PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 15 septembre 2013

LES ÉVÊQUES DE CUBA PRENNENT LA PAROLE



VOICI CE QU’ILS N’ONT PAS DIT




Cette prise de parole des évêques de Cuba est d’autant plus significative que le Continent latino-américain est en pleine mutation politique et économique. Il en va de même avec les regroupements régionaux, tels UNASUR, MERCOSUR, ALBA et le regroupement continental de CELAC, dont Cuba assume présentement la présidence protemporelle.

Toute cette conjoncture n’est pas sans modifier les rapports de force du continent latino-américain et des Caraïbes avec les États-Unis. Dans ce contexte, Cuba est loin d’être isolé de la communauté internationale, comme semble le suggérer le document des évêques.

J’ai lu  un résumé qu’en a fait le site espagnol, Religion Digital. Je dois dire que sa lecture a laissé en moi un grand vide. Par leurs silences, les évêques nous en disent plus sur leurs véritables pensées et leurs alliances politiques que par ce qu'ils proclament.

DES SILENCES INJUSTIFIABLES

1— L’embargo

Les évêques ont relevés les conditions d'existence  des cubains qui vivent avec un faible salaire. Ils ne disent toutefois rien sur le système gratuit d’éducation du primaire à l'universitaire, des soins de santé universels accessibles à tous ainsi que de bien d’autres services que rend l’État sans que le citoyen n’ait à débourser quoi que ce soit.  Mais plus important que tout est leur silence sur l’Embargo économique et politique dont les effets sont dévastateurs pour Cuba.

Comment peuvent-ils parler de la situation économique du pays sans parler de cet embargo économique et politique  qui dure depuis plus de 53 ans.

Depuis des années, la Communauté internationale, à travers sa représentation à l’Assemblée générale des Nations Unies vote à très grande majorité contre cet embargo qui défie le droit international et va à l'encontre des droits humains.

Une occasion unique pour ces évêques de condamner , haute et forte et d'une seule voix,  cette injustice des gouvernements successifs des États-Unis qui défient, les uns après les autres, toute loi internationale et qui pénalisent tout un peuple. Ce sont des milliards de dollars que le gouvernement aurait pu utiliser pour le mieux-être de toute la population. 

Sans parler explicitement de cet embargo, les évêques rappellent tout de même les paroles de Jean-Paul II qui signala lors de sa visite à Cuba que « l’isolement provoqué se répercute de manière indiscriminée dans la population, augmentant les difficultés des plus faibles sur des nécessités de base comme l’alimentation, la salubrité ou l’éducation. »

Voilà tout ce que les Évêques ont à dire sur cet isolement dont ils semblent ignorer ceux qui en sont les auteurs. Les seuls effets négatifs qu’ils relèvent sont en lien direct avec l’alimentation, la salubrité ou l’éducation. Tous les autres effets négatifs dont ceux du développement technologique, des échanges commerciaux, etc. ne sont pas mentionnés. En ce 8 septembre 2013, ils n’ont rien de plus à dire sur le sujet, même pas pour dénoncer le président Obama qui vient tout juste de prolonger d’une autre année cet embargo. Ils invitent plutôt le gouvernement Cubain à faire plus d’efforts pour se rapprocher du gouvernement des États-Unis.

2— L’emprisonnement des cinq antiterroristes

Dans leur intervention, les évêques relèvent le problème des prisonniers politiques qui est toujours présent à Cuba. Par contre ils n’ont aucun mot pour les cinq Cubains antiterroristes condamnés injustement à de longues peines  de prison aux États-Unis.

Tout le monde sait que le mois de septembre est le mois où les organisations de solidarité à travers le monde se mobilisent en solidarité avec le peuple cubain pour dénoncer ces condamnations injustes et demander  leur libération immédiate.

Le crime que ces cinq cubains ont commis est d’avoir dénoncé aux autorités compétentes des États-Unis par l’intermédiaire du prix Nobel de littérature, Garcia Marquez, les actions terroristes qui se préparaient Miami contre le peuple cubain. Loin de poursuivre les terroristes, les États-Unis ont arrêté ceux qui les avaient dénoncés. Un simulacre de jugement les envoya en prison pour des peines, à vie pour certains et limitées pour d’autres. Un de ces prisonniers vient d’être libéré après 14 ans de pénitencier. Les quatre autres poursuivent, depuis tout ce temps, leur détention dans des conditions humaines très difficiles.

Depuis plusieurs années, de nombreuses organisations à travers le monde et aux États-Unis dénoncent cette injustice et réclament leur libération. À Cuba, le 10 septembre est justement le jour où s’unissent toutes les voix pour dénoncer ce crime et demander la libération de ces quatre prisonniers toujours sous le joug d’une fausse justice étasunienne.

Or tous ces évêques cubains, réunis pour exprimer leur solidarité avec le peuple et leur espoir pour un monde meilleur, n’ont eu aucune parole à l’endroit de ces prisonniers politiques détenus injustement par l’oncle Sam.  

3— La démocratie

Ils ont, évidemment, parlé de démocratie, non pas pour en préciser les diverses formes d’expression et les limites qu’elle peut comporter selon l’usage qu’en font les états. Si l’Amérique du Nord parle beaucoup de démocratie représentative, ses critiques en dénoncent à la fois les limites et la corruption qui parvient, dans bien des cas, à la subordonner à des intérêts oligarchiques.

En Amérique latine, se vit également de nouvelles formes de démocratie. Les expériences de Bolivie, de l’Équateur et du Venezuela deviennent des exemples de démocratie participative, impliquant directement le peuple à participer à son propre destin.

Les évêques cubains savent que le gouvernement de Cuba est très sensible à ces nouvelles expériences de démocratie et qu’il s’achemine à son rythme dans cette direction. L’occasion était tout indiquée pour apporter un éclairage élargi sur la démocratie tout en exprimant une parole d’encouragement et de solidarité à l’endroit de tous ceux et celles qui placent les intérêts du bien commun du peuple au-dessus de tous les autres. Ils auraient pu reprendre l’expression utilisée par Jean XXIII dans son encyclique PAIX SUR TERRE : « L’ÉTAT AUTANT QUE NÉCESSAIRE ET LE PRIVÉ AUTANT QUE POSSIBLE ».  Il faut croire que les références à Jean-Paul II et à Benoît XVI leur conviennent mieux. Elles leur sont plus familières et plus conformes à leur propre formatage.

4— L’intégration de Cuba à la communauté latino-américaine

À les entendre, Cuba serait isolé, seul dans son coin. D’où leur invitation qu’il s’ouvre à la communauté internationale, particulièrement aux EÉats-Unis.

Ç’eut été intéressant d’entendre parler les Évêques cubains du rôle important que joue Cuba dans l’ensemble de l’Amérique latine ainsi de sa solidarité légendaire  à l’endroit des  populations les plus défavorisées du Continent. J’aurais aimé les entendre mettre en relief la contribution du peuple cubain dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l'intégration des pays de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes. Également, un moment tout désigné pour féliciter le gouvernement cubain du rôle important qu’il exerce en tant que président pro temporel de la Communauté d'États latino-américains et des Caraïbes (CELAC), regroupant 33 états de l’Amérique latine et des Caraïbes. Une occasion en or pour parler de cette solidarité nouvelle entre tous ces pays regroupés dans cette communauté internationale qu’est la CELAC.

CONCLUSION

Il n’y a pas de doute, qu’en parlant de toutes ces réalités, passées sous silence, le message des évêques eut revêtu la crédibilité nécessaire pour parler de tous les autres problèmes dont la société cubaine se doit de résoudre.

En l’absence de ces propos, leur intervention se présente  comme une intervention commanditée de Washington et de l’aile conservatrice et servile de l’épiscopat latino-américain.

Lorsqu’il s’agit de pays que Washington considère comme ses ennemis, les évêques ne se font aucun scrupule pour s’impliquer directement dans la gouvernance de ces États et leur dicter les voies à suivre. C’est évidemment le cas de Cuba, mais également du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur, entre autres. Le problème n’est toutefois pas qu’ils s’impliquent dans les affaires de l’État, mais qu’ils le fassent sous influence de Washington, de l’aile conservatrice des épiscopats latino-américains et des mandarins du Vatican qui lui sont assujettis. Ce n'est plus une Église au service des Évangiles et des pauvres, mais une Église au service des puissances de ce monde.

Cette sortie des évêques cubains est d’autant plus inquiétante qu’elle survient à peine deux semaines après la nomination de  Pietro Parolin, comme Secrétaire d’État.

Si le pape François n’y voit pas de plus près, les épiscopats latino-américains vont discréditer par leurs déclarations et leurs prises de position tout ce qu’il fait présentement de bon pour sortir l’Église de ses dépendances et de ses complicités avec les puissances de ce monde. Pendant qu'il reçoit en audience les représentants des pays émergents, les épiscopats de ces mêmes régions se mobilisent pour les neutraliser en appui à Washington.

Dans l’état actuel des choses, ce ne sera pas le nouveau Secrétaire d’État, Pietro Parolin, qui va rectifier le tire, à moins qu’il y ait une conversion du genre de celle de Saul sur le chemin de Damas. 

Heureusement que l’Esprit évangélique déborde de beaucoup tout cet encadrement  idéologique et institutionnel d’une Église restée accrochée à ses privilèges et idéologies. Le temps de passer de la doctrine au vécu évangélique, comme le fait présentement le pape François, ne semble pas les rejoindre. Ils en sont même très éloignés.


Oscar Fortin
15 septembre 2013

vendredi 13 septembre 2013

LE VATICAN A UN NOUVEAU SECRÉTAIRE D’ÉTAT




LA BONNE FOI INTELLECTUELLE SERA-T-ELLE AU RENDEZ-VOUS ?



Pendant que l’ancien secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, se voit indiquer la porte de sortie, le nouveau, Pietro Parolin, se voit confier la prestigieuse fonction de Secrétaire d’État du Vatican ou, si l’on veut, celle de Premier ministre.

Tarcisio Bertone, suite aux révélations des Vatileaks, se devait d’être écarté de ce poste de grande influence et, il faut espérer, de tous les autres où des réformes majeures s’imposent. D’ailleurs, à l’âge de 78 ans, il est plus que temps qu’il aille se recueillir dans un monastère pour y prier pour son salut et celui des autres.

Le second, peu connu, est un diplomate de carrière, présentement en fonction, au Venezuela. Il y est comme Nonce apostolique depuis 2009. Il a bien connu Hugo Chavez et a reçu, à quelques occasions, les recommandations de ce dernier quant aux pasteurs, évêques ou cardinaux, que le Vatican devrait nommer pour le Venezuela.

QUI EST-IL VRAIMENT?

Il appartient à l’aile conservatrice de l’Église. Son séjour au Venezuela comme Nonce apostolique en témoigne.  

Il a côtoyé Hugo Chavez à quelques reprises et il a pu observer pendant ces années les va-et-vient du gouvernement, de l’opposition et surtout de l’épiscopat vénézuélien.

De quoi lui permettre de comprendre et de placer dans sa véritable perspective le socialisme du XXIe siècle, de constater la multiplication des consultations populaires tant sous la forme de référendums que d’élections. Il a été témoin de ces mobilisations populaires et de ces appels de Chavez et de ses lieutenants pour que le peuple participe à cette grande révolution, inspirée d’un plus grand souci de justice à l’endroit des plus défavorisés, de plus de vérité dans les communications, de plus compassion et de solidarité pour les plus éprouvés. De quoi lui rappeler l’encyclique sociale, PACEM IN TERRIS, que le pape Jean XXIII a laissé au monde peu de temps avant de mourir.

De l’opposition, il aura été à même de constater le traitement qu’elle fait de l’information à travers les grands médias privés qu’elle contrôle, de voir comment elle dénigre Chavez et son gouvernement, comment elle passe sous silence les actions de sabotage et les révélations des complots pour assassiner le Président.

Il sait déjà, en arrivant en poste, que l’Épiscopat vénézuélien a participé activement au coup d’État militaire  de 2002, visant le renversement du gouvernement Chavez et l’élimination de ce dernier. Il sait également toutes les pressions qu’a dû exercer le Vatican pour faire accepter, en 2006, la nomination du nouvel Archevêque de Caracas en la personne Jorge Liberato Urosa Savino.

Les objections de Chavez pour cette nomination se fondaient sur le fait que ce dernier avait été impliqué dans le coup d’état militaire de 2002. Chavez disait aux envoyés du Vatican qu’il ne pouvait pas accepter que ce collaborateur des oligarchies qui ont voulu renverser le gouvernement et l’éliminer physiquement devienne l’archevêque de Caracas et, par la suite, le cardinal du Venezuela.

En tant que Nonce apostolique et diplomate, il a certainement vu les actions clandestines tramées par les forces de l’opposition pour créer le chao en paralysant la distribution de l’alimentation dans les grands marchés, en sabotant les réseaux électriques à des moments de grande consommation. Il ne pouvait ignorer les efforts déployés par Washington et les oligarchies locales pour éliminer physiquement le président Chavez.

Il a pu suivre l’évolution de la maladie de Chavez, constater le courage de ce dernier pour vaincre ce cancer mystérieux. Il a été témoin de sa dernière campagne électorale qui l’a conduit à une éclatante victoire, le 7 octobre 2012. 

Il a été témoin du témoignage de millions de personnes qui ont pleuré sa mort et défilé pendant des jours devant son cercueil. La grande foi de ce dernier qu’il n’a jamais caché au monde a dû normalement le toucher.

Son poste et sa fonction lui permettaient donc de voir tout cela et d’agir en conséquence. Qu’en a-t-il fait?

Dans une entrevue accordée à un journal local du Venezuela, Ultimas noticias, il s’exprime sur divers sujets dont je ne retiendrai que certains points qui nous éclairent un peu sur sa pensée. La traduction est de l’auteur.
« L’arrivée du pape François se situe dans la mouvance d’une Église toujours en transformation. Son style et son option pour les pauvres ont aussitôt transformé l’état de morosité et de déprime de l’Église en un état de réveil et d’optimisme. »
« L’Église a une option préférentielle pour les pauvres, mais cette option n’est ni excluante ni exclusive. »
Sur la théologie de libération et le marxisme, il dit ceci : « L’Église ne peut pas assumer les catégories marxistes de luttes des classes. C’est un des points qui posa problème avec la théologie de libération qui s’appuie sur cette doctrine de la lutte des classes pour développer sa doctrine. »
Selon lui, l’Église propose toujours, comme premier pas, la conversion des cœurs et l’éducation des personnes à la solidarité, permettant ainsi de surmonter non seulement les problèmes personnels, mais aussi les problèmes structurels de la société. Sur la pauvreté, l’Église a un patrimoine énorme qu’est sa doctrine sociale. »
Dans une autre entrevue rapportée par Religion Digital, il répond à la question de ce qu’il pense du capitalisme sauvage dont a parlé le pape François.
« C’est effectivement préoccupant. L’Église ne cesse de demander que l’économie soit plus humaine, plus éthique et plus morale. Elle demande que soit corrigé les lois de l’économie qui privent la personne humaine. De là naît ce sentiment d’amour aux pauvres, de solidarité, d’une économie véritablement humaine qui aide au développement des personnes et non à les humilier, à les blesser dans leur dignité. C’est un discours fondamental pour l’Église et nous avons toutes les encycliques papales de Léon XII, jusqu’à la Caritas in Veritate (2009) de Benoît XVI. »
Voilà une réponse qui illustre bien une tournure d’esprit qui permet d’esquiver les vraies questions et qui se perd dans des généralités. Pourtant, il sait bien que le capitalisme est un système qui sert les privilégiés de la société au détriment des travailleurs et des plus démunis. Il sait que Chavez, au Venezuela, cherche à briser ce cercle vicieux d’une économie qui oublie le bien commun de la société. DE CELA IL NE DIT RIEN.
Personnellement, je suis scandalisé d’entendre cet homme de grande culture et d’expérience diplomatique tenir un discours du siècle dernier, fondé sur des perceptions dépassées et sur une théologie également dépassée.
N’a-t-il pas vécu quatre années au Venezuela et n’a-t-il pas constaté que le socialisme du XXIe siècle se comprend dans le combat concret d’un peuple à la conquête de sa dignité? N’a-t-il pas réalisé, lui qui a parcouru le monde, que ce ne sont pas les pauvres, ni les travailleurs, ni les immigrés qui excluent les riches, mais les riches qui, par leur cupidité, en font des exclus?
Il épouse en tout point la pensée du cardinal de Caracas pour qui le socialisme de Chavez est un projet marxiste totalitaire. Il suit en cela la tradition de ses prédécesseurs. Qu’il y ait des élections et des référendums plus que partout ailleurs, la démocratie n’existe pas. Que la participation du peuple soit à tout moment sollicitée pour répondre à des impératifs de bien commun, fait de Chavez un dictateur. Que les oligarchies se refusent à participer à la solidarité du bien commun, c’est la faute du gouvernement qui les exclue.
Le Nonce apostolique parle de ce patrimoine extraordinaire de l’Église à travers sa doctrine sociale. À l’écouter, on dirait qu’il n’a jamais lu l’encyclique « Pacem in terris » (Paix sur terre) du pape Jean XXIII. Autrement, il aurait découvert que la pensée sociale de cette encyclique rejoint sur de nombreux points le socialisme du XXIe siècle de Chavez.
Je me suis prêté à cet exercice, en décembre 2007, et voici ce que ç’a donné.
Pour terminer, je vous offre cette vidéo, prise en juillet 2010, où Chavez s’en prend à son cardinal en présence du nonce apostolique Pietro Parolin. Avec ce que je viens de vous dire, vous comprendrez que les propos de Chavez sont amplement justifiés.
(Pour obtenir les sous-titres en français, il faut d’abord, en pointant sur cc, demander sous-titres en espagnol, puis, en pointant une autre fois sur cc, demandez traduction en français des sous-titres)





CONCLUSION

Le pape François aura beaucoup à faire pour que tels collaborateurs aient à tout le  moins l’honnêteté intellectuelle de présenter le portrait de la réalité telle qu’elle existe. En ce qui a trait au nouveau Secrétaire d’État, son parti pris antimarxiste et son adhésion, à peine voilée, au néolibéralisme est de nature à influencer ses perceptions et ses analyses.  

Sa nomination vient sans doute de nombreuses influences dont, à n’en pas douter, celle du pape émérite Benoît XVI, toujours soucieux de garder à distance de la théologie de libération une chrétienté qui s’y reconnaît toujours de plus en plus.

Il faudra voir. Le nouveau secrétaire d’État va-t-il saisir, au contact du pape François, qu’il ne suffit pas de donner un sandwich à manger aux pauvres, mais qu’il faut que justice soit faite et, pour se faire, que les structures politiques et économiques soient changées?

Pour le moment, Washington peut dormir tranquille. Le nouveau Secrétaire d’État ne sera pas celui qui lui causera du trouble en Amérique latine. S’il y a un changement de régime au Venezuela par des voies autres que la démocratie, il faudra comprendre que le gouvernement en aura été le premier responsable.

À moins, évidemment qu’il convainc les oligarchies et Washington d’appliquer la méthode de la conversion des cœurs et à développer une éducation à la solidarité humaine. Méthode, développée surtout pour retenir les mouvements et les gouvernements révolutionnaires.



Oscar Fortin
Québec, le 22 septembre  2013

Le silence de Benoît XVI sur l’encyclique du pape Jean XXIII



dimanche 8 septembre 2013

LE PAPE FRANÇOIS EN RAJOUTE




NON AUX GUERRES COMMERCIALES ET À LEUR PROLIFÉRATION




Non seulement il fait appel à toutes les personnes de bonne volonté et aux dirigeants de monde pour que tous s’engagent sur la voie de la paix et contre la guerre, mais il dénonce, maintenant, ces guerres qu’il qualifie de guerres commerciales.

Le diagnostic qu’il pose sur ces guerres nous sort des généralités auxquelles on nous avait habitués. Il prend sur lui de nous révéler les véritables dessous de ces nombreuses guerres. Il nous invite tous et toutes à renoncer à ces guerres commerciales et à leur prolifération.

 « Cela implique, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges dont on se sert, à la violence sous toutes les formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal. »

Il évoque les mensonges, les intérêts recherchés. Il sait qu’il s’écarte d’une longue tradition dont le silence des pontifes ou leurs interventions enveloppées de tournures de phrases à ne plus rien dire couvraient tous ces artisans de guerre. Il sait qu’il met sa vie en danger, mais il rappelle que comme chrétiens nous ne devons pas craindre de risquer jusqu’à notre vie pour servir la paix.

« Devant une foule particulièrement dense qui remplissait la place Saint-Pierre pour la prière de l’Angelus, le pape a demandé aux chrétiens de «combattre le mal» en «payant de leur personne.» «Cela implique, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges (...), à la violence sous toutes les formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal», a-t-il souligné. »

Voilà bien un pape qui répond à un autre maître que ceux qui dirigent le monde. Ses ordres, il les prend du plus profond de sa conscience et de sa foi. Rien ne saurait l’en détourner.


La papauté ne sera plus jamais la même. Avec le pape François, c’est la rencontre de la conscience des peuples avec celles du Nazaréen. Une conscience bien enracinée dans le tissu humain d'une humanité faite pour autre chose que les guerres fratricides, entièrement libre des puissances de domination.
Le 10 septembre dernier, il s’est rendu, conduisant lui-même une petite voiture usagée, au Centre des réfugiés Astalli, situé au cœur de Rome.
Lors de cette visite, le pape a rencontré de nombreux bénévoles, religieux et réfugiés et a été salué par deux d'entre eux, le Soudanais Adam et la Syrienne Carol. En réponse, il a eu , entre autres, ces paroles :
"Chacun de vous, chers amis, porte une histoire de vie qui nous parle de drames de guerres, de conflits, souvent liés aux politiques internationales. Mais chacun de vous porte surtout une richesse humaine et religieuse, une richesse à accueillir, non à craindre. Nombre d'entre vous sont musulmans, d'autres religions. Nous ne devons pas avoir peur des différences. La fraternité nous fait découvrir qu'elles sont une richesse, un don pour tous" 
Puis d’ajouter en s’adressant à son entourage religieux :
"Les couvents vides ne servent pas à l'Eglise pour qu'elle les transforme en hôtels pour gagner de l'argent. Les couvents vides ne sont pas à nous, ils sont pour la chair du Christ que représentent les réfugiés",
 "la charité qui laisse le pauvre tel qu'il est ne suffit pas" : "il ne suffit pas de donner un sandwich" car "la vraie miséricorde (...) demande justice, veut que le pauvre puisse trouver la voie pour ne plus l'être".

En français, vous pouvez lire ici un compte rendu de cette visite.
Oscar Fortin
Québec, le 14 septembre 2013
http://humanisme.blogspont.com