PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 25 août 2012

LES QUÉBÉCOIS TANNÉS D’ENTENDRE PARLER DE RÉFÉRENDUMS?




Qui donc sont ceux qui proclament à tout vent que les Québécois sont tannés d’entendre parler de référendums? Ce sont des fédéralistes hantés par la démocratie directe, celle d’un peuple qui, en tout temps et par voie référendaire, peut prendre la parole et dire ce qu’il veut. Pourquoi craignent-ils autant, eux qui se disent démocrates, cette expression plus que démocratique qu’est un référendum?

À les écouter, c’est comme si la voix du peuple leur arrivait directement à l’oreille. De quel peuple parlent-ils? Il est bien possible que ce soit le peuple de leurs fréquentations. Encore faut-il savoir que cette partie du peuple, formée de purs fédéralistes, d’hommes d’affaires ayant les mains toujours ouvertes pour recevoir les subventions des gouvernements, pour bénéficier de politiques fiscales généreuses et avoir accès à de juteux contrats, est loin de représenter l’ensemble du peuple québécois.

Oui, c’est vrai que les oligarchies sont tannées d’entendre parler de référendums. Elles ne souhaitent pas que la démocratie, celle du pouvoir du peuple, vienne les déloger de la place privilégiée qu’elles occupent dans la société. Ne contrôlent-elles pas les pouvoirs politiques et à travers eux l’ensemble des institutions de l’État? Parler de référendums, c’est leur rappeler que le peuple a également quelque chose à dire dans le devenir de la société.

La question qu’il faut poser n’est pas de savoir si le peuple est tanné ou pas d’entendre parler de référendums, mais de savoir ce qu’il a à dire sur telle ou telle question concernant son avenir et le projet de société dans lequel il souhaite vivre. Ce n’est pas parce qu’un référendum donne une réponse négative à une question, que cette réponse est sans appel. Au dernier référendum, dont on ignore toujours les manigances qui ont été utilisées par l’opposition au OUI, le NON l’a emporté avec une majorité de 50 000 voix. C’est dire que plus de 49,5 % des Québécois ont rejeté le fédéralisme canadien et ont voté pour un Québec indépendant. Un tel résultat ne fait pas disparaitre le Peuple québécois, pas plus que ses prétentions à son indépendance. L’image qui me vient à l’esprit est celle de prisonniers de guerre qui n’ont de cesse à essayer par tous les moyens à s’évader. Échec après échec, ils recommencent parce qu’ils sont toujours prisonniers et que leur devoir est de s’enfuir.

Tant que le peuple québécois sera un peuple et qu’il ne sera pas indépendant, il y aura toujours des référendums en perspective.

L’acharnement que mettent les adversaires pour qu’il n’y ait pas de référendums est indicateur de la force que prend le mouvement de l’indépendance du Québec et de son éventuelle victoire. Les Québécois et les Québécoises sont de plus en plus conscients du rôle ingrat qu’ils occupent dans la fédération canadienne et surtout ils et elles savent qu’ils ont tout ce qu’il faut pour assumer pleinement leur devenir comme peuple et pays. L’indépendance conquise par de nombreux peuples, plus petits et beaucoup moins avantagés que nous, devrait nous motiver et nous conduire à notre propre indépendance.

Plus les adversaires crient forts et que les médias en répercutent les échos, plus nous sommes près d’un pays bien à nous et d’une constitution à l’image de ce que nous sommes.

Le prochain gouvernement minoritaire laissera suffisamment de temps à toutes les forces indépendantistes, ouvertes à un projet de société plus démocratique plus solidaire et plus confiante en ses propres ressources, de se rallier et de faire front commun pour la « prochaine fois », celle dont a parlé René Lévesque.

Oscar Fortin
Québec, le 25 août 2012

jeudi 23 août 2012

BENOÎT XVI AU LIBAN DU 14 AU 16 SEPTEMBRE






« L'Église catholique confirme le voyage du pape Benoît XVI au Liban, programmé du 14 au 16 septembre. “La préparation du voyage se poursuit sans incertitudes de la part du Vatican”, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, Federico Lombardi. “Un signe concret en est que la papamobile est partie et est en cours d'expédition vers Beyrouth.”

Ce voyage intervient dans un contexte géopolitique régional très tendu. Trois pays, et non des moindres, l'Égypte, la Syrie et l'Irak, vivent des jours critiques pour leur avenir. Il lui sera difficile de passer outre à ces conflits. Pour le moment, les échos qui nous parviennent sont à l’effet qu’il fera plutôt un appel à tous les chrétiens des églises orthodoxes et latines pour qu’elles s’impliquent de manière à témoigner de l’Évangile par des œuvres d’engagement social et humanitaire. Un message qui devrait rejoindre tout le Moyen-Orient. Concernant la Syrie, il faut s’attendre à un discours qui ne mette pas dans l’embarras ses alliés traditionnels de l’Occident. Ce défi sera d’autant plus difficile à relever que la Maison-Blanche vient de déclarer que toute négociation de l’opposition avec le gouvernement de Bachar Al Assad doit comporter un prérequis essentiel, celui du départ de ce dernier. Cette déclaration survient un jour après que le vice-premier ministre syrien eut annoncé la disposition de son gouvernement d’entamer des négociations sans aucune condition préalable avec toutes les forces de l’opposition.

Les interventions récentes de Benoît XVI sur la crise en Syrie

En abordant ce sujet, je pensais sincèrement que Benoît XVI se tenait à l’écart du conflit sanglant qui embrase la Syrie. Une recherche rapide sur Google m’a révélé qu’il est intervenu à diverses reprises au cours de la présente année. Il faut dire que ce ne fut jamais à partir d’une conférence de presse exclusivement consacrée au conflit syrien. C’était plutôt à l’occasion de la prière de l’Angélus ou encore de rencontres avec des évêques ou des groupes particuliers. Dans tous les cas, le relais de ses propos par la presse internationale a été plutôt discret, même si le contenu permettait à la partie occidentale d’y trouver son compte.

Le 12 février 2012, lors de la prière de l’Angelus, Benoît XVI « invite tout le monde et tout d’abord les autorités politiques en Syrie à privilégier la voie du dialogue, de la réconciliation et de l’engagement en faveur de la paix”.

Il faut se rappeler que, quelques jours plus tôt, le groupe des observateurs de la Ligue arabe avait produit un rapport dans lequel il dénonçait la présence de groupes armés qui attaquaient les forces gouvernementales et les institutions publiques. De plus, il constatait que nombre d’informations transmises par les médias internationaux s’avéraient sans fondement dans la réalité. Une déclaration et un rapport qu’on se garda bien de publier à grande échelle et qui marqua la fin de cette mission d’observateurs. Les points 26 à 29 de ce Rapport sont éloquents sur ces deux points.

Benoît XVI avait là une belle occasion de mettre en relief les principales données de ce Rapport dont il ne pouvait ignorer le contenu. Par exemple, relever le fait de ces forces armées qui s’attaquent aux forces gouvernementales dont la responsabilité est de toute évidence de les contrer. Il a plutôt choisi de s’en prendre directement au gouvernement, toujours considéré comme le seul responsable de la violence, sans relever le fait que le dialogue sollicité devenait impossible avec ces groupes armés. De plus, il n’a eu aucun mot à l’endroit de ces pays engagés avec ces groupes terroristes visant le renversement par la violence du gouvernement.

 Il eut pu, également, relevé, à partir de ce rapport, le problème de l’information en rappelant à la presse internationale et aux  journalistes, en particulier, leur devoir d’assurer une information objective, fondée sur des faits et non sur des rumeurs qui s’avèrent, plus souvent que moins, sans fondement. En un mot, rappeler avec force que le droit à la vérité est également un droit fondamental de la personne.

Malheureusement, de ces faits peu connus, il n’en dira rien.

Le 8 mars dernier, à l’occasion de Pâque, il eut également un message sur le conflit en Syrie. À ce moment, Kofi Annan dirige une mission visant la fin de la violence et la mise en place d’une négociation entre les diverses parties syriennes impliquées dans le conflit. Benoît XVI sait, à ce moment, que des pays, regroupés sous le titre des “amis du peuple syrien”, financent et arment des mercenaires et des terroristes pour combattre les forces gouvernementales. Il sait que, parmi ces pays, il y a les États-Unis, la France, l’Angleterre. Il sait également que l’information transmise par les médias occidentaux est, plus souvent que moins, une déformation de la réalité, quand elle n’est pas pure invention. Que dit-il alors?


“… que cesse l'effusion de sang et que soit entrepris sans délai le chemin du respect, du dialogue et de la réconciliation, comme le souhaite la communauté internationale. Que les nombreux réfugiés, provenant de ce pays et ayant besoin d'aide, trouvent l'accueil et la solidarité qui puissent soulager leurs pénibles souffrances.”

Là encore, il se fait silencieux sur les pays qui financent et soutiennent en armements les mercenaires armées et qui s’affirment, hypocritement, solidaires de la mission Annan. Pas un mot sur la manipulation de l’information. Pas un mot sur le respect du droit international concernant la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pas un mot sur la position assumée par la Russie et la Chine qui se réclament le respect du droit international, voulant ainsi éviter que se reproduise en Syrie ce qui s’était passé en Libye.

Le 21 juin dernier, s'adressant aux participants de la réunion des oeuvres d'assistance aux Églises orientales (Roaco), Benoît XVI affirme sa “proximité aux grandes souffrances des frères et des soeurs de Syrie, en particulier des petits innocents et des plus faibles” et a demandé que “ne soit épargné aucun effort” de la communauté internationale pour la paix.

“…que Dieu donne la sagesse du coeur à ceux qui ont des responsabilités, afin que cessent toute effusion de sang et la violence qui apporte seulement douleur et mort”. 

Le journal La Croix de poursuivre :

“Que ne soit épargné aucun effort (…) de la part de la communauté internationale pour faire sortir la Syrie de la situation de violence et de crise actuelle, qui dure déjà depuis longtemps et risque de devenir un conflit généralisé qui aurait des conséquences fortement négatives pour le pays et pour toute la région.”

Au moment de tenir ces propos, Benoît XVI sait que la plan Annan est dans une impasse et que le Conseil de sécurité est bloqué. D’une part, il sait qu’il y a le bloc de ceux qui se disent les “amis du peuple syrien” et qui veulent par tous les moyens le départ de Bachrar Al Assad et le changement de régime. D’autre part, il sait également qu’il y a ceux qui appuient la Russie et la Chine dans leurs efforts pour faire respecter le droit international, en soutenant le fait que seuls les Syriens ont le pouvoir de décider de leurs gouvernants et de leur régime politique. Pour ces derniers, le mandat de la communauté internationale ainsi que celui de Kofi Annan est que cesse la violence et que les Syriens s’assoient à une même table et décident eux-mêmes leur avenir. Mais de cela Benoît XVI ne parle pas.

De nouveau, le 29 juillet, depuis sa résidence d’été, le Pape Benoît XVI se réfère à la Syrie. À ce moment, Kofi Annan n’a pas encore annoncé sa démission. Il le fera quatre jours plus tard, le 2 août. Le pape n’est pas sans savoir, toutefois, les difficultés rencontrées par ce dernier pour faire cesser la violence chez les opposants au régime.

“Je continue à suivre avec inquiétude les événements tragiques et violents croissants en Syrie avec la triste succession de morts et de blessés, y compris chez les civils, a-t-il souligné. Je pense également au nombre élevé de personnes déplacées et de réfugiés dans les pays voisins. Je demande que leur soient garanties l’aide et l’assistance humanitaire nécessaires”.

Je demande à Dieu la sagesse du cœur, en particulier pour ceux qui ont les plus hautes responsabilités afin que ne soit épargné aucun effort dans la recherche de la paix, y compris de la part de la communauté internationale, au travers du dialogue et de la réconciliation en vue d’une solution politique adéquate du conflit ».

Ce dernier message fut salué chaleureusement par S. Exc. Mgr Jean-Clément Jeanbart, Archevêque métropolitain d’Alep des Gréco catholiques.

Ses intentions et ses prières sont sans doute très bonnes, mais il se refuse de mettre le poids de son autorité morale pour dénoncer ce qui fait achopper toute entente possible, à savoir les actes terroristes des forces de l’opposition et le support en argent et en armes qu’elle reçoit des pays occidentaux et arabes. Il s’en tient au terme générique de la communauté internationale et se garde bien de faire écho aux interventions de ses alliés traditionnels que sont les États-Unis et la France. Pas un mot, également, sur la désinformation qui n’aide pas à comprendre ce qui se passe en Syrie.

Que dira-t-il maintenant lors de son séjour au Liban ?

Si ce voyage se réalise, comme prévu, il faut alors espérer que Benoît XVI retrouve la liberté des Évangiles pour faire entendre au monde la parole d'une espérance et, plus particulièrement à ceux qui veulent se l’assujettir,  que leur projet ne rejoint ni les idéaux évangéliques, ni l’espérance d’une l’humanité qui aspire à la paix, à la justice et à la vérité. Le monde auquel aspire l’humanité entière ne saurait être le produit des armes, de la corruption et du mensonge.

Un moment tout privilégié pour rappeler, lui le successeur de Pierre, ce secret, révélé dans le Nouveau Testament, qui rend caduque la croyance à l'effet que le peuple juif est le seul peuple, objet de la promesse divine. Cette croyance est à l'origine de bien des conflits et surtout de cette idée qu'il lui revient, comme peuple élu, de diriger le monde. Tel n'est pas le cas. Bien au contraire, selon le message évangélique,  la promesse divine est destinée à l'humanité entière, sans distinction de races, de couleurs, de religions.

« Rm 11 25 : Frères, je veux vous faire connaître le plan secret de Dieu, afin que vous ne vous preniez pas pour des sages : une partie du peuple d'Israël restera incapable de comprendre jusqu'à ce que l'ensemble des autres peuples soit parvenu au salut. »

« Eph 3 6 : Voici ce secret : par le moyen de la Bonne Nouvelle, les non-juifs sont destinés à recevoir avec les Juifs les biens que Dieu réserve à son peuple, ils sont membres du même corps et bénéficient eux aussi de la promesse que Dieu a faite en Jésus-Christ. »

Une révélation qui met un frein à ceux et celles qui se croient destinés à gouverner le monde en se réclamant du pouvoir de Dieu en tant que peuple élu. L'humanité est une et tous, Israéliens, Palestiniens, Iraniens, Syriens, Français, Étasuniens etc, y ont leur place comme les membres dans un même corps.

À ce jour, dans toutes ses interventions, Benoît XVI a fait appel au dialogue de toutes les parties pour trouver une solution politique au conflit syrien. Comment pourra-t-il poursuivre avec la même insistance alors que Washington vient de mettre une condition sine qua non à la reprise de tout dialogue : le départ de l’actuel président Bachar Al Hassad?  Une condition inacceptable tout autant pour le Gouvernement que pour cette communauté internationale (plus de 50 % de la population mondiale) qui soutient l’approche de la Russie et de la Chine.

D’ici le 14 septembre, bien des évènements peuvent remettre en question cette visite et, du fait même, certains propos de nature à secouer les prétentions de certains pays. Sinon, bon voyage et que le message soit clair et sans complaisance.

"On ne peut servir deux maîtres." 

Oscar Fortin
Québec, le 23 août 2012