PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 31 octobre 2011

LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE ET LES INTÉRÊTS DES PEUPLES DU MONDE





En tant que première puissance mondiale, les États-Unis exercent une influence déterminante dans beaucoup de secteurs relatifs à la sécurité et au développement des peuples. Leur puissance militaire n’est plus  à démontrer tout comme leur capacité d’être présents non seulement dans toutes les régions du monde, mais, encore, dans les diverses hiérarchies qui dirigent les peuples et les gouvernements. Même le Vatican n’y échappe pas.

UN DISCOURS OUVERT AUX VALEURS UNIVERSELLES

Dans ce contexte,  il est un peu normal que les Présidents qui se succèdent aient un discours qui fasse ressortir les grandes valeurs auxquelles aspirent les peuples du monde. Ils parleront amplement de la démocratie, de la liberté, du respect des droits  humains, de l’aide internationale, mise à la disposition des plus défavorisés, ainsi que des forces militaires qui vont à la rescousse des victimes de dictateurs sanguinaires.  De nombreux exemples d’interventions humanitaires dans les secteurs de la recherche, du développement, de la l’entraide viendront illustrer ces grandes valeurs qui inspirent ce peuple et qui en font l’ami de tous les peuples et de toutes les personnes de bonne volonté. En somme, un discours inclusif, généreux et tout ce qu’il y a de plus respectueux des grandes aspirations des temps que nous vivons. Les discours à la Nation des Présentés commencent et finissent presque tous en référence à ces contenus.

UNE PRATIQUE SUBORDONNÉE AUX VALEURS NATIONALES

Une fois élaborée cette liste des grandes valeurs humanitaires, laquelle est loin d’être exhaustive, le discours passe à des considérations plus pragmatiques et d’intérêts nationaux. Ils aborderont évidemment le terrorisme, présenté comme une véritable menace pour leur sécurité. Cette menace omniprésente justifiera de nombreuses incursions militaires dans le monde ainsi que des mesures spéciales à l’endroit des citoyens étasuniens eux-mêmes, Dans les deux cas, des droits fondamentaux des peuples et des personnes seront sacrifiés. La SÉCURITÉ NATIONALE s’imposera comme un absolu qui ne saurait être sacrifié pour quelque considération que ce soit. Elle agira comme une référence transcendante, non définie et à portée universelle, sous le couvert de laquelle les Présidents justifieront, avec ou sans l’accord des Nations-Unies, la mise en place de mesures allant à l’encontre des droits des peuples et des personnes.

Nous connaissons bien la nature de l’intervention militaire en Irak que le Président Bush a justifiée en disant que la sécurité nationale des Etats-Unis était menacée par la présence d’armes de destruction massive. Près d’un million de morts, sinon plus, des centaines de milliers de blessés, la destruction d’infrastructures de tout un pays, font maintenant parties de cette intervention qui dure depuis huit ans. Tout cela sans qu’il y ait eu la moindre trace de ces armes de destruction massive. Il s’agissait d’une intervention préventive, non soutenue par les Nations Unies, fondée sur un grossier mensonge. Les exemples de ces interventions de lutte contre le terrorisme ne manquent pas.

À la sécurité nationale s’ajoute une autre référence ayant également un caractère absolu: les INTÉRÊTS DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. Encore là, ces intérêts peuvent prendre toutes les formes possibles. Il suffit qu’un Président  déclare que telle ou telle politique ou tel ou tel gouvernement menace les intérêts des Etats-Unis pour que tous les moyens soient pris pour y remédier. Il se donne alors le droit d’intervenir  comme il l’entend.  Là encore, l’accord des Nations Unies, bien que préférable, n’est pas essentiel à leurs interventions. Ils peuvent, comme des rois, agir au dessus des lois et des droits.

Par exemple, lorsqu’au début des années 1970, Salvador Allende, nouveau Président élu du Chili, nationalisa certaines multinationales étasuniennes, ce fut interprété comme une attaque contre les intérêts des Etats-Unis. Tout le reste ne fut que mise en opération d’une action qui devait inévitablement éliminer ce gouvernement  et reprendre le contrôle du pays par des alliés indéfectibles. Que la démocratie ait été bafouée, que les droits humains ignorés, tout  cela importait peu pourvu que leurs intérêts nationaux soient les premiers servis.

Il en est de même aujourd’hui avec les pays émergents en Amérique latine et ailleurs dans le monde. Dans ces derniers cas, les interventions se font plus discrètes de leur part, mais toujours aussi agressives et intenses. Ils apportent tout leur appui financier et logistique aux oligarchies nationales et à certains organismes régionaux qu’ils contrôlent bien pour faire la sale besogne.   Il en fut ainsi pour le coup d’État militaire au Honduras, en 2009, qui délogea le président élu, Manuel Zelaya. Plus récemment, en septembre 2010, c’était le Président élu de l’Équateur qui faisait face à une tentative de coup d’État. Déjà, en avril 2002, nous avions assisté à une tentative de coup d’État au Venezuela qui faillit couter la vie au président élu, Hugo Chavez. Grâce à l’intervention du peuple et d’une fraction importante de l’armée, cette opération s’est soldée par un échec total. À ces exemples, il faut ajouter toutes ces actions menées en Bolivie soit pour renverser le gouvernement d’Évo Morales, un autre président élu, ou éliminer physiquement ce dernier.  Il est évident que toutes ces actions se trament en utilisant l’argent de la corruption, la collaboration des oligarchies nationales et, si besoin est,   l’implication de mercenaires bien payés.

Nous assistons présentement à la mise en place d’une autre référence, elle aussi de  caractère absolu : l’INTERVENTION MILITAIRE HUMANITAIRE qui donne un visage humain et désintéressé aux actions de conquête, de renversement de gouvernement ou encore de changement de régime.  La guerre en Libye illustre à merveille cette nouvelle façon de faire. Là encore c’est sur la base de mensonges grossiers, tous contredits par des faits, que cette guerre, avec ses dizaines de milliers de bombes et de roquettes, a détruit les infrastructures de tout un pays, le plus développé de tous les pays d’Afrique, et fait plus de 70 000 morts en huit mois. Comme si ce n’était pas assez, les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN se préparent maintenant pour une autre intervention militaire humanitaire en Syrie. Nous aurons tous compris que derrière ce beau vocable se cache, cette fois, la conquête pure et simple de la richesse d’un pays et le contrôle d’une région.

LES PRÉSIDENTS DES ÉTATS-UNIS NE SONT QUE DES EXÉCUTANTS

Le véritable pouvoir et les véritables intérêts au service desquels oeuvrent les Administrations étasuniennes ne sont, quoiqu’ils puissent en dire,  ni ceux du peuple étasunien ni ceux d’une humanité plus juste et solidaire, mais  ceux des principales oligarchies qui contrôlent les industries militaires, les milieux financiers, les grandes multinationales ainsi que les institutions politiques et économiques du pays. CE SONT LES INTÉRÊTS DE CES DERNIÈRES QUE LES PRÉSIDENTS QUI SE SUCCÈDENT ONT LE MANDAT D’IMPOSER AU PEUPLE ÉTATSUNIEN ET AU MONDE. Tout le reste ne peut être qu’emballage et image. Pour ce faire, ils disposent des moyens de communication à l’emploi desquels ils placent les plus grands manipulateurs d’opinion. Le « WE CAN » (NOUS POUVONS) d’Obama n’est qu’un slogan utile pour une campagne électorale. Une fois élu et dans le fauteuil de la Présidence, le nouveau venu n’a plus qu’à dire au Peuple « I CAN’T  MORE» (je ne peux plus).

UNE ÈRE NOUVELLE S’IMPOSE DONC, MAIS LAQUELLE?

Le monde est de plus en plus conscient de cette grande tricherie que n’arrivent plus à dissimuler les beaux discours aux valeurs universelles. Ceci dit, les maitres du monde peuvent toujours compter sur leur capacité militaire, sur leur pouvoir énorme de corruption de personnes et de dirigeants à la conscience élastique. Pour le moment ils ont la main mise sur l’ensemble des organisations internationales y incluant les Nations Unies et certaines grandes églises dont le Vatican.

Par contre les armes n’ont pas de pouvoir sur les consciences et encore moins sur les peuples unis et solidaires. L’avenir de la libération des peuples devra passer par cette prise de conscience de cette énorme tricherie dont ils sont les victimes. Ce sera l’éveil d’une nouvelle conscience humanitaire, seule capable de conduire à des changements fondamentaux dans la gouvernance des peuples et dans l’expression des solidarités entre eux. Les mensonges ne sauraient s’imposer indéfiniment devant les évidences de leur contraire tout comme l’obscurité de la nuit ne saurait résister à l’arrivée de l’aurore.

Le jour où les peuples reprendront le contrôle de leur destin, avec une conscience aguerrie contre la tricherie et solidaire dans le développement, ces puissantes oligarchies s’effondreront comme des châteaux de cartes. Sans le soutien des peuples, elles ne sauraient survivre.

Oscar Fortin
Québec, le 29 octobre 2011

Deux références, la  première sur l’idée générale, la seconde sur la Libye





mardi 25 octobre 2011

SORTIR DU TEMPLE DE PIERRE POUR ALLER AU TEMPLE DE CHAIR



Le mouvement des « indignés » n’est qu’un signal du grand malaise qui rejoint toutes les couches des sociétés dans lesquelles nous vivons. Les églises et encore moins l’église catholique ne peuvent échapper aux remises en question des « régimes » qui s’imposent actuellement au monde politique, au monde économique, au monde financier et au monde religieux. Nous n’en sommes plus aux accommodements cosmétiques, mais aux changements de régimes qui règnent sur le monde depuis plus d’un siècle et, pour certains, depuis plus longtemps encore. 

  1. 1.  Quels sont les traits dominants des régimes existants qui s’imposent au monde actuel? 

Le premier élément fondamental est le caractère oligarchique et impérial des régimes qui contaminent tout ce qui s’appelle liberté et démocratie. Aujourd’hui, nous en prenons de plus en plus conscience. Les gouvernements élus de ces régimes demeurent des fantoches tout en laissant l’illusion aux électeurs et électrices qu’ils vivent dans un monde de liberté et de démocratie. La liberté, au sens d’une participation effective de tous et de toutes  au destin de nos sociétés, ne fait pas partie de ce régime. 
Un deuxième élément est le caractère essentiellement individualiste des institutions économiques et financières que ces régimes contrôlent et qui les rendent hermétiques aux considérations de justice sociale. Aucune de ces institutions n’est là pour faire la charité, même si les capitaux dont elles disposent viennent des peuples et souvent des gouvernements. Si certaines se permettent parfois de grandes œuvres humanitaires, ce ne sera que pour mieux engranger des fortunes qui iraient autrement aux impôts. L’important, pour elles,  est de garder la mainmise sur les capitaux et l’usage qui en est fait. La justice au sens fondamental des droits ne fait pas partie de ses objectifs 
Un troisième élément est le caractère manipulateur de ces régimes qui ressort encore avec plus de force, aujourd’hui, alors que les moyens de communication sont des plus sophistiqués. Toutefois, il faut reconnaître que les technologies permettent d’échapper, en partie, à cette grande illusion d’une information objective fondée sur la pure vérité.  L’information alternative, qu’ils veulent contrôler, leur échappe encore. Pour combien de temps ? L’avenir nous le dira. Ainsi la vérité est tronquée pour des intérêts individuels et corporatifs. 
  1. 2.  Les églises et tout particulièrement l’église catholique à laquelle je m’intéresse particulièrement n’échappent pas à ce moule qu’imposent les régimes oligarchiques, autoritaires, et manipulateurs

Nous pourrions pratiquement dire qu’elles sont les églises de ces régimes oligarchiques, leur permettant de poursuivre leur croisière de conquête et de domination avec le sentiment de faire œuvre divine. Aux Etats-Unis, les évangélistes, les mormons et bien d’autres, font du régime en place, l’élu de Dieu pour gouverner le monde. Même les catholiques n’y échappent pas. Qu’on se souvienne de cette célébration grandiose lors de l’anniversaire de Benoit XVI à la Maison Blanche, en 2008. Sa seule présence à la table des Bush, Cheney et tous les autres, (ils étaient des milliers), cautionnait les mensonges de ces derniers et tous ces crimes commis en Irak, en Afghanistan et un peu partout dans le monde. La catholicité évangélique en a pris pour son rhume. 
Le Vatican, par ses secrétariats d’État, ses nonces apostoliques, ses cardinaux et ses évêques exerce un plein contrôle sur l’institution ecclésiale, sur les pratiques de la foi et sur ses engagements dans le monde. Dans son cas, la démocratie n’existe tout simplement pas, et là où il y a vote, comme au conclave, les électeurs ont été trillés selon leur « ADN » idéologique puis élevés au rang de cardinale par le pape lui-même. Ils seront en condition d’assurer la continuité de pensée et d’action de l’église. S’il y a parfois erreur sur la personne et que cette dernière est élue pape, la bureaucratie vaticane permettra de limiter les « dégâts » comme ce fut le cas avec Jean XXIII et Jean-Paul Ier, à ne pas confondre avec Jean-Paul II. 
La doctrine, les cultes, les sacrements, tels qu’ils se pratiquent, encadrent la masse des fidèles, les rapprochent d’un dieu céleste et les rassurent sur leur vie de foi, et leur salut. Il suffit qu’ils s’en tiennent fidèlement à l’enseignement du magistère et au culte des sacrements. Le Seigneur n’a-t-il pas dit à Pierre: « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Mt. 16, 19.
 C’est là une référence amplement utilisée pour assoir l’autorité du pape et des évêques. 
Ce dont ils ne disent toutefois pas ou très peu, c’est que ce même pouvoir a été donné à la communauté des chrétiens. « En vérité je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » Mt. 18,18 Cette référence se situe dans un contexte où les discordes peuvent trouver leur solution directement auprès de la communauté  des fidèles. Ce que cette dernière décidera sera considéré comme avalisé par Dieu lui-même. 
Dans cette optique, le Pape et tous les autres ne peuvent plus opérer sans être en harmonie avec la communauté des chrétiens. Il y a là un principe de démocratie directe que les autorités se gardent bien de valoriser. Il est donc temps de revenir à ces pratiques des premières communautés chrétiennes et de mettre fin à ces formes d’autorités hiérarchiques, le plus souvent, déconnectées des communautés de base et du peuple. 
  1. 3.  Il faut que l’humanité redevienne le centre des préoccupations de la foi et que Jésus de Nazareth y retrouve la première place. 

Un retour inévitable et incontournable aux évangiles et aux problématiques du monde est devenu la condition de la survie des églises. Les églises y comprise la catholique ne sont pas là pour sauver leurs institutions, leurs cultes, leurs sacrements, mais pour apporter par des engagements concrets l’espérance tout à la fois aux pauvres, aux laissés pour compte, aux persécutés, aux exploités et également à toute personne de bonne foi, prisonnière du matérialisme d’un monde qui tue toute intériorité et solidarité humaine. Il faut que l’Humanité soit perçue comme la véritable résidence de Dieu parmi nous : « Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous. » Jn 1,14 
Pour qu’il en soit ainsi, il faut que les cultes passent de la parole aux actes et que les sacrements retrouvent les grands axes vers lesquels aspire l’humanité entière. Ces axes sont la justice, la vérité, la compassion, la solidarité, la  la catholicité en son sens universel et englobant ainsi que  la miséricorde qui permet de renaître en soi et avec les autres. Il faut retrouver la liberté qu’apporte la foi et que l’apôtre Paul célèbre dans sa lettre aux Colossiens :  
« Si vous êtes morts avec le Christ aux forces qui régissent le monde, pourquoi subir des règles comme si votre vie dépendait encore du monde : « Ne prends pas ceci, ne goûte pas cela, ne touche pas cela », alors que toutes ces choses sont faites pour disparaître quand on s'en sert ! Ce ne sont là que des commandements et des enseignements humains, qui ont des airs de sagesse, de religion personnelle, d'humilité et de maîtrise du corps, mais n'ont aucune valeur contre les exigences de la chair. Col. 2, 20-23  
En un mot, il faut sortir Jésus des temples faits de main d’homme pour le remettre là où il a toujours été et est toujours, au cœur de l’Humanité en compagnie des plus pauvres, des plus démunis, des plus délaissés. Il veut tout simplement que nous allions le rejoindre là où il est pour qu’avec lui nous prenions charge de cette partie d’humanité laissée pour compte par les grand et puissants de ce monde de conquête et de domination. 
Déjà, beaucoup de croyants et de non croyants sont à l’œuvre dans ce monde et comme disait l’apôtre Jacques :
« Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ? Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos soeurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte,  et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n'agit pas ; moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi. »Jc, 2, 14-18 
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N’est-ce pas là la nouvelle consigne pour les temps que nous vivons? 
Oscar Fortin
Québec, le 25 octobre 2011 

samedi 22 octobre 2011

QUEL SORT CONNAITRAIT, AUJOURD’HUI, JÉSUS DE NAZARETH?


QUEL SORT CONNAITRAIT, AUJOURD’HUI, JÉSUS DE NAZARETH?

Il est tout de même incroyable qu’après 2000 ans de christianisme  et 1400 ans d’islamisme la haine soit toujours là, inspirant les comportements les plus barbares de la part de ceux-là même qui se réclament de Jésus et d’Allah. Les scènes de la mise à mort de Kadhafi ne sont pas sans rappeler celles de la mise  à mort de Jésus. Dans les deux cas, la haine, soigneusement cultivée par les autorités et relayée servilement par les porte-paroles de ces derniers ont rendu possible une telle mise à mort. Si pour Jésus nous ne disposons pas de prises de vue en direct, pour Kadhafi la scène est là sous nos yeux.

Ces évènements nous rappellent que les assassinats et mises à mort n’ont pas tous la même signification au même titre que les responsabilités que chacun assume n’ont pas le même impact dans la société et dans le monde.  Nombreux sont ceux et celles qui depuis les années 1960, en Afrique et en Amérique latine, ont connu des fins tragiques, voulues et planifiées par d’autres, préoccupés avant tout par des intérêts politiques, économiques et même religieux. La liste de ces martyrs serait sans doute trop longue pour les fins de cet article. Tout de même voici quelques exemples.

Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier 1961, a été assassiné dans le Katanga après avoir été renversé avec la complicité des services américains et belges. Ses discours enflammés contre l’impérialisme et pour l’unité africaine avaient enthousiasmé le continent. A tel point que son tombeur, le maréchal Mobutu, avait dû le réhabiliter quelques années plus tard. Le souvenir de Lumumba reste cher aux yeux de nombreux congolais, même ceux qui ne l’ont pas connu de son vivant. 




Il y a 44 ans, ce mois-ci, le guérillero argentin Ernesto Che Guevara a été froidement assassiné le 9 octobre 1968, dans la salle d’une école, à la Higuera, où il avait été transporté après sa capture par des soldats de l’armée bolivienne. C’est le soldat Mario Teran qui l’a abattu d’une rafale de mitraillette par ordre de ses supérieurs sous recommandation de la CIA, . Il est celui qui est mort les yeux ouverts. Son idéal peut se résumer ainsi: ‘Dans la construction d'une société réellement socialiste, il insistera non seulement sur les changements structurels et économiques à apporter, mais aussi humains: «Le socialisme n'a pas été conçu (...) pour avoir de formidables usines seulement, il se fait pour l'Homme intégral». Pour lui, le socialisme doit instaurer un type d'Homme nouveau, débarrassé de l'égoïsme et de l'individualisme bourgeois.».

En 1973, c’est au tour de Salvador Allende, victime d’un coup d’état militaire, un des plus sanglants qu’ait connu l’Amérique latine. Lui aussi s’était fait l’apôtre d’une société plus juste et d’un État plus indépendant par rapport aux forces et intérêts de l’Empire. La reprise en main du contrôle des richesses naturelles du pays, dont le cuivre, ainsi qu’une meilleure gestion des opérations des multinationales dans le pays lui valurent d’être placé en première place pour l’exécution finale. Ce fut le coup d’état militaire du 11 septembre 1973, longuement préparé par les services secrets étasuniens et les oligarchies nationales, qui marqua sa dernière heure. Ses derniers mots adressés à son peuple par les ondes d’une radio disaient ceci : « Travailleurs de ma patrie : Ayez foi au Chili et à son destin. D’autres hommes permettront de surmonter ce moment gris et amer, où la trahison prétend s’imposer. Continuez, sachant que, plus tôt que tard, s’ouvriront les grandes avenues par où passera l’homme libre, pour construire une société meilleure. »
Bilan de la dictature : 2279 morts et disparus, 27.255 torturés, 150.000 prisonniers politiques.




Le 23 mars 1980, c’est Mgr Oscar Romero qui doit être sentencié par les forces occultes des pouvoirs dominants. Son engagement, comme pasteur et témoin d’évangile, l’a conduit à rejoindre les pauvres, les délaissés, les persécutés du Salvador. Dans son dernier sermon, fort de la liberté que donne l’Esprit, il s’adresse aux militaires présents à la célébration de l’eucharistie et à tous les salvadoriens qui l’écoutent par la radio. «Je fais appel à vous, membres de la garde nationale, soldats, policiers, vous qui  faites partie de notre peuple.   Ces paysans que vous tuez, ce sont vos propres frères.  Tout ordre injustifié d’un homme qui vous demande de tuer est subordonné à la loi de Dieu qui dit « Tu ne tueras pas ».  Aucun soldat n’est tenu d’obéir à un ordre immoral, contraire à la loi de Dieu.   Il est temps d’obéir à votre conscience.  …Au nom de Dieu, au nom du peuple qui souffre et qui crie vers le ciel, je vous implore, je vous supplie, je vous ordonne : cessez la répression. » Le lendemain il était exécuté froidement au moment même où il célébrait l’eucharistie dans la chapelle d’un hôpital.

Ces jours-ci nous assistons à l’assassinat d’un homme dont nous avons pris bien garde de mettre en évidence ses véritables engagements en faveur d’une Afrique plus libre et indépendante. Nous avons très peu parlé, également, des sommes énormes mises à la disposition des pays de l’Afrique pour les soutenir dans leurs efforts de développements. Bien peu savent les conditions de vie exceptionnelle accordées aux Libyens et Libyennes, les assurant de plus haut niveau de vie de tous les pays d’Afrique et du M.O. Ce n’est pas pour rien, qu’en juillet dernier, plus d’un million de Libyens, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux, ont envahi la place verte de Tripoli pour dénoncer l’intervention de l’OTAN et affirmer leur soutien au colonel Kadhafi. Tout original qu’il ait pu être, ses engagements, ceux qui avaient prises sur lui, sont ceux-là mêmes qui l’ont conduit à résister jusqu’à la mort pour son peuple. C’est cet homme que je respecte et admire. C’est cette vision d’une humanité renouvelée et plus respectueuse des droits des peuples et des personnes que je salue. Sa mort ne vient pas appuyer les erreurs qu’il a pu commettre, mais les idéaux qu’il a voulu partager. Quoi de mieux pour la circonstance de visionner ce vidéo montrant Kadhafi en compagnie de Nelson Mandela.

Puisse cet exposé, nous rappeler qu’il y a de ces êtres qui continuent de livrer des combats pour que l’humanité, dans sa totalité, retrouve l’air frais de la liberté, de la justice, du respect. Tous ceux, plus haut mentionnés, auraient pu s’assurer un avenir bien doré en renonçant à leurs engagements moraux et en acceptant, en échange, des sommes d’argent venant de la corruption. Ils ne l’ont pas fait et c’est tout à leur honneur. Ils ont tous en commun le même assassin, ces forces de domination et de conquête.
Il en va de même pour Jésus de Nazareth, exécuté par les pouvoirs en place parce qu’il prêchait l’avènement d’une humanité nouvelle, fondée sur la vérité, la justice, la solidarité et la compassion.
Oscar Fortin
Québec, le 22 octobre 2011



vendredi 21 octobre 2011

QUI SONT CEUX QUI ONT LES MAINS SOUILLÉS DE SANG?



Nos chefs d’État et nos médias officiels nous ont habitué à pointer du doigt les principaux ennemis des politiques impériales qui dominent nos sociétés. Ce seront, en général, ces chefs d’État qui leur tiennent tête et qui se font les promoteurs d’une souveraineté sans dépendance et d’une politique, sans compromis, de contrôle et d’exploitation de leurs propres richesses. Ces derniers seront d’abord désignés comme des dictateurs, même s’ils ont été élus par leur peuple. Viendra par la suite  l’accusation à l’effet qu’ils soutiennent la contrebande de la drogue et qu’ils font partie de la mafia qui en assure la production et la distribution. S’ils sont dans un environnement où il y a des groupes armés révolutionnaires, ils seront accusés de les soutenir de diverses façons. Ils seront enfin associés aux assassinats et aux règlements de compte. De là à dire qu’ils sont  devenus des tyrans sanguinaires et sans conscience, il n’y a qu’un pas à franchir.

Lors d’une émission, toute récente, de Radio-Canada à « tout le monde en parle » des invités parlèrent de Fidel Castro comme d’un dictateur aux mains souillées de sang. Je savais que l’image, projetée par nos médias officiels, faisait  de cet homme un dictateur sanguinaire. Je m’attendais, toutefois, que quelqu’un pose la question à savoir ce que voulait bien dire cette expression. Ne vivons-nous pas dans un monde où les guerres cruelles et sanguinaires font partie de notre quotidien. Le million de morts en Irak, les centaines de milliers en Afghanistan et les 70 000 en Libye font-ils de Bush, Blair, Sarkozy, Cameron, Harper et les autres des chefs d’État aux mains souillées de sang? Il est évidemment facile de répéter ce à quoi on nous a habitué. Mais de la part de personnes bien informées et professionnelles, je m’attendais à autre chose. 

Je suis allé sur Google et j’ai tapé « accusations contre Fidel Castro ». J’y ai effectivement trouvé plusieurs plaintes présentées à des Cours internationales, mais aucune n’a été retenue par manque de preuves.

Pour en savoir plus sur tous les crimes qu’on lui impute, je me suis rendu à ce lien,  sur Wikipedia, et j’y ai lu, entre autres, ce qui suit :

« Le gouvernement révolutionnaire avait décidé de punir de façon exemplaire les responsables des meurtres et des crimes commis sous la dictature (Ndr de Batista). Dans l'histoire cubaine, les tortures et les meurtres de patriotes et de combattants révolutionnaires avaient toujours été impunis, et le peuple espérait maintenant un changement : le pays entier exigeait la mort pour les assassins. Des tribunaux révolutionnaires furent établis et des jugements publics furent tenus, avec toutes les garanties pour les coupables. Les sentences appropriées furent rendues, y compris la peine capitale2

Dans les premiers mois qui suivent la Révolution, les opposants au régime prétendent que plusieurs centaines d'opposants sont exécutés en 19593, plusieurs milliers dans les années 19604. Plus de 600 partisans de Batista – ou considérés comme tels – auraient été exécutés5 dans les premiers temps de la Révolution cubaine et du régime castriste. D'autres opposants sont emprisonnés et la presse est censurée5.

En fait, les accusés sont pour la plupart des officiels du régime de Batista: policiers, hommes politiques ou personnes influentes accusées d'avoir contribué à la répression à laquelle le régime s'était livré notamment en 1958 juste avant sa chute6, des membres du « bureau de la répression des activités communistes » qui avaient recours à l'enlèvement, la torture et l'assassinat7, ou des militaires accusés de crime de guerre, mais aussi des dissidents politiques[réf. nécessaire]. Seuls les militaires et policiers sont condamnés à mort, les civils étant conduits devant un autre tribunal8. »

De ce texte je tire trois conclusions. La première est qu’après la victoire, des « tribunaux révolutionnaires furent établis et des jugements publics furent tenus, avec toutes les garanties pour les coupables. Sur ce point, Fidel, lors de sa visite au Chili, en 1971, avait reconnu, dans une de ses interventions, qu’il y avait eu des erreurs de commises et que des abus de pouvoir de la part de certains de ces tribunaux révolutionnaires avaient été rapportés. Il y aurait eu des règlements de compte. Dès qu’il en fut avisé il a aussitôt procédé à des changements pour que de telles pratiques ne se répètent pas.

Le deuxième point repose essentiellement sur ce que les « opposants au régime » prétendent. Il est possible qu’il en ait été ainsi, mais il est également possible qu’il en ait été autrement. Ils parlent d’une centaine d’opposants exécutés dès 1959 et de plusieurs milliers durant les années 1960. Dans ce dernier cas une visite au lien suggéré ne m’a  pas permis de voir le nombre plus précis des morts et des circonstances dans lesquelles ils auraient été exécutés. S’agit-il de 1000, 2000, 3000 ou plus, nous ne le savons pas. Il en va de même pour les 600 participants de Batista qui « auraient été exécutées ».

Ma troisième remarque est que nous savons, aujourd’hui, plus que jamais, toute la facilité avec laquelle des nouvelles peuvent être inventées de toute pièce de manière à influencer l’opinion des gens sur telle ou telle personne ou encore sur telle ou telle guerre. Par exemple, pour certains, l’intervention de l’OTAN en Libye est une véritable intervention humanitaire alors que pour plusieurs autres, il s’agit d’un véritable désastre humanitaire. Dans un cas comme dans l’autre, il y a eu plus de 70 mille morts dans une période de 8 mois. Le sang de ces morts coule quelque part dans les mains de certains responsables. 

Ce que nous savons, toutefois, avec certitude au sujet de Fidel et de Cuba c’est que les valeurs de base que sont la subsistance, la santé, l’éducation et le sens de la solidarité ont atteint un niveau qui fait l’envie de nombreux pays. Nous savons également qu’il ne s’est pas enrichi à même son peuple et la corruption internationale pour se payer des châteaux et des voitures de grand luxe. Il est resté lui-même, près des conditions de vie de son peuple. Ses enfants qu’il n’a pas voulu différents des autres mènent une vie sans luxe et sans privilège. Nous sommes bien loin des Moubarak en Égypte, ou de Ben Ali en Tunisie, deux grands alliés de Washington.

Aujourd’hui, Fidel Castro, à 85 ans, poursuit ses réflexions sur les grands problèmes du monde. Il parle, entre autres, de l’importance de protéger l’environnement, de la nécessité de la solidarité, devenue indispensable à la survivance des peuples. Il rappelle avec encore plus d’actualité les dangers que représentent toujours le capitalisme et l’impérialisme pour la justice et la paix dans le monde.

Ceux et celles qui s’en approchent découvrent le sage, l’humaniste, le révolutionnaire dont le regard porte toujours sur la liberté des peuples et le bien-être de tous et de toutes. Ce n’est pas pour rien que de nombreux chefs d’État du monde, soucieux du bien-être de leur peuple,  vont à sa rencontre pour s’en inspirer.  Celui que les adversaires prennent plaisir à présenter comme un tyran aux mains souillées de sang, se révèle être le révolutionnaire ayant toujours à cœur la libération des peuples pour qu’ils s’assument dans la solidarité et le respect mutuel. Sa vie est en continuité avec ses principes et ses idéaux.


Oscar Fortin
Québec, le 21 octobre 2011



jeudi 20 octobre 2011

DES HÉROS PASSÉS SOUS SILENCE




Je me suis réjoui, comme des milliers d’autres à travers le monde, de l’échange de prisonniers entre  Israël et la Palestine. Le seul prisonnier aux mains des palestiniens, Gilad Shali, a pu rejoindre les siens après 5 ans de captivité.  Il en fut de même pour les centaines de palestiniens qui ont pu rejoindre, au même moment, leurs familles, certains après plus de 10 à 15 ans. À la fin, il y en aura 1000, selon les termes de l’entente. Cet échange aura été le résultat d’une longue et ardue négociation.

Nos journaux et télévisions n’ont pas manqué de mettre en relief la libération du jeune israélien Gilad Shali, chaleureusement accueilli par sa famille et les autorités du pays. Il en fut de même pour la libération de centaines de palestiniens qui ne pouvaient passer inaperçue.

Quelques jours plus tôt, un autre prisonnier, celui-là, moins connu de nos milieux journalistiques a été libéré après avoir purgé, aux Etats-Unis, une peine de 13 ans de prison. Son nom est René Gonzalez, un des cinq cubains condamnés pour avoir infiltré des groupes cubains terroristes  de Miami dans les années 1990. Leur objectif était d’empêcher que de tels actes, pouvant causer des dizaines et des milliers de morts, ne puissent être menés à terme sur le sol cubain.

Leur crime fut d’avoir mis à jour des actions terroristes en préparation visant Cuba et certains organismes aux Etats-Unis. Cette information, portée à la connaissance du Président Fidel Castro, avait été transmise, à son initiative, à Bill Clinton, alors Président des Etats-Unis. Fidel Castro, avait fait appel, pour cette mission délicate, à son ami et prix Nobel de littérature, Gabriel Garcia Marquez. De bonne foi, il pensait que le président Clinton allait vérifier les faits rapportés et agir en conséquence en poursuivant les coupables.

La suite est pure tragédie. Contre toute attente ce furent les cubains antiterroristes qui ont été arrêtés et condamnés. Ceux qui avaient été dénoncés pour activités terroristes ne furent d’aucune façon interpellés.

L’histoire des procès de ces cinq cubains est marquée par de nombreuses irrégularités qui ont été chaque fois ignorées par les Cours de justice.


Depuis plusieurs années, des mobilisations à travers le monde réclament justice pour ces cinq antiterroristes cubains, mais en vain.

René Gonzalez, qui vient tout juste de terminer sa peine, s’est vu imposé, sans aucun motif, une nouvelle restriction à sa libération. Il doit demeurer aux Etats-Unis, plus précisément en Floride, en résidence surveillée pour les trois prochaines années. Il ne lui est pas permis de retourner à Cuba pour retrouver les siens.

Vous comprendrez que cette introduction n’a pour objectif que celui de porter à votre attention trois articles fort émouvants tout autant sinon plus émouvant que la libération du jeune israélien. De cela nos médias ne parlent guère.

Le premier est la lettre que René Gonzalez, après sa mise en semi-liberté, a fait parvenir au Peuple cubain, une fois arrivé en lieu sur.


La seconde est une réflexion de Fidel Castro qui n’a cessé et ne cesse de réclamer justice pour ces cinq cubains condamnés injustement. Pour ceux et celles qui n’ont pas l’habitude de lire en direct ce que pense et écrit cet homme de 85 ans, le détour vaut la peine.


La troisième est le témoignage de Gilbert Brownstone, président de la fondation du même nom, qui s’est intéressé de façon particulière aux cinq cubains et qui nous livre quelques informations.


Je souhaite que les sentiments et émotions que nous ressentons ne soient pas conditionnels  à la couleur de la peau, aux idéologies dominantes, mais à cette proximité qui fait de nous tous et toutes des humains.

Oscar Fortin
Québec, le 20 octobre 2011