PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 28 février 2017

PRÉSIDENT TRUMP EN PIÈCES DÉTACHÉES





NOTE : Je viens d’écouter le discours du président Trump aux membres du Congrès des États-Unis. Il a eu le ton pour développer les grands thèmes qui ont marqué sa campagne électorale : l’immigration, la sécurité, l’emploi, l’éducation, l’assurance maladie et la simplification des règles administratives qui compliquent, plus souvent que moins, la solution des problèmes.  Il a parlé de l’augmentation des budgets consacrés à l’armée, il a reconnu qu’il respectait le droit de chaque peuple à décider de son destin pour autant qu’ils n’entravent pas la sécurité et les intérêts des États-Unis et de ses partenaires. Il n’a pas parlé de la Russie, ni de la Chine, mais de ses partenaires de l’OTAN. Il a fait appel aux démocrates et républicains pour qu’ils travaillent main dans la main à la réalisation de ce grand rêve d’une Amérique capable d’éclairer le monde. L'article qui suit a été écrit avant ce discours. Je ne pense pas qu'il en ait modifié la teneur.

Depuis ce discours fameux de son investiture comme président des États-Unis, discours laissant entrevoir une toute nouvelle manière d’aborder les problèmes intérieurs et extérieurs, Donald Trump nous laisse plutôt perplexes sous bien des aspects. C’est comme si le patron qu’il était à la tête de son empire ne se retrouvait plus dans le président qu’il est devenu.  Comme patron,  il avait main mise sur  l’ensemble de son organisation. Il décidait de ses collaborateurs et collaboratrices tout comme de ses projets et plans d’action. Il n’avait de compte à rendre qu’à lui-même. Tout indique que ce ne soit plus le cas et qu’il faille prendre en compte les volontés de l’État profond de l’Empire, tout particulièrement en ce qui a trait aux politiques extérieures des États-Unis.

Le remplacement du Général Michael Flynn par le général de corps d'armée H.R. McMaster en dit long sur le sujet.

  La nomination du général de corps d'armée H.R. McMaster à la position de conseiller de sécurité nationale indique que Trump a fait une volte-face sur sa question de politique étrangère la plus épineuse, pour normaliser les relations avec la Russie. Le Général Michael Flynn - qui a récemment démissionné de son poste après des allégations de mensonge au Vice-président Mike Pence - était le partisan principal d'un apaisement avec Moscou, une position qui avait été soutenue avec enthousiasme par le Président Donald Trump.

Mais McMaster ne soutient pas les relations de normalisation avec la Russie, en fait, McMaster voit la Russie comme "une puissance révisionniste hostile" qui "annexe des territoires, intimide nos alliés, développe des armes nucléaires et utilise des armées de procuration sous la couverture d'armées conventionnelles modernisées." Aussi, à présent que se passe-t-il ? Pourquoi Trump met-il un faucon détestant Moscou comme McMaster dans un poste où il pourra intensifier la pression sur la Russie, augmentera les provocations et, très probablement, déclenchera un incendie entre les deux superpuissances nucléaires ?

Thierry Meyssan fait une analyse sur le président Trump qui ne va pas dans cette même direction. Pour lui, Donald Trump se démarque, contrairement à ses prédécesseurs, des détenteurs du pouvoir de l’état profond, qui ont toujours eu main mise sur l’exercice du pouvoir des Présidents des États-Unis. (écouter de 40 min. par en avant) .

Dans cette entrevue du 17 février dernier, Thierry Meyssan ne relève pas les réclamations surprises  de Trump à l’endroit de la Russie en relation à la Crimée et aux conflits dans le sud-est de l’Ukraine. Dans sa déclaration, Donald Trump confirme pleinement les propos de la représentante des États-Unis aux Nations Unies. Dans cette même entrevue, Il ne relève pas le fait de la démission du général Flynn de son poste à la Sécurité nationale.

Les prises de position et les déclarations du président Trump en relations internationales confirment de jour en jour et de plus en plus que l’État profond du pouvoir de l’Empire a repris le plein contrôle de l’agenda international et que Trump y jouera le rôle qu’on lui dictera. Ses déclarations sur le Venezuela, ses initiatives en Syrie et en Ukraine confirment le maintien des politiques étrangères des États-Unis à l’endroit de ces pays. Il faut également prévoir qu’il maintiendra la politique des sanctions contre la Syrie, la Russie et l’Iran.

Donald Trump, le patron qu’il était, n’est plus qu’un simple président soumis au pouvoir de l’État profond de l’Empire. Cette soumission se confirme chaque jour un peu plus en ce qui concerne les politiques extérieures  des États-Unis. Sur le plan intérieur, il faut croire que l’État profond mise sur les oppositions internes qui finiront par avoir raison de ses projets les plus contestables en politique intérieure.

Tout récemment, il vient d’annoncer une augmentation de 84 milliards de dollars du budget consacré au Pentagone. Pour celui qui se refusait de faire des États-Unis le gendarme du monde, il n’y va pas à petite cuillère. Voici ce qu’il disait dans son discours d’investiture :

« Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde, mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.

Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie, mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre. »

Ce n’est pas tout à fait ce qui se reflète dans les échanges récents avec le Venezuela, la Syrie, l’Iran et même la Russie. Sa position sur l’Ukraine a été ramenée à la position du Président antérieur, celle-là même qui lui fut dictée par ce même État profond de l’Empire.

La confiance sera-t-elle au rendez-vous de la rencontre à venir entre le président Poutine et le président Trump ? La résolution soutenue par les Etats-Unis contre le gouvernement de Bachar El-Assad, n’est pas de nature à inspirer cette confiance. La Chine et la Russie ont voté contre. 


Je vous invite à lire cet article qu'un ami vient tout juste de me transmettre. Il est en lien direct avec celui-ci.


Oscar Fortin





mercredi 8 février 2017

LA BAGARRE EST-ELLE DEVENUE INÉVITABLE ?




On se souviendra de ces propos tenus par Vladimir Poutine à la Conférence internationale de Valdaï, en octobre 2015 : « Il y a 50 ans déjà, à Leningrad, la rue m’a appris une règle : si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier. » Déjà, à la Conférence de 2014, il avait mis cartes sur table et identifié les pas à franchir pour surmonter les obstacles et œuvrer dans le sens d’une paix respectueuse du droit des peuples à leur propre développement. Il a appelé « à mettre en place un "système explicite d'engagements et d'accords mutuels" afin de prévenir l'anarchie mondiale. » Depuis ce temps que s’est-il passé ?

D’abord en Syrie

On peut relever le fait que la volonté des États-Unis et de ses alliés à collaborer avec le gouvernement syrien et la Russie dans la lutte contre le terrorisme n’aura été qu’une diversion pour renforcer leur soutien aux forces terroristes opposées au président Bachar Al Assad. Tout au long de ces deux dernières années, la Russie a fait le constat à plusieurs reprises que les interlocuteurs, sous la gouvernance d’Obama, ne tenaient pas parole et n’étaient tout simplement pas fiables. Ce fut le cas, lors de l’accord visant l’élimination des armes de destruction massive, motif invoqué pour mener cette guerre contre le gouvernement de Syrie. Une fois ces armes de destruction massive éliminée, les États-Unis et la coalition internationale n’en continuèrent pas moins à chasser du pouvoir, le Président légitime.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ses interlocuteurs ne tinrent pas parole, en ce sens qu’ils poursuivirent la guerre contre Bachar al Assad même si ce dernier ne disposait d’aucune arme de destruction massive.

Ce fut,  également le cas, tout récent, de la trêve convenue de cessez-le-feu, en septembre dernier.  L’armée américaine aurait bombardé, soi-disant par erreur, un contingent de l’armée syrienne. Il y eut des morts et des blessés. Un comportement que les interlocuteurs russes considérèrent comme une tricherie froidement calculée. Cette guerre contre le terrorisme nous révèle les dessous d’un jeu dangereux de l’Occident avec les terroristes pour atteindre leur objectif du renversement du Gouvernement. Ce jeu dangereux s’est révélé au grand jour lors des évènements qui ont conduit à la libération d’Alep. On a pu y constater que les terroristes agissaient en lien étroit avec les États-Unis et la coalition, dite internationale. Voir à ce sujet ce bref article.

Puis l’Ukraine

Si nous regardons maintenant ce qui s’est passé du côté de l’Ukraine, le constat en est tout aussi désolant. Les bonnes volontés, exprimées à travers les accords de Minsk, n’ont donné suite à aucune des mesures fondamentales de nature à résoudre les problèmes entre le gouvernement central de Kiev et les républiques du Donbass,  particulièrement de Donetsk et de Lougansk.  Le panorama est des plus tristes et les populations de ces républiques sont soumises à des bombardements qui vont à l’encontre des ententes de Minsk 1 et de Minsk 2. Vladimir Poutine a beau interpeller les membres participants à ces ententes, mais rien n’y fait. Il y a six jours, le président de Russie qualifiait ces attaques de barbares, 

Kief reconnaît ouvertement qu’elle mène une guerre contre le Donbass. Ses partenaires occidentaux, parties aux ententes de Minsk ne semblent pas pressés pour exiger que les accords prévus dans celles.ci  soient respectés. Une véritable crise humanitaire secoue cette région depuis le coup d’État réalisé sous la direction des États-Unis et de ses alliés de l’Europe. Rien pour convaincre Poutine de la bonne foi de ses interlocuteurs. À lire également :

Enfin les forces de l’OTAN aux frontières de la Russie

Tout le monde sait maintenant que lors de l’entente entre Gorbatchev et Reagan, au moment de l’écroulement de l’ex-URSS, que l’Occident se garderait d’étendre les forces de l’OTAN aux frontières de la Russie.

« Le cœur de ce débat se situe autour de l’échange qui a lieu au Kremlin le 9 février 1990 entre le secrétaire d’État américain, James Baker, et le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Après une large discussion sur le futur statut d’une Allemagne unifiée, Gorbatchev promet de «réfléchir à tout ça» en ajoutant: «Il est entendu, c’est clair que l’élargissement de la zone de l’OTAN est inacceptable.» Et Baker de conclure: «Nous sommes d’accord avec cela.»

Force est de reconnaître que tout au long de ces dernières années, la présence des forces de l’OTAN s’est accélérée aux frontières de la Russie. Ce genre de déploiement n’est pas de nature à semer la confiance. Bien au contraire, Poutine ne la trouve pas drôle du tout. L’OTAN n’en démord toujours pas.

TRUMP PEUT-IL FAIRE LA DIFFÉRENCE

Il ne fait aucun doute que le président Poutine a attendu l’arrivée de ce nouveau Président dont les intentions laissaient entrevoir de nouvelles approches dans la manière de concevoir les relations internationales entre les États  et de façon particulière  avec la Russie, la Chine, l’Iran, la Syrie, l’Ukraine. À écouter les déclarations de son Secrétaire d’État, les perspectives d’un changement dans le sens du respect des peuples à décider de leur destin ne semblent pas très prometteuses.  

POUTINE AURAIT-IL PRIS UNE DÉCISION SUR L’UKRAINE ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie se prépare à toutes les éventualités d’une guerre toujours possible. Dans le cas présent, l’ordre de se préparer à un temps de guerre laisse sous-entendre  que Poutine va agir et qu’il faudra être alerte pour contrer toutes les attaques provenant de l’extérieur. Voici ce qu’il demande à toutes ses forces armées :

 « Une attention particulière devra être accordée à la prise en charge des alertes, au déploiement des systèmes de défense aérienne pour des temps de guerre ainsi qu’à la capacité des groupes aériens à repousser les agressions »,

Ce qui se passe en Ukraine est devenu intolérable. Les pays signataires des accords de Minsk  ne semblent pas préoccupés par les attaques du gouvernement central de Kiev contre les Républiques populaires de Desk et Lougansk. Le nouveau président Trump ne semble pas se positionner autrement qu’Obama.

Que conclure ?

Les espoirs placés en ce nouveau Président des États-Unis, surtout en matière internationale, ne semblent pas trouver écho profond dans la nouvelle administration. Je crois que Vladimir Poutine en a déjà tiré ses conclusions. S’il agit le premier en territoire ukrainien, Trump devra se positionner par rapport aux ententes de Minsk et au respect des peuples.

Oscar Fortin
Le 8 février, 2017