PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 29 janvier 2015

LE COUVERCLE SUR LA MARMITE COMMENCE À SAUTILLER



UKRAINE 





On peut se demander jusqu’où ira la patience de Poutine et celle du Peuple russe, victimes tout autant des sanctions agressives de l’Occident (Washington et OTAN) que de la désinformation qui les rendent coupables de tout ce qui se passe en Ukraine. Pour qui suit de près la véritable trame des évènements et qui en décodent les scénarios qui ont tous un même objectif, il y a de quoi se demander si l’Occident ne cherche tout simplement pas à déclencher la Grande Guerre, celle visant à éliminer tous ses ennemis réels et potentiels.

Trois mois avant le renversement du Président légitime d’Ukraine, plus précisément en novembre 2013, un député avait pris la parole au Parlement pour sonner l’alarme sur des agissements inquiétants de l’Ambassade américaine en Ukraine. Une intervention à lire au complet. Elle commence en ces termes :

« Dans mon rôle, en tant que représentant du peuple ukrainien, des militants de l’organisation publique « Volya » se sont adressés à moi et m’ont fourni des preuves claires que sur notre territoire, avec le soutien et la participation directe de l’ambassade américaine à Kiev, le projet « TechCamp » est mis en place en vertu duquel des préparatifs sont en cours pour une guerre civile en Ukraine.

Le projet « TechCamp » prépare des spécialistes pour une guerre de l’information utilisant les médias modernes pour discréditer les institutions étatiques, et des révolutionnaires potentiels pour organiser des manifestations et le renversement de l’État de droit. »

Il ne fait pas de doute que tout ce qui se passe actuellement en Ukraine répond à un scénario froidement préparé des mois à l’avance. L’offensive est de taille et nombreux sont ceux qui pensent qu’elle peut conduire jusqu’à cette grande confrontation nucléaire. L’ex-président Gorbatchev a plutôt des propos alarmants concernant le sort qu’attend l’Europe si elle se laisse entraîner dans ce conflit. Je vous réfère à cet excellent article de Paul Craig Roberts.

On peut se demander ce qui peut bien justifier une telle offensive contre la Russie par le biais de l’Ukraine qui sert de couverture aux sanctions et à une campagne de désinformation diabolique contre Poutine et la Russie. Je me permets de proposer quelques pistes ouvrant la porte à ce scénario de vie ou de mort.

Poutine, soutenu inconditionnellement par son peuple, est porteur d’une vision multipolaire de monde qui se substitue à un monde unipolaire dominé par l’Empire dont les États-Unis sont porteurs. Cette vision d’un monde multipolaire rejoint les préoccupations et les intérêts de nombreux pays qui ne se reconnaissent plus comme des marionnettes d’un Empire, mais comme des nations souveraines et indépendantes, toutes égales en droit. Déjà, les pays qui incorporent le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont fait ce choix et ont posé les premières pierres à l’édification de ce monde multipolaire, lors de leur rencontre en Amérique du Sud, en juin dernier.

Poutine est celui qui vient de sonner la fin de la récréation de l’Empire en refusant de le suivre dans ses luttes de conquête et de domination. S’il s’est laissé entraîner dans l’invasion de la Libye, il a su en tirer les leçons et faire savoir à qui de droit qu’il ne saurait en être de même à l’avenir. L’aventure de la conquête de la Syrie sur la base d’un scénario semblable à celui utilisé pour la conquête de la Libye a rencontré un objecteur de conscience en la personne de Vladimir Poutine. Soutenu par son peuple et une grande majorité de la communauté internationale, il porte avec intelligence et détermination la flamme d’un monde multipolaire où les peuples retrouveront leur dignité et le respect des autres peuples.

L’Empire est acculé au pied de mur et sa seule porte de sortie honorable serait de revenir au respect du droit international, lequel ne concède aucune prérogative particulière à quel qu’empire que ce soit. Cette voie ne semble pas convenir à son EGO et il lui faut déployer ses muscles de grande puissance militaire pour faire table rase des insubordonnés.

Ce n’est toutefois pas dans ses habitudes de se présenter comme le grand méchant qui ne veut que du mal aux autres. Son approche est plutôt celle du grand sauveur qui se porte au secours des opprimés. En ce sens et dans le cas présent, il saura transformer Poutine en un véritable « diable » que certains de ses alliés, comme le Prince Charles, ont déjà qualifié d’Hitler et qu’un patriarche orthodoxe d’Ukraine a qualifié de diable. 

L’Ukraine, point stratégique séparant la Russie de l’OTAN, deviendra le choix idéal pour provoquer Poutine et le Peuple russe. Ils font le pari que Poutine ne saura tolérer que Washington et l’OTAN s’emparent de l’Ukraine pour y installer leur puissance militaire. Comment pourraient-ils permettre que Washington et l’OTAN viennent prendre le plein contrôle de ce territoire stratégique et y installer une base militaire?  

Depuis février dernier, rien n’est laissé au hasard : le changement de gouvernement, les politiques agressives contre les populations indépendantistes du sud-est de l’Ukraine, de langue et de culture russes. Le nouveau gouvernement a pris des mesures législatives, entre autres, pour faire disparaître la langue russe comme une des langues officielles d’Ukraine. Les principales villes de cette région font l’objet d’attaques armées et de bombardements,

En juillet, un avion de Malaysia Air Line est abattu par un missile. Aussitôt, Obama et le gouvernement de Kiev accusent les indépendantistes et la Russie d’en être les auteurs. Les faits démontreront à 99 % qu’il s’agissait plutôt d’une action planifiée par Kiev et l’OTAN. D’ailleurs, les pays responsables de l’enquête , dont fait partie Kiev, ont signé une entente entre eux à l’effet de ne diffuser que l’information avec laquelle ils seraient tous d’accord. Cette entente va à l’encontre de la résolution 2166 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui avait réclamé transparence et indépendance. Il faut dire que le gouvernement de Kiev fait partie de ce groupe.

À ce jour, Poutine a résisté aux provocations et a maintenu un discours modéré, faisant appel à la voie politique pour résoudre les problèmes qui se présentent en Ukraine. Bien qu’on l’accuse d’envahir l’Ukraine et de combattre aux contés des séparatistes, il nie que l’armée russe soit présente dans ce conflit et ses adversaires Washington et l’OSCE déclarent qu’ils n’ont pas de preuves directes de cette présence.

Il ne faut toutefois pas oublier que des lignes rouges ont été fixées, des lignes à ne pas franchir. Une de ces lignes est que l’OTAN ne doit pas s’installer en Ukraine. La seconde est que la guerre froide n’est plus une option. Comme l’a signalé dernièrement le ministre des Relations extérieures de Russie : Nous ne permettrons pas la répétition de la guerre froide.

Certaines personnalités importantes aux États-Unis commencent à se poser de sérieuses questions sur Obama et ses principaux conseillers. Un haut responsable américain parle de la nécessité de purger la Maison-Blanche. Il y a également cet article récent de Thierry Meyssan « Washington se révolte contre Obama » qui traite du même sujet.

L’Ukraine peut devenir cette étincelle pouvant enflammer notre monde.

Oscar Fortin
Le 29 janvier 2015







lundi 26 janvier 2015

L’ARMÉE CANADIENNE SE PRÉPARE-T-ELLE POUR LA GUERRE EN UKRAINE?





Ce n’est plus un secret pour personne que le Canada est bien actif dans cette guerre que l’Occident a provoquée et alimentée en Ukraine. Depuis le coup d’État de février 2014 qui a rendu possible la mise en place, en mars, d’un gouvernement entièrement soumis aux intérêts de l’OTAN et de Washington, les initiatives ne manquent pas pour que la partie prorusse de l’Ukraine soit entièrement soumise aux nouvelles autorités.

Or, cette dernière ne l’entend pas ainsi. Ce fut d’abord les habitants de la Crimée qui firent un référendum pour décider de leur indépendance. Le OUI l’emporta avec une très grande majorité et donna lieu à la déclaration d’indépendance de la Crimée que la Russie reconnut aussitôt. Les autres parties du sud-est de l’Ukraine, Donetsk et Lougansk, réalisèrent également un référendum. Dans les deux cas, le OUI l’emporta pour en faire la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk.

En septembre 2014, une entente entre les parties, rendue possible grâce à l’intervention de la Russie, a été signée.

« Les représentants de Kiev et les séparatistes de l'est de l'Ukraine ont signé samedi à Minsk un mémorandum instaurant un cessez-le-feu et la création d'une zone démilitarisée de 30 km au terme de négociations de paix, la trêve restant fragile dans la région. »

En dépit de cette entente, le gouvernement de Kiev profita de la trêve pour se réarmer et poursuivre, par des groupes mercenaires, les attaques sur le Donbass, secteur sud-est de l’Ukraine. On compte à ce jour plus de 5000 morts dont la grande majorité sont des civils et plus de 10 000 blessés. À cela s’ajoutent des milliers de personnes qui ont trouvé refuge en Russie.

Tout récemment,  les dirigeants de Républiques populaires, appelés également les séparatistes, voyant que les objectifs de Kiev et de l’OTAN demeuraient les mêmes et qu’ils poursuivaient leurs attaques, ont décidé de passer à l’offensive en misant sur la récupération de Marioupol, dernière grande ville du sud-est encore aux mains de Kiev.

Depuis que le gouvernement de Kiev a tenté, la semaine dernière, de reprendre le contrôle de l’aéroport de Donetsk, les hostilités ont repris de plus belle et la guerre de l’information et de la désinformation renvoie la responsabilité de ces attaques à l’une ou l’autre des parties.

Dans ce contexte, il n’est pas superflu de prendre bonne note des dernières déclarations du président Poutine.

« Nous disons souvent: l'armée ukrainienne. Mais qui comprend-t-elle en réalité? On y trouve un certain nombre d'unités militaires officielles, mais la plupart de ses combattants forment les prétendus +bataillons de volontaires nationalistes+ », a affirmé Vladimir Poutine.
Selon lui, « il ne s'agit plus, de facto, d'une armée, mais d'une Légion étrangère, en l'occurrence d'une Légion étrangère de l'OTAN, qui ne cherche pas à défendre les intérêts nationaux de l'Ukraine ».

« Ses objectifs sont tout à fait différents », a poursuivi le président russe. Il s'agit d'objectifs géopolitiques qui consistent à « endiguer la Russie, ce qui n'a rien à voir avec les intérêts nationaux du peuple ukrainien », a conclu le chef de l'État.»

Concernant les tentatives occidentales de diminuer le rôle historique déterminant de la Russie dans la chute du nazisme, il avait ceci à dire :

« Nous devons comprendre que les tentatives de réécrire l'histoire, de revoir le rôle de notre pays dans la Grande Victoire, permettent de justifier les crimes nazis et de faire renaître l'idéologie mortelle du nazisme. Nous devons défendre la vérité sur la Seconde Guerre mondiale, l'exploit, la dignité et l'honneur des survivants et des morts ».

Si nous comprenons bien le message de Poutine, ce dernier comprend que Washington et l’OTAN, laquelle lui est entièrement soumise, n’ont en rien modifié leur objectif, à savoir celui de prendre le contrôle du territoire ukrainien et d’y installer, à la frontière de la Fédération de Russie, leur arsenal militaire. Pour M. Poutine, en aucun moment la Russie ne saurait tolérer, au nom même de sa sécurité nationale, que l’Ukraine devienne un territoire occupé par Washington et l’OTAN.

Tous ces appels au cessez-le-feu et aux négociations politiques seront à l’avance condamnés à l’échec tant et aussi longtemps que l’Occident (Washington et l’OTAN) n’acceptera pas de laisser tomber cet objectif d’une Ukraine militarisée et soumise au commandement de Washington et de l’OTAN. Cet objectif va au-delà de la ligne rouge, tracée par la Russie.

C’est dans le contexte de cette offensive de Washington et de l’OTAN que le gouvernement canadien apporte sa contribution en millions de dollars et en déploiement des cf-18 et, éventuellement, par l’envoi de soldats entraînés au combat en situation hivernale. Déjà, en novembre dernier, des exercices militaires se sont réalisés dans la région de Portneuf, à Québec. Au moment d’écrire ces lignes, de nouveaux entraînements militaires se réalisent, du 19 au 27 janvier, dans la même région. Cette fois, des soldats polonais et  français y participent.

Sachant ce qui se passe en Ukraine dont le climat est semblable au nôtre, nous pouvons raisonnablement penser que l’OTAN prépare une participation armée de nos soldats pour aller combattre les Ukrainiens et Ukrainiennes qui ne sont pas d’accord avec les nouveaux dirigeants qui leur furent imposés de l’extérieur. Pour qui douterait de cette intervention extérieure (Washington et OTAN) dans ce changement de gouvernement, je recommande cet article.

Qui, au Parlement canadien, a suffisamment d’indépendance et de liberté, pour interpeller les autorités gouvernementales sur le rôle que joue le Canada dans cette opération de prise de contrôle d’un territoire étranger ? Combien de millions de dollars y investit le gouvernement et combien de soldats de tous les niveaux y sont impliqués ? Le CF-18 canadiens ont été aussitôt mis à la disposition de l’OTAN.

M. Harper dirige le pays comme un subalterne de Washington. Ce dernier a priorité sur ce que les Canadiens voudraient s’ils étaient informés de tout ce qui s’y passe. Trop de secrets et de silences entourent ces opérations qui nous sont toujours présentées comme des missions humanitaires. Regardons ce que nous avons laissé en Libye, en Afghanistan et même en Irak où nous apprenons que l’armée canadienne y joue un rôle.

Je ne suis pas certain que le Peuple canadien souhaite s’identifier aux intérêts de l’Empire dans le monde et y sacrifier vies et argent. On nous enferme dans une bulle où la pensée unique est reprise par nos médias officiels de manière à ce que nous pensions tous et toutes que tous ce qui s’y fait est pour le plus grand bien de l’humanité.

Il est important de rappeler que ni Washington, ni l’OSCE n’ont pu, à ce jour, donner des preuves indépendantes à l’effet que l’État de Russie et son armée étaient en Ukraine. Ce n’est pas la Russie, comme le répète Harper et les médias officiel, qui a envahi l’Ukraine, mais bel et bien Washington et l’OTAN.  Même Le Devoir, le journal de référence des intellectuels, ne se soucie guère de vérifier ces affirmations.
 Le gouvernement de Russie apporte de l’aide humanitaire aux populations du sud-est de l’Ukraine, victimes des attaques venant des soldats et de l’artillerie de Kiev. De cette aide humanitaire nos médias n’en parlent pratiquement pas. Qu’il y ait des Russes qui décident par eux-mêmes de se joindre aux russes ukrainiens, c’est bien possible. Il en va sûrement de même pour les conseillers militaires russes qui vont conseiller les indépendantistes russes de l’Ukraine. Le Canada n’envoie-t-il pas ses conseillers militaires tout comme le fait Washington alors qu’aucun Canadien et Étasunien ne sont mis en danger en Ukraine.  

Vite, il faut qu’on se réveille avant que la troisième Grande Guerre vienne nous sortir de notre amnésie.

Pour qui veut en savoir plus :



Oscar Fortin

Le 26 janvier 2015



jeudi 22 janvier 2015

L'épiscopats vénézuélien doit se rétracter.





Depuis déjà des décennies, l’Église catholique, tout particulièrement à travers ses évêques, ses cardinaux et ses nonces apostoliques est perçue comme une alliée fidèle des volontés des Etats-Unis sur ce territoire, toujours considéré comme leur arrière cour. Il s’agit, évidemment, de la grande majorité de ces hauts fonctionnaires qui représentent tout à la fois l’Église catholique et l’État du Vatican.

Il y a toutefois et heureusement des exceptions d’évêques et de pasteurs qui se sont démarqués de cette solidarité pour rejoindre les préoccupations des pauvres et des humbles avec lesquels ils ont partagé leur vie.  Tous se souviendront de Mgr Elder Camara, du Brésil, cet évêque des pauvres, également signataire lors du Concile Vatican II du pacte des catacombes. Il y a également Mgr Romero, évêque du Salvador, froidement assassiné par une armée qui ne pouvait supporter ses rappels à la paix, à la non violence, à ne pas tuer ces hommes, ces femmes et ces enfants qui étaient également leurs frères et sœurs. Il y en a beaucoup d’autres dont les noms sont moins connus, mais qui ont témoigné des évangiles avec l’odeur de pasteur vivant avec leur peuple. Tout en étant nombreux, ils n’en demeurent pas moins des exceptions.

Le cas qui m’intéresse dans le présent article est celui de l’Épiscopat vénézuélien, mais aussi celui du cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, cardinal du Honduras. Je les mets cote à cote parce qu’ils ont une fonction commune qui est celle de participer avec Washington et les oligarchies locales au renversement du gouvernement légitime du Venezuela, qualifiée par ces derniers, de populiste, de totalitaire, de marxiste, de socialiste. Ils ne manquent pas une occasion de dénoncer sur toutes les tribunes, ce gouvernement qui se réclame de Chavez et du socialisme du XXI è siècle.

On se souviendra du coup militaire de 2002 que la droite oligarchique réalisa avec le support de l’Église officielle et l’appui de généraux toujours liés à l’oligarchie. Un intervention qui n’aura durée que 48 heures, grâce à la fidélité d’une partie importante de l’armée qui a repris l’offensive et mis à la porte les putschistes. Il est toutefois intéressant de voir sur les images vidéo de ce coup d’État le cardinal de l’époque célébrant ce renversement de gouvernement. Il fallait le voir célébrer avec les putschistes cette victoire qu’ils croyaient alors irréversibles.

Treize ans plus tard, les comportements de l’épiscopat vénézuélien n’ont pas changé.  Il utilise tous les moyens pour discréditer le gouvernement et faciliter les actions de sabotages des forces oligarchiques et réactionnaires qui agissent en concertation avec Washington. Ce dernier est toujours intéressé à récupérer le pouvoir de l’État et prendre le contrôle des plus importantes réserves de pétrole au monde. À cet objectif s’ajoute celui de contenir la montée du pouvoir des peuples toujours plus conscients de leurs droits et de leur capacité de prendre leur destinée en main.  La politique d’intégration des peuples de l’Amérique latine mise de l’avant par les pays émergents comme la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et tous les autres, ne fait pas l’affaire de l’oncle Sam.  La démocratie participative et le socialisme lui donne des ulcères et en cela il se retrouve en bonne compagnie avec les hiérarchies de l’Église et du Vatican.

Pour revenir au sujet principal de cet article, il faut en arriver à cette déclaration de la Conférence épiscopale du Venezuela, en début de janvier 2015. Lors de cette conférence de presse, elle s’en prend sans ménagement au gouvernement présidé par Nicolas Maduro. Les épithètes ne manquent pas : socialiste, marxiste, totalitaire, populiste, sans avenir etc. Mais le plus important c’est qu’elle accuse le gouvernement d’être responsable de la rareté des biens essentiels de subsistance, occasionnant des files à ne plus finir de personnes et un temps énorme pour qu’elles puissent obtenir quelques uns de ces biens.  L’accusation est sérieuse et place le gouvernement en mauvaise situation devant une opposition qui n’attend qu’un signal de désespoir pour allumer la flamme de la révolte et du trop plein d’une population à bout de nerf.

Or la semaine, suivant cette conférence de presse, les autorités gouvernementales découvrent que le principal distributeur de ces biens de base qui contrôle 70% du marché de distribution, garde dans des entrepôts des quantités énormes de ces biens.  Bien plus, dans chacun des centres de distribution, un marché au noir s’installe pour aller vendre à des prix astronomiques de ces biens. Tout cela dans le but avoué de créer la rareté, de provoquer les files d’attente de nature à faire monter le mécontentement et la colère contre un gouvernement qui n’arrive pas à gérer la production et la distribution des biens.

Le 21 janvier, le Président, à l’occasion de son bilan annuel présenté à l’Assemblée nationale, a fait entendre une conversation téléphonique entre deux responsables de la mise en place de ce plan de la rareté des biens dans les centres de distribution. Lors de cette conversation, en décembre dernier, ils précisaient que le but ultime était de créer des files d’attente de manière à ce que la pression du mécontentement monte et qu’il finisse par déborder sur des actions de violence que d’autres groupes, étudiants et mercenaires, viendraient amplifier.

En révélant ce plan de guerre économique, le Président a permis au peuple de voir qui étaient les véritables coupables et dans quel but ils provoquaient le mécontentement leur.

Ces faits, maintenant connus, il est important que l’Épiscopat vénézuélien en tire les conclusions en retirant sa condamnation portée contre le gouvernement et en condamnant haut et fort ces forces oligarchiques et ces entreprises impliquées dans ce scénario criminel qui prend le peuple en otage à des fins de conquête du pouvoir.

Il est également important que le cardinal du Honduras, également le numéro deux du G-9 mis en place par le pape François  pour la réforme de la Curie, révise sa pensée sur le gouvernement du Venezuela et sur le socialisme.  Dans une entrevue récente qu’il donnait à Rome en tant que président de Caritas international, il disait de Chavez et du socialisme ceci :

« …le socialise de Chavez est comme un feu de paille sèche…Chavez se présenta avec le désir de combattre la corruption et c’est pour cela qu’il a obtenu un grand nombre de votes. Mais ce projet, le socialisme du XXIè s. qui a échoué, n’était que du capitalisme de quelques voleurs, et a fait beaucoup de dommages.



Celui qui parle ainsi n’est pas n’importe qui dans la hiérarchie de l’Église et dans les jeux de coulisse du Vatican. On se souviendra qu’il a été un acteur important dans le coup d’État militaire du Honduras, en juin 2009. Il a pu bénéficier pendant de nombreuses années d’une contribution gouvernementale mensuelle de $5000.00. Il est le représentant le plus élevé de l’Église catholique au Honduras, pays où les homicides battent tous les records, où la pauvreté est le lot de la majorité de la population.

Il serait important qu’il nous dise ce qu’il pense de l’opposition vénézuélienne qui utilise trompeusement le peuple pour le soulever contre le gouvernement légitime.

Si l’épiscopat vénézuélien et le cardinal Maradiaga se taisent sur ces actions criminelles contre le peuple, en leur coupant l’accès aux biens essentiels, c’est qu’ils en sont complices et du fait même menteurs au même titre que les autres en reportant sur le gouvernement des actions qui ont leur source dans une opposition d’extrême droite à laquelle ils sont parties prenantes.

Je pense que le pape François doit faire des rappels à l’ordre à ces militants, évêques et cardinaux, à la solde et au service des politiques de Washington et des oligarchies nationales. Il est temps qu’ils s’attardent à son Exhortation apostolique Evangelio Gaudium

L’Église ne peut plus se confondre avec l’État du Vatican, véritable antichambre de Washington. Il est urgent que l’Église se détache de cet État pour retrouver les témoins de la foi et des Évangiles auprès des peuples. Il faut tourner la page à ces fonctionnaires et personnages qui ont perdu le sens de l’humain pour se rassasier de celui du pouvoir.


Oscar Fortin
Le 22 janvier 2015
http://humanisme.blogspot.com


Note :
Aujourd’hui, 22 janvier, le président socialiste de Bolivie, Evo Morales, prend Possession pour une troisième fois consécutive de la présidence de Bolivie. Il a été élu avec plus de 63 % des électeurs et électrices qui se sont rendus aux urnes à plus de 95 %. Une grande victoire, mais surtout un grand développement pour un peuple considéré, il n’y a pas encore si longtemps comme le plus pauvre de l’Amérique latine. Le feu de paille avec lequel le cardinal Maradiaga qualifie les pays émergents de l’Amérique latine n’est pas près de s’éteindre. Mieux vaudrait que ce cardinal se rapproche de son peuple et prenne davantage ses distances des oligarchies qu’il protège.