre qui l’a secoué en janvier dernier. Avec ses 350 médecins y de nombreux éducateurs ils apportent assistance, supportent et accompagnent ce peuple courageux à se relever et à se reprendre en main. Pourtant, Cuba et Haïti ont eu longtemps la même histoire, le même destin d’esclaves. Il y a 55 ans et plus, ils étaient tous les deux sous la gouverne de dictateurs. Les populations vivaient en grande majorité sous la dépendance et l’esclavage. Que s’est-il donc passé pour que leur destiné ne les ait pas conduit au même endroit? Pendant que des milliards $ étaient régulièrement dépensés pour que la révolution cubaine échoue, des milliards d’autres étaient investis en Haïti, soit disant, pour assurer son développement. Nous en voyons, aujourd’hui les résultats. Qui, des deux systèmes, a permis les meilleures conquêtes humaines et institutionnelles? Qui compte le plus de morts violentes tout au long de ces 55 ans ?

Ce bref rappel est un devoir de justice et d’humanité à l’endroit de cet homme que déjà l’Histoire reconnaît comme un des plus grands des 60 dernières années et sans doute qu’elle proclamera un jour comme le Père de la seconde indépendance des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. N’en déplaise à ses détracteurs, sa mémoire survivra à tous ces présidents et dictateurs qu’ils auront soutenus et corrompus, durant toutes ces années, pour mieux régner.

La flamme que porte Fidel en sa poitrine est toujours aussi chaleureuse et forte que celle qu’il évoquait dans ses premières années de lutte. La vérité, comme la lumière avec l’obscurité, finit toujours par faire reculer les frontières du mensonge.

Oscar Fortin

25 février, 2010

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mardi 23 février 2010

POUR UNE LAICITÉ HUMANISTE

Le débat sur la laïcité nous conduit, me semble-t-il, dans bien des directions. Plusieurs penseront que la laïcité est antireligieuse et que ses promoteurs en sont les athées qui veulent faire disparaître du panorama culturel et sociétaire toutes les formes de représentations religieuses. D’autres diront que la laïcité est cet espace « neutre » que se réserve l’État pour que tous les citoyens et citoyennes de quelques religions ou tendances qu’ils soient puissent s’y retrouver sans aucun irritant de nature religieuse. Pour d’autres, le débat sur la laïcité est l’occasion toute indiquée pour régler leurs comptes avec une religion qui ne leur aura laissé que de mauvais souvenirs. Dans tous les cas, le mouvement du balancier des idées et des passions risque de nous en faire oublier l’humain que nous partageons tous.

Dans mon esprit, la laïcité n’est ni une foi, ni un athéisme, ni une religion, mais un espace qui permet à tous les visages d’une société de se reconnaitre dans leur citoyenneté et leurs engagements solidaires au service de la justice, de la vérité, de l’entraide et de la tolérance à l’endroit des plus faibles et démunis de cette même société. En somme, une laïcité qui va au-delà de la « neutralité » en affirmant haut et fort les fondements sur lesquels elle fonde le devenir de la société. C’est ce que j’appellerais « une laïcité humaniste ».

Chacun et chacune pourront bien puiser leurs ressources spirituelles là où ils voudront bien pour autant qu’elles deviennent un véritable ferment au service de cet humanisme qui se nourrit des valeurs plus haut mentionnées. S’il fallait qu’elles deviennent tout le contraire de ce que la société est en droit d’en attendre, il faudrait alors qu’elles soient jugées sur cette base. Dans une société laïque, les véritables croyants et les véritables athées qui méritent tout notre respect sont ceux qui sont, pour l’ensemble de la société, de véritables ferments de justice et de vérité. Ce n’est pas par les signes religieux que l’on va transformer le monde, mais par l’engagement généreux au service de l’ « humain ». À ce titre personne n’y échappe, du plus petit au plus grand, du plus faible au plus puissant, du plus croyant au moins croyant.

Je pense qu’une telle approche ne pourra faire autrement que d’obliger les autorités des différentes religions à se réévaluer à la lumière de ce que leur foi leur enseigne sur ces grands objectifs sociétaires et humanistes. Ce ne sera plus la laïcité contre la religion, mais la laïcité contre l’hypocrisie, le mensonge, les injustices, l’intolérance à l’endroit des plus fragiles et démunis de la société. Cette laïcité devient pour l’ensemble de la société un ferment qui unit et engage, mais aussi qui démasque et dénonce.

Je termine en faisant une proposition concernant le « crucifix » comme symbole d’une époque. Je crois que l’évolution culturelle de la société québécoise fait en sorte qu’elle ne trouve plus dans le « crucifix » le symbole de la conscience qui interpelle. Sans dénigrer sa symbolique qui a interpellé la conscience de nombreuses générations, le temps est sans doute venu de lui substituer un autre symbole plus ouvert à l’imaginaire des multiples consciences. Ce symbole je le vois dans celui d’un cercle, type cerceau, symbole de notre terre et de notre humanité. Et pourquoi pas la minute de silence, permettant à chacun et à chacune de s’y retrouver avec sa conscience? À ce que je sache, nous en avons tous unes.

Je souhaite que les religions redécouvrent la foi qui ouvre au service de l’humanité et que les athées et non croyants de tout acabit découvrent, pour leur part, le véritable humanisme au service duquel nous sommes tous conviés.

Oscar Fortin

Québec, le 23 février 2010

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lundi 22 février 2010

L’UNION DES AMÉRIQUES ET DES CARAÏBES AU SUD DU RIO GRANDE

La tendance aux regroupements régionaux s’observe non seulement en Europe, au Moyen Orient, en Afrique et en Asie, mais aussi et de façon toute particulière dans les Amériques, au sud du Rio Grande. C’est au Mexique que 32 des 36 États qui constituent la fresque des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes sont actuellement réunis pour renforcer leur intégration, leur union et leur défense régionale. Le Groupe de Rio et celui des Caraïbes représentent plus de 586 millions de personnes. Le rapprochement de ces deux groupes a été amorcé à l’initiative du Groupe de Rio et a pour objectif l’intégration, l’union et aussi la défense de tous ces pays. En sont exclus les États-Unis et le Canada dont la participation, pour un grand nombre, n’est pas souhaitée ni souhaitable. Leur expérience de l’Organisation des États Américains (OEA), instrumentalisée par les États-Unis, ne les incite guère à poursuivre sur cette voie. La toute dernière expérience, celle du Honduras, en a révélé l’inefficacité la plus complète. Les plus âgés se souviendront également que ce fut sous la pression des États-Unis que l’OEA expulsa, en 1960, sans fondement valable, Cuba qui en était un membre actif. Ce n'est que tout dernièrement qu'elle a reconnu et corrigé cette erreur.

Lors de son discours d’ouverture, le Président Calderon, l’hôte de cette importante rencontre qui se poursuivra sur deux jours à Cancun, donna les grandes lignes des sujets qui seront abordés. Il y aura la signature d’accords dans des secteurs comme celui de la création d’un organisme régional de l’Amérique Latine et des Caraïbes, sans les États-Unis ni le Canada. Des accords seront également signés en relation à la reconstruction d’Haïti, membre des pays des Caraïbes, et une déclaration conjointe rejettera les activités pétrolières britanniques sur les Îles Malouines et appuiera les revendications de l’Argentine qui les considère comme parties de son territoire nationale.

Les ministres des relations extérieures, qui ont travaillé à ce projet d’Union, d’intégration et de défense, se disent optimistes quant à son acceptation par les Présidents et prévoient, si tout va bien, sa mise en opération pour 2011. Cette Union, dont l’appellation n’est pas encore arrêtée, constituera la plus large et la plus importante plateforme réunissant les chefs d’État de tous les pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. Il faudra toutefois en attendre les conclusions pour mesurer, entre autres, l’influence que continuent d’y exercer les États-Unis à travers certains pays qui leur sont inconditionnellement liés. Les analystes scruteront à la loupe les fractions auxquelles donneront lieu ces débats. Ce serait naïf de croire que le « grand-frère du Nord » demeurera inactif au moment même où les principaux acteurs de son « arrière cour » trament leur seconde indépendance, celle leur permettant de reprendre le contrôle des principales ficelles du pouvoir. Si leur première indépendance leur a permis de devenir des États souverains, les peuples n’en sont pas moins demeurés les otages de plus puissants qu’eux. La faiblesse de certaines institutions tout comme celle de nombreux acteurs politiques, peu scrupuleux et beaucoup ambitieux, ont rendu possible la prise de contrôle de ces États par des puissances étrangères pour qui la corruption est une vertu et le contrôle des principales ficelles politiques, économiques et judiciaires une mission de solidarité et d’entraide.

Donc, une histoire à suivre. Vous pouvez compter sur nos médias pour en être informés dans ses avenants et aboutissants. Plus de 32 pays des Amériques et des Caraïbes, représentant plus de 586 millions de personnes, qui se donnent une nouvelle plateforme régionale, sans la présence des États-Unis et du Canada, a de quoi susciter l’intérêt de ceux et celles qui s’intéressent aux questions internationales. Demain, ce sera le moment des premières conclusions. Quant au bilan, il faudra attendre que la poussière retombe.


Oscar Fortin

Québec, le 22 février 2010

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samedi 20 février 2010

L’INDÉPENDANCE ET LE PEUPLE

DES ÉCUEILS À ÉVITER

Libération.fr, quotidien français, titre, en ce 20 février 2010 : « Majorité de «oui» à l'indépendance au Québec, selon un sondage » et il poursuit : « Les partisans de la souveraineté du Québec devancent les adversaires de cette solution, selon un sondage publié hier par le quotidien La Presse. Si un référendum sur la souveraineté du Québec avait eu lieu la semaine dernière, 45% des Québécois auraient voté pour et 41% contre. 14% des 1.509 personnes interrogées ont affirmé ne pas avoir encore fait leur choix. »

Si ce sondage qui donne déjà 45% en faveur de l’indépendance et 41% contre, alors que le véritable débat n’occupe encore que peu de place dans nos médias, qu’en sera-t-il lorsque ces derniers, pour en débattre, ouvriront leurs portes et leurs fenêtres à ceux et celles qui s’en font les grands promoteurs ? Il ne fait aucun doute que les principaux stratèges du fédéralisme et de ceux qui en tirent les ficelles sont très conscients que l’indépendance du Québec est plus que jamais à portée de main.

La population n’est pas dupe. Elle réalise qu’il y a plein de choses qui ne tournent pas rond. Les scandales se multiplient, la crise économique vient écoper une classe moyenne qui voient ses économies fondre au soleil, la Caisse de dépôt est laissée entre les mains dont on ne sait trop de qui. Harper met la clef sur le Parlement pour échapper aux questions de l’opposition et se donner du temps à faire le plein de photos à Vancouver et en Haïti pour la prochaine campagne électorale. Charest ne fait guère mieux en refusant des commissions d’enquête sur les 40 milliards $ évaporés de la Caisse de dépôt et sur les collusions dans le secteur de la construction. La liste peut s’allonger dans bien d’autres champs d’intervention. L’électorat québécois commence à avoir son voyage et les peurs d’antan sur l’indépendance laissent la place à un avenir meilleur.

Les fédéralistes sont déjà à l’œuvre. D’abord, il leur faut diviser les indépendantistes entre eux, question de briser la cohérence du vote. Ils favoriseront tout ce qui peut créer des dissensions. Ils profiteront du fait qu’il y aura les indépendantistes qui voudront régler tous les problèmes d’un seul coup en même temps qu’il y en aura d’autres qui voudront sauver le système économique et le système démocratique tels qu’ils existent actuellement. De quoi faire oublier le débat sur l’indépendance. En second lieu et sans pour autant négliger le premier point, ils feront valoir que la tenue d’un référendum n’est pas ce que la population veut actuellement. Il y a trop de problèmes urgents à régler pour penser à s’investir dans un nouveau référendum. Ces approches s’inspireront, entre autres, des propos de Lucien Bouchard et seront repris, dans tous les sens, par ceux qui ne veulent pas que le peuple se prononce maintenant. Nous pouvons en imaginer le pourquoi.

COMMENT ÉVITER CES ÉCUEILS

Je pense que la bonne foi des promoteurs et promotrices de l’indépendance du Québec devra être mise à l’épreuve sur le fait que l’indépendance est d’abord et avant tout la prérogative du peuple qui devra en être toujours le souverain. Cette indépendance est le premier pas lui donnant pleine autorité pour définir la configuration des institutions qui lui assureront son plein développement. De spectateur qu’il était devenu, il redeviendra le principal artisan de son destin. Une manière de redonner à la « démocratie » son véritable sens et de rallier tous les indépendantistes et souverainistes de bonne foi. C’est dans le cadre de cette indépendance acquise que les débats devant conduire à une nouvelle constitution devront se réaliser et être sanctionnés par le peuple. C’est également dans le cadre de cette nouvelle indépendance que devront se faire tous les débats plus hauts mentionnés. Tous ces sujets devront être débattus et discutés à tous les niveaux de la population, mais en son temps et lieu. Le débat actuel, celui qui doit rallier toutes les parties, est celui de l’indépendance : l’affranchissement du Peuple Québécois de toute autorité qui ne soit émergente de sa volonté, démocratiquement exprimée. Un référendum sur l’indépendance ne peut pas être de même nature et avoir la même portée qu’un référendum sur une Constitution ou un régime politique et économique etc. Les objets sont différents et il ne faut pas les mêler.

Au fond, il faut que le point de ralliement soit l’indépendance du Peuple Québécois et sa capacité d’intervenir par ses divers regroupements dans la vie de la société et de l’État. Le débat devrait s’en tenir à son affranchissement des pouvoirs fédéraux et à sa capacité d’assumer par lui-même son propre développement. Toutes les autres questions non essentielles à ce débat devraient être reportées au lendemain de la conquête de son indépendance. Cette dernière n’est conditionnelle à aucun régime. En ce sens, le référendum sur l’indépendance n’est pas le lieu désigné pour trancher sur des questions de modalités et de régimes. Le peuple ne doit plus être pris en otage par quelque groupe que ce soit et n’être qu’un spectateur étranger à l’organisation de son propre devenir. Il doit en être l’acteur principal. L’important c’est qu’aucun groupe ne s’arroge les pouvoirs qui appartiennent au peuple.

Si tous les artisans de l’indépendance du Québec, qu’ils soient néolibéraux, anarchistes, socialistes, communistes, de droite, de gauche, catholiques, protestants, athées, musulmans, mariés, séparés, célibataires, gais, lesbiennes, etc. s’accordent pour dire que le peuple doit être celui qui assume en dernière instance les grandes orientations de son devenir politique, économique et social, il sera alors possible de s’unir et de gagner cette indépendance du Peuple auquel nous appartenons tous et toutes.

Pour conclure, je me dois de préciser que cet article se veut une réponse à la stratégie des forces fédéralistes qui se profile en filigrane dans les évènements qui se produisent actuellement. C’est également un réajustement des affirmations que j’ai faites dans mes interventions antérieures, non pas quant à leur contenu, mais à la pertinence du moment pour en débattre. Les véritables débats portant sur la particularité des régimes à adopter devraient, pour éviter les pièges de ceux qui ne veulent pas de l’indépendance du Québec, se faire dans le cadre d’une indépendance acquise. Dans tous les cas de choix structurants, ils devront être sanctionnés par le Peuple. Le temps des constitutions, rédigées et acceptées par d’autres, sera du passé. Il faut que le peuple soit toujours l’artisan de son propre devenir.


Oscar Fortin

Québec, le 20 février 2010

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vendredi 19 février 2010

QU'ATTEND LE DALAÏ-LAMA DE LA CHINE?

L’actualité internationale ne manque pas de couvrir, particulièrement en Occident, les déplacements et les rencontres que réalise le dalaï-lama avec les chefs d’État. Chaque fois, sa figure se présente en contraste avec cette Chine qui refuse son retour sur sa terre natale, le Tibet. Ses revendications reçoivent l’appui du Président Obama, du Premier ministre Harper et de tous les autres qui forment le bloc des pays occidentaux. Quelles sont donc ces revendications que la Chine ne veut accepter et que nos chefs d’État appuient?

En novembre 2008, le dalaï-lama a fait connaître un Mémorandum dans lequel il établit les principaux points devant servir de base à toute négociation. Dans un article tout récent, Jean-Paul Desimpelaere, nous en fait un résumé.

1. Les frontières provinciales chinoises doivent être modifiées de sorte que puisse se constituer un Grand Tibet correspondant au royaume tibétain du 8e siècle.

 
2. Pour protéger la culture tibétaine, on doit instaurer dans la région du Tibet un arrêt de l’immigration des autres groupes de population chinois. Les non-Tibétains, qui y habitent depuis des générations, constituent une menace pour la culture autonome.

 
3. Le Grand Tibet doit avoir sa propre législation, sans ingérence du gouvernement central chinois.

 
4. Le caractère unique de la culture et de l’identité tibétaine ne peut prospérer que sous une administration tibétaine.

 
5. L’enseignement de l’État dans le Grand Tibet sera remplacé par un enseignement religieux bouddhiste.

 
6. La première langue dans le Grand Tibet doit être le tibétain.

 
7. La propriété de la terre appartient à la nationalité tibétaine, qui doit pouvoir en disposer librement (la louer, la vendre).

 
8. La Grand Tibet doit devenir autosuffisant le plus rapidement possible ; les subsides de l’État central chinois doivent cesser afin de pouvoir garantir une réelle autonomie.

 9. Le Tibet est devenu une catastrophe écologique. Les pâturages et les bois disparaissent. Jadis, les Tibétains ont toujours vécu en harmonie avec la nature. Il faut qu’il en soit ainsi à nouveau.

 10. Toutes les forces de l’ordre doivent être constituées de Tibétains ethniques. (Il n’est pas spécifié s’il s’agit de la police ET de l’armée mais, dans d’autres textes, il est stipulé que l’armée nationale chinoise doit disparaître du Grand Tibet.)

 11. Le gouvernement régional du Tibet doit pouvoir participer en toute indépendance à toutes les organisations internationales, sans pour cela avoir un siège aux Nations unies.

Je ne sais pas si M. Harper appuierait de la même manière les Québécois de source qui réclameraient ces mêmes revendications. Qu’on se souvienne, en 1967, des cris de panique d’Ottawa au « Vive le Québec libre » du Général de Gaule. Cet exemple et bien d’autres nous enseignent qu’il ne faut pas lire la diplomatie avec la logique de la pensée et encore moins de la morale, mais avec celle des intérêts.

Pour la suite de l’article qui traite également de la réponse de la Chine, je vous invite à aller directement au lien donné plus haut. Je profite de l’occasion, pour ceux et celles qui s’intéressent à l’information alternative, de vous recommander le site de Michel Collon .


Oscar Fortin

Québec, le 19 février 2010

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jeudi 18 février 2010

LUCIEN BOUCHARD ET L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC

J’ai toujours eu un grand respect pour Lucien Bouchard, homme intelligent, fin débatteur, astucieux en politique et d’une probité qui l’honore. La réputation qu’il s’est acquise à travers ses multiples fonctions et responsabilités le placent comme au sommet de la pyramide des personnalités québécoises. S’il prend la parole, il aura tous les médias à sa disposition pour relayer son message jusqu’aux confins du Québec et du Canada. Il est une sorte de « Pape » dont l’autorité peut difficilement être contestée. Si elle l’est ce ne sera jamais avec le même support médiatique dont il aura pu bénéficier. C’est donc d’un piédestal beaucoup plus bas et avec un support médiatique beaucoup plus faible que je me permets d’interpeller la compréhension qu’il se fait de l’Indépendance du Québec.

Deux affirmations de sa part m’ont particulièrement interpellé. La première, que je n’arrive toujours pas à comprendre, est à l’effet que « ce n’est pas le temps de faire un référendum sur l’indépendance du Québec alors que nous avons tellement d’autres problèmes, plus urgents, à résoudre ». Le second est cette affirmation dont on ne sait d’où elle vient : « les Québécois ne veulent pas, à court terme, d’un autre référendum ». Ce sont là deux affirmations que je cite de mémoire et qui me semblent représenter assez bien son propos sur le sujet.

De la manière dont les choses sont dites dans la première affirmation c’est comme si l’indépendance n’était finalement qu’une sorte de promotion, genre médaille d’or, qui permet à un peuple de dire au monde « Voilà nous sommes un État indépendant avec un siège aux Nations Unies, pouvant émettre des passeports et des visas ». C’est évident que ce n’est pas avec cette indépendance que nous allons solutionner les problèmes du Québec. Par contre, si l’indépendance n’est plus la parade, mais l’outil fondamental par lequel un peuple peut s’attaquer à la solution de ses problèmes, alors là l’indépendance devient une urgence.

Quoiqu’on puisse dire, notre lien fédératif avec le Canada est actuellement un handicap à notre développement. Il ne saurait en être de même le jour où le peuple du Québec, regroupé sous une constitution qu’il se sera donné lui-même, s’attaquera aux problèmes qui l’assaillent. Il trouvera plus facilement les moyens de les résoudre et si les embuches se multiplient, il aura alors la fierté et le courage de les affronter et de les vaincre à sa manière et avec ses ressources. Les questions de multiculturalisme, de diversité culturelle, de laïcité trouveront plus facilement une réponse que ce n’est actuellement le cas. L’indépendance n’est pas un titre que l’on se donne, mais un outil qu’un peuple s’approprie pour résoudre ses problèmes et avancer vers son développement.

La seconde affirmation de M. Bouchard est que les Québécois ne veulent pas d’un nouveau référendum. Je suppose qu’il fonde cette affirmation sur un sondage particulier. En supposant que ce soit le cas, une telle affirmation demeurerait tout à fait suspecte. Nous savons ce que sont les médias en tant qu’outils privilégiés pour influencer l’opinion publique dans un sens ou dans l’autre. Actuellement, nos médias sont, dans leur ensemble, fédéralistes et supports inconditionnels du néo-libéralisme. Par contre, si, par miracle, ces mêmes médias devenaient, dans leur ensemble, indépendantistes et d’options politiques et économiques plus participatives, fort probablement la même population québécoise serait en faveur de l’indépendance et la tenue, au plus vite, d’un référendum.

L’été dernier nous avons eu le Moulin à paroles qui a eu un succès au-delà des espérances et dont les échos continuent à se faire entendre et à interpeller bon nombre de Québécois et Québécoise. Et que dire de cette foule qui s’est déplacée pour rendre un dernier hommage à Pierre Falardeau, ce cinéaste et patriote qui a marqué à sa manière toute une époque? L’information alternative qui circule sur internet nous en dit plus long sur le sentiment des Québécois que ce que nous en disent RDI et LCN. Il est d’ailleurs intéressant de constater que de plus en plus de jeunes, dont l’avenir préoccupe beaucoup M. Bouchard, voient dans l’indépendance du Québec la voie pour sortir le peuple du « cul de sac » dans lequel il a été enfermé.

Avec tout le respect que j’ai pour l’homme, je n’arrive toujours pas à retrouver en lui la lucidité qui l’avait conduit à se battre pendant des années pour dire au Peuple Québécois que l’indépendance c’est la prise en main de son destin et des outils indispensables à son développement. C’est toujours pour cette indépendance que bon nombre de Québécois et Québécoises continuent de se battre.

Il faut, toutefois, reconnaître que Lucien Bouchard a pleinement le droit de ne plus croire en cette indépendance, mais de grâce, il ne faudrait pas qu’il la confonde avec une mascarade d’indépendance dont personne ne veut vraiment.

Oscar Fortin

Québec, le 17 février 2010

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jeudi 11 février 2010

LARRY KING ET CHAVEZ SUR CNN

À l’occasion de l’ouverture de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre dernier, Larry King, l’animateur vedette de CNN, a reçu Chavez à sa populaire émission d’Affaires publiques. À ce moment, je l’avais écouté en direct et j’avais été impression par sa performance et le contenu de ses réponses.

J’ai pensé que pour ceux et celles qui n’ont de Chavez que l’opinion de ce que nos médias en disent, cette interview leur permettra de découvrir en direct l’homme, sa pensée et les motifs qui l’animent dans ses relations avec les autres. L’entrevue est sous-titrée en français. Pour les rares fois que nous pouvons le voir en direct et l’entendre lui-même sur les questions que nous nous posons, le visionnement en vaut la peine.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98217

Oscar Fortin

Québec, le 10 février 2010

dimanche 7 février 2010

LE CANADA, LA DÉMOCRATIE ET L'AMÉRIQUE LATINE

LETTRE AU PREMIER MINISTRE DU CANADA ET AUX CHEFS DE L’OPPOSITION

Les milliers de soldats que nous envoyons en Afghanistan risquent quotidiennement leur vie pour servir cette grande cause que nous appelons la DÉMOCRATIE. C’est du moins le discours officiel que vous utilisez pour justifier la participation du Canada à cette guerre. Plusieurs y ont déjà laissé leur vie, d’autres la perdront. Les blessés se comptent par milliers sans prendre en compte ces blessures morales qui les accompagneront pour le restant de leur vie.

Cet attachement officiel du Canada à la DÉMOCRATIE est fortement mis en question lorsqu’on observe les politiques qu’il adopte à l’endroit de certains pays démocratiques de l’Amérique Latine. En tant que canadien, particulièrement attentif à ce qui se passe dans cette région du monde, je suis profondément préoccupé de la politique extérieure de mon pays. Je n’arrive plus à la distinguer des politiques agressives et guerrières de notre voisin du sud, les États-Unis. Les valeurs traditionnelles d’indépendance et de liberté qui ont fait du Canada un pays respecté par les nations se sont, pour ainsi dire, évaporées et perdues dans des alliances à peine voilées avec notre voisin du sud et les oligarchies préoccupées, avant tout, d’ajuster les « démocraties » à leurs intérêts. L’exemple du coup d’État au Honduras illustre bien cette tendance.

Je viens de prendre connaissance de l’intervention récente du représentant officiel du Venezuela auprès de l’Organisation des États Américains (OEA), l’ambassadeur Roy Chaderton Matos. Il a la réputation d’un homme posé et très respectueux des consignes qui régissent la diplomatie. Dans cet exposé il s’en prend à la politique extérieure du Canada, entièrement alignée sur celle des États-Unis et qui, plus est, se permet d’intervenir dans les affaires intérieures de son pays en encourageant et en soutenant la violence. Ce texte, que le lien vous rend accessible en espagnol, mais que vos services extérieurs peuvent vous transmettre en français et en anglais, constitue une interpellation de conscience sur les véritables valeurs qui sous-tendent l’action internationale du Canada. Qui servons-nous vraiment?

Le Venezuela dispose d’une Constitution qui a été votée par le peuple, ce qui n’est pas notre cas, au Canada, où le peuple n’a pas été invité à voter sur sa Constitution. Dans cette Constitution, il y a une disposition qui prévoit la possibilité de destituer un dirigeant qui n’est plus à la hauteur de sa tâche, en convoquant un Référendum révocatoire. Déjà en 2004, cette procédure avait été utilisée et le peuple en avait disposé pour réaffirmer sa confiance à son Président. Cette procédure a l’avantage d’être très « démocratique » et permet, entre autres, d’éviter les manifestations de violence qui sont souvent la cause de nombreux blessés et souvent de morts.

Il me semble que le Canada, en tant qu’apôtre international de la DÉMOCRATIE, devrait être en tête de ligne pour défendre la tenue d’un référendum révocatoire comme moyen de résoudre les litiges qui opposent certains groupes de la Société vénézuélienne à l’actuel gouvernement. Cette solution est d’autant plus plausible que le Président lui-même a invité ses adversaires à recueillir les signatures nécessaires pour convoquer ce référendum révocatoire national. Il s’est engagé à en respecter les résultats. Que pouvons-nous demander de plus à un Président élu démocratiquement?

Je termine cette note en interpellant la lecture que le Secrétariat des Affaires extérieures, aligné sur les politiques des États-Unis, semble faire de l’état de la DÉMOCRATIE en Amérique Latine. Je vous réfère à un article qui fait référence à un document rédigé par la CIA et le FBI. Il identifie des pays qui mettent en danger la stabilité de l’Amérique Latine. De quoi faire réfléchir sur le type de démocratie que nous défendons et pour laquelle nous envoyons nos soldats faire la guerre au risque de leur vie et de la vie de bien d’autres.

Oscar Fortin

Québec, le 7 février 2010

samedi 6 février 2010

DES ENNEMIS MENACENT LA STABILITÉ DE L'AMÉRIQUE LATINE

QUI SONT-ILS?

Le président Evo Morales dénonce, un rapport unilatéral des États-Unis, rédigé par la CIA et le FBI, qui considère le regroupement des pays tels la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, Cuba et le Venezuela comme une menace pour la stabilité de l’Amérique Latine. Qu’ont-ils donc en commun ces pays et en quoi peuvent-ils être une menace pour les États-Unis?

CE QU’ILS SONT

Tous ces pays affirment leur indépendance comme peuples et nations et exigent, dans leurs relations avec les autres États, le respect mutuel. Ils sont d’autant plus jaloux de cette indépendance qu’ils ont été, tout au long de leur histoire, des arrières cours d’oligarchies et de puissances qui en disposaient comme bon leur semblait. Ce n’est pas pour rien qu’ils remettent à l’avant scène les grands noms de ceux qui ont conquis leur première indépendance et qui ont mené la lutte pour cette seconde indépendance.

Tous ces pays placent au premier rang de leurs priorités la justice sociale qui doit répondre aux besoins essentiels et fondamentaux des peuples dont ils sont les représentants. Ils investissent dans la santé, l’éducation, l’alimentation et le logement. Tous ces secteurs avaient été ignorés pour une grande majorité de la population. Ces interventions ont pour effet de favoriser une plus grande participation de cette dernière à la vie sociale, politique et économique du pays.

Tous ces pays se font un devoir de reprendre le contrôle de leurs richesses naturelles pour les mettre au profit de leur développement économique, politique, sociale et culturel. Ils le font en révisant l’ensemble des ententes qui donnaient « carte blanche » à des multinationales et autres entreprises pour disposer à volonté de ces richesses à des coûts dérisoires sous les yeux d’une population analphabète, sans attention médicale, sous-alimentée et vivant dans des bidonvilles. Les images qui nous parviennent d’Haïti, au-delà de celles du séisme, nous montrent ce que pouvait être, il n’y a pas encore si longtemps, la situation de la grande majorité des populations de ces pays. La tâche est loin d’être terminée, mais c’est à celle-ci que travaillent ces gouvernements « qui menacent la stabilité de l’Amérique Latine. »

Tous ces pays s’ouvrent de plus en plus au monde, cherchant à diversifier leurs relations politiques, économiques, sociales et culturelles. Ils ne veulent plus être soumis au chantage d’une seule source d’approvisionnement et d’influence pour l’ensemble des secteurs. En somme, ils ne font que suivre la politique que la grande majorité des pays de la planète développe de plus en plus : diversifier leurs relations à tous les niveaux. Rien de plus normal.

Tous ces pays favorisent les voies pacifiques, non violentes et démocratiques pour réaliser les changements. Quatre de ces cinq pays ont des gouvernements élus démocratiquement selon les règles des démocraties occidentales. Cuba dispose d’un système électoral distinct de celui des autres pays, mais qui lui assure, tout autant que les autres, un système de droit. Les Présidents ont tous un appui très fort de la part de leur population respective

LES CRAINTES ÉTASUNIENNES

N’est-il pas curieux que le pays dont l’héroïque histoire d’indépendance inspirant autant de respect et d’admiration du monde trouve à redire sur des orientations qui valorisent, pour l’essentiel, les grandes valeurs qu’il a fait siennes tout au long de sa propre histoire? Comment l’affirmation de l’indépendance, la recherche d’une plus grande justice sociale, le contrôle de ses richesses naturelles, l’ouverture au monde et l’approche pacifique des changements peuvent-ils devenir une menace pour tout un Continent?

La seule réponse plausible est que ce qui fut bon pour eux, ne peut pas l’être pour les autres. Une indépendance qui ne leur soit pas soumise est à oublier. Une justice sociale qui menace les privilèges des oligarchies devient une atteinte à la liberté. Une reprise en main de leurs richesses naturelles devient une usurpation de pouvoir. L’ouverture au monde et la diversification des relations avec d’autres pays deviennent suspectes et anti-étasuniennes, la démocratie et la non-violence au service du développement sont autoritarisme, dictature et populisme.

À y regarder de près, ce n’est pas tellement la stabilité de l’Amérique Latine qui est en cause, sinon la stabilité de leur main mise sur l’Amérique Latine. L’arrière cour leur échappe, non pas au profit d’une autre puissance, mais au profit des peuples qui forment ce Continent. De cela, ils ne veulent rien savoir et il leur importe peu de s’allier avec les plus grands « requins » qui se remplissent les poches avec l’argent des contribuables, qui vendent leur âme pour un pot de vin. Avec un budget de plus de 72 milliards $ pour la seule CIA, ils peuvent acheter, corrompre, manipuler, tuer. Ils sauront faire parler des cardinaux, à l’occasion même le Pape, pour donner de la crédibilité à leurs bonnes intentions. Ils sauront aussi payer des paramilitaires pour poser des gestes terroristes de nature à déstabiliser ces gouvernements. Les bases militaires et la quatrième flotte leur permettra de veiller au grain.

DE QUI SOMMES-NOUS SOLIDAIRES?

Je pense que toute personne de bonne foi, soucieuse de faire réalité les valeurs qu’elle porte, se doit de prendre position devant cette situation qui va à l’encontre des droits fondamentaux des peuples et des personnes. Nous ne pouvons pleurer sur la misère du monde tout en appuyant les puissances qui résistent avec force à ceux et celles qui prennent les moyens pacifiques et démocratiques pour s’en sortir. En 1970, Richard Nixon, expliquait pourquoi il ne fallait pas qu’Allende réussisse. « La principale préoccupation avec le Chili c’est qu’Allende consolide son gouvernement et projette ainsi au monde l’image de son succès (NDA : qu’il est possible par la démocratie de changer les choses). Si nous permettons que d’autres leaders pensent qu’ils peuvent faire de même, alors là, nous aurons de sérieux problèmes. » Nous connaissons la suite : COUP D’ÉTAT MILITAIRE, LE 11 SEPTEMBRE 1973. Évidemment pour sauver la démocratie et la liberté. Coup d’État au Honduras, le 28 juin 2009, également pour sauver la démocratie. L’occupation et la prise de contrôle d’Haïti avec plus de 10 000 soldats suite au séisme de janvier ne semblent pas faire problème. C'est une action exclusivement humanitaire.


Oscar Fortin
Québec, le 6 février 2010

http://humanisme.blogspot.com/

mardi 2 février 2010

VENEZUELA POUR UN RÉFÉRENDUM RÉVOCATOIRE

Ce ne sont pas tous les pays qui disposent d’un mécanisme permettant de destituer en toute légitimité un Président ou un Premier Ministre dont le peuple ne veut plus. Si ce dernier a le pouvoir de l’élire, il continue toujours d’avoir le pouvoir de le destituer en cours de route. C’est le cas du Venezuela qui dispose de ce mécanisme dans sa Constitution, mécanisme que Chavez lui-même a voulu inscrire dans la Constitution de 1999.

Depuis toujours, le Président Chavez fait l’objet d’attaques incessantes de la part des oligarchies nationales et de forces obscures soutenues et encouragées par les États-Unis. Mais depuis quelques mois, l’offensive se fait plus forte et plus voyante. Le « tam-tam » de la désinformation se fait plus intense et les moyens utilisés ne donnent pas dans la dentelle. On a fait tout un battage publicitaire à l’international sur la fermeture temporaire des entreprises de communication qui ne s’étaient pas encore conformées à la loi de Responsabilité sociale des radios et télévisions (Resorte). Une procédure tout à fait légale qui a été transformée en une persécution contre la liberté d’expression. Tout récemment on a procédé à un montage vidéo faisant dire à Chavez que les États-Unis avaient provoqué le tremblement de terre en Haïti, question de le discréditer encore un peu plus dans l’opinion mondiale.

Dans son programme hebdomadaire, Alo Presidente, Hugo Chavez a fait un appel à tous ses adversaires, à ceux qui l’accusent de tous les maux et de tous les noms, qui provoquent des actions violentes et des soulèvements qui coûtent la vie à des personnes innocentes, de recueillir les signatures nécessaires pour la réalisation d’un Référendum révocatoire visant sa destitution. En bon démocrate, il acceptera la décision du peuple, de celui-là même qui l’a porté au pouvoir. « Je demande à l’opposition, à l’oligarchie vénézuélienne, à recueillir les signatures pour réaliser un référendum révocatoire pour « voir s’ils (les Vénézuéliens) me rejettent, s’ils disent que je suis fini. »

Cet appel du Président ne semble pas être la voie choisie par ceux qui veulent sa destitution. Ils se rappellent sans doute l’utilisation, en 2003, de cette procédure qui l’avait confirmé, avec encore plus de force, dans sa fonction de Président. Pourtant ces mêmes personnes qui crient au scandale justifient tout ce qu’ils disent et font en se couvrant du voile de la démocratie et en accusant leur adversaire d’être anti-démocratique, d’agir en dictateur etc.

Nos médias qui se font, à tout le moins officiellement, les alliés de la démocratie n’auront plus d’excuse s’ils continuent de se faire le relaie de la désinformation de ceux et celles qui veulent destituer Chavez sans passer par le Référendum révocatoire. Dans leurs pages internationales, ils doivent faire écho et même soutenir la proposition de Chavez à ses adversaires de provoquer, comme le prévoit la constitution, un référendum révocatoire. C’est, dans les circonstances, la seule voie démocratique possible et les vraies démocrates et leurs supporteurs doivent y donner tout leur appui. J’espère que tous les pays qui se font les champions de la démocratie, sauront appuyer cette proposition du Président Chavez.

 
Oscar Fortin
Québec, le 2 février 2010

http://humanisme.blogspot.com