PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 31 mars 2011

TEMPS DE LA TRAVERSÉE DU DÉSERT


Dans la tradition chrétienne, le carême, rappelle ce temps de la traversée du désert du peuple hébreux ainsi que les quarante jours que passa Jésus au désert après son baptême. Dans le premier cas, la marche conduisait à une « terre promise ». Dans le second, cas elle conduisait aux trois grandes tentations qui guettent l’humanité dans sa marche vers cette terre promise: l’avoir comme idole, le paraître comme force de dissimulation et de tromperie, le pouvoir comme puissance de domination absolue. Il ne saurait y avoir de terre promise sans se soustraire à la prédominance de ces trois forces destructrices d’humanité.

En tant que croyant, mais aussi et surtout en tant qu’humain, je vis cette traversé du désert en regardant le monde dans lequel je suis. Les pays les plus développés, en termes de richesse et de puissance militaire, s’unissent dans une coalition pour lutter contre un peuple de moins de six millions d’habitants. Ils disent que c’est pour sauver des vies civiles. Pourtant bien des vies civiles sont menacées en Palestine, au Yémen, en Bahreïn ainsi que dans de nombreuses régions du monde et là pas de coalition pour aller protéger ces vies humaines.

Cette semaine, le réseau français de Radio-Canada a présenté deux reportages sur les effets collatéraux, en Irak, des bombardements porteurs d’uranium enrichi. Nous pouvions y voir des images d’enfants nés complètement déformés, des visages avec seulement un œil, des corps avec deux têtes etc. Pourtant cette guerre annoncée à grand renfort par les médias occidentaux se voulait une lutte contre des armes de destruction massive qu’on jurait être en la possession de Saddam Hussein. L’histoire nous a révélé qu’il n'en était rien et, qui plus est, que le mensonge avait été monté de toute pièce. Que n’a-t-on pas dit au sujet de Saddam Hussein! Suffisamment pour que les gens ordinaires qui s’alimentent aux médias dominants aient le goût de le tuer pour libérer son peuple d’un tel monstre. Qui, en effet, peut demeurer insensible à ces images où coule le sang et où les mères pleurent leurs enfants? Pourtant que de fois ces nouvelles aux images sensationnelles ont été montées de toute pièce.

Dans cette marche du désert, je découvre que ces trois tentations, plus haut mentionnées, trouvent preneurs et pas à peu près. D’abord la conquête des richesses, de toutes les richesses que les peuples peuvent avoir dans leur sous-sol où sur leurs terres aiguise l'appétit des puissants. Ce sera le pétrole pour les uns, les mines pour les autres, le contrôle de l’eau pour les uns et les autres. L’avoir, devenu « intérêt national », justifiera la corruption, la violence, la tricherie, les tortures sous toutes les formes.

De même, sous le manteau du bien paraître humain, du protecteur de la veuve, de l’orphelin, du défenseur des vies civiles, comme ils dissent, ce sont des guerres de conquêtes, de dominatioin. qui nous révèlent  l’hypocrisie à son meilleur. Autant le message, préparé par les spécialistes de la désinformation, alimente la haine dans l’esprit et le cœur du bon peuple contre des adversaires, devenus, sous leur plume, de véritables monstres à faire disparaître de la surface de la terre, autant ce même message en arrive à transformer tout à la fois les initiatives guerrières en véritables croisades au service de l’humanité et les assassins de ces adversaires en de véritables missionnaires.

Tout cela n'est possible qu’en prenant entièrement contrôle de toutes les forces politiques, économiques et en devenant l’ « empire du monde ». C’est bien là la troisième grande tentation qui guette l’avenir de l’humanité : la domination totale des peuples et des nations par des minorités bien nanties et bien protégées.

Prisonniers d’autant de mensonges et de secrets, vous, moi et tous les autres de bonne volonté devenons des complices de tous ces crimes, de toutes ces tromperies, de toutes ces conquêtes brimant les droits les plus fondamentaux des peuples. Il y a évidemment des brèches qui commencent à ébranler le château fort de ces conquérants, passés maîtres de la manipulation et de la tricherie.

Wikileaks en est un bon exemple et ce n’est pas pour rien que ceux et celles qui sont visés cherchent par tous les moyens à faire taire son auteur et à discréditer l’organisation. S’ajoutent également tous ces sites internet qui se donnent pour mission de décoder la désinformation qui est transmise par ces maîtres chanteurs pour en donner une version plus près de la réalité et par le fait même de la vérité. Ce vaste mouvement de l’information alternative fait mal aux journalistes complices et aux médias subordonnés « aux intérêts nationaux » de l’empire.

Tout récemment certaines organisations internationales et intervenants de divers milieux, déterminés à livrer un combat à finir avec la désinformation systématique dès qu’il s’agit de justifier une guerre brimant le droit international et les droits humains, ont décidé de créer un mouvement qui se ferait le chien de garde de l’information transmise. En somme, ce que Greenpeace est pour l’environnement, cette nouvelle organisation le serait pour l’information vraie.

Cette initiative trouve d’autant plus son sens que l’Organisation des Nations Unies a décrété, en décembre 2010, que le 24 mars serait consacré Journée international pour le droit à la vérité. L’inspiration première de cette initiative vient du témoignage de cet évêque du Salvador, assassiné le 24 mars 1980, pour avoir persisté, contre vent et marée, à dénoncer les crimes commis par ces gouvernements hypocrites, imposant leurs lois par la force des armes, tuant, torturant, emprisonnant à volonté d’innocentes victimes. Selon certaines sources, des journalistes, écœurés des orientations qui leur sont imposées par des patrons serviles aux orientations éditoriales des propriétaires qui les obligent à déformer la vérité, se sont manifestés pour dire qu’ils y collaboreraient dans l’anonymat.

Un réveil de conscience qui peut devenir contagieux à tous les milieux, rendant l’action des pouvoirs inefficaces devant autant de détermination. Serait-ce là la nouvelle terre promise : des gens dont la conscience n’a d’autres prix que celui de la vérité, de la transparence et de l’honnêteté?

Oscar Fortin

Québec, le 30 mars 2011

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lundi 28 mars 2011

L’ÉGLISE PERD UN GRAND PROPHÈTE : JOSE COMBLIN EST MORT




Il s’est éteint le 27 mars à l’âge de 88 ans alors qu’il était à Salvador de Bahia, au Brésil, pour y donner des cours sur les communautés ecclésiales de base. Sa mort touche tout particulièrement l’Église latino américaine où il aura exercé la plus grande partie de son ministère sacerdotal et prophétique.

Connu comme un des pères de la théologie de libération, il aura su orienter son action pastorale vers la création et le développement des communautés ecclésiales de base, permettant ainsi à ces dernières d’approfondir leur foi et le message de Jésus de Nazareth dans le cadre de leur propre milieu de vie tout en prenant conscience qu’elles sont elles-mêmes Église.

Dans une conférence, donnée il y a à peine une année, 18 mars 2010, il développait sa pensée sur l’Église sous ses aspects institutionnels, historiques et communautaires. Une vision critique et prophétique qui mérite d’être relue au moment même où il se retrouve en compagnie du Père.

http://www.groupes-jonas.com/neojonas/article.php?sid=701

Oscar Fortin

Québec, le 28 mars 2011

vendredi 25 mars 2011

ET SI LES INCROYANTS C'ÉTAIENT NOUS?



Benoït XVI

Fidel Castro

Voilà une question pour le moins inappropriée, me diront plusieurs croyants, d’autant plus qu’elle surgit au moment même où le Vatican lance à Paris le «parvis des Gentils», structure de rencontre entre catholiques et non-croyants. Mais n’est-ce pas justement le bon moment de nous interroger sur la nature de la foi que nous témoignons à travers notre profession de foi, nos rites et nos liturgies ? Vivons-nous une « foi de culture » ou une « foi, don de Dieu et d’engagement»? Le dialogue va-t-il porter sur une foi « culturelle » ou une foi «d’engagement »?

Est-il possible que notre foi ne réponde finalement qu’à l’enveloppe culturelle à l’intérieure de laquelle elle s’est développée sans pour autant répondre à cette foi, « don de Dieu et d'engagement de vie »? Est-il possible que cette dernière puisse s’exprimer en dehors des formes culturelles et cultuelles traditionnelles? Dans ce contexte de la double expression de la foi, la question soulevée demeure légitime et plus que jamais pertinente. Un véritable dialogue entre croyants et non croyants devrait reposer tant pour les uns et que pour les autres sur les fondements de leurs engagements au service d’une humanité en quête de justice, de vérité, de vie.

Supposons un instant que Caïphe, le grand-prêtre de la foi religieuse hébraïque du temps de Jésus, ait voulu ouvrir un dialogue entre croyants et non croyants. Dans quel camp Jésus de Nazareth aurait-il pu se faire reconnaître? Du point de vue de Caïphe il ne pouvait pas être du nombre des croyants. Il a d’ailleurs été lui-même à la tête de la mobilisation pour le faire arrêter et condamner à mort. Pourtant qui des deux était le véritable croyant?

mort de Che Guevara
mort de mgr O. Romero.
Beaucoup de croyants et de non croyants remémorent cette année le 30ième anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar Romero alors qu’il célébrait l’eucharistie dans une chapelle à San Salvador. Il avait été, à plusieurs reprises, la cible de menaces de mort, mais elles n’ont jamais affecté sa foi ni son engagement au service de la justice et des plus déshérités de son peuple. Le 4 décembre 1977 il disait ceci :

« Une religion de messes dominicales, mais de semaines injustes ne plaît pas au Seigneur. Une religion de beaucoup de prières, mais au cœur gonflé d’hypocrisies n’est pas chrétienne. Une Église qui ne chercherait que son bien-être, qui n’aurait d’intérêt que pour ramasser de l’argent, s’assurer beaucoup de commodité, mais qui oublierait de dénoncer les injustices, ne serait pas la vraie Église de notre Divin Rédempteur. »

Le 15 décembre 1978, il a ces paroles : « Lorsque quelqu’un donne du pain à celui qui a faim on le considère comme un saint, mais si quelqu’un demande quelles sont les causes qui font que le peuple a faim, il sera aussitôt identifié au communisme et à l’athéisme. Il y a toutefois un athéisme plus près et plus dangereux pour l’Église : l’athéisme du CAPITALISME qui s’impose lorsque les biens matériels sont érigés en idoles et se substituent à Dieu. »

Ces quelques exemples illustrent bien le fait que la foi n’a pas la même évidence pour tous et toutes. L’apôtre Jacques ne dit-il pas : « Toi, tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent. » (Jc. 2,19)

En somme le regard du croyant à l’endroit de lui-même doit être très critique alors qu’à l’endroit du non croyant il doit être très ouvert. J’espère que ce sera ce regard qui inspirera le cardinal Ravasi, chargé d’organiser ce dialogue entre croyants et non-croyants.

Oscar Fortin

Québec, le 25 mars 2011

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jeudi 24 mars 2011

LE DIOCÈSE DE QUÉBEC A UN NOUVEAU PASTEUR


IL FERA SERMENT D’ALLÉGEANCE À L’AUTORITÉ PONTIFICALE

Mgr Gerald Cyprien Lacroix assumera officiellement sa responsabilité de Pasteur lors d’une grande célébration, le 25 mars prochain, au Pavillon de jeunesse de Québec. Des centaines et sans doute des milliers de personnes viendront se joindre à cette célébration pour accueillir celui que le Vatican a désigné pour orienter les destinés de l’Église du diocèse de Québec. La cérémonie comportera un volet public qui sera sans doute couvert par les médias régionaux et nationaux, et une partie privée, celle du serment d’office, qui échappera sans doute à la présence des médias,

Il est normal que toute organisation ait une référence fondamentale à laquelle adhèrent ceux et celles qui s’y joignent. C’est vrai pour les Partis politiques, les Organisations nationales et internationales. Chaque pays a sa Constitution, l’Organisation des Nations Unies sa charte des droits des personnes, des peuples et des nations. Il en va ainsi pour l’Église catholique. Cette dernière trouve sa référence principale tout particulièrement (1) dans la personne de Jésus, ressuscité et vivant, (2) dans l’Esprit Saint qui distribue ses dons « comme bon il l’entend », (3) dans les Évangiles et les Lettres des apôtres. C’est cet héritage, reçu dans la foi et actualisé tout au long des 20 siècles de son histoire qu’il revient aux croyants d’aujourd’hui de vivre et de transmettre pour les temps que sont les nôtres.

L’accès aux Évangiles, devenus, de nos jours, disponibles dans toutes les langues, permet à des millions de personnes de revenir au cœur du message évangélique et du témoignage de Jésus de Nazareth. Ces derniers deviennent de plus en plus la source première de leur foi et l’inspiration de leur vie. Cet accès direct aux fondements de la foi chrétienne fait passer au second plan tout autant les figures de tous les personnages de cette organisation qu’est devenue l’Église institutionnelle que la nomenclature des doctrines développées au cours des siècles. Jésus de Nazareth, les Évangiles et la conscience personnelle prennent de plus en plus la place du petit catéchisme et celle des autorités religieuses.

Ce sera sans doute pour contrer ce glissement d’une autorité qui passe au second plan, qu’en 1989, les autorités vaticanes ont ajouté un serment que tous les prêtres et évêques doivent prononcer au moment d’assumer leurs fonctions. Bien que de texture doctrinale et non évangélique, la première partie de ce serment ne pose, en soi, aucun problème. Il s’agit pour l’essentiel du Credo de Nice. Là où le bât risque de blesser, c’est dans la seconde partie où les personnages du pouvoir ecclésial s’arrogent l’exclusivité de définir l’authenticité du message évangélique et doctrinal, même en relation à des questions qui ne sont pas encore clairement clarifiées tant sur le plan exégétique que sur des questions de morale à propos desquelles la science n’a pas encore dit son dernier mot. Voici ce que dit cette seconde partie :

« Avec une foi inébranlable je crois aussi à tout ce qui est contenu et transmis dans la Parole écrite de Dieu et tout ce qui est proposé par l'Église pour être cru comme divinement révélé, que ce soit par un jugement solennel ou par un magistère ordinaire et universel.

J’embrasse tout aussi fermement et retiens pour vrai tout ce qui concerne la doctrine de la foi et la morale définitivement proposé par la même autorité.

Tout particulièrement, avec un respect religieux de la volonté et de l’intellect, j’adhère aux doctrines énoncées par le Pontife Romain ou par le Collège des Évêques, lorsqu’ils exercent le magistère authentique, même s’ils n’entendent pas les proclamer par un acte définitif. »

Ce serment lie le pasteur à l’autorité papale sur tout ce que ce dernier énoncera tant sur les écritures que sur des questions non encore clarifiées par les sciences. Il constitue une sorte de bâillon enlevant toute liberté d’expression au Pasteur sur ces questions. Dans pareille circonstance, Paul n’aurait jamais pu ramener à la raison Pierre sur la question des pratiques juives dans les communautés non juives.

Je me demande pourquoi cette partie de la célébration n’a pas été intégrée à la partie publique. Si ce serment est si important pour le Vatican, il devrait également l’être pour la communauté chrétienne du Diocèse de Québec. À moins que l’on ait voulu demeurer discret sur ce serment d’office.

Je souhaite au nouveau pasteur, Mgr Lacroix, la simplicité recommandée par Jésus à ses apôtres et une grande proximité de vie et de présence auprès des plus défavorisés de son diocèse. Le témoignage de vie demeurera toujours celui qui agira le plus fortement sur les croyants et les non croyants.

Oscar Fortin
Québec, 23 mars, 2011

mardi 22 mars 2011

DES ESCROCS QUI SAVENT VENDRE LEUR SALADE


Vous souvenez-vous de Vincent Lacroix, de Bernie Madoff, d’Earl Jones, d’Allen Stanford qui ont fraudé des dizaines de millions et des dizaines de milliards de dollars à des milliers de personnes pour qui ils étaient devenus de véritables dieux? À les voir, à les entendre ils n’avaient d’intérêt que pour ceux de leurs respectables clients et clientes. Personnes n’aurait pu les soupçonner, alors, d’être des escrocs de la pire espèce. Tout en eux inspirait la confiance la plus totale. Leur regard était tendre, leur parole chaleureuse, leur présence rassurante. Ce ne sera qu’une fois mises à jour leurs escroqueries que les victimes s’exclameront en chœur: « Comment avons-nous pu faire confiance à de pareils escrocs ?».

Cette histoire de l’escroquerie qui a soufflé bien des économies de retraite et brisé de nombreuses vies de travailleurs et travailleuses, est également présente dans le monde de la politique et des gouvernements. Des personnages, tout aussi crédibles que ceux précédemment décrits, gagnent notre confiance et nos votes par des discours que l’on dirait descendre directement du ciel, tellement ils sont inspirants et pleins de promesses. Tout ce qu’ils nous disent ne peut être que vérité. Malheur aux hérétiques et aux incrédules qui osent lever le voile sur une soi-disant mise en scène, Ils sont vite accusés d’extrémistes, d’ignorants, d’adeptes inconditionnels de la théorie du complot.

Hier, 21 mars 2011, monsieur Obama, président des États-Unis, était au Chili. Ce Chili qui avait connu une bien triste histoire lorsque le président légitimement élu, Salvador Allende, avait été renversé par un violent coup d’État militaire. À cette époque, septembre 1973, nos médias présentaient l’évènement comme le résultat d’un cafouillage constitutionnel du Président Allende, seul responsable des troubles internes et de l’insécurité dans laquelle se retrouvait son peuple. Ainsi, Pinochet, chef des Forces armées, apparait comme le sauveur de ce  peuple victime d’une situation  instable en raison d’un gouvernement irresponsable.

Il y a eu bien des voix pour dire qu’il s’agissait d’un coup monté de toute pièce par les services secrets des États-Unis en collaboration étroite avec l’oligarchie nationale chilienne. Ces voix ont été jugées comme celles de fanatiques qui ne voient que des complots partout. Pourtant, une fois les archives déclassifiées, 25 ans plus tard, la vérité s’imposa : le peuple chilien avait été victime d’une très grande et cruelle escroquerie. De cela M. Obama préfère ne pas parler.

Que dire de ce qui s’est passé, en avril 2002, au Venezuela, lors de la tentative de coup d’État militaire? Que penser de celui réalisé, en juin 2009, au Honduras qui a délogé le président légitime, Manuel Zélaya ? Comment ne pas voir ces mêmes acteurs sous les tentatives de coups d’État répétés en Bolivie et tout récemment en Équateur? Ils sont là partout avec des visages angéliques, des paroles réconfortantes, des solidarités humanitaires. Ils étaient en Haïti lors du tremblement de terre avec 10 000 militaires, puis lors du premier tour de scrutin à l’élection présidentielle pour bien s’assurer que les résultats reflètent bien leurs attentes. Dans chaque cas, ces chantres de la démocratie, de l’aide humanitaire, du respect des droits humains et de celui des peuples, sont les mêmes qui complotent dans le secret de réunions, utilisant chantage et corruption, ces conflits de pouvoir et ces luttes de conquête. Ils sont tellement bons menteurs qu’ils deviennent vérités.

Que dire maintenant de tout ce qui se passe en Libye et au Moyen Orient? Ils en arrivent à nous faire avaler l’aide humanitaire livrée par des bombardiers larguant des bombes. Il faut le faire. Inutile de dire qu’ils peuvent compter sur des médias et des spécialistes qui n’en sont pas à leurs premières expériences. Ils savent créer et faire la nouvelle pour que le bon peuple, qui n’a pas le temps et les moyens de tout approfondir, y retrouve l’expression de ses valeurs et de ses solidarités les plus profondes. La profession de journaliste, dédiée à l’information et à l’analyse des faits, s’est transformée en une profession de créateurs de nouvelles répondant aux attentes des clients qui ont de quoi payer. Ainsi la réalité, la vraie, passe au second plan.

Lorsque la vérité de toutes ces choses sera révélée au grand jour, il y aura eu des milliers sinon des centaines de milliers de morts et ceux et celles d'entre nous, qui seront encore vivants, s'exclameront « Comment avons-nous pu faire confiance à de pareils escrocs ».

Ce sera évidemment trop tard.

Oscar Fortin,

Québec, 22 mars 2011

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http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/dossiers/crimes-economiques/200912/24/01-933988-scandales-financiers-2009-les-dates-a-retenir.php

http://www.legrandsoir.info/L-intervention-saoudienne-a-Bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales.html



vendredi 18 mars 2011

COMPRENDRE LES SIGNES DES TEMPS


« Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes. Sur la terre, les nations seront dans l'angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots. On se dressera, en effet, nation contre nation et royaume contre royaume. Ce sera le commencement des douleurs de l'enfantement. Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. Car en ces jours-là il y aura une tribulation telle qu'il n'y en a pas eu de pareille depuis le commencement de la création qu'a créée Dieu jusqu'à ce jour, et qu'il n'y en aura jamais plus. " Quant à la date de ce jour, ou à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne d’autre que le Père. »

Ces écrits qui remontent à plus de 2000 ans et qui nous arrivent à travers les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, auront suscité, sans nul doute, tout au long des siècles les mêmes interrogations qui nous interpellent aujourd’hui. Toutefois, l’époque que nous vivons a ceci de particulier que les époques antérieures n’avaient pas: les technologies de communication nous permettent de suivre en direct tout ce qui se passe dans le monde.

Ainsi, qu’il s’agisse de tremblements de terre, de tsunamis, d’inondations ou encore de guerres qui n’en finissent plus au Moyen Orient et ailleurs dans le monde, tout cela est porté au petit écran et peut-être vu aux quatre coins de la terre. Même les mensonges, les tricheries, les combines suspectes sont de plus en plus révélés au grand jour. C’est donc l’ensemble de la conscience humaine qui est ainsi mise au défi de vivre, de comprendre et de surmonter ces fléaux qui affectent maintenant et à divers titres l’humanité entière. Si plusieurs de ces catastrophes portent la marque de l’homme, plusieurs autres n’ont pas de réponse et nous laissent dans la plus grande insécurité. Tout peut arriver au moment où nous nous y attendons le moins.

Dans la tradition chrétienne, le monde dans lequel nous vivons a une double dimension : la dimension matérielle et temporelle, celle dans laquelle l’humanité avance présentement, et une dimension immatérielle et extratemporelle qui la met en relation avec des êtres, appelés « Père », « anges », « fils d’homme », qui éclairent la marche de l’humanité vers une destinée qui lui permettra d’échapper au temps et de partager les bienfaits d’un règne fait de justice, de vérité, de solidarité, d’amour, d’harmonie. Cette vision chrétienne est tout le contraire de l’anéantissement et du néant, de l’attentisme et du laissez-faire. Tous ces phénomènes qui viennent bouleverser le monde sont vus comme les signes du « commencement des douleurs de l’enfantement » de cette humanité nouvelle à laquelle nous aspirons tous et toutes.

Jésus de Nazareth, celui en qui ce « Père » a mis toutes ses complaisances en disant de lui qu’il était son fils bien aimé, devient, par sa résurrection, le premier-né de cette humanité nouvelle extratemporelle à laquelle nous sommes tous et toutes conviées. Notre marche dans le temps n’en est toutefois pas une d’attente passive du grand jour pas plus que le champ libre à toutes les extravagances anarchiques. Il en va de l’humanité, enveloppée dans le temps et l’espace, comme de l’enfant en gestation dans le sein de la mère.

Ce Jésus de Nazareth qui s’est défini lui-même comme la voie, la vérité et la vie, nous indique le chemin à suivre : que le plus grand se fasse le plus petit, que le maître devienne le serviteur, que celui qui a deux tuniques en partage une avec celui qui n’en a pas, que la justice soit un impératif pour tous, que la vérité fasse tomber les voiles de l’hypocrisie et que l’amour se traduise en miséricorde, en partage, en solidarité avec les plus faibles et laissés pour compte.

Satan, Mammon, l’ange déchu, est également un personnage qui a été délogé du ciel et envoyé sur la terre. (Ap. 12:12) Il a pouvoir sur les nations et peut agir auprès des puissances de ce monde. Contrairement à la voie tracée par Jésus de Nazareth, il aime les premières places, les honneurs, la présence de nombreux serviteurs et de nombreuses servantes pour répondre à ses besoins et à ses caprices. Le mensonge fait partie de lui-même et la justice, celle qui a valeur à ses yeux, est celle qui répond à ses intérêts et ambitions. Ses jugements sont sans appel et ses condamnations sans pitié. Il sait manier l’arme de la corruption et fasciner par ses habiletés les plus réticents. Il sait s’infiltrer dans les gouvernements et les églises pour y faire régner son pouvoir. Il lui suffit de faire briller aux yeux de ses interlocuteurs et interlocutrices l'un ou l'autre de ses trois grands attraits: l'avoir, le pouvoir, le paraître.  Les ambitions et l'orgueil feront le reste.

Il n’y a pas de doute qu’un survol du monde dans lequel nous vivons permet de voir cette présence de ces deux forces qui se disputent l’humanité. L’une s’impose par la force des armes, de l’argent, des apparâts et l’autre par la force d’une conscience solidaire, transparente et fidèle à la transcendance des valeurs qui la guident : la vérité, la justice, la générosité et la solidarité. La première est suffisante et cruelle. La seconde est humble et indulgente.

Les signes des temps rappellent que l’heure du jugement approche et que celui qui a été établi pour juger le monde est ce même Jésus de Nazareth que ces forces, fondées sur ces attraits de l'avoir, du pouvoir et du paraître, ont condamné à mort sur une croix. Cette fois-ci, elles ne pourront rien contre Lui. Il a vaincu la mort et brisé les chaînes de la domination, des injustices, de l’orgueil et de la suffisance.

« Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l'été est proche. » (Mt. 24,32)

Le message évangélique nous place au cœur de cette lutte à finir dans cette humanité en gestation de l’homme nouveau, de cette race nouvelle dont nous parle l’apôtre Paul. (Ac 17:29)

« " Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir, parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. »


Oscar Fortin

Québec, le18 mars 2011

samedi 12 mars 2011

DES CRIMES QUI PASSENT INAPERÇUS DANS NOS MÉDIAS


1. Des fonds pour la santé bloqués par les États-Unis

Le prix Nobel de la paix 2009 et Président des États-Unis vient de bloquer par l’intermédiaire du Bureau de contrôle des Actifs étrangers du Département du Trésor des États-Unis 4 207 000 $ que le Fonds mondial de lutte contre le sida et la tuberculose avait destinés à Cuba pour le premier semestre. C’est dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) que la décision avait été prise d’octroyer à Cuba cette aide internationale. C’est sans doute par esprit humanitaire et respect des Organisations des Nations Unies que le Président Obama retient cet argent destiné à la lutte contre le sida et la tuberculose sur l’île de Cuba. C’est sans doute une façon de voir le respect des droits humains et celui des Organisations de la communauté internationale.

http://www.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&task=view&id=271129&Itemid=1

2. Des civils assassinés déguisés en faux militaires

Pendant qu’en Libye il y a guerre civile et que l’on demande à Kadhafi de faire taire les armes tout en soutenant les rebelles, en Colombie se poursuit une guerre interne entre les Forces armées révolutionnaires (FARC) et l’armée. Cette dernière dure depuis des années et a donné lieu à bien des morts de part et d’autres. Ce qu’il y a de particulier, dans ce dernier cas, ce sont les mises en scènes, réalisées par l’armée colombienne, visant à démontrer les gains importants dans leur lutte contre les FARC. Ces mises en scènes consistaient à prendre des civils, à les amener à l’écart des villes, à les tuer et à les revêtir de l’habit militaire des révolutionnaires. Depuis quelque temps, ce sont des milliers de cadavres qui sont découverts dans des fosses commune, qui sont identifiés et reconnus comme n’ayant jamais appartenus aux forces armées révolutionnaires. Cette pratique porte le nom de faux-positifs. Bien connue des amis du régime et du Gouvernement elle n’a jamais été dénoncée par ces derniers. Il faut croire que tous les droits humains n’ont pas la même importance. Il y a les bons droits humains et, à ne pas en douter, les mauvais.

http://www.legrandsoir.info/Colombie-La-nuque-de-Cano.html

3. Bradly Manning emprisonné pour dénoncer des crimes

Vous vous souvenez de ce jeune soldat de 23 ans? Il a eu le malheur de dénoncer des crimes commis contre d’innocentes victimes par des militaires des forces armées étasuniennes. Depuis 10 mois il est détenu. « Obama a décidé de rendre la période qui précède le procès aussi inhumaine que possible pour Manning, en le maintenant en cellule d’isolement 23 heures par jour, depuis son arrestation il y a 10 mois. Un traitement que le groupe "psychologues pour la responsabilité sociale" qualifie de "traitement pour le moins cruel, inhabituel et inhumain en violation avec la loi étasunienne. » Ce qui fait dire à plusieurs que sous Obama il vaut mieux commettre un crime de guerre que d’en dénoncer un.

4. Morale de l’histoire

Lorsque la morale devient sélective dans l’appréciation des valeurs fondamentales que sont celles des droits fondamentaux des personnes et des peuples elle perd aussitôt sa crédibilité. C’est qu’elle trouve ses assises d’abord et avant tout dans des intérêts tout à fait étrangers à la défense de ces droits. Elle saura utiliser cette référence lorsqu’elle servira sa cause et l’ignorer complètement lorsque cela lui conviendra.

Pendant qu’Obama envoie une aide humanitaire aux sinistrés du Japon, il retient des ressources pour le traitement du sida et de la tuberculose destinées à Cuba. Les victimes seront les malades. Pendant qu’il réclame le respect des droits humains en Libye, il soumet à un traitement inhumain un jeune homme de 23 ans dont le seul crime est d’avoir levé le voile sur les crimes commis par l’armée étasunienne. Quant à son silence sur les crimes commis en Colombie à l’encontre des droits humains il n’a d’autre explication que cette complicité dans la double morale : celle qui répond d’abord aux intérêts économiques et politiques des États-Unis.

On ne peut remettre à un empire le droit de diriger le monde et de le modeler à sa convenance, pas plus qu’on ne peut confier à des oligarchies le droit de diriger et de modeler un pays. La démocratie dont nous nous faisons les grands défenseurs doit répondre en tout premier lieu à la volonté des peuples..

Oscar Fortin

12 mars 2011

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lundi 7 mars 2011

LIBYE ET LA PROPOSITION DE CHAVEZ

GUERRE DE CONQUÊTE OU SOULÈVEMENT POPULAIRE


Je reviens tout juste d’un séjour à Cuba où j’ai suivi de près sur la chaine de télévision vénézuélienne(VTV) les interventions du président Hugo Chavez en relation aux évènements se succédant en Libye. C’est à l’occasion de la graduation de 3 000 étudiants et étudiantes qu’il a expliqué les difficultés de savoir exactement ce qui se passait en Libye. Les informations, dit-il, sont souvent confuses, dans certains cas contradictoires et leur fiabilité toujours douteuse jusqu’à preuve du contraire.

Il a rappelé qu’en 2002, lors du coup d’État militaire dont il a été victime, des communiqués de presse et même des vidéos, montés de toute pièce, disaient que Chavez tuaient par milliers des civils sans défense. Il a rappelé qu’en Irak le montage médiatique de l’existence des armes de destruction massive n’a été qu’un faux prétexte pour l’invasion du pays. Cette guerre en Irak a fait plus d’un million de morts, le plus souvent d’innocentes victimes d’une guerre fondée sur le mensonge. On peut en dire autant avec cette guerre qui s’éternise en Afghanistan qui a fait, à ce jour, plus de 75 mille morts dont un bon nombre de civils. Il est curieux, dit-il, qu’on ne parle pas du respect des droits humains dans ces conflits qui baignent dans le sang d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’ont rien à voir avec les ambitions qui justifient ces guerres.

Il a indiqué que dans un contexte d’informations confuses et non vérifiées il n’était pas juste de condamner ou d’appuyer sans preuves objectives et fondées les divers acteurs du conflit libyen. Il a rappelé que le Venezuela appuyait pleinement le peuple libyen dans son autonomie et dans sa capacité de résoudre par lui-même ses différents. Il a condamné toute intervention extérieure visant à amplifier les différents et à convertir les soulèvements pacifiques du peuple en guerre civile. Il a été bien clair pour dire que toute intervention à l’encontre des droits humains doivent être condamnées et que leurs auteurs, qui qu’ils soient, jugés. Ce principe s’applique à la Libye, à Israël et à tous les pays du monde. On ne peut crier au respect des droits humains quand ça fait notre affaire et se taire quand ça nous convient. Le double-discours, la double-morale ne font pas parties de la conscience révolutionnaire vénézuélienne.

C’est dans ce contexte qu’il a annoncé sa proposition de la mise sur pied d’une délégation de représentants de pays (Europe, Afrique, Moyen Orient et Amérique latine) pour aller sur le terrain y rencontrer les représentants des différentes fractions en conflit et voir de plus près et en direct la réalité des faits. Pour lui, il est important que la communauté internationale ait une vision directe sur ce qui se passe dans ce pays. Déjà la Ligue arabe, les pays Latino-américains de l’ALBA, certains pays d’Afrique et Kadhafi lui-même ont donné leur accord pour cette approche pacifique et conciliante du conflit.


Il y a actuellement une course contre la montre de la part des artisans de la paix et ceux de la guerre. Dans les deux cas c’est la course pour gagner l’appui de l’opinion publique internationale. Ainsi, la machine de la propagande et du lavage de cerveau bat son plein de la part des pays membres de l’OTAN. Nos journaux occidentaux ne parlent pratiquement pas de la solution pacifique dans son contenu. Ils préfèrent s’attarder sur Chavez et Castro, ces deux « diables » de l’Amérique latine et ennemis jurés de l’impérialisme.

J’attends toujours que Benoît XVI prenne la parole en ces temps ou la guerre poursuit sa mission destructrice des peuples et des nations. Déjà Jean-Paul II s’était prononcé contre la guerre en Irak. Qu’en sera-t-il de Benoît XVI? Sera-t-il capable de reprendre les paroles de Paul VI devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le 4 octobre 1965 « « L'Humanité devra mettre fin à la guerre ou c'est la guerre qui mettra fin à l'Humanité (...) jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! ».

Il est exactement minuit moins cinq. L’artillerie militaire est en position de tir. Les bombes sont accrochées aux ailes des bombardiers et les peuples retiennent leur souffle.

Oscar Fortin

Québec, le 7 mars 2011

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