PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 31 mars 2015

LAÏCITÉ, ÉGLISE ET PEUPLE QUÉBÉCOIS





NOTE : Pour les chrétiens, la semaine sainte est le rappel de la dernière semaine, sur terre, de Jésus de Nazareth. Des moments intenses pour cet homme qui marqua, d’une part, par sa vie, son enseignement, sa passion et sa mort sur une croix, le destin des générations à venir et, d’autre part, par sa résurrection l’espérance d’une issue à cette humanité en marche. Pour les non-croyants, Pâque marque plutôt une longue fin de semaine fériée pour les travailleurs et travailleuses.

Que l’on soit croyant ou pas, le témoignage de cet homme interpelle l’humanité entière. Il affirme avec autorité l’avènement d’un monde fondé sur des paradigmes tout à l’opposé de ceux qui s’imposent à la gérance du monde tant de son temps que du nôtre. Aux paradigmes, du mensonge, de l’injustice et de la puissance dominatrice des peuples et de leur asservissement, il oppose ceux de la vérité, de la justice et du respect des peuples en leur apportant justice, vérité, solidarité, compassion et miséricorde.

En 2010, lors d’un débat sur la laïcité et les croyances, j’étais intervenu avec un article qui garde, je pense bien, toute son actualité.

Plusieurs interventions ont donné lieu tout récemment à des articles et commentaires portant sur la place qu’occupe l’Église catholique dans le tissu social, national et culturel du Peuple québécois. J’ai lu l’intervention de M. Barberis-Gervais sur « Lucia Ferretti, le catholicisme au Québec et la religion » qui a suscité divers commentaires. D’autres interventions ont suivi dont celle de M. Claude Morin, le père de l’étapisme, et du non moins célèbre écrivain et pamphlétaire, Victor Lévy Beaulieu. Encore là, plusieurs intervenants ont voulu y mettre leur grain de sel en commentant un point ou l’autre de ces interventions. C’est donc en prenant en compte toutes ces interventions y compris la toute dernière de M. Gilles Laterrière que je me suis décidé à intervenir et à partager avec les lecteurs et lectrices de Vigile les quelques considérations qui s’imposent à mon esprit.

En tout premier lieu, certains faits s’imposent, peu importe que l’on soit croyant ou pas. Qui peut nier le fait que l’Église catholique fasse partie d’un pan important de notre histoire qui ne saurait être comprise sans en scruter les avenants et aboutissants? Les centaines de clochers d’églises qui font partie du paysage de nos villes et villages tout comme nos jours fériés de Noël et de Pâque nous en rappellent la réalité. Sainte-Anne de Beaupré, Notre-Dame du Cap et l’Oratoire St-Joseph reçoivent toujours des milliers de pèlerins chaque année. Même si une grande majorité a délaissé la pratique religieuse traditionnelle plusieurs de ces derniers n’en continuent pas moins à croire et à se faire un devoir d’aller une fois ou deux par année à l’un ou l’autre de ces centres de pèlerinage. Que cela nous plaise ou pas, les faits sont là, mais ne sont pas exclusifs au Québec. En France, en Belgique, en Italie, en Espagne les clochers sont nombreux et les jours fériés, fondés sur les croyances chrétiennes, ne manquent pas. Que les institutions religieuses avec leurs valeurs se retrouvent quelque part dans le tissu social et culturel de ces peuples ne devrait surprendre personne.

En second lieu, il est tout aussi important, pour être juste, de considérer l’Église non pas comme une réalité monolithique, mais comme une institution qui n’échappe pas aux divisions sociales et idéologiques des sociétés dans lesquelles elle évolue. Il y a le haut et le bas clergé, le premier porteur d’autorité et de pouvoir, vivant près des oligarchies, le second soumis et vivant avec le peuple. De nombreuses critiques à l’encontre de l’Église catholique s’adressent plus particulièrement à ce haut clergé, plus souvent que moins, allié des oligarchies dirigeantes. Si quelqu’un parvenait à se hisser à ce niveau et qu’il ne répondait pas aux attentes de cette classe, on trouvait vite un moyen pour l’écarter. Les plus anciens se souviendront de ce qu’on a fait avec Mgr Charbonneau, évêque de Montréal, à la fin des années 1940 et début des années 1950. Sa démission-surprise en laissa plusieurs songeurs. 

En troisième lieu, il ne faut pas oublier que tous les religieux et religieuses qui ont donné consistance aux écoles et hôpitaux de l’époque étaient des Québécois et des Québécoises et que les grands mouvements de transformation des structures mêmes de la société québécoise ont été, dans bien des cas, inspirés et soutenus par d’illustres membres du clergé et de chrétiens fortement engagés. Je pense particulièrement au père Georges Henri Lévesque, o.p., qui a formé une grande partie des leaders qui allaient devenir les locomotives de la Révolution tranquille. Je pense également à ceux et celles qui ont suscité la mobilisation des travailleurs et travailleuses à travers la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et le syndicat des travailleurs catholiques, devenu depuis lors la CSN. Dans le secteur de l’éducation, on se souviendra de la Commission Parent, présidée par Mgr Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Elle fut à l’origine de la création du Ministère de l’Éducation du Québec, au début des années 1960.

En quatrième lieu, il faut bien se rappeler que ceux et celles qui ont frappé les plus durs coups à l’Institution ecclésiale, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, sont les croyants eux-mêmes, plus préoccupés d’Évangile que de doctrines et plus solidaires d’un monde en phase d’éclatement et de transformation. Le Concile Vatican II a été longuement préparé par les mouvements ouvriers inspirés par Mgr Joseph Cardijn , par les actions des prêtres ouvriers dont le plus célèbre est l’abbé Pierre. Des théologiens exceptionnels ont dépoussiéré des pans importants d’une institution qui n’avait plus grand liens avec ses références premières que sont les Évangiles et le monde contemporain. Le Concile Vatican II a ouvert les portes à la liberté de penser et d’agir au meilleur de sa conscience pour un monde meilleur pour tous. Malheureusement, ceux et celles qui vivaient de l’Institution ont continué à s’y agripper comme si les colonnes de ce temple allaient résister au tremblement de terre provoqué par l’émergence d’un homme nouveau, d’une humanité nouvelle. Dans ce contexte, je comprends VLB qui ne veut plus rien savoir d’une religion et d’une Église qui s’accrochent à elles-mêmes, pensant ainsi détenir les vérités éternelles et voulant ramener tout le monde à ses formes de pensée d’une autre époque.

Ma cinquième et dernière considération est à l’effet que les peuples et les nations ne sont pas à la remorque ni d’une Église, ni d’une religion, mais qu’ils portent en eux-mêmes les ingrédients les plus importants qui permettent d’être toujours plus humains et toujours plus libres. Si les Églises et les religions ne parviennent pas à s’inscrire dans cette mouvance et à y apporter une énergie supplémentaire, ce sera alors qu’elles sont devenues des poids lourds qu’on aurait tort de traîner sous prétexte qu’elles ont marqué notre histoire. Ceci dit, il ne faut toutefois pas jeter le « bébé » avec l’eau du bain. Dans le cas de la foi, bien des choses sont à prendre en considération. Dans un article qui remonte à un certain temps j’avais réfléchi sur la foi qui sauve et la religion qui asphyxie. Je pense que cette réflexion garde toute son actualité. C’est en tant que croyant et citoyen du monde que je remets en question certaines approches, certains comportements d’une Institution qui n’a de sens pour moi que dans la mesure où elle devient entièrement transparente aux grandes valeurs évangéliques, tels la vérité, la justice, la solidarité, la compassion et l’engagement. Sur ce dernier point, je me suis questionné un jour sur ce que seraient les véritables engagements d’un chrétien avec lesquels toute personne de bonne volonté pourrait se reconnaître. J’avais donné comme titre à cette réflexion « les sacrements de la vie ».

Pour conclure, je dirai que la foi n’est la propriété d’aucune institution, y inclus le Vatican, et que les valeurs qui portent les personnes et les peuples vers leur devenir sont celles en qui les consciences se reconnaissent et en qui elles trouvent les élans libérateurs leur permettant de porter encore plus loin l’évolution des sociétés et, à travers elles, celle de l’Humanité. Si les Églises et les religions s’inscrivent dans cette mouvance, tant mieux, mais si elles en deviennent des obstacles, eh bien, qu’elles disparaissent. Ma foi en Jésus de Nazareth et dans les Évangiles va dans le sens d’engagements sans équivoques au service de ces dépassements nécessaires pour rendre réels, à tous et à toutes, la vérité, la justice, la compassion, la solidarité et l’engagement. C’est là, me semble-t-il, un objectif partagé par toute les personnes de bonne volonté.

Joyeuses Pâques à tous et à toutes

Oscar Fortin

Québec, le 1er avril, 2015

jeudi 26 mars 2015

AU ROYAUME DU MENSONGE LE MENTEUR EST ROI



Plus je parcours les médias, dits officiels, et les divers sites de la toile internet, plus je réalise que nous vivons dans un monde qui repose davantage sur le mensonge que sur la vérité. Nombre de nos certitudes, puisées à même les médias de masse, s’avèreront, sur les grandes questions de l’heure, plus souvent fausses que vraies

Il faut savoir que les grands médias de masse répondent d’abord et avant tout à des préoccupations d’intérêts économiques et politiques. L’information sera traitée de manière à ce que ces intérêts soient prioritairement valorisés et tout au moins protégés. Si pour y parvenir, il faut inventer de toutes pièces des mises en scène qui ont l’apparence parfaite de la réalité, ils peuvent le faire. Ils peuvent, également, inventer des histoires d’horreur pour dénigrer ou discréditer des personnes, des gouvernements, des partis politiques, etc. Rien n’est à leur épreuve.

Alors, comment en arriver à saisir ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas? Pour ceux et celles qui ne vivent qu’avec les médias de masse, la question ne se pose même pas, tellement ils croient en leurs sources d’information qui sont les seules à leur être accessibles. Pour les autres, ceux et celles qui ont accès à d’autres sources d’information dont internet est la principale source,  les vérités des médias de masse sont souvent ramenées à des demi-vérités ou tout simplement à des mensonges grossiers. Il y a évidemment un tri à faire, une analyse à réaliser, car il ne suffit pas d’être sur internet pour que tout soit vrai ou faux. Ce ne sera qu’à l’usage de ces diverses sources d’information que l’on en arrivera à identifier des sites qui se révéleront plus crédibles que d’autres. Même là, il faut savoir les confronter avec d’autres sites tout aussi sérieux qui traitent, de façon indépendante, des mêmes questions, des mêmes sujets.

En ce qui me concerne, je me laisse guider par trois éléments : l’absence de tout intérêt personnel ou corporatif des intervenants, la présence de références diversifiées qui supportent les analyses proposées et, en troisième lieu, sans doute le plus important pour moi, ce sont les témoignages qui se donnent, souvent au risque de la sécurité des personnes concernées. Sur ce dernier point, j’accorde une crédibilité très élevée à la personne qui, au risque de sa vie ou de la perte de nombreux privilèges, prend la parole pour dire des vérités que certains souhaiteraient ne pas voir sortir au grand jour. Il y a dans ces témoignages comme une voix profonde de la conscience qui ne peut plus supporter les mensonges et les tricheries dont ils ont été ou sont encore témoins.

Pour illustrer ce dernier point, je vais présenter quelques exemples de ces témoignages dont certains vous sont connus et d’autres, non. Je place le lien du témoignage sur « suite »

  1. Comment la CIA intervient pour orienter le travail de journalistes et contrôler le contenu de leurs articles.



« Udo Ulfkotte révèle dans son succès de librairie “Journalistes achetés” comment on lui a “enseigné à mentir, à trahir, et à ne pas dire la vérité au public”. L’ancien rédacteur en chef de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui est l’un des plus grands journaux allemands, était en secret employé par la CIA et les services secrets allemands, présentant les informations d’une façon biaisée favorable aux États-Unis et mauvaise pour leurs opposants. suite

  • Selon un ancien général de l’armée américaine, le rapport gouvernemental sur le 11 septembre 2001 ne dit pas la vérité. Il affirme que ce qui a atteint le Pentagone n’était pas un avion, mais une fusée.



“Tous les capteurs aux alentours du Pentagone ont été désactivés à l’exception d’un seul. Le seul capteur qui a pris des photos de l’objet qui a touché le Pentagone. Il ressemble à un missile. Mais après avoir été diffusées au public, les photos ont été changées pour qu’elles fassent ressortir l’image d’un avion.” suite.

  • Les antiquités détruites en Irak par des soi-disant terroristes étaient des faux. Le tout aurait été réalisé par des membres de la CIA. L’objectif politique de l’opération était de frapper l’imaginaire des Étasuniens pour qu’ils soutiennent avec encore plus de conviction les interventions de l’armée étasunienne en Syrie. suite
  • D’après un ancien membre de la CIA, toutes les attaques terroristes aux États-Unis sont réalisées sous fausses bannières ou sont commanditées par le FBI. 


“La plupart des terroristes sont des terroristes sous faux pavillon ou sont créés par nos propres services de sécurité.”
“Aux États-Unis, chaque attentat terroriste que nous avons eu a été fait sous faux pavillon, ou il s’agissait d’un informateur qui avait été poussé à agir par le FBI.  Suite..

  • Les confessions d’un assassin financier à la solde des services secrets des États-Unis.


Révélations sur la manipulation des économies du monde par les États-Unis. Suite..

Je termine en ajoutant quelques autres références que vous pourrez compléter.





Oscar Fortin
Le 25 mars 2015




mardi 24 mars 2015

LE GRAND DÉFI DES ÉTATS-UNIS POUR RETROUVER DIGNITÉ ET CRÉDIBILITÉ


LE GRAND DÉFI DES ÉTATS-UNIS POUR RETROUVER SA DIGNITÉ




Noam Chomsky, dans une entrevue récente, qualifie son pays « d’État voyou », d’État agresseur et terroriste. »  Cette déclaration, venant d’un de ses grands intellectuels,  met à nue le mal profond qui le ronge.

De toute évidence, il y a un malaise profond dans la gérance de cet État qui occupe le centre des préoccupations du monde. On dit que sur les 237 années de son existence, il en a vécu 222 en guerre. Qu’y a-t-il donc en lui qui le rend si différent des autres?

Dans le cas des personnes dont nous sommes, les psychologues, les psychiatres, les médecins en arrivent à détecter les causes de certains comportements qui nous font perdre notre dignité tout en rendant la vie impossible à notre entourage. Ce sont souvent des dépendances plus ou moins profondes qui en sont l’explication. Pour certains, ce sera la dépendance aux drogues, à l’alcool, au jeu, au sexe, ou encore à un « EGO » subconscient qui fait de la personne un minable ou un roi.

Je crois qu’il en va de même pour les États dont des dépendances collectives, conscientes ou inconscientes, peuvent en faire des États voyous, agresseurs et terroristes.

Je ne suis ni psychologue, ni psychanalyste, mais ce que j’en observe, les États-Unis d’Amérique souffrent d’une dépendance profonde d’un « EGO » surévalué, se croyant investi de tous les pouvoirs pour assurer la gouvernance du monde. Un « EGO » qui se situe au-dessus de tout et au centre de tout. Pour certains, cette croyance repose sur une mission divine qui en fait les grands artisans d’un monde placé sous leur gouverne. Pour d’autres, cette mission leur viendrait de leur génie créateur tout autant que de leur intelligence supérieure leur permettant ainsi de mieux connaître et comprendre ce qui est bon et mauvais pour l’humanité. Il y a enfin ceux qui justifient cette domination du monde par la force de leur armée et par la puissance de leur pouvoir financier. Pour ces derniers, ils sont les plus forts et les plus riches.

Dans les trois cas, plus haut mentionnés, les États-Unis d’Amérique se considèrent au-dessus des lois internationales et de ce fait se reconnaissent toute légitimité pour agir et intervenir là où bon leur semble et de la manière qu’ils jugent bon de le faire. Cette justification d’une légitimité transcendante sera d’autant plus forte et convaincante si des croyances religieuses, Églises, Mosquées, Synagogues et autres sectes, se joignent à cette gérance mondiale du monde. Ce n’est pas pour rien que ces divers courants religieux sont courtisés par les représentants de cet empire et que plusieurs, malheureusement,  s’y laissent entraîner.

L’heure semble arrivée, où cette puissance dominante des États-Unis d’Amérique doit retrouver sa véritable identité au cœur des Nations ainsi que toute sa dignité comme peuple. Son « étoile » pâlit et son « aura » comme puissance porteuse de valeurs morales s’estompe. Voici l’extrait d’une entrevue que donnait, en 2008, le politologue Francis Fukuyama, peu de temps avant l’Assermentation d’Obama pour son premier mandat :

« La tâche primordiale du nouveau président américain consistera avant tout à rétablir la crédibilité des États-Unis dans le monde (…)  le nouveau président aura d'abord pour tâche de redonner une certaine crédibilité à la fois au discours politique des États-Unis et à sa politique économique qui sortent tous deux très mal en point de la présidence de George W. Bush. »

En 2015, nous sommes en mesure d’affirmer que le président OBAMA a magistralement failli à cette tâche. Le peu de crédibilité qui pouvait exister au terme du mandat de G.W. Bush aura été définitivement enterré avec le président Obama. C’est triste à dire, mais c’est comme ça. Un jour, il dit une chose et le lendemain, il en dit une autre. Un jour, il pose un geste concret, le lendemain, il en pose un autre, tout à l’opposé. Toutefois, à sa défense, il faut rappeler qu’il est avant tout un subalterne, soumis à ses maîtres qui tirent les ficelles de tous les pouvoirs de cet État puissant.

Quel est donc ce grand défi à relever pour que le peuple des États-Unis d’Amérique retrouve son identité et sa dignité? À mon humble avis, il lui faut se soumettre à une thérapie collective qui le conduira à se départir de cette prétention d’être le maître du monde. Elle lui réapprendra à vivre des relations normales de respect et de coopération avec les autres peuples de la terre sans devoir toujours imposer ses volontés par la force, le chantage ou la menace. Cette même thérapie lui réapprendra à discuter d’égal à égal avec les autres et à y trouver plaisir et satisfaction. Les conditions semblent réunies pour que cette thérapie puisse donner les résultats escomptés.

Ces jours-ci, le jeune Snowden, celui qui a mis à jour toutes ces pratiques illégales d’espionnage du gouvernement des États-Unis à l’endroit des personnes et des gouvernements étrangers, déclarait que les Américains renonçaient à l’idée d’une domination du monde.

 " Je crois que nous commençons à nous détourner de l'idée selon laquelle les États-Unis doivent être assis au sommet du monde et dicter le résultat de toute décision dans toutes les sociétés",

Si tel est réellement le cas, le monde devrait s’en réjouir et seconder ce peuple dans cette démarche fondamentale de renaissance comme nation et comme État au sein d’un monde multipolaire et multicentrique. Le peuple étasunien, à retrouver sa véritable identité, il deviendra un apport important dans cette lutte pour un monde plus juste, plus équitable, plus solidaire et plus compatissant. Cette conversion,  confirmée par des gestes qui donneront la mesure de sa détermination à aller en ce sens, en fera un nouvel allié de tous les peuples qui avancent sur cette voie depuis des générations. Cette conversion sera d’autant plus forte et durable que ses alliés traditionnels, religieux et autres, en feront tout autant.

La conclusion que l’on peut tirer de toutes ces missions de gérance du monde est que leur crédibilité ne repose finalement que sur deux grandes colonnes, celle l’ambition du pouvoir et celle de l’ambition de l’avoir. Dans la symbolique des trois tentations rapportées dans les Évangiles, ce monde, du pouvoir et de l’avoir, est celui du Malin, de Mammon ou du Diable, les trois noms se référant au même personnage. Le premier fait appel à son caractère astucieux, le second renvoie au pouvoir de l’argent, tandis que le troisième personnifie tout ce qui est mensonge, manipulation et tromperie.

Les Évangiles concluent que le Règne du Père n’est pas de ce monde, à savoir de celui de l’astuce, de l’argent, du mensonge. Il est plutôt un règne de vérité, de justice, de compassion, de solidarité et de miséricorde. Les plus grands se font les plus petits et les plus petits deviennent les plus grands. Le maître se fait le serviteur et le serviteur devient le maître. Il n’y a pas à s’y tromper, ce règne n’a rien à voir avec celui des grands et des puissants de ce monde fondé sur le pouvoir et l’avoir.

Le peuple des États-Unis d’Amérique, en redevenant un peuple comme les autres, retrouvera son identité, sa dignité, son âme et, du fait même, le respect de tous les autres peuples de la terre.

Oscar Fortin
Le 23 mars 2015