PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 27 avril 2010

NOAM CHOMSKY, UNE PENSÉE RAFRAICHISSANTE

Noam Chomsky est sans nul doute l’intellectuel le plus connu et le plus respecté dans le monde. Sa pensée est consistante et ses engagements sans équivoque. Bien connu pour ses travaux en linguistique, sa véritable spécialité universitaire, il l’est tout autant et sinon plus pour son militantisme en faveur d’une humanité où les mots liberté, démocratie, respect et croissance trouvent leur véritable sens.

Doté d’une intelligence et d’un savoir exceptionnels, il analyse les différentes facettes des pouvoirs qui façonnent nos sociétés et en partage les résultats avec tous ceux et celles qui, comme lui, rêvent d’un monde fait pour l’épanouissement des personnes et des peuples. Il dénonce les multiples formes d’exploitation et de domination. Il met au grand jour les divers visages qui couvrent l’hypocrisie, le mensonge et les tromperies. Sa lecture est une véritable bouffée d’air frais.

À ceux et celles, intéressés par la pensée et l’engagement de cet homme, je suggère la lecture de certains de ses articles publiés sur le site Le Grand Soir.


Oscar Fortin

Québec, le 27 avril 2010

samedi 17 avril 2010

SAUVER LES APPARENCES

Le Québec est actuellement secoué par des « dénonciations » qui mettent en cause son système politique, son système judiciaire et qui font ressortir l’influence prédominante de ceux et celles qui ont le pouvoir économique. La réaction des Québécois et des Québécoises est foudroyante et leur foi dans les systèmes qui encadrent leur vie sociale, politique, économique est à son plus bas.

Pourtant, il y a longtemps que l’observateur attentif et à plus forte raison l’analyste des divers systèmes qui encadrent la vie des sociétés savent que ces systèmes répondent toujours aux intérêts et préoccupations de ceux qui en détiennent les principales ficelles. Dans les démocraties représentatives, telles que nous les connaissons, les oligarchies économiques sont celles qui contrôlent la vie des partis politiques, les élections et les gouvernements qui en résultent. Les lois sont finement ficelées de manière à légitimer la plus grande liberté d’intervention des entreprises sur les richesses naturelles tout en les protégeant le plus possible des irritants d’une fiscalité qui risquerait d’en contrôler les revenus et de les assujettir aux exigences morales du Bien commun. C’est là une réalité non écrite qui s’impose dans les systèmes politiques et économiques qui nous gouvernent.

Le défi pour ces mains invisibles est justement qu’elles demeurent invisibles. Il faut que le tout apparaisse comme la résultante de ce qu’il y a de plus démocratique, de légitime et surtout de plus avantageux pour les intérêts du peuple. En somme, qu’ils soient perçus comme des gouvernements au service de l’État et du Bien commun des populations qu’ils desservent. On peut dire que dans l’ensemble, ils parviennent à se tirer passablement d’affaire, aidés en cela par une presse qui, elle aussi, n’échappe pas aux ficelles des mains invisibles. Mais il arrive des moments où cette enveloppe se fissure et laisse entrevoir ce que personne ne voudrait voir.

Il y a longtemps que des voix s’élèvent ici et un peu partout dans le monde pour dénoncer cette grande tromperie. Noam Chomsky est certainement un de ceux-là tout comme l’a été, dans son style à lui, Michel Chartrand et bien d’autres. L’Amérique latine constitue un laboratoire extraordinaire pour découvrir ces montages de pouvoirs qui se font pratiquement au grand jour. Nous avons vu, encore tout récemment, comment l’oligarchie Hondurienne, prétextant une soi disant illégalité de son Président, l’a sorti du pays par les armes. Le peuple a alors réalisé que la démocratie à laquelle il croyait n’était qu’une illusion. En Bolivie, le militant syndicaliste, Evo Morales, lorsqu’il s’est présenté pour la première fois au poste de Président, s’est fait dire par l’ambassadeur des États-Unis, une sorte de vice-roi, qu’il était encore trop jeune pour être Président et qu’il valait mieux attendre. Nous pourrions faire le tour de ces pays émergeants pour réaliser jusqu’à quel point tout le système est tricoté serré. Pour s’en sortir il leur faut revoir la composition des Cours de justice, les principaux postes des forces armées, la structure de participation des partis politiques et celle des élections. En somme ils doivent se donner une nouvelle constitution, cette fois, entérinée par le peuple et non ses prétendus représentants.

Ce n’est pas pour rien que les oligarchies et ceux qui en sont les marionnettes craignent autant les concepts comme ceux de « démocratie participative », de « constituante », de « loi anti-corruption » telle qu’élaborée actuellement en Bolivie. Il est donc important que soit coupé le cordon ombilical qui unit tout ce système aux oligarchies dominantes. Le Québec est peut-être en bonne position pour franchir une autre étape en ce sens. Je dis une autre parce que je considère que la loi sur le financement des partis politiques a été un pas important, mais de toute évidence insuffisant. Le dernier article de Jacques Noël sur ce même site confirme le fait qu’il nous faut sortir d’une certaine naïveté et aller plus loin que le cosmétique. Il faut couper le cordon ombilical entre les mains de ces puissants et le remettre entre les mains du peuple. Un défi que seuls les peuples conscientisés avec des leaders sans d’autre complicité que celle qui les unit à leur peuple peuvent relever. Je garde les yeux ouverts pour en voir venir un ou une qui saura porter cet objectif.

Oscar Fortin

Québec, le 16 avril, 2010

lundi 12 avril 2010

LAICITÉ, ÉGLISE ET PEUPLE QUÉBÉCOIS

Plusieurs interventions ont donné lieu tout récemment à des articles et commentaires portant sur la place qu’occupe l’Église catholique dans le tissu social, national et culturel du Peuple Québécois. J’ai lu l’intervention de M. Barberis-Gervais « Lucia Ferretti, le catholicisme au Québec et la religion » qui a suscité divers commentaires. D’autres interventions ont suivi dont celle de M. Claude Morin, le père de l’étapisme, et du non moins célèbre écrivain et pamphlétaire, Victor Lévy Beaulieu. Encore là, plusieurs intervenants ont voulu y mettre leur grain de sel en commentant un point ou l’autre de ces interventions. C’est donc en prenant en compte toutes ces interventions y compris la toute dernière de M. Gilles Laterrière que je me suis décidé à intervenir et à partager avec les lecteurs et lectrices de Vigile les quelques considérations qui s’imposent à mon esprit.

En tout premier lieu, certains faits s’imposent, peu importe que l’on soit croyant ou pas. Qui peut nier le fait que l’Église catholique fasse partie d’un pan important de notre histoire qui ne saurait être comprise sans en scruter les avenants et aboutissants? Les centaines de clochers d’églises qui font partie du paysage de nos villes et villages tout comme nos congés fériés de Noël et de Pâque nous en rappellent la réalité. Sainte-Anne de Beaupré, Notre-Dame du Cap et l’Oratoire St-Joseph reçoivent toujours des milliers de pèlerins chaque année. Même si une grande majorité a délaissé la pratique religieuse traditionnelle plusieurs de ces derniers n’en continuent pas moins à croire et à se faire un devoir d’aller une fois ou deux par année à l’un ou l’autre de ces centres de pèlerinage. Que cela nous plaise ou pas, les faits sont là, mais ne sont pas exclusifs au Québec. En France, en Belgique, en Italie, en Espagne les clochers sont nombreux et les jours fériés, fondés sur les croyances chrétiennes, ne manquent pas. Que les institutions religieuses avec leurs valeurs se retrouvent quelque part dans le tissu social et culturel de ces peuples ne devrait surprendre personne.

En second lieu, il est tout aussi important, pour être juste, de considérer l’Église non pas comme une réalité monolithique, mais comme une institution qui n’échappe pas aux divisions sociales et idéologiques des sociétés dans lesquelles elle évolue. Il y a le haut et le bas clergé, le premier porteur d’autorité et de pouvoir, vivant près des oligarchies, le second soumis et vivant avec le peuple. De nombreuses critiques à l’encontre de l’Église catholique s’adressent plus particulièrement à ce haut clergé, plus souvent que moins, allié des oligarchies dirigeantes. Si quelqu’un parvenait à se hisser à ce niveau et qu’il ne répondait pas aux attentes de cette classe, on trouvait vite un moyen pour l’écarter. Les plus anciens se souviendront de ce qu’on a fait avec Mgr Charbonneau, évêque de Montréal, à la fin des années 1940 et début des années 1950. Sa démission surprise en laissa plusieurs songeurs. 

En troisième lieu, il ne faut pas oublier que tous les religieux et religieuses qui ont donné consistance aux écoles et hôpitaux de l’époque étaient des Québécois et des Québécoises et que les grands mouvements de transformation des structures mêmes de la société québécoise ont été, dans bien des cas, inspirés et soutenus par d’illustres membres du clergé et de chrétiens fortement engagés. Je pense particulièrement au père Georges Henri Lévesque, o.p., qui a formé une grande partie des leaders qui allaient devenir les locomotives de la révolution tranquille. Je pense également à ceux et celles qui ont suscité la mobilisation des travailleurs et travailleuses à travers la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC) et le syndicat des travailleurs catholiques, devenu depuis lors la CSN. Dans le secteur de l’éducation, on se souviendra de la Commission Parent, présidée par Mgr Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Elle fut à l’origine de la création du Ministère de l’Éducation du Québec, au début des années 1960.

En quatrième lieu, il faut bien se rappeler que ceux et celles qui ont frappé les plus durs coups à l’Institution ecclésiale, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, sont les croyants eux-mêmes, plus préoccupés d’Évangile que de doctrines et plus solidaires d’un monde en phase d’éclatement et de transformation. Le Concile Vatican II a été longuement préparé par les mouvements ouvriers inspirés par Mgr Joseph Cardijn , par les actions des prêtres ouvriers dont le plus célèbre est l’abbé Pierre. Des théologiens exceptionnels ont dépoussiéré des pans importants d’une institution qui n’avait plus grand lien avec ses références premières que sont les Évangiles et le monde contemporain. Le Concile Vatican II a ouvert les portes à la liberté de penser et d’agir au meilleur de sa conscience pour un monde meilleur pour tous. Malheureusement, ceux et celles qui vivaient de l’Institution ont continué à s’y agripper comme si les colonnes de ce temple allaient résister au tremblement de terre provoqué par l’émergence d’un homme nouveau, d’une humanité nouvelle. Dans ce contexte, je comprends VLB qui ne veut plus rien savoir d’une religion et d’une Église qui s’accrochent à elles-mêmes, pensant ainsi détenir les vérités éternelles et voulant ramener tout le monde à ses formes de pensée d’une autre époque.

Ma cinquième et dernière considération est à l’effet que les peuples et les nations ne sont pas à la remorque ni d’une Église, ni d’une religion, mais qu’ils portent en eux-mêmes les ingrédients les plus importants qui permettent d’être toujours plus humains et toujours plus libres. Si les Églises et les religions ne parviennent pas à s’inscrire dans cette mouvance et à y apporter une énergie supplémentaire ce sera alors qu’elles sont devenues des poids lourds qu’on aurait tort de traîner sous prétexte qu’elles ont marqué notre histoire. Ceci dit, il ne faut toutefois pas jeter le « bébé » avec l’eau du bain. Dans le cas de la foi, bien des choses sont à prendre en considération. Dans un article qui remonte à un certain temps j’avais réfléchi sur la foi qui sauve et la religion qui asphyxie. Je pense que cette réflexion garde toute son actualité. C’est en tant que croyant et citoyen du monde que je remets en question certaines approches, certains comportements d’une Institution qui n’a de sens pour moi que dans la mesure où elle devient entièrement transparente aux grandes valeurs évangéliques, telles la vérité, la justice, la solidarité, la compassion et l’engagement. Sur ce dernier point, je me suis questionné un jour sur ce que seraient les véritables engagements d’un chrétien avec lesquels toute personne de bonne volonté pourrait se reconnaître. J’avais donné comme titre à cette réflexion « les sacrements de la vie ».

Pour conclure, je dirai que la foi n’est la propriété d’aucune institution, y inclus le Vatican, et que les valeurs qui portent les personnes et les peuples vers leur devenir sont celles en qui les consciences se reconnaissent et en qui elles trouvent les élans libérateurs leur permettant de porter encore plus loin l’évolution des sociétés et, à travers elles, celle de l’Humanité. Si les Églises et les religions s’inscrivent dans cette mouvance tant mieux, mais si elles en deviennent des obstacles, eh bien qu’elles disparaissent. Ma foi en Jésus de Nazareth et dans les Évangiles va dans le sens d’engagements sans équivoques au service de ces dépassements nécessaires pour rendre réels, à tous et à toutes, la vérité, la justice, la compassion, la solidarité et l’engagement. C’est là, me semble-t-il, un objectif partagé par toute les personne de bonne volonté.

Oscar Fortin

Québec, le 12 avril, 2010

samedi 3 avril 2010

JÉSUS DE NAZARETH : TÉMOIN D'HUMANITÉ

Il y a quelques années Mel Gibson a réalisé un film sur la passion de Jésus de Nazareth dont on avait alors beaucoup parlé. D’abord en raison du personnage central qui est toujours la référence principale et le fondement de la foi chrétienne, mais aussi en raison de la manière avec laquelle le réalisateur raconte cette passion et évoque les motifs qui le conduisent jusqu’à la mort sur la croix.

Certains commentateurs avaient, alors, apporté un éclairage important sur le caractère plus ou moins historique, au sens que nous l’entendons aujourd’hui, de certaines références, paroles, attitudes ainsi que de l’importance accordée à certains épisodes de cette passion. Ils confirmaient toutefois le caractère tout à fait historique de ce Jésus, « un homme sage ayant fait de nombreux disciples parmi les juifs et les non juifs, condamné à mort par Pilate, à la suggestion des notables.»

Les historiens et exégètes discuteront, sans doute encore longtemps, de l’intensité religieuse et politique de l’évènement. N’empêche qu’il a mobilisé dès les débuts suffisamment de monde pour donner naissance à ce qui deviendra par la suite la chrétienté. Ce n’est pas n’importe quel évènement qui peut avoir un tel effet. À ce titre le témoignage des premiers chrétiens doivent également s’ajouter au témoignage de l’historien Flavius Josèphe.

Au-delà des lectures historiques que nous pouvons faire du récit de la passion du Christ, il y a la lecture politique, théologique et mystique de l’évènement. Si nous sommes choqués par la violence de la flagellation et de la crucifixion, il ne faudrait pas oublier que la haine et l’acharnement de cruauté dont nous sommes témoins, nous la portons tous quelque part en nous. L’histoire des peuples, des Églises de tous les temps et de tous les continents regorgent de ces horreurs. Si nous pouvions voir, par la magie d’un laser spirituel, ce qui se passe dans les prisons de chacun de nos pays, dans les chambres de tortures et dans les lieux secrets où se décident les guerres, les images projetées dans le film n’en seraient qu’un reflet.

Tout en visionnant le film, je voyais Victor Jara, un chanteur chilien, que les militaires frappaient et torturaient au vu et au su de milliers de prisonniers retenus au Stade nationale de Santiago du Chili au lendemain du Coup d’état militaire du 11 septembre 1973. On lui coupait les doigts morceaux par morceaux en lui demandant de continuer à jouer de la guitare et à chanter.

Je voyais également cet uruguayen fait prisonnier en Argentine sous les militaires. Il s’appelait Miguel Angel Estrella et était un grand joueur de piano. On lui entrait des épingles sous les ongles et on lui demandait de jouer du piano sur le dessein d’un clavier placé sur une table… Combien d’autres ont passé par la même école de la torture et de la mort dont les formes n’ont d’égales que l’atrocité dont l’imagination humaine peut être capable. Un tortionnaire chilien s’est livré à une journaliste et raconte les diverses tortures dont il a été l’auteur. Son récit se retrouve dans un livre intitulé « ROMO, confessions d’un tortionnaire ».

Des histoires d’horreurs comme pas possibles. Tout cela avec la bénédiction des biens pensants de nos sociétés, de nos églises et de la masse des gens plus ou moins informés de ces horreurs. Nous ne sommes pas différents de ceux et celles qui ont conduit Jésus à la flagellation, à la croix et à la mort. Notre responsabilité est peut-être encore plus grande parce qu’après deux mille ans nous devrions savoir.

Au-delà de cette fresque de la souffrance humaine, le Jésus de la Passion nous indique une voie à suivre pour sortir de ce cercle vicieux de la violence. Le film ne laisse aucune ambiguïté quant à la nature de cette voie.

Pierre doit rengainer son épée. L’humanité pour laquelle il risque tout n’est pas celle qui émerge de la puissance des armes, de la force des armées.

Il nous dit qu’il faut aimer ses ennemis, ce qui est tout le contraire de les persécuter, de les torturer et de les tuer.

Il nous invite à nous ouvrir à la vérité, ce qui est loin du mensonge systématique, de la tromperie et de l’hypocrisie et de toutes les formes de manipualtion.

À ce titre, je ne partage pas la conclusion de certains qui craignent que ce film vienne renforcer les croisés de la guerre pour le bien, comme pourrait le souhaiter « une certaine Amérique de l’après 11 septembre.» Bien au contraire, aucune guerre ne peut être menée sous la bannière de ce Jésus que nous présente Gibson. Il est tout à l’opposé de ceux qui cherchent à bâtir une Humanité sur les forces de la domination ou d’un empire enveloppé de valeurs chrétiennes, mais sans justice, sans partage, sans pardon, sans oubli de soi, sans universalité de valeurs partagées. Ce Jésus va chercher l’irrationnel de l’amour qui transcende les contradictions de la haine, de la cruauté, des ambitions de pouvoir pour en faire la loi de la nouvelle humanité appelée à vivre dans une Humanité tricotée serrée dans l’amour et le respect. Cet amour est toutefois sans compromis avec ces forces dont le seul objectif est de protéger les privilèges acquis et d’écarter ceux et celles qui en dénoncent l’escroquerie.

Nous sommes loin de la course aux armements, des guerres préventives ou de conquêtes, des jugements sommaires noyés dans la manipulation de l’opinion publique. Si les « notables » du temps sont parvenus à manipuler l’opinion de la foule pour sauver Barabbas et à faire condamner Jésus de Nazareth, les « notables » d’aujourd’hui arrivent à en faire tout autant avec les moyens de communication dont ils disposent pour faire condamner des innocents et faire libérer des coupables.

Nous sommes encore loin de l’humanité à laquelle nous convie ce Jésus de Nazareth, toute à l’opposé de celle que génèrent les pouvoirs de domination et de manipulation fondées sur le pouvoir des armes et des moyens de communication.

Croyants ou non croyants, une humanité est à bâtir et il nous appartient de choisir la voie qui lui permettra d’émerger une fois pour toute dans la justice et le respect de tous. Ce n’est donc pas une question de juifs et non juifs, mais une question de foi en une Humanité faite pour autre chose que les guerres et les souffrances. C’est le défi que nous lance cet homme de la Passion de Mel Gibson ainsi que celui des Évangiles.

Oscar Fortin

Québec, le 3 avril 2010

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