PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 31 janvier 2011

LA GUERRE DES GUERRES


Quelque chose de nouveau se dégage du panorama mondial, quelque chose qui n’apparaissait pas avec autant de clarté que ce n’est le cas aujourd’hui. Les peuples s’éveillent et comprennent mieux que quiconque ce quelque chose de nouveau. C’est que les rideaux derrière lesquelles se cachent les tireurs de ficelles, ceux et celles qui commandent les pouvoirs politiques, judiciaires, financiers, tombent. Ils apparaissent maintenant sans masque, à découvert tant dans leur cupidité que dans leurs manipulations et leurs mensonges. Ils ne peuvent plus se cacher ni dissimuler leur mesquinerie et leurs crimes. Les sépulcres blanchis à l’intérieur desquels ils y dissimulaient leur pourriture viennent d’éclater.

Nous n’en sommes plus à des différents idéologiques, à des ambitions du pouvoir pour le pouvoir, à des choix démocratiques entre un parti et un autre, mais à un saut qualitatif dans la conscience du pouvoir des peuples à assumer eux-mêmes leur propre destinée. Éclairés et soutenus par la présence de nouvelles technologies, surtout celles de l’information alternative et des communications, ils peuvent détecter les faussaires qui se paient leur tête et les mettre à la porte. Ils ont vaincu la peur. Ils ont retrouvé une nouvelle solidarité.

Lorsque le peuple vénézuélien se soulève, en 2002, pour chasser les putschistes et ramener leur Président là où il l’avait placé trois ans plus tôt, il a alors donné un signal que le temps des tricheries était fini. Lorsque le peuple bolivien, en 2008, a fait sa longue marche vers le Parlement pour y rejoindre son Président, en grève de la faim depuis plusieurs jours, il a démontré que le véritable pouvoir leur appartenait et que les sénateurs devaient s’exécuter pour approuver leur nouvelle constitution. Maintenant ce sont les peuples du Moyen Orient qui se lèvent et disent c’est assez. La Tunisie, l’Égypte et d’autres qui suivront voient les chaînes avec lesquels on les retient dans la pauvreté, la misère et, sans doute plus que tout, dans la tromperie, la tricherie, le mensonge, la manipulation, le vol pur et simple. Cette prise de conscience frappe de plein fouet leur dignité comme personne et comme peuple. Ils sont indignés, blessés et en colère.

De toute évidence les enjeux de ces changements de garde et de gardiens ne se réaliseront pas sans que les grands joueurs des pouvoirs dominants essaient de reprendre le contrôle de la situation, non plus avec la force des armes, mais en se fondant dans le peuple, un peu comme des caméléons, pour encore une fois le manipuler plus subtilement. Déjà, nos médias font ressortir certaines figures qui émergent de ces foules. Il faudra de la clairvoyance et de cet instinct qui permet de détecter les faussaires. Quoi qu’il en soit, la situation à venir ne pourra plus être de même nature que celle qui est dénoncée et combattue par les peuples porteurs d’une conscience nouvelle des réalités sociales et politiques.

Dans le livre de l’Apocalypse, il y a une façon d’identifier ces sépulcres blanchis et le sort qui les attend.

« Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de soufre : c'est la seconde mort. " » Apocalypse 21,8



Oscar Fortin,

Québec, le 31 janvier 2011

vendredi 28 janvier 2011

LE CONTENU DE MA FOI


Dans toute profession de foi, il y a un noyau dur, un noyau incontournable qui ne saurait être dilué par quelques autres considérations, si nobles puissent-elles être. Dans la foi chrétienne, personne ne peut contester le fait que Jésus de Nazareth est la pierre angulaire, le personnage central, celui sans lequel aucune des églises chrétiennes ne sauraient exister. De même, personne ne peut ignorer le Père auquel il se rattache et dont il se dit être la transparence parfaite : « qui me voit, voit le Père ». C’est d’ailleurs ce dernier qui dira, parlant de Jésus au moment de son baptême par Jean-Baptiste, « Tu es mon fils bien aimé, il m’a plus de te choisir » (Mc 1,11) et, plus tard, il dira par l’intermédiaire de Paul « qu’en le ressuscitant des morts, il est l’homme qu’il a choisi pour juger avec justice le monde. » (Act. 17, 31)

Jésus de Nazareth est donc celui qui révèle à l’humanité entière le véritable sens de ce « règne du Père » auquel tous et toutes sont appelés à se rallier pour en devenir des artisans et des témoins. Un règne, pas comme les autres. Au pouvoir de l’avoir, il substitue celui de la solidarité et du partage, au pouvoir de domination et de conquête, il substitue celui du service et de l’entraide, au pouvoir du paraître, il substitue celui de la simplicité et de la liberté.

Ce règne du Père, inauguré par Jésus de Nazareth, frappe de plein front l’ordre des pouvoirs qui se sont imposés au monde. La vérité se substitue à l’hypocrisie et au mensonge, la justice se substitue à l’exploitation et à la domination, la vie se substitue aux guerres et aux violences sur toutes ses formes, la miséricorde et la compassion se substituent à la suffisance et à la dureté des cœurs.

La conversion n’est-elle pas ce passage à cette nouvelle manière d’être, à ce nouveau règne du Père sur terre? « Que ta volonté soit faite sur terre, comme au ciel. » Ce sens de la conversion ne se laisse-t-il pas découvrir en regardant Jésus vivre avec ses proches, ses disciples, les foules, les exclus, les malades, les pécheurs, les autorités en place? Également, n’est-il pas quelque part dans tout ce qui interpelle, questionne, dérange ?

C’est donc, avec cet arrière plan, que Je me suis soumis à cet exercice de dire en quoi consistait le noyau dur de ma foi. J’ai pensé que le résultat obtenu serait de nature à en intéresser un certain nombre.

LE NOYAU DUR DE MA FOI

JE CROIS
En Jésus de Nazareth, révélation parfaite du Père,
En sa fidélité absolue à SA Volonté sur terre.

JE CROIS
En l’homme ressuscité par le Père,
Établi pour juger les humains de la terre.

JE CROIS
En ce Règne du Père sur terre,
À un homme nouveau, à une humanité nouvelle.

JE CROIS
En l’Esprit qui distribue ses dons comme bon il l’entend,
En son action de transformation des coeurs.

JE CROIS
En la vérité qui libère et ouvre les esprits,
Qui lève le voile sur les hypocrisies et les tromperies.

JE CROIS
En la justice qui s’étend à tous les humains de la terre,
Qui brise les chaînes de l’ignorance et de la dépendance.

JE CROIS
En la vie qui met fin aux guerres et au saccage de l’univers,
Qui apporte espérance et beauté sur terre.

JE CROIS
En la miséricorde qui fait tomber les barrières de la confrontation,
Qui élève et libère les esprits et les coeurs.

JE CROIS
En l’amour qui fait grandir l’humain dans tout ce qu’il est,
En la solidarité qui unit au-delà de toutes les frontières.

JE CROIS
En la maison du Père ouverte à tous les humains de la terre,
En des cieux nouveaux, en une terre nouvelle.

JE CROIS
En la mission des apôtres et des prophètes
En celle de toutes les personnes de bonne volonté.

JE CROIS
Au MÉMORIAL qui confirme notre foi en Jésus ressuscité,
Qui actualise sa parole et son témoignage d'amour.

JE CROIS
En la communauté des croyants unis à Jéus de Nazareth,
En toutes les personnes de bonne volonté oeuvrant pour un monde nouveau.

Oscar Fortin

Québec, le 28 janvier 2011

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samedi 22 janvier 2011

LETTRE AU MINISTRE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES DU CANADA

Québec, le 22 janvier 2011

Honorable Lawrence Cannon, ministre des Affaires extérieures

Parlement canadien


Honorable représentant du peuple canadien,


Je viens de lire votre déclaration demandant au gouvernement d’Haïti de se soumettre aux recommandations du Rapport de l’OEA sur le premier tour des élections présidentielles. Vous savez, autant qu’un certain nombre d’entre nous, que cette intervention de l’Organisation des États américains (OEA) répond d’abord et avant tout à la volonté de Washington de modifier les résultats annoncés, plaçant Jude Célestin, candidat du parti gouvernemental, au second rang et, à ce titre, participant au second tour. Dans cette démarche, Mme Clinton a pu compter sur vous, sur le Secrétaire de l’Organisation des États américains (OEA) ainsi que sur la France, fort préoccupée par cette présence de M. Célestin.

Vous connaissez très bien l’OEA, ceux qui en sont les membres, ainsi que celui qui y agit en tant que Secrétaire général. Je n’ai pas à vous faire un dessein pour vous convaincre que ce dernier, M. Insulza, est un allié fiable sur lequel le Canada et les États-Unis peuvent compter. Il en a donné la preuve lors du coup d’État militaire au Honduras et encore tout récemment en faisant une déclaration, tout à fait hors de ses responsabilités de mandataire, contre la loi habilitante, votée par l’Assemblée nationale du Venezuela. Ce ne fut donc pas difficile de le convaincre de créer une commission spéciale de vérification de ce scrutin, jugé inacceptable dans le cadre des intérêts de Washington, de la France et du Canada. Par pur hasard, les trois pays sollicités par l’OEA pour composer l’équipe de vérification furent les mêmes qui exigèrent cette vérification. Des sept membres choisis, six étaient de ces pays. Il ne fallait pas être devin pour anticiper la conclusion principale, à savoir le passage de Célestin du deuxième rang au troisième rang et de Martelly, du troisième au second. Une opération beaucoup moins couteuse qu’un coup d’État, comme celui du Honduras ou encore celui du Venezuela, en 2002. Une simple prise de contrôle du scrutin suffit.

Par rapport au scrutin analysé par les spécialistes de l’OEA, je vous réfère à une étude indépendante réalisée par le Center for economic and policy research (CEPR) qui se demande comment l’OEA et le Conseil électoral provisoire (CEP) ont pu valider un tel scrutin. D’abord, les auteurs relèvent le taux de participation qui ne dépasse pas 22.9% de l’ensemble de l’électorat. De plus, Ils font ressortir que les deux candidats retenus pour le second tour ne vont chercher respectivement que 6% et 4% des votes de l’ensemble de l’électorat haïtien. Sur cette simple base, parler de démocratie et d’élection valide, est déjà fort problématique. Que dire maintenant de l’exclusion du parti le plus populaire, celui de M. Aristide, le Fanmi Lavalas? Une exclusion difficilement justifiable dans un contexte où il est question de démocratie. De quoi soulever de sérieuses questions sur le caractère démocratique d’un tel scrutin. Et maintenant que dire de la manipulation des votes, de l’achat des votes, de la corruption infiltrée à tous les niveaux des acteurs en présence? Voici ce qu’en disent les auteurs du Rapport :

« En se basant sur le nombre d’irrégularités, il est impossible de déterminer qui devrait accéder au second tour. S’il y a un second tour, il sera basé sur des suppositions et/ou des exclusions arbitraires. Le rapport note que les plus grands problèmes dans le processus électoral ont eu lieu avant le jour du suffrage : l’interdiction de scrutin d’une douzaine de partis (dont le parti le plus populaire), et la « tache gargantuesque » de tenter d’enregistrer des centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays, une tache qui fut clairement un échec retentissant. »

Je suis convaincu de ne vous apprendre absolument rien en vous disant ces choses. Vous les savez encore mieux que moi et c’est là, justement, où le bas blesse. En effet, vous trompez les canadiens en taisant ces choses et vous videz de leur sens des mots qui ne devraient être utilisés qu’avec beaucoup de respect et de responsabilité. Lorsque vous parlez de la communauté internationale vous parlez du Canada, des États-Unis, de la France et de quelques autres alliés. Vous savez que la communauté internationale comprend 192 États et qu’on ne peut parler en son nom sans un certains sens de la responsabilité. Il en va de même pour le mot démocratie dont le sens est celui qui met directement le peuple en lien avec le pouvoir politique. Malheureusement, l’usage qui en est fait le plus souvent est pour couvrir des combines politiques, des intérêts corporatifs et oligarchiques.

Le Canada est un grand pays aux idées diversifiées et aux orientations souvent des plus contradictoires. Il y a toutefois un patrimoine fondamental de concepts qui ne doivent pas être récupérés et servir de couverture à n’importe quoi. C’est le cas pour la démocratie, la communauté internationale, le droit international, les droits humains. Plus importants encore sont ceux de la vérité, de la justice, de la liberté et de la solidarité. Le discours que vous maintenez ne peut que servir la désinformation des canadiens et, de ce fait, la démocratie pour laquelle nos soldats acceptent de faire la guerre, tuant et risquant leur propre vie.

Monsieur Cannon, l’élection d’un gouvernement ne se fait pas à Washington, mais ici au Canada. Je sais que les élus canadiens sont vite courtisés, aussitôt l’élection terminée, par les lobbies qui viennent de Washington et d’ailleurs. Toutefois, nous osons espérer que nos élus aient suffisamment d’étoffe et de fierté nationale pour leur résister et demeurer fidèle à leur électorat canadien et à leurs valeurs.

Parfois, il m’arrive de regretter ce temps de l’Honorable Lester B. Pearson, prix Nobel de la paix, au début des années 1960. Le Canada d’alors avait une personnalité internationale qui inspirait respect. Maintenant, il donne plutôt l’impression d’être un appendice de son voisin du sud dont les intérêts de solidarité ne sont pas les mêmes que les nôtres.

Oscar Fortin

Québec, le 22 janvier 2011


http://www.haitilibre.com/article-1963-haiti-social-les-causes-de-l-echec-de-la-communaute-international-en-haiti.html

http://www.vigile.net/Comment-reprendre-le-controle-d-un

http://www.cepr.net/index.php/other-languages/french-press-releases/une-verification-independante-des-resultats-des-elections-a-haiti-revele-des-irregularites-massives-au-dela-de-celles-constatees-par-loea-et-le-cep

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22866


vendredi 21 janvier 2011

RENÉ PRÉVAL MENACÉ D'EXIL


La journaliste Amy Wilentz du Los Angeles Times a écrit cette fin de semaine que « selon plusieurs sources, incluant le président lui-même, la communauté internationale a menacé Préval d’exil immédiat s’il ne se soumettait pas à son interprétation des résultats électoraux. »

Nous comprenons que la « communauté internationale » dans le cadre de ce texte correspond surtout aux États-Unis, France et Canada, les trois pays identifiés par l’OEA pour procéder au recomptage des votes du premier tour. Sur les sept spécialistes participant à cet exercice 6 étaient en provenance de ces trois pays. Il est pertinent de signaler que la France, ne faisant pas partie des pays membres de l’OEA, n’en a pas moins été partie prenante à cette opération. Allons savoir pourquoi?

Hier, au Conseil de sécurité des Nations Unies, la représentante des États-Unis, Mme Rice, a exigé que le président Préval accepte dans son intégrité le rapport de l’OEA qui élimine du second tour la participation du candidat du gouvernement, Jude Célestin, pour celle de Martelly, le chanteur, arrivé troisième au premier tour. Le lien sur ce troisième candidat que l'OEA veut faire passer au deuxième rang nous décrit quelque peu le personnage qu'il est.

« L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Susan Rice, a exigé des autorités haïtiennes «un processus crédible qui représente la volonté du peuple haïtien». Mme Rice, qui s'exprimait devant le Conseil de sécurité, a appelé le Conseil électoral haïtien à «mettre en œuvre les recommandations de l'OEA», qui a constaté des fraudes. «Nous exhortons les autorités haïtiennes à définir une voie très claire qui mènera rapidement à l'investiture d'un gouvernement démocratiquement élu et légitime», a-t-elle déclaré, réclamant la mise en place d'un «calendrier crédible». Le Devoir, 21 janv.

Il n’y a pas de doute dans l’esprit de Mme Rice que le processus ne saurait être crédible que dans le cadre de l’acceptation intégrale du Rapport de l’OEA dont les principaux auteurs sont les mandataires des États-Unis, de la France et du Canada. À l’entendre, l’urgence d’un « gouvernement démocratiquement élu et légitime » est manifestement au cœur de ses préoccupations et de celles du Gouvernement qu’elle représente.

Dans un article publié récemment, je rapporte les données d’une étude indépendante réalisée par le Center for économic and Policy research (CEPR). Les auteurs se demandent comment l’OEA, présente comme observatrice lors du premier tour de scrutin, et le Conseil électoral provisoire (CEP) aient pu reconnaître la validité de ce premier tour. Avec un taux de participation de 22.9%, des fraudes nombreuses à tous les niveaux des partis, et des résultats donnant pour le second tour des candidats ne recueillant que 6% et 4 % de l’ensemble de l’électorat haïtien, on ne peut que se demander comment y reconnaître l’expression d’une véritable démocratie dont le fondement est le « pouvoir du peuple pour le peuple »? À juste titre les auteurs de l’étude du CPER se questionnent sur la validité d’une telle élection.

« En se basant sur le nombre d’irrégularités, il est impossible de déterminer qui devrait accéder au second tour. S’il y a un second tour, il sera basé sur des suppositions et/ou des exclusions arbitraires. Le rapport note que les plus grands problèmes dans le processus électoral ont eu lieu avant le jour du suffrage : l’interdiction de scrutin d’une douzaine de partis (dont le parti le plus populaire), et la « tache gargantuesque » de tenter d’enregistrer des centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays, une tache qui fut clairement un échec retentissant. »

Encore une fois, faut-il le noter, la communauté internationale, dans le présent cas, se ramène à la volonté des États-Unis et de ses alliés les plus proches. Ils n’ont rien à faire d' un gouvernement démocratiquement élu et légitime. Ce qu’ils veulent, c’est de garder le contrôle des pouvoirs en Haïti. Les pressions et même les menaces exercées sur l’actuel Président indiquent jusqu’où ils sont prêts à aller pour garder ce contrôle. À croire qu’ils s’accommoderaient plus facilement avec un Jean-Claude Duvalier, dictateur à l’allure d’un repenti.

Oscar Fortin

Québec, le 21 janvier 2011

lundi 17 janvier 2011

LE DICTATEUR "REPENTI" DE RETOUR EN HAÏTI

SERAIT-IL L’ÉLU DE LA FRANCE ET DE WASHINGTON?

Les grands stratèges des puissances qui veulent le bien du peuple Haïtien n’ont pas dit leurs derniers mots. Il y aura bientôt un Président qui arrivera au terme de son mandat sans qu’il y ait de successeur d’élu. De plus, il est peu probable qu’un second tour puisse être organisé à court terme. Le rapport soumis par l’OEA ne semble pas convaincre le Conseil électoral provisoire, ni le Président Préval. Des troubles sont donc à prévoir, rendant la tenue d’un second tour plutôt problématique.

Nous savons depuis longtemps que Washington et la France ne veulent pas que l’actuel Président prolonge son mandat, pas plus qu’ils ne souhaitent que Jude Célestin, le candidat du Gouvernement, ait quelque chance d’accéder au second tour et à la Présidence. Surtout pas question qu’Aristide revienne au pays. Alors, il faut imaginer un scénario, type hollywoodien, qui pourrait répondre prioritairement aux attendes de la France et de Washington tout en permettant de contrôler les sauts d’humeur du peuple.

Hier soir, est arrivé, comme par surprise, l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, président « à vie » d’Haïti. Déjà nos journaux officiels préparent nos cœurs et nos esprits à voir en ce retour du dictateur sanguinaire, que l’on dit repenti, le commencement d’une ère nouvelle. D’ailleurs, à son arrivée à Port au Prince, il a baisé, comme le font les papes, le sol de sa terre natale, geste plein de dignité et de respect. En somme, s’il a été un dictateur et un fraudeur de la pire espèce, il revient avec l’âme d’un repenti et d’un missionnaire. Déjà, nous rapportent les journaux, certains disent qu’à l’époque de Duvalier le pays avait plus de stabilité et que la sécurité était plus grande. De quoi, évidemment, faire rêver en ce temps de crise mais aussi faire oublier que la stabilité et la sécurité, à cette époque, étaient dues non pas à la satisfaction des besoins du peuple, mais à la machine infernale de répression des tontons macoutes. De cela, les articles ne parlent pas trop.

Des bulletins d’information disent que la secrétaire d’État des États-Unis, Mme Hilary Clinton se rendra en Haïti, ce lundi-ci, ainsi que le secrétaire général de l’OEA, Jose Insulza. Il n’est pas dit s’ils allaient loger au même Hôtel où loge l’ex-dictateur. Cette simultanéité de la présence de ces trois personnages à ce moment-ci, augure quelque chose d’inédit. Quoiqu’il en soit, s’ils sont là, c’est de toute évidence pour le plus grand bien du peuple et de la démocratie. Comment penser un seul instant qu’ils puissent en être autrement ? Ne sont-ils pas « la communauté internationale » et la « conscience des peuples »?

Il m’arrive d’imaginer cet échange sur Haïti entre Obama et Sarkozy lors de leur toute dernière rencontre. (Obama) « Pourquoi pas un dictateur, converti en sauveur du genre Jean-Claude Duvalier? Il a encore des contacts dans le milieu et il pourrait compter sur le soutien de nos deux pays. (Sarkozy) À y regarder de plus près, la démocratie lorsqu’un peuple ne veut pas comprendre, est impossible. Un bon dictateur saura mettre de l’ordre et apporter de la sécurité. (Obama) Les investisseurs pourront travailler à la reconstruction d’Haïti, sachant que l’argent de la reconstruction est toujours là entre les mains de Bill Clinton et qu’ils seront bien payés. (Sarkozy): "Ce n'est pas lui qui va oser réclamer à la France les milliars de dollars réclamés par le gouvernement d'Aristide." (Obama et Sarkozy) « Avec Jean-Claude Duvalier nous aurons une personne sur qui nous pourrons compter pour faire régner la sécurité et la paix dont nous avons besoin. »

Si ce pauvre peuple d’Haïti a déjà été indépendant en 1804, il est temps qu’il réalise que son destin lui a échappé depuis longtemps. Mais jusqu’à quand?

Oscar Fortin
Québec, le 17 janvier 2011
http://humanisme.blogspot.com/

dimanche 16 janvier 2011

LA BÉATIFICATION DE JEAN-PAUL II

UNE BÉATIFICATION QUI NE REJOINT PAS TOUT LE MONDE DE LA MÊME MANIÈRE, MÊME PAS LES CROYANTS QUI SONT SOUVENT TRÈS LOIN IDÉOLOGIQUEMENT LES UNS DES AUTRES. UNE BÉATIFICATION QUI EN RÉJOUIRA CERTAINS ET EN LAISSERA D’AUTRES DANS LA PLUS TOTALE INDIFFÉRENCE. MAIS AUSSI UNE BÉATIFICATION QUI N’EST PAS SANS SOULEVER DE SÉRIEUSES QUESTIONS SUR LES ENGAGEMENTS POLITIQUES DE JEAN-PAUL II ET DE SES LIENS PRÉVILÉGIÉS AVEC LES ADMINISTRATIONS AMÉRICAINES.

 


1. 1. La joie de gens humbles et sincères


Il ne fait pas de doute que la Béatification de Jean-Paul II, comble de joie des milliers d’admirateurs et d’admiratrices qui l’ont vu ou suivi dans ses bains de foule lors de ses nombreux voyages à travers le monde. À n’en pas douter, il était investi d’un charisme qui lui gagnait facilement l’admiration et la sympathie des gens humbles, des gens de bonne foi, tous heureux et toutes heureuses de voir et d’entendre de si près l’homme et le pasteur. Sous bien des aspects, il était devenu une « star » comme le deviennent les chanteurs, les groupes musicaux, les grands sportifs, les vedettes de cinéma. Sa personnalité et son charisme en faisaient naturellement un personnage qui atteignait le sommet de sa forme lorsqu’en présence de foules enthousiastes.

1. 2. La joie de croyants intégristes et traditionnalistes

Cette béatification réjouira particulièrement ceux et celles dont la foi s’exprime et se reconnaît davantage dans les formes traditionnelles de l’Église que dans celles, plus modernes, générées par Vatican II. Jean-Paul II aura su mettre à l’ombre certaines réformes pour redonner de la vigueur à des formes plus traditionnelles de la pratique religieuse. Sur le plan doctrinal, il a mis à l’avant scène de ses grands combats, entre autres, les contraceptifs, le mariage des personnes de même sexe, l’avortement, le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, le communisme et la théologie de libération. Sur le plan administratif, il n’aura pas donné beaucoup de substance à la collégialité, voulue par Vatican II. Pendant ses 27 années de son Pontificat, il aura renouvelé presqu’en totalité l’ensemble des évêques et des cardinaux. Inutile de dire que les orientations doctrinales et pastorales de ces nouveaux élus correspondaient, autant faire se peut, à celles du Pape. D’ailleurs, à partir de 1989, tous les élus à ces fonctions devaient faire un serment dans lequel ils reconnaissent, même sur des questions non définitivement clarifiées, « qu’ils adhèrent aux doctrines énoncées par le Pontife Romain ou par le Collège des Évêques, lorsqu’ils exercent le magistère authentique, même s’ils n’entendent pas les proclamer par un acte définitif. » Tout, en somme, pour rassurer et plaire aux tendances les plus conservatrices de l’Église et faire taire toute dissension au sein de l’épiscopat. Plusieurs y verront une influence directe de l’Opus Dei dont la présence est grande au Vatican et que certains considèrent comme la main cachée qui décident des nominations, y incluse de celle des papes. En somme, le pouvoir avec tout ce qu'il y a de plus humain, mais aussi, de plus malsain.

1. 3. L’indifférence d’un grand nombre

Pour plusieurs autres, il faut le dire, cette béatification, comme toutes les autres, ne signifie vraiment plus rien. C’est là une pratique héritée de siècles passés qui ne cadre plus avec les temps que nous vivons. D’ailleurs, quelle crédibilité peut-elle avoir alors qu’elle laisse de côté de véritables martyrs comme c’est le cas de Mgr Romero au Salvador et de nombreux autres prêtres et laïcs, assassinés pour la cause de leurs engagements, au nom des Évangiles, auprès des pauvres, et qu’elle a déployé un zèle rarement vu pour placer sur les autels le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escrivá de Balaguer, proche de Franco et de dictateurs latino-américains?

Les gens ne sont pas sans se rendre compte qu’il y a là, comme dans tous les pouvoirs, des jeux de coulisse, d’influence qui conduisent certains, plus vite que d’autres, aux honneurs d’une médaille, d’une promotion honorifique et, dans le cas de l’Église, d’une béatification et d’une canonisation. Cette procédure de l’Église n’a pas pour effet de modifier le sort réservé aux défunts dans l’autre monde où les conduit leur destin. S’ils sont avec Dieu, ils y demeurent, et s’ils n’y sont pas, ils ne le seront pas plus avec la béatification. L’objectif est de donner des modèles de vie au monde, mais cela ne peut se faire sans qu’interviennent des considérations idéologiques et, du fait même, partisanes. Le prêtre ou l’évêque assassiné en Pologne par des communistes sera vite considéré comme un martyr à imiter. Par contre, ce même prêtre ou évêque assassiné par des dictatures militaires latino-américaines sera plutôt considéré comme suspect. En faire un exemple de foi serait malsain pour la communauté.

1. 4. Des engagements politiques discutables

Un des points fort discutable du règne de Jean-Paul II est celui du rôle politique qu’il a joué en Amérique latine. Il aura été un ardent collaborateur des politiques du président Reagan, entre autres, dans sa lutte contre le gouvernement Sandiniste et les forces révolutionnaires dans les autres pays de la région. On se souviendra de sa visite au Nicaragua, en 1983, où il s’est présenté comme un véritable chevalier qui allait remettre ce pays sur la voie de la démocratie et de la liberté. Les trois prêtres, participant à ce gouvernement à des postes ministériels importants (éducation, culture, relations extérieures) et cautionnant par leur présence, toujours selon Jean-Paul II, le caractère "soi disant" communiste et athée de ce dernier, seraient mis au pas. Comment ne pas se souvenir de ce ministre de la Culture, ce prêtre poète, Ernesto Cardenal, qui l’attendait à sa descente d’avion? Agenouillé pour recevoir sa bénédiction, il a plutôt eu droit à une remontrance et à une démonstration d’autorité qui ne témoignait pas beaucoup du bon pasteur que nous présente le Jésus des Évangiles. Quant à la célébration eucharistique, devant des dizaines de milliers de personnes, elle ne fut guère mieux. Son discours, inspiré par les opposants au régime, devenait tout autant une insulte pour les partisans et partisanes du gouvernement et qu’une ingérence inacceptable pour le gouvernement. Il n’a eu aucun mot pour condamner les « contras », cette force de mercenaires, financée par le gouvernement Reagan et l’Irangate, cherchant à renverser le gouvernement sandiniste. La veille, seize personnes avaient été tuées par ces mercenaires et les mères de ces victimes souhaitaient que le Pape leur dise quelques mots d’encouragement et prie pour leurs fils et leurs filles tombées sous les balles de ces mercenaires. Il n’en fut rien. La cérémonie s’est terminée dans la confusion et il est vite reparti bredouille prendre son avion. Ces croyants et croyantes n’avaient pas reconnu le messager de l’Évangile, mais celui de Reagan.

Le père Ernesto Cardenal a raconté par la suite cette visite pas tout à fait comme les autres. Un récit fort intéressant à lire sous le lien placé plus haut.

Un autre moment fort aura été sa visite à Santiago du Chili, en 1987, toujours sous la direction du dictateur Augusto Pinochet. Le monde était en attente d’un Jean-Paul II capable, comme il l’avait été en Pologne, de parler haut et fort. Il s’attendait qu’il dénonce ces milliers d’assassinats, ces dizaines de milliers de torturés, de prisonniers et d’expatriés. Il a plutôt parlé du respect des libertés fondamentales, une manière bien diplomatique de ne pas entrer dans les détails. Le peuple Chilien s’attendait à ce qu’il parle de la démocratie, bafouée depuis 1973. Il n’en fut rien. Il a plutôt réservé une bénédiction spéciale à Pinochet et à ses proches.

Dans ses interventions publiques il s’est fait très discret. Si ce n’eut été de cette intervenante, lors de la messe papale, qui, laissant soudainement de côté le texte qu’on lui avait préparé, se mit à raconter au Saint-Père la douleur d’un peuple qui avait été victime d’un coup d’État militaire suivi d’une répression sanglante comme jamais auparavant, personne n’aurait entendu parler des arrestations arbitraires, des assassinats, des disparitions, des tortures, des emprisonnements et des dizaines de milliers d’expatriés. La foule a applaudi comme si une rosée du matin leur tombait dessus. Cette femme avait dit ce que Jean-Paul II n’avait osé dire, lui qui s’était pourtant montré si brave devant le peuple du Nicaragua et si courageux devant les dirigeants de sa Pologne natale.

Inutile de dire que tous ces beaux personnages sur la tribune d’honneur ne savaient plus où se mettre. Il fallait que ce soit cette femme toute frêle qui dise ces choses au risque même de sa propre sécurité.

1. 5. La Médaille de la liberté

C’est sans doute cette collaboration apportée aux politiques des États-Unis dans le monde et particulièrement en Amérique Latine et en Union Soviétique qui lui aura mérité cette médaille de la liberté que G.W. Bush lui a remise lors d’une visite planifiée à cette fin au Vatican, en 2001. Les partisans de ce type de liberté s’en sont réjouit, mais ceux qui en sont les victimes et les exclus, n’ont pu qu’en être profondément tristes. Le Seigneur n’a-t-il pas dit que « seule la Vérité vous rendra libre », mais voilà que cette médaille est remise par celui-là même qui allait mentir ouvertement au monde pour justifier l’invasion de l’Irak. Un mensonge qui s’ajoutait à bien d’autres.

CONCLUSION

Jean-Paul II est certes un monument que l’histoire ne saurait ignorer. Bien des questions demeurent toutefois sans réponse et bien des interventions demandent des éclaircissements. Le temps permettra d’y voir plus clair. Il est toutefois dommage qu’il ait demandé, avant de mourir, que l’on détruise ses archives personnelles. Sans doute une source d’information importante pour comprendre ces moments de l’histoire à laquelle il a été si étroitement associé.

Pour sa part, Benoît XVI a été particulièrement pressé de procéder à cette béatification, dérogeant ainsi à la règle qui prévoit un délai de 5 ans avant d’entreprendre toute procédure de béatification et de canonisation. Bien des croyants s’interrogent sur le pourquoi de cette urgence. À ce que nous sachions, il n'y a pas feu dans la demeure ni de quoi justifier pareille dérogation à la procédure. Alors, d’où vient donc cette urgence?

Entre temps, le peuple du Salvador a déjà béatifié et canonisé Mgr Oscar Romero, mort sous les balles de militaires obéissant aux ordres de leurs supérieurs. Il était et vivait avec les pauvres et sa parole portait leurs souffrances et inspirait leur espérance.
Oscar Fortin

Québec, le 16 janvier 2011

Articles sur J.P. II du même auteur sur internet

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vendredi 14 janvier 2011

L’INFORMATION ALTERNATIVE : UNE NÉCESSITÉ

Celui ou celle qui regarde l’humanité sous l’angle des valeurs fondamentales auxquelles elle aspire se rend vite compte que les voies prises par les puissances qui dominent ce monde en sont complètement dépourvues. Les médias, souvent serviles à ces dernières, peuvent utiliser le langage qui s’en réclament, mais ne peuvent plus dissimuler les injustices, les mensonges, les manipulations, la corruption, les guerres et bien d’autres ressources encore, toutes mises au service non pas d’un mieux être pour les humains de la terre, mais d’un mieux être pour ces élites caractérisées par la cupidité, la domination et le prestige.

De quelque côté que nous regardions, que ce soit vers l’Afrique, l’Asie, le Moyen Orient ou l’Amérique latine, les conflits se multiplient et les artisans de ces conflits s’évertuent, par médias interposés, à se gagner les bonnes grâces des peuples qui en assument les coûts humains et financiers. Tous les moyens sont bons et s’il faut créer de toute pièce des guerres de religion, des attentats terroristes, des coups d’État militaires, ils le feront. Comment s’y retrouver? Comment le citoyen ordinaire peut-il s’y retrouver ? Plus que tout, comment ces deux tiers de l’humanité peuvent-il faire entendre leur détresse, crier les injustices et les crimes dont ils sont victimes?

Tout près de nous, le peuple Haïtien n’arrive plus à se reprendre en main, tellement est forte la pression de certaines puissances pour en contrôler l’ensemble de ses pouvoirs : le politique, l’économique et le social. Si le peuple Haïtien, en 1804, a été le premier peuple des Antilles et de toute la région du sud à conquérir son indépendance et à s’affranchir de l’esclavage, il faut dire qu’on lui a fait payé chère cette escapade. Il y a la France qui s’est fait remettre une somme compensatoire dont la valeur, aujourd’hui, irait chercher dans les dizaines de milliards de dollars. D’ailleurs sous le court règne du Président Aristide une requête a été faite pour que la France rembourse Haïti. Ce n’est pas pour rien que la France suit de très près les élections actuelles et qu’il a été un des trois pays désignés par l’OEA pour procéder au recomptage des votes. De toute évidence il y a un candidat que les trois pays désignés (Canada, États-Unis et France) ne veulent pas voir et c’est le candidat gouvernemental, Jude Célestin. Dites-moi où sont, dans tout ça, les intérêts des Haïtiens ? Pourquoi pensez-vous qu’Aristide s’est retrouvé sur un vol de nuit le conduisant loin de son pays? Pourquoi son parti politique n’a pu participer à l’actuelle élection et que son retour a été interdit? Évidemment on nous dira que c’est pour le bien du peuple Haïtien, lui si mal mené et trompé par un Président devenu corrompu. Un article à lire sur l’expulsion du Président Aristide d’Haïti et un autre sur ce candidat que l’on veut absolument au second tour, Michel Martelly en remplacement de Jude Célestin :



Ce qui est vrai pour Haïti se retrouve avec des accents différents dans à peu près tous les conflits. Plus que jamais l’information alternative met en évidence ce que les médias officiels ne disent pas ou déforment subtilement. Pour cette raison elle doit s’étendre le plus possible. Nous vivons une crise de vérité et d’honnêteté dans la transmission de l’information. Les technologies et les sciences de l’information permettent de faire du mensonge une vérité et de la vérité un mensonge. Elles peuvent transformer un saint en diable et le diable en saint. D’où l’importance pour l’information alternative d’occuper toute sa place. Wikileaks fait la démonstration que l’information alternative n’a pas dit son dernier mot et qu’elle peut faire trembler les colonnes du temple de ces puissants du monde. Perdre un combat n’est pas nécessairement perdre la guerre. La guerre pour la vérité doit permettre d’espérer.

Oscar Fortin

Québec, le 14 janvier, 2011-01-14

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mardi 11 janvier 2011

HAÏTI SOUS CONTRÔLE D'UNE CERTAINE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Rarement aura-t-on fait référence avec autant d’insistance à la communauté internationale pour analyser et confirmer les résultats du premier tour de scrutin pour les présidentielles. C’est maintenant fait, le rapport sera remis officiellement au Président et au Conseil électoral, mais déjà des fuites permettent de confirmer que le candidat proche du parti au pouvoir, Jude Célestin, passe au troisième rang et que l’OEA recommande que les participants au second tour soient Mirlande Manigat y Michel Martelly, le chanteur. Ce dernier serait passé au second rang avec une majorité de 3000 voix sur son plus proche rival, Jude Célestin..

Dans le présent cas, la communauté internationale représentée par l’OEA se ramène aux États-Unis, au Canada et à la France, les trois pays identifiés par l’OEA pour participer à cette révision du comptage des votes. Dans un article antérieur,  j’ai eu l’occasion de commenter cette façon de faire.

À l’occasion du premier anniversaire de ce terrible tremblement de terre les forces les plus sécurisantes de la dite communauté internationale, se donnent rendez-vous. Il y la représentante du Congrès des États-Unis, la républicaine d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, bien connue pour ses prises de position anti-Chavez et ses nombreux appuis aux actions terroristes contre Cuba. Le Vatican sera également au rendez-vous avec son représentant spécial le cardinal Robert Sarah qui apportera un don de 1 200 000 $ de la part du Pape.

La Presse internationale sera évidemment là pour mettre en relief le travail extraordinaire de la communauté internationale qui est parvenu à résoudre le problème du recomptage des votes au premier tour du scrutin présidentiel. L’occasion sera toute désignée pour appeler à l’unité des forces humanitaires afin d’affronter le grand défi de la reconstruction. Les bourses pourront se délier et les argents promis, il y un an, pourront arriver sous forme de divers services d’ingénierie, de services de santé, de matériaux de toute espèce. La solidarité internationale enfin à l’œuvre au service d’un peuple mal aimé par la nature et le destin. Premier pays des Antilles et de l’Amérique latine à avoir conquis son indépendance en 1804, il aura appris avec les années que le destin, aidé par certaines forces humaines, ne lui aura pas permis d’en jouir longtemps.

Tout cela est bien beau, mais rien de moins certain que tout entrera dans l’ordre de cette communauté internationale encore mal définie. Ce matin, dans Prensa latina, Fidel Castro fait appel à cette autre communauté internationale qui forme l’Assemblée générale des Nations Unies et à celle formée par les pays de l’Amérique latine, pour qu’on évite l’horreur de nouveaux bains de sang à ce peuple déjà amplement éprouvé. Il craint que le candidat, proche du gouvernement et qu’a écarté l’OEA pour le second tour se résiste à une telle opération de prise de contrôle du scrutin et que ses partisans se révoltent eux aussi devant une telle ingérence des États-Unis, du Canada et de la France qui ont placé leurs pions sous le couvert de l’OEA qu'ils contrôlent en la personne de son secrétaire général, José Miguel Insulza.

Il semble qu’il est temps que la dite communauté internationale élargisse ses bases de manière à rejoindre la véritable communauté internationale, seule en mesure de donner de la crédibilité aux actions entreprises. La paix recherchée par la manipulation et la tromperie ne saurait apporter la stabilité si nécessaire au peuple Haïtien. Une autre fois ce sera le peuple qui paiera la note.

Oscar Fortin

Québec, le 11 janvier 2011-01-11

dimanche 2 janvier 2011

UN PREMIER JANVIER 2011 EN PHOTOS

L’AMÉRIQUE LATINE S’IMPOSE DE PLUS EN PLUS AU MONDE

L’Amérique latine et une grande partie du monde ont célébré, en ce 1ier janvier 2011, la prise de pouvoir de Milda Rousseff comme première femme présidente du Brésil. Née le 14 décembre 1947, elle est vite devenue au début des années 1960, une farouche militante contre la dictature qui s’imposait alors au peuple Brésilien.

« Dilma Roussef a intégré le mouvement de résistance à la dictature brésilienne des années 60. Arrêtée en 1970, torturée pendant 22 jours, condamnée par un tribunal militaire, elle a été détenue durant 3 ans jusqu'en 1973. À l'époque de sa détention, elle a été surnommée la Jeanne d'Arc de la guérilla, en raison de son importance idéologique dans le mouvement. En décembre 2006, elle a obtenu une indemnisation ».

Pareil évènement a donné lieu à de nombreuses rencontres dont certaines particulièrement significatives pour l’Amérique latine. Je me permets de relever de façon toute particulière les faits marquants de la présence d’Hugo Chavez, ce Président du Venezuela que la presse en général nous présente comme de plus en plus seul et isolé.

D’abord son accueil chaleureux par l’ex-Président Ignacio Lula. Ceux et celles qui suivent l’actualité latino-américaine savent que les deux hommes se vouent un respect énorme et que l’amitié qui les unit n’est pas étrangère au grand projet d’une Amérique latine dont rêvait Bolilvar. Lula aura été un géant de la politique internationale brésilienne. Il aura permis au Brésil d’occuper une place importante dans les débats internationaux et au sein des pays dits émergents.


Personne n’ignore les tensions qui existent entre l’administration Obama et le gouvernement Vénézuélien. Tout récemment ces tensions se sont accentuées dû au fait que l’ambassadeur désigné par Washington n’a pas été accepté par le Venezuela. La raison en était bien simple et bien connu de Washington : Palmer, le candidat présenté comme futur ambassadeur, s’était révélé par ses propos et commentaires sur le Venezuela, son Président, comme indigne d’occuper ce haut poste ne permettant aucune ingérence dans les affaires internes du pays. Sur ce point Chavez s’est montré très ferme. Washington a répondu en supprimant le Visa de l’Ambassadeur du Venezuela à Washington. Il a rappelé que les relations entre les pays doivent se faire sur la base du respect. C’est donc dans le contexte de cet arrière fond que s’est réalisé cette rencontre improvisée entre Chavez et Hilary Clinton.

Des alliés idéologiques de Washington, Pinera du Chili et Santos de la Colombie, mais aussi des partenaires du Venezuela dans les organismes régionaux comme UNASUR, MERCOSUR, OEA ont vite rejoint la Secrétaire d’État des États-Unis et le Président du Venezuela, alors en discussion. Cette rencontre improvisée a donné lieu à quelques photos qui parlent beaucoup par elles-mêmes.


Je ne puis terminer ce 1ier janvier 2011 sans mettre en relief le 52ième Anniversaire du renversement de Batista, ce dictateur pour qui les intérêts des oligarchies devaient s’imposer aux intérêts du peuple. Ce fut donc une grande victoire pour le peuple cubain. Enfin, un peuple pouvant mettre l’épaule à la roue pour répondre prioritairement à ses propres intérêts et besoins. Une révolution qui a eu ses heures de gloire, ses ratés, mais aussi d’énormes défis à relever.

Le bilan, après 52 ans sous la gouverne des Castro, comme on a l’habitude de dire dans nos milieux, demeure plus que positif sur biens des aspects. D’abord on ne soulignera jamais assez les bonds énormes réalisés en termes de progrès humains dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la solidarité internationale. Il suffit de regarder les pays voisins, toujours sous l’emprise de pouvoirs oligarchiques qui règnent sous l’œil bienveillant de Washington, tels Haïti, le Honduras, la Colombie et même le Chili toujours au nombre des 10 pays où le décalage entre les revenus les plus élevés et les revenus les plus bas est des plus grands.


Victime, depuis plus de 50 ans d’un blocus économique criminel que condamne année après année l’Assemblée générale des Nations Unies et sans cesse harcelé par des groupes, financés à coup de millions de dollars annuellement par son voisin du nord, dont le seul but est de déstabiliser le gouvernement et de semer le chao, Cuba a su résister et, en dépit de tout, il es parvenu à assurer à son peuple les fondements essentiels à une vie qui inspire le respect. Loin de se reposer sur ses lauriers, la révolution se poursuit en se questionnant avec toujours plus de rigueur pour s’ajuster à l’évolution du monde et aux réalités nouvelles. Loin d’être un acquis d’un jour, elle est un mouvement continuel pour répondre prioritairement aux nécessités fondamentales du Bien commun de son peuple et à celles de la solidarité internationale dont témoigne si bien la brigade médicale cubaine en Haïti.

Que l’année 2011 soit pour tous ces héros et témoins d’un monde nouveau sans cesse à construire source d’inspiration et d’innovation. Longue vie à ceux et celles dont le regard rejoint les plus humbles de la terre.



Oscar Fortin

Québec, 2 janvier 2011

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilma_Rousseff