PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 29 mai 2016

L'ENJEU DE LA GRANDE CONFRONTATION



HÉGÉMONIE DE L’ONCLE SAM VERSUS SOUVERAINETÉ DES PEUPLES



 








Il n’y a plus de doute à l’effet que la grande confrontation qui se dessine  trouve ses bases, d’une part, dans la détermination des États-Unis à être le leader du monde pour dominer et décider du destin des peuples et, d’autre part, dans la détermination des peuples à décider de leur propre destin. Nous n’en sommes plus aux motivations, maintes fois invoquées, de la lutte contre les dictatures, les gouvernements antidémocratiques et les terroristes. Ces motivations, mises de l’avant, ne servent qu’à couvrir l’objectif principal qui est celui de l’hégémonie de Washington sur les peuples récalcitrants.

Cette grande confrontation a un visage qui met en scène l’hégémonie des États-Unis et ses alliés qui représentent environ 625 093 120 personnes, contre la multipolarité et l’égalité des peuples, incarnées par la Russie et ses alliés du BRICS qui représentent plus de 3 milliards d’habitants, soit 40% de la population mondiale.  Sous cet angle, l’hégémonie de Washington sur la destinée des peuples devient une menace à la sécurité nationale de ces peuples. D’autre part, la multipolarité et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes deviennent une menace pour l’hégémonie des États-Unis et de ses alliés. De part et d’autre, il y a motifs à une confrontation décisive qui ne saurait se terminer que par la disparition de l’un ou de l’autre. Avec les armements qui existent, il se pourrait fort bien que le tout se termine avec la disparition de l’un et de l’autre.

Dans ce contexte, je me permets de partager ce lien qu’un ami a porté à ma connaissance. Il s’agit d’un entretien d’une journaliste reconnue pour la qualité de ses analyses. Il s’agit de Diana Johnstone qu’on peut entendre ici , à l’occasion du lancement de son livre« Hillary Clinton, La Reine du chaos » (les éditions Delga, Paris). Cet entretien eut lieu en octobre dernier. Elle parle évidemment des grands objectifs des guerres menées par les États-Unis. Pour elle, ce n’est pas qu’ils cherchent à gagner des guerres, mais à semer la zizanie au sein des peuples. Plus les peuples seront divisés, plus facilement ils pourront être dominés. Je vous invite évidemment à écouter cet entretien.

La Russie est bien consciente de ces enjeux majeurs. Pour le moment, le président Poutine espère toujours que la bonne foi de ceux qu’il continue d’appeler ses partenaires en arrive à s’ajuster au droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes tout en comprenant que leur propre avenir comme peuple n’en continuera pas moins à s’y développer. Il est devenu évident que sans l’abandon de cette prétention hégémonique des États-Unis sur le monde, la guerre deviendra inévitable. Dans ce contexte, il est bon de se rappeler ces propos de Poutine : « les rues de Saint-Pétersbourg m’ont appris « Lorsque la bagarre devient inévitable, il faut frapper le premier. »

Pour le moment, les États-Unis et ses alliés de l’OTAN déploient leurs armements sur terre et sur mer de manière à encercler la Russie et à la provoquer. Il est certain que celui qui aura le contrôle de l’agenda des interventions aura le contrôle éventuel de la victoire. Poutine est très conscient de ces choses et, à ce qu’on peut voir, il tient à avoir lui-même le contrôle de son propre agenda d’intervention. Si Obama et ses alliés de l’Occident pensent que le président Poutine est plutôt du genre naïf, qui ne voit pas leur véritable jeu derrière toutes ces mascarades de dialogue et d’entente, mieux vaudrait qu’ils y pensent deux fois avant d’agir.

Derrière le visage politique des dirigeants de l’Occident, il faut y reconnaître les trois grands pouvoirs qui mènent le monde : Israël (sionisme) qui se porte garant du pouvoir de Dieu en tant que peuple élu, les industries militaires qui se nourrissent des conflits et le secteur financier qui régimentent les peuples et en font des « vaches à lait » de grand rendement. Le 1% de l’humanité qui contrôle les 99 % des biens de la terre se retrouve au centre de ce pouvoir. Nos hommes et femmes politiques de l’Occident ne sont que des marionnettes consentantes au service de ce pouvoir. Tout le reste n’est que mascarade et tricherie. Les médias se chargent de les couvrir si bien que les peuples en arrivent encore à croire en eux.

Oscar Fortin
Le 30 mai 2016

http://humanisme.blogspot.com

samedi 14 mai 2016

POUR UNE ÉGLISE MULTIPOLAIRE ET MULTICENTRIQUE




Le temps des pouvoirs impériaux, tant politique que religieux, semble tirer à sa fin. Déjà, sur le plan politique, nous assistons à cette grande confrontation entre les tenants d’un monde multipolaire et multicentrique ,que sont les pays MEMBRES du BRICS, et les tenants d’un monde unipolaire et uni centrique, que sont les États-Unis et ses alliés de l’OTAN.

Sur le plan religieux, l’Église catholique, dont le pouvoir impérial trouve sa source d’inspiration dans le pouvoir impérial politique, se voit confrontée également à ce questionnement d’une gouvernance impériale versus une gouvernance décentralisée et multipolaire. Il faut reconnaître que la présence et l’action du pape François ouvrent les portes à ce questionnement. En réponse à une lettre toute récente du grand théologien Hans Kung qui lui demandait d’ouvrir un débat sur l’infaillibilité papale, le pape François lui aurait répondu qu’il partageait cette même préoccupation. De toute évidence, l’image de ce dernier ne nous renvoie pas à celle d’un pape tout-puissant et infaillible, mais plutôt à celle d’un pape, serviteur et faillible. Ne proclame-t-il pas à qui veut l’entendre qu’il est surtout un pécheur ? « Qui suis-je pour juger ? » répondait-il aux journalistes qui l’interrogeaient dans l’avion, à son retour du  Brésil,  sur la question de l’homosexualité.

L’Église, comme institution et communauté de foi, entre dans une phase qui va au-delà des réformes cosmétiques qui visent à la faire apparaître plus transparente, plus attentive aux préoccupations des temps que nous vivons. Les changements qui l’attendent portent sur les structures mêmes du pouvoir que le Vatican, la Curie romaine, les Évêques s’approprient, en exclusivité, pour diriger la vie des chrétiens à travers le monde.

Pour peu qu’on s’y attarde, le message de Jésus, relaté dans les Évangiles, et celui de Paul de Tarse, exprimé dans ses lettres aux diverses communautés chrétiennes, nous révèlent que l’exclusivité réclamée de certains pouvoirs  par les autorités ecclésiales, ne leur sont pas exclusifs. Il en est ainsi, entre autres, pour le pouvoir de lier et de délier.

L’Évangéliste Mathieu met en relief  les deux autorités, dans l’Église, qui disposent de ce pouvoir de lier et de délier. Si on nous a surtout parlé de l’autorité de Pierre (Mt.16, 18-19), il n’en fut pas de même pour l’autorité des communautés chrétiennes qui disposent également de ce pouvoir (Mt.18, 15-18).

Le contexte de la transmission par Jésus aux communautés chrétiennes (Église) de ce pouvoir de lier et de délier est celui des relations d’entraide et de corrections mutuelles qui doivent exister entre les membres de ces communautés.

« Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S`il t`écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s`il ne t`écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l`affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S`il refuse de les écouter, dis-le à l`Église; et s`il refuse aussi d`écouter l`Église, qu`il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

Ce pouvoir de l’Église, communauté de foi et de vie, est tout aussi réel que celui de Pierre, fondement de cette communauté de foi et de vie. Même si ce pouvoir n’a pas été mis en relief par les institutions ecclésiales, il est bien là et rappelle aux hiérarchies ecclésiales qu’ils n’ont pas l’exclusivité du pouvoir de Dieu, pas plus d’ailleurs de celui de l’Esprit saint. Sur ce dernier point, il importe de lire et de relire l’apôtre Paul dans sa lettre aux Éphésiens.

«A l'un, c'est un discours de sagesse qui est donné par l'Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun; à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l'unique Esprit; à tel autre la puissance d'opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend. » (1Cor.12, 7-11) Vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toute manière vers Celui qui est la Tête, le Christ, » Éphésien 4, 11-15

L’image du corps utilisée par Paul illustre bien la réalité fondamentale de l’Église dont le Ressuscité est toujours la Tête et l’Esprit saint, l’âme qui transforme chaque membre les rendant complémentaires les uns avec les autres dans cette grande mission de l’avènement du Règne du Père sur la terre comme dans les cieux. Un Corps, multicentrique et multipolaire par ses membres, le tout ordonné et animé par le Christ qui en est toujours la Tête bien vivante et l’Esprit saint qui en est le mouvement. L’un et l’autre sont irremplaçables et agissent sans devoir demander la permission à qui que ce soit.

Ephésiens 2:20-21 ^

Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angulaire.

En lui tout l`édifice, bien coordonné, s`élève pour être un temple saint dans le Seigneur.

Il est intéressant de relever dans ce texte la place des prophètes, tout aussi importante que celles des apôtres. Si ces derniers ont occupé dans la hiérarchie ecclésiale tout l’espace consenti aux successeurs des apôtres, il n’en fut pas de même pour les successeurs des prophètes mis à l’écart de ce pouvoir ecclésial. Ils en sont plus souvent que moins les victimes de ce pouvoir.


QUE CONCLURE ?

Le temps où les autorités ecclésiales se réservaient l’exclusivité de certains pouvoirs est périmé. L’Église comporte deux composantes irremplaçables que sont le Christ ressuscité, Tête de l’Église, et l’Esprit saint qui en est le moteur de vie. Ils sont au cœur de l’Église depuis ses origines jusqu’à nos jours.  Le pape, comme chef de l’Église n’est pas là pour se substituer ou pour remplacer le Christ, Tête de l’Église, pas plus d’ailleurs pour remplacer l’Esprit saint. L’Église demeure cette communauté de croyants qui témoigne de Jésus de Nazareth et qui agit dans le monde par l’action de l’Esprit saint lequel distribue ses dons comme bon il l’entend pour qu’advienne le règne du Père sur terre comme au ciel.

Les reproches que Jésus s’est permis de relever contre le Sanhédrin et les grands prêtres (Mt.23) sont les mêmes que nous pouvons formuler contre le Vatican et ceux qui y règnent en roi et maître. Ces derniers font partie d’un pouvoir maintes fois complice des pouvoirs impériaux de conquêtes et de domination. Le livre de l’Apocalypse en parle comme d’une grande prostituée (Ap.17).

Déjà, au temps des prophètes de l’A.T., cette tricherie était perçue et dénoncée, mais la conscience des peuples ne s’en était pas encore approprié pour l’éliminer complètement.

« Ainsi parle l'Éternel : pratiquez la justice et l'équité ; délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur ; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve ; n'usez pas de violence, et ne répandez point de sang innocent dans ce lieu. » (Jér.22 :3)

Un retour au langage des prophètes de l’Ancien Testament ne peut que redonner vigueur aux véritables artisans de la justice et de la paix dans le monde.

Pour conclure, il est évident que tous les sacrements de l’Église doivent être repensés et articulés dans la perspective d’une Église multipolaire et multicentrique sous la gouverne du Ressuscité et de son Esprit.

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Mt.18,20

Oscar Fortin

Le 14 mai 2016

mercredi 11 mai 2016

LA RUSSIE DÉCLARE UNE GUERRE SAINTE CONTRE LE TERRORISME

EST-CE UNE BONNE NOUVELLE POUR L’OCCIDENT ? 



Les États-Unis et ses alliés dans leur lutte contre le terrorisme

Depuis la tragédie du 11 septembre 2001, les États-Unis et tous ses alliés ont fait de la lutte contre le terrorisme le motif principal de leurs interventions, particulièrement en Asie et au Moyen-Orient. Déjà, dans son discours au Congrès, le 21 septembre 2001, le président GW. Bush avait établi de nouvelles règles de conduite dans les relations internationales : «Qui n’est pas avec nous est contre nous ». En d’autres termes, nous sommes l’axe du bien, et tous les autres qui s’opposent à nous  sont l’axe du mal. Ce fut le cas, entre autres des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. C’est dire toute l’importance accordée par l’Occident chrétien à cette lutte contre tous ces États et Peuples qui s’opposent à l’axe du bien. Ces derniers ne peuvent être que des délinquants et des terroristes qui contaminent la sécurité des peuples et des nations solidaires des États-Unis.

L’histoire des 15 dernières années nous apprend toutefois que l’usage fait de la lutte contre le terrorisme a été plus souvent que moins un prétexte pour mener des opérations militaires aux objectifs tout à fait différents. Ce n’est plus le droit international, formulé dans la Charte des Nations Unies, qui prédomine, mais l’axe du bien, incarné par les États-Unis.  Sur le même sujet, il faut lire également la réflexion de Noam Chomsky qui décode, dès décembre 2001, les pièges de cette suprématie des États-Unis sur le bien et le mal. Le cas actuel de la guerre en Syrie en est une bonne illustration : le président Bachar al Assad doit partir pour laisser la place à un élu de l’axe du bien. C’est d’ailleurs dans ce contexte que les terroristes qui combattent également le régime du Président syrien deviennent des alliés et non des ennemis à combattre. Cette situation illustre bien l’ambiguïté des politiques de l’Occident dans sa lutte contre le terrorisme. Cette utilisation du terrorisme à des fins politiques n’est pas nouvelle. Sur ce dernier point, un article tout récent qui en dit long.

La Russie déclare une guerre sainte conte le terrorisme

Le président Vladimir Poutine a décodé depuis longtemps ce double jeu des États-Unis et de ses alliés dans leur soi-disant lutte contre le terrorisme. La Syrie aura été le théâtre tout indiqué pour suivre de près les multiples interventions de ceux qu’il appelle toujours ses  partenaires. Ce que l’aviation russe, en relation étroite avec l’armée syrienne, a pu réaliser en quelques semaines de combat, les États-Unis et leurs alliés n’ont pu le réaliser en une année. Non pas qu‘ils aient été démunis en armements et logistiques, mais du fait que leurs cibles ont toujours été celles de renverser le gouvernement légitime de Bachar el Assad. Il a pu ainsi décoder les supports logistiques apportés aux terroristes de même que leur soutien sous diverses formes. En somme, ils se révèlent des partenaires peu fiables dans cette lutte contre le terrorisme.

C’est à l’occasion du jour de la commémoration de la grande victoire contre l’Allemagne nazie, en 1945, que le Patriarche orthodoxe Kyrill promulgue une  guerre sainte contre le terrorisme. Voici un extrait de cette déclaration qui donne le ton et le sens à cette guerre.

« C’est un combat contre un Mal redoutable qui ne menace pas seulement le Moyen-Orient, mais l’ensemble de l’Humanité […] C’est pourquoi la guerre contre le terrorisme est une Guerre Sainte. Je prie Dieu pour que l’ensemble du monde comprenne ceci et cesse de différencier les terroristes entre ‘bons’ et ‘mauvais’, et cesse par ailleurs d’utiliser cette guerre avec leurs propres objectifs cachés ».

Voilà ce qui résume bien l’irritation que doit ressentir l’Occident devant cette déclaration de guerre sainte contre le terrorisme. En quelque sorte, c’est qu’il en fait partie. Sa grande tricherie est de nouveau mise à jour et ses acteurs deviennent la cible de cette guerre sainte. Nous n’en sommes plus à une guerre idéologique, mais à une guerre qui vise à apporter la paix à chaque peuple, à chaque nation dans le respect du droit international. Les acteurs invisibles qui financent et soutiennent de diverses manières ces terroristes devront prendre bonne note qu’ils sont sur la liste des terroristes à éliminer.

Une anecdote qui m’est venue à l’esprit en rédigeant ce texte

Cette anecdote se réfère au croyant que je suis. Au début du siècle dernier, trois jeunes bergers ont vécu l’expérience de visions de personnages se présentant comme venant du ciel. Un de ces personnages s’est présenté, le 13 mai 1916, comme étant l’ange de la paix.

Cet événement m’a aussitôt ramené à cette visite au Vatican du président Poutine, en juin dernier, qui fut alors reçu par le pape François. À cette occasion, il y eut échanges de cadeaux. Celui remis par le pape François consista en un médaillon représentant  l’ange de la paix. En le lui remettant, il aurait alors dit : "L'Ange de la paix" peut "vaincre toutes les guerres.»

Espérons qu’il en soit ainsi quant à l’action de la Russie pour la paix dans le monde.


Oscar Fortin
Le 13 mai 2016

http://humanisme.blogspot.com


PS. À ce jour je n’ai vu nul part dans nos medias meanstream cette information d’une guerre sainte de la Russie contre le terrorisme.